‹ Le Sous-Marin: Sa Situation Dans Le Droit Des GensChapitre 28 sur 35 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le sous-marin peut donc se conformer aux règles du Droit international comme tout autre navire de guerre. Seules des raisons politiques ont poussé certaines puissances à en demander l'abolition. Dès les premières expériences de Fulton, au lendemain même des essais du Nautilus dans la rade de Walmer, où il torpilla le brick Dorothée, l'Angleterre, percevant le danger que pouvait présenter pour elle cet engin, éconduisit. l'inventeur. Un siècle plus tard, lord Gorchen, premier lord de l’Amirauté dans les premières années du xx° siècle, déclarait aux Communes : « Le sous-marin est une idée morbide; il n’y a pas à s’en préoccuper dans la guerre navale L’Amirauté n’a que faire de sous-marins; si elle en suit les progrès réalisés chez les autres nations, c’est seulement pour rechercher les moyens pratiques de se protéger contre eux. » |

Au moment où l'Allemagne proclamait que son avenir était sur l’eau, l’amiral Tirpitz partageait les préjugés anglais contre le sous-marin. « La Marine française, disait-il, dédaigneusement, avec son engouement pour une arme (le sous-marin) inutilisable pour la guerre, enfourche un dada ruineux. » Mais le jour où la superbe Flotte de haute mer dut rester au port, le sous-marin si décrié devait revenir en faveur.

Après la guerre, les Etats-Unis, qui ne possédaient

encore qu’une marine militaire relativement faible, se rangèrent aux côtés de la France pour défendre l'existence du sous-marin à la Conférence de Washington. Mais à la Conférence de Londres, lorsque après avoir obtenu la parité avec l'Angleterre, ils furent devenus une grande Puissance navale, les Etats-Unis changèrent de camp et par raison politique réclamèrent la suppression de l’arme qu’ils avaient défendue huit ans auparavant.

Les flottes puissantes ont, en effet, intérêt à voir disparaître le sous-marin. La propriété de s’immerger que possède ce navire, donne une obsession perpétuelle aux commandants et aux équipages des bâtiments de surface, les obligeant à ne sortir des ports que le moins souvent possible et seulement à de grandes vitesses qui fatiguent les hommes et les bâtiments. En outre, lorsque l’Angleterre, maîtresse incontestée des mers, eut obtenu la suppression de la guerre de course, elle savait qu’en cas de guerre, sa toute puissance maritime garantissait son trafic commercial et que, par cette même raison, elle contrôlerait le trafic maritime de ses adversaires. Mais, que l’on accorde aux submersibles les mêmes droits qu'aux croiseurs de surface, immédiatement cette omnipotence des puissantes marines ne garantit plus la liberté du commerce sous pavillon de la plus forte des flottes en présence. Le sous-marin est l’arme des Puissances navales de second rang. Il ne leur donne pas la suprématie sur mer, ni même la possibilité d’user de la mer pour leurs échanges commerciaux, mais il leur permet de troubler le trafic maritime de leurs ennemis. La suprématie de la flotte la plus puissante n’est plus

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