‹ Le souverain-pontifeChapitre 4 sur 17 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Paisgne l'Église a déjà un Chef dans les deux, pocr(iiioi lui en faut-il encore ara sur la terre 7

Ce ne sont pas deux Chefs différents ; le Chef visible et terrestre n'étant que le représentant, le Vicaire du Chef unique et invisible, qui est le Christ, Roi des cieux.

Il faut à l'Église en ce monde un Chef visible, un Chef terrestre, parce que, en ce monde, à une Église visible il faut un Chef visible ; à un corps visible et terrestre il faut une tête, un chef visible et terrestre. La tête et les membres ne doivent- ils pas être de même nature?

Et que l'on ne dise pas : Jésds-Christ, vrai homme aussi bien que vrai Dieu, suffit comme Chef à son Église. « Cela ne suffit pas, répond le grand docteur saint Thomas; sans doute, c'est le Christ lui-même qui fait tout dans l'Église ; c'est lui qui baplise, c'est lui qui remet les péchés; c'est lui qui est le vrai Prêtre, immolé sur l'autel de la croix et par la puissance duquel son corps est consacré chaque jour sur

nos autels; et néanmoins, comme il ne devait pas demeurer toujours avec ses fidèles d'une présence corporelle visible, il a choisi des ministres par le moyen desquels il pût dispenser aux chrétiens ces divins sacrements. Pour la même raison, et parce qu'il devait soustraire cette présence corporelle à son Église, il a dû confier à un homme le soin de gouverner, en son nom et comme son Vicaire, l'Église universelle*. »

a L'Église est une monarchie, dit également saint François de Sales, et partant il luy faut un Chef visible, qui la gouverne comme le souverain lieutenant de Nostre-Seigneur ; car autrement, quand Nostre- Seigneur dit : Die Ecclesîx, dites-le à l'Église, à qui parlerions-nous? ou comment conserverionsnous l'unité de la foy? et quand une personne se voudroit émanciper, qui la pourroit réduire au bercail? comment pourroit-on empescher qu'il n'y eust de la division dans l'Éghse?... Puisqu'il falloit que Nostre-Seigneur a])andonnast un jour son Église de

* Si quis autem dicat, quod unum caput, et unus paslor est Christus qui est unus unius Ecclesiœ sponsus : non sufficieuler respondet. Manifestutn est enim quod ecclesiaslica sacramenta ipse Christus perficit : ipse enim est qui Laptizat, ipse est qui peccata remillit, ipse est verus sacerdos, qui se ol)tu\il in ara crucis, et cujus viitute corpus ejus in altari quolidie consecralur; et lamen quia corpoialiter non cum omnibus fidelibus prœsentialiler erat futurus, ele^it niinistros, per quos prœdicta liJeliJjus dispensaret. Eadera igitur ratione, quia pr.xsenliam corporalem erat Lcclesiœ sublraclurus, oporluit ut alicui commitleret qui loco sui universalis Ecclesi.'? pererel curain. (Stim. contra Cent, lib, IV, c. lsxvi.)

sa présence corporelle et visible, il devoit au moins liiy commettre un lieutenant et un vicaire général visible. Vous me direz peut-eslre que Nostre-Seigneur n'est pas mort, qu'il est toujours avec son Église, et l'ayde en tout et partout de sa faveur; pourquoy donc inutilement luy donner un vicaire? Je vous répons que, n'estant pas mort effectivement, mais vivant dans le ciel, il n'a pas besoin de successeur, nms ouy bien d'un vicaire; et j'adjoute qu'afni de ne faire pas un corps visible sans un chef visible, il a voulu l'assister en la personne d'un lieutenant visible, par le moyen duquel, outre les faveurs invisibles, il cunduit continuellement son Église d'une manière convenable à la suavité de sa disposition ^ »

Donc, il n'est pas seulement convenable, il est nécessaire que l'Église de Jésds-Curist ait pour Chef en ce monde un homme, un homme comme nous, qui puisse nous parler, nous instruire, nous juger, nous administrer souverainement les choses saintes, et présider, comme Monarque spirituel, à l'immense assemblée des Évêques, des prêtres et des fidèles.

* Sermon pour le jour de SaiiU-Picrre, et Controverses, discoura xxsv.

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