‹ Le sourd-muet et l'aveugleChapitre 5 sur 128 · DES CAUSES DU SURDI— MUTISME · texte numérisé non relu

DES CAUSES DU SURDI— MUTISME

Sur une invitation de M. Morel, l'institution de Paris envoya en 1830 et 1831 aux parents des Élèves qui s'y trouvaient un bulletin de questions pour obtenir des renseignements sur les causes de la surdité. En voici le résultat : sur 102 sourds - muets, sur lesquels les parents ont fourni des renseignements, 52 étaient sourds-muets en naissant, 37 le sont devenus après leur naissance; l'origine de la surdité des 13 autres n'était pas bien constatée. Parmi les 37 élèves affectés d’une surdité accidentelle,

7 avaient perdu l’ouie la 1"* année de leur âge.

13 = Que — 7 ge 2 1 Le 4m = 5 Le 5e = 4 ge =

En examinant les causes de la surdité , l’on trouve que 8 cas se sont déclarés à la suite de convulsions causées par la dentition ou la frayeur; 40 à la suite des fièvres , ératique, cérébrale, nerveuse, scarlatine , inflammatoire, putride, catarrhale, 2 à la suite de la rougeole,

6 à la suite d'une maladie vermineuse, d’un dépôt sous l'oreille, d'une forte angine, d’une chûte, d'un refroidissement, d’une violente ophthalmie causée par un vice scrofuleux ,

7 sont attribués à une maladie qu'on ne caractérise pas.

4 enfants qui n'étaient pas sourds en naissant, le sont devenus sans cause connue.

Il résulte des renseignements recueillis par l'institution de Leipzig, que sur 51 élèves qu'elle contient, 22 seulement sont sourds-muets de naissance , dont :

14 ont perdu l’ouie par la fièvre scarlatine,

6 par la petite vérole ét la rougeole,

2 par une fièvre nerveuse,

1 par un coup sur la tête,

1 par un refroidissement,

À par des spasmes épileptiques, quant aux 4 autres, on ignore la cause de leur infirmité.

Depuis sa fondation jusqu'en 1829, l'institution de Hartford a recu 279 élèves, dont 116 sourds-muets de naissance, 135 avaient pérdu l’ouie dès leur plus tendre enfance à la suite de maladies, mais on ne connaît pas la cause de l’infirmité des 25 autres. Sur les 137 accidentellement sourds, 15 ont perdu l’ouie peu après leur naissance, 27 la première année, 58 entre un et quatre ans, 14 entre quatre et cinq ans, et 9 entre cond et sept ans. Dans

22 cas la surdité a été causée par la fièvre scarlatine,

6 par des maladies fièvreuses,

7 par la rougeole,

2 par une inflammation cérébrale,

5 par la petite vérole , la coqueluche et la détonation d'un canon,

4 par une chûte dangereuse.

En J'ai fait le méme relevé sur les sourds-muets de la Flandre-Occidentale. D’après la dernière statistique , sur 287 sourds-muets que contient la province, il y en a 225 de naissance ; sur les 61 qui sont devenus sourdsmuets par accident,

- 8 le sont devenus la 1r° année.

9 — Qme 14 — pme — 18 — game — 7 — 5e —

2 — Je —

— Age —

12 par une maladie non indiquée , 8 par apoplexie et convulsions, | 16 par épilepsie,

7 par la rougeole,

9 par une fièvre typhoïde,

5 par une maladie du cerveau,

4 par la fièvre catarrhale,

3 par saisissement ,

2 par maladie languissante,

2 par paralysie,

1 par rhumatisme ,

1 par naufrage.

En considérant combien la surdité accidentelle est fréquente, on conviendra sans doute qu'il est d'une

A9 = extrême importance d'en rechercher les causes, afin de les prévenir ou d'en combattre les suites funestes,

u est-difficile de constater l'existence de la surdité chez les enfans agés de 3 ou.4 mois. La vivacité du jeune sourd-muet déroute souvent les soupçons des parents; il est attentif à tout ce qui se passe autour de lui, et l’expression de sa- physionomie semble une réponse à ce qu'on lui demande, À la fin de sa première année, il apprend sur les lévres de sa mère à articuler le nom de papa, mama ; il apprendrait à prononcer d’autres mots, si on évitait de lui adresser des phrases au lieu de mots isolés. De-là , l'espoir que l’enfant possède tous ses sens, et de-là l'incertitude de la cause de la surdité; car ce laps de temps fait oublier soit des accidents survenus pendant la grossesse, soit des maladies, des indispositions qui ont suivi la naissance. |

Si les causes étaient bien connues, la médecine offrirait des remèdes et parviendrait souvent à une guérison complète.

Il y à des surdités congéniales; il y en a d’autres qui surviennent aux enfants dès les premiers jours de leur vie et dont il est impossible de constater l'existence; ce n’est guère que vers le cinquième mois de leur âge qu’il est possible de la remarquer. Pour y parvenir, il faut nonseulement observer le peu d'empressement que l’enfant apporte à se tourner vers les lieux où l’on fait du bruit, à répondre à la voix de sa mére, à sourire aux sons mélodieux; mais il faut guetter surtout, et c’est là le signe certain, le premier mouvement mimique qui lui échappera. Doué d’une intelligence , ce jeune infortuné ne manquera pas de le faire, si ce n’est en employant ses petites mains, du moins avec les regards tout brillants d'expression. Voilà les seuls renseignements que l’on puisse

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