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2 Navires non armés :
a) attaqués en surface 122 ==
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c) échappés ,........ 22? — 72 —
‘de commerce pourrait être discutée à l'infini sans aboutir à un accord, car la réponse dépend des circonstances et de chaque espèce. De la part de la délégation britannique, on déclara partager cette opinion, en y ajoutant que, depuis des temps immémoriaux, les navires de commerce avaient eu le droit de s’armer pour leur défense et que seule l'abolition des sous-marins serait de nature à modifier l’attitude du Gouvernement britannique concernant l'armement de ces navires.» C’est pourquoi, devant les difficultés d'accord, l’article premier des Résolutions Root néglige de faire une allusion quelconque au statut des navires de commerce armés.
Il faut avouer qu’il paraît difficile que cette question capitale ne soit pas un jour étudiée à fond. La généralisation de l'armement des navires marchands, provoquée par l’utilisation des sous-marins pour la guerre au commerce, pose un certain nombre de problèmes assez délicats. Il est évident qu’au droit pour un navire de guerre belligérant d’attaquer les navires marchands ennemis et de tenter de les capturer correspond pour ceux-ci le droit de résister et de se défendre. Si donc, du point de vue purement juridique, il est sans importance qu’un navire de guerre belligérant soit en présence d’un bateau marchand ennemi armé ou non, le navire de guerre devant dans l’un et l'autre cas se soumettre aux règles prescrites par le Droit international pour l'arrêt et la visite, par contre, il faut convenir que pratiquement l’exercice du droit de visite est rendu beaucoup plus délicat par le fait de l’armement du navire de commerce rencontré et par l'emploi, reconnu légitime, du faux pavillon,
surtout pour des navires de guerre de peu de valeur offensive tels que les petits torpilleurs, les croiseurs auxiliaires et les sous-marins de faible tonnage. Dans ces conditions, comment peut-on être assuré qu’en cas de guerre, et comme cela s’est produit d’une façon d’ailleurs particulièrement excessive, au cours de la guerre de, 1914-1918, un navire belligérant pris entre les principes du Droit international et des arguments d'ordre technique n’aura pas une tendance à se laisser influencer davantage par ceux-ci, plutôt que de se soumettre à ceux-là et qu’ainsi le conire-coup de la pratique de l’armement n’atteindra pas seulement les bâtiments de commerce armés des nations belligérantes, mais aussi qu’il ne se fera aucunement sentir aux navires marchands de toute nationalité ?
Pas plus à Londres en 1930, qu’à Washington en 1922, cette question n’a été résolue. Le Droit international actuel apporte sans doute une solution, mais il est néanmoins souhaitable qu’intervienne un examen spécial de la situation des navires de commerce armés pour leur défense. Cela permettrait de ne plus craindre qu’une nation emploie la guerre sous-marine « sans restrictions » sous le couvert d’une discussion juridique.
Bateaux-pièges.
La ruse fut, de tout temps, employée par les belligérants, soit comme moyen d’attaque, soit comme moyen de défense. De même qu’il n’interdit pas lemploi des armes, mais en réglemente seulement l'usage, le Droit international n’interdit pas les ruses de guerre, : il se contente d’en prévenir les abus. C’est ainsi que
Renault. 11
sanctionnant la coutume, le droit des gens reconnaît, comme légitime sur mer, l'emploi du faux pavillon. Lorsqu’après la destruction, sans avertissement préalable, de deux navires de commerce anglais, devant Le Havre, le 30 janvier 1915, l’'Amirauté britannique recommanda à sa flotte marchande d’arborer les couleurs d’un pays neutre, elle usa là d’une ruse permise. Le Droit international exige seulement que le pavillon national soit hissé, à l’exclusion de tout autre, sur les navires de guerre, pendant le combat. Le camouflage est une autre ruse de guerre admise, aussi bien sur terre que sur mer; toutes les marines en ont usé au cours de la guerre de 1914-1918, et c’est légitimement que l’'Emden notamment s’est servi de ce stratagème pour tromper ses ennemis !.
Dés le début de la guerre, après la destruction successive, par les sous-marins allemands, du Glitra, le 20 octobre 1914, de l'Amiral-Ganteaume, six jours plus tard, du Malachite, le 23 novembre et du Primo, trois jours après, il apparut clairement aux amirautés alliées qu’elles auraient à faire face à une guerre sousmarine de grande envergure, dirigée particulièrement contre les navires de commerce. Cette première constatation se trouva bientôt confirmée par la Déclaration allemande de guerre sous-marine. Il vint alors tout naturellement à l'esprit de l'Amirauté britannique que puisque les sous-marins adverses s’attaquaient de préférence aux navires marchands, il devait être aisé d’armer quelques-uns de ceux-ci et de les incorporer officiellément à la flotte de guerre, tout en leur lais-
1. Claude Farrère et P. Chack, Combais et baïtailles sur mer, Affaire de Pénang. .
sant les apparences d’un paisible bateau de commerce. C’est ainsi que naquirent les bateaux-pièges. Le bateau-piège est donc un navire de guerre monté par ün équipage militaire, commandé par un officier de la marine nationale et inscrit parmi les bâtiments de guerre de l'Etat qui l'utilise. Il a évidemment le droit de faire usage du faux pavillon, sous la réserve, bien entendu, d'arborer pendant le combat son pavillon national. En un mot, le bateau-piège est un navire de guerre camouflé en un bateau de commerce; or, rien n’interdit à un Etat de posséder des navires de guerre qui aient l’apparence de navires marchands.
Le premier bateau-piège employé pendant la guerre de 1914-1918 fut le vapeur anglais Viftoria, armé le 29 novembre 1914. Il avait toutes les apparences d’un cargo ordinaire. Envoyé patrouiller dans les régions où des sous-marins étaient signalés, il n’obtint aucun succès; en janvier 1915, il était désarmé. L’Angleterre arma un ‘second bateau-piège, le 27 janvier 1915 ; c'éiait un ancien paquebot de la compagnie de chemin de fer Great Eastern, nommé Vienne, qui prit le nom d'Aniwerp, après son incorporation dans la marine royale. Il n’obtint pas davantage de résultats que son prédécesseur. Il n’y avait encore que peu de sousmains allemands en activité et la guerre sous-marine au commerce m'était pas encore menée avec vigueur !.
Après la Déclaration de blocus des côtes britanniques
1. « Le 4 février 1915, au moment où le Gouvernement allemand lance sa déclaration de blocus sous-marin, la situation de la flotte sousmarine allemande est à peu près la même qu’au début de Ja guerre, soit une vingtaine d’unités; onze nouveaux U sont entrés en service, mais 7 ont été déjà détruits. Le 18 février, date spécifiée pour le début des opérations, seul l'U-8 est prêt à prendre la mer » (Laurens, Le blocus et la guerre sous-marine, p, 44), PA
par l'Allemagne, en février 1915, et la Déclaration allemande de guerre sous-marine « sans restrictions », en 1917, les bateaux-pièges furent avantageusement employés, si bien qu’au printemps 1927, l’Amirauté britannique possédait plus de 80 bateaux-pièges de toutes sortes : cargos, chalutiers, paquebots, voiliers, etes retc:
La tactique des bateaux-pièges fut toujours sensiblement la même : faire comme si le sous-marin ennemi n’était pas vu, tout en ayant soin de s’en approcher le plus possible, puis paraître surpris par l’attaque du sous-marin, simuler l’évacuation désordonnée de l’équipage soi-disant commercial, conserver à bord l'armement de toutes les pièces, et enfin attendre avec sang-froid, sous le bombardement de l’ennemi, que le sous-marin se soit suffisamment rapproché pour que le tir du bateau-piège soit efficace, dès les premiers coups. Il n’y a rien là qui soit contraire au droit des gens. User d’un bateau-piège, c’est faire emploi d’un moyen de camouflage qui n’est en rien plus répréhensible qu’un autre, c’est laisser l’adversaire s’induire en erreur en examinant les apparences extérieures du navire qu'il prendra pour un simple commerçant, au lieu du navire de guerre bien armé qu’il est en réalité. L'emploi de tels navires obligeait les sous-marins allemands à agir avec une grande prudence pour visiter les navires de commerce belligérants ou neutres. Les instructions allemandes leur prescrivaient : « Si un sous-marin s'approche en surface d’un navire qui fait mine d’évacuer son équipage, il ne doit le faire qu’en effectuant un tir continu d’artillerie, pour forcer le navire, au cas où il serait armé et occupé
secrètement, à montrer ses couleurs. Si on ne veut ou si on ne peut pas lancer une torpille, il est conseillé de se tenir en plongée à proximité du bâtiment pour examiner minutieusement s’il a des canons, puis d’aller émerger loin de lui avant de lattaquer au canon... » :
Il est évident que de telles manœuvres augmentaient les difficultés d'approche des navires marchands et diminuaient le rendement des croisières, mais elles assuraient la sécurité des sous-marins. De fait, à partir de la seconde moitié de l’année 1917, les bateauxpièges n’eurent plus beaucoup de succès. Comme pour toutes les ruses de guerre, l'ennemi avait trouvé le moyen de s’en préserver. Les quatre bateaux-pièges mis en service trop tard, par la Marine française n’eurent que peu d’engagements avec les sous-marins allemands, tous sans résultat, sauf la Marguerite, qui canonna un sous-marin le 17 juin 1917 et l’atteignit sans pouvoir le couler *.
1. La marine britannique a eu. un certain nombre de bateaux-pièges
qui s’illustrèrent par de brillants combats tels sont : le Baralong, le Farnborough, le Penshurst et le Dunraven.