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CHAPITRE III

Que saint Pierre a été choisi par Jésus-Chbist pour prem'-er Souverain Pontife.

L'Évangile nous atteste solennellement qiie c'est TApôtre saint Pierre, et lui seul, qui a été choisi par le Ciirist pour remplir le premier l'augnsle ministère de Vicaire de died, de Chef visible de l'Église, de Souverain Pontife.

Il y a trois passages principaux où cette élection de Pierre est manifestée avec une divine évidence. Le premier se trouve dans l'Évangile de saint Matthieu, au seizième chapitre ; le second dans l'Évangile de saint Luc, au cliapitre vingt-deuxième ; le troisième au dernier chapitre de l'Évangile de saint Jean. La clarté de ces paroles est telle, que les protestants font depuis trois siècles de vains efforts pour leur trouver, en dehors de l'interprétation catholique, un sens tan soit peu raisonnable.

L'Évangile de saint Matthieu nous rapporte donc que le divin Maître, se trouvant un jour près delà villede Césarée, se mit à interroger ses Apôtres pour

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éprouver leur foi. « Que dit-on de moi parmi les hommes ? leur demandait-il ; et qui dit-on que je suis ? Quem me dicîint esse honiines ? » Les Apôtres répondent : « Les uns, Seigneur, croient que vous êtes Jean-Baptiste ressuscité ; les autres, que vous êtes Élie ou Jérémie, ou quelqu'un des anciens Prophètes revenu en ce monde. » — Et vous, dit Jésus, que pensez-vous de moi ? Vos aiitem, quem ïiE esse dicitis ? » Simon Pierre, éclairé tout à coup de la lumière du Saint-Esprit, s'avance devant son Maître, et, répondant au nom de tous, au nom de toute l'Église présente et à venir, s'écrie dans un transport de loi et d'adoration: « Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant ! Tues Christus, Filius Dei vivUii Noire-Seigneur le regarde avec amour et lui dit : « Tu es hien heureux, Simon, fils de Jean, parce « que ce n'est pas la chair ni le sang qui te l'a révélé, « mais mon Père qui est dans les cieux. Et moi je te « dis que tu es Pierre ; et sur cette pierre je bâtirai « mon Église; et les puissancesde l'enfer ne l'empor- M leroiit point contre elle. C'est à toi que je donnerai « les ciels du royaume des cieux ; et tout ce que tu (( lieras sur la terre sera lié dans les cieux ; et tout ce « que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.»

Méditons une à une toutes les paroles de cet oracle divin :

Jésus choisit Simon-Pierre parce que son Père céleste le choisit le premier, révélant à ce disciple, et

non pas aux autres , le mystère du Christ, fondement unique de la religion et du salut. A cause de cela, Jésds choisit à son tour ce bienheureux Apôtre ; il le tire de la masse commune, l'élève au-dessus de tous, et, le posant seul en face de lui seul, il le crée Pape, Chef suprême de la foi. Et ego dico tibi ; Moi, je dis à Toi. Moi, le Fils de Dieu, à toi, mon Vicaire ; moi seul à toi seul ; moi, le Souverain Pontife éternel, le Christ par excellence, à toi, Souverain Pontife par adoption, le second Christ, représentant du premier.

Et je te dis que tu es Pierre ; Et ego dico tibi quia tu es Petnis. Te changeant en un autre moi-même, je change ton nom ; désormais tu t'appelleras Pierre. Tu m'as dit : « Vous êtes le Christ, » c'est-à-dire la pierre angulaire ; je te dis à mon tour : « Tu es Pierre, tu es pierre avec moi, comme moi et en moi. Tu es Christiis : tu es Petrus. » Moi Jésus, je suis la pierre angulaire, la pierre fondamentale, sur laquelle tout repose; et toi aussi, tu deviens pierre, recevant par ma grâce l'immuable soliditéque je possède par nature. Par toi-même, tu n'es que Simon et tu ne peux rien soutenir ; mais par moi et en moi tu es Pierre, « et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; Etsuper hancpetram xdiflcabo Ecclesiam meam. y>

Mon Église ne repose que sur moi, ainsi l'a voulu mon Père; et moi, à mon tour, je l'étaWis sur toi, parce que désormais tu ne fais phn qu'un avec moi ;

parce que je te constitue sur la terre mon Vicaire unique, mon fondé de pouvoirs , mon premier ministre. C'est en reposant sur toi que mon Église reposera sur moi, de telle sorte qu'il sera facile à toute créature de reconnaître où est mon Eglise, où est ma vérité, où est ma voie, où est ma vie.

Quelques esprits légers voudraient voir dans ce passage de l'Évangile et dans la parole même du Fils de Dieu : « Tu es Pierre, et sur ceitepierre, » un jeu de mots, un futile calembour. Le peu que je viens de dire suffirait déjà pour leur répondre. Mais, comme il s'agit ici d'un point capital, je ne craindrai pas de fatiguer le lecteur en lui citant une pagepleinede profondeur et due au génie d'un de nos contemporains : « Ces paroles de Notre-Seigneur: Tu es Pierre ! ont une valeur qu'on oublie, un sens dont peut-être on ne se doute point. Il faut se rappeler que Noire-Seigneur est lui-même appelé Pierre par les Prophètes; que dans ces mots : tu es Pierre, il dit simplenient au premier des Apôtres : Tu es moi-même, voilà pourquoi l'Église se bâtira sur toi. Puisque tu sais, puisque tu crois que je suis le Christ, le Fils du Dieu vivant, je te dis, moi, que maintenant tu es la PIERRE, que sur toi je bâtirai mon Église.

« Notre-Seigneur étant le Roc sur lequel l'Églis( est fondée, et donnant le nom de roc à l'un de ses disciples, impliquait la délégation particulière de ses propres fonctions.

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a C'est ce qu'exprime formellement Origène : « Notre-Seigneur dit que Simon serait Pierre d'un nom emprunté au Roc, c'est-à-dire au Christ. Et, de même que du mot sagesse un homme est appelé sage, de même de la fierre il sera appelé Pierre. » Tertullien offre la même explication du nom de Pierre, comme étant tiré de la qualité du Roc, qui est Notre-Seigneur Jésds-Christ ; il cite le cas analogue d'Abraham, dont Dieu changea le nom en changeant sa destinée, et petra et lapis Christus. « Je te bâtirai sur moi, s'écrie saint Augustin, et non pas moi sur toi. Le Roc ne reçoit pas sou nom de Pierre, mais Pierre, du Roc : de même que le Christ ne reçoit pas son nom des chrétiens, mais les chrétiens, du Christ... Ce fut la A-olonté de Dieu, dit toujours ce grand Saint, de faire de Pierre, à qui ii remit ses brebis, un autre lui-même, un avec lui, afin qu'il pût les lui confier. . . » a De même que celui qui est la Lumière appela ses Apôtres la Lumière du monde, dit saint Jérôme, ainsi, à Simon, qui croyait un Roc, le Christ donnera le nom de Pierre ; et, par une métaphore tirée de la pierre, il lui dit: Je bâtirai mon É:;lisesur toi. » « Le Christ est \eRoc, dit saint Ambroise, il ne refusera pas à son Apôtre la grâce de ce nom : il veut qu'il se nomme aussi Pierre, parce qu'il en a la persistance, la solidité dans la foi. » « Notre-Seigneur peut rendre un homme pécheur aussi solide que le Roc, s'écrie saint Jean Chrysostnme.» Et, recueillant celte tradition sacrée, le Pape

saint Léon dit: «je suis leiîoc indcslriictiijle : je suis la pierre angulaire : je suis l'unique fondation : on ne saurait en meCtve une autre. Mais vous êtes aussi un Roc, parce que vous êtes consolidé par mon excellence, en sorte que ce qui m'est en propre vous est commun par participation. »

« Il est nommé le Roc de l'Église par Jésus-Christ, et de là, par saint Hiiaire, par saint Grégoire de Nazianze, par saint Ambroise, par saint Augustin ; le R.OC sur lequel l'Église est bâtie, par Tertullien, par Origène, par saint Cyprien ; le Roc solide, le Roc que les portes de l'enfer ne détruisent pas, le second fondement après Jésus-Christ, par Zenon, par saint Augustin, par saint Léon, Tliéodoret, Maxime ; le Roc et la base de la foi orthodoxe, par le Concile de Clialcédoine... Mais à quoi bon demander à l'érudition celte royale aumône? l'idée est de trop haute origine pour en avoir besoin !

« Pourquoi Simon a-t-il reçu le nom de Pierre? Parce que c'était le nom de Jésus-Christ. Ne perdons pas le sens divin de ces paroles : Tu es Pierre, c'e<t-à-diie : tu es à ma place, tu es moi-même; sur toi, dès lors, je bàlis mon Église '. »

Jésus change donc Simon en Pierre, afin de pou-

* VlnfnillibiUlé, par M. de Saint-Bonnet, 1 vol. in-8° (chez Jaunie, Paris). — Je recommande vivement y tous les lecleurs sérieux la lecture de cet adniir;,ljle livre, rempli de lumières et .Tlinndant en vérités plus utiles, plus nécessaires que jamaisdans les temps oîi nous vivons. C'est du pur catholicisme et de la Ijiuite pliilosopliie.

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voir le charger de toute son Eglise ; et il lui confêi e une force si puissante, que touîes les forces de l'enfer ne pourront prévaloir contre elle : Et portx inferi non prœvalebiint adversus eam. L'enfer ne prévaudra point contre l'Église, parce que l'Église sera bâtie sur Pierre, reposera sur la pierre inviolable qui brise tout et que rien ne brise. La fixité trèspure de la foi, la sainteté sans tache de la morale et du culte de l'Église, la lumière, la force et la victoire, tout est donné à Pierre, et par Pierre à l'Église. Rien ne pourra prévaloir contre Pierre, ni contre i'Éghse de Jésus et de Pierre, ni la fureur des juifs, ni la rage des persécuteurs et des bourreaux , ni l'astuce des hérétiques, ni la toute-puissance des Césars, ni les fausses doctrines, ni les faux frères, ni les Judas, ni les Caïplie, ni les Pilate, ni les Hérodes, ni les Néron, ni les vices, ni les flùblesses de l'infirmité humaine ; rien, rien. Jésds-Christ est dans Pierre, et c'est Jésus, le Verbe éternel, qui parle en lui, qui combat, qui triomphe en lui, par lui et pour lui.

Constituant ainsi saint Pierre Souverain Pontife, Notre-Seigneur lui donne la toute-puissance spirituelle nécessaire pour remplir sa très-sainte charge ; et voilà pourquoi il ajoute immédiatement dans l'Évangile : « Et c'est à toi que je donnerai les clefs du royaume des cieux ; de telle sorte que tout ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux cl que tout ce que tu délieras sur la terre sera délié

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dans les cieiix. Et Tibi dabo claves regni cœlorum ; et miodcunque ligaveris super terrain erit ligatum et in cœlis, et quodcunque solveris super terrain erit soliitiim et in cœlis. » Quelles paroles ! Et comme saint Pierre nous est bien montré comme le vrai Vicaire de Jésus, comme un autre Christ ! Qu'aurait pu dire de plus Dieu le Père à son Fils unique ?. . . Jésus-Christ confie, abandonne son royaume tout entier, le royaume des cieux, à l'Apôtre saint Pierre. C'est à toi, à toi seui, tibi, quej'en donnerai les clefs, lui dit-il; etcomme je serai avec toi, comme je t'assisterai et te conduirai en toutes choses pour la gloire de mon Père et le salut de mon Église, ta sentence sera toujours ma sentence, et dans le ciel je ratifierai nécessairement tout ce que par toi je déciderai sur la terre. Tu commanderas, tu condamneras, tu lieras sur la terre, et en même temps je lierai, je commanderai, je condamnerai dans le ciel ; tu délieras , tu pardonneras sur la terre, et moi, je pardonnerai, je délierai dans les cieux. — Notons-le bien : Jésus-Christ n'excepte rien, n'excepte personne ; quodcunque ligaveris, quodcunque solveris ; tout ce que tu lieras, tout ce que tu délieras. Saint Pierre domine tout, règne sur tout et sur tous, comme le Christ et au nom du Christ. En tout ce qui touche les droits de Dieu et de rÉglise, les Evêques lui sont soumis comme les simples fidèles; les princes comme leurs sujets ; les sociétés comme les individus; les doctrines, les lois,

les idées comme les personnes; il a le droit et le devoir d'enseigner l'miivers, la famille, TÉtat non moins que l'Église. Telle est l'institution divine.

Après ce premier témoignage évangélique, si splendide et si formel, personne ne s'étonnera de l'infaillibilité doctrinale et disciplinaire donnée à saint Pierre dans cet autre passage de l'Évangile de saint Luc, et reconnu par toute la tradition. « Simon, « Simon, dit Jésus à son bienheureux Apôtre, voici « que Satan vous a tous demandés afin de vous cribler « comme du froment; mais moi, j'ai prié pour toi, (( afin que ta foi ne défaille point. Et toi, à ton tour, a confirme tes frères.» — Il l'appelle Simon et non Pierre, pour lui rappeler sa faiblesse naturelle ; Satan peut facilement vaincre Simon ; il le vaincra bientôt au triple reniement de la Passion, comme il vaincra les autres Apôtres, leur enlevant pour un moment la foi et le courage ; mais quand Simon sera devenu Pierre après la descente du Saint-Esprit, tout changera de face, et la pierre sacrée de l'Église supportera dorénavant le choc de toutes les vagues, et soutiendra tous ceux qui s'appuieront sur elle. Remarquez encore ici l'espèce d'affectation avec laquelle Notre-Seigneur sépare saint Pierrs de tous les autres disciples : Satan vous a tous demandés, expetivit vos; mais moi j'ai prié pour toi; ego autem rogavi pro TE. Et que demande le Sauveur pour son Vicaire? L'infaillibilité de la foi ; ut non deficiat (ides tua.

La foi de Pierre devient la foi même de l'Eglise, l'infaillibilité de l'Église, sa lumière inexlinguible. Elle devient la pierre de touche de toutes les doctrine?, la règle de toutes les croyances, le remède de toutes les erreurs. Tout peut varier, défaillir ; elle seule demeure immuable à l'ombre de la prière du ChrisÉ, Saint Pierre, premier Pasteur immobile dans la foi, confirme, affermit tous ses frères, les soutient dans leurs luîtes, les relève quand ils sont tombés. Lui seul a, dans l'Église, cette charge divine, cet adorable ministère : Et t\] , confirma fratres tuos. Jésus confirme Pierre, et Pierre confirme l'Église.

« Jésds-Christ, dit M. Olier, a establi en sainct Pierre sa résidence, et pour cela saint Pierre est fondement de l'Église. Ce fondement est donc ferme, il est inébranlable ; et désormais l'enfer ne pourra jamais ébranler dans cet Apostre ce qu'une petite servante y avoit renversé auparavant. Tellement que c'est sainct Pierre qui fortifie toute l'Église; estant chargé non-seulement des agneaux, mais encore des brebis, c'est-à-dire des Apôtres eux-mesmes, qu'il devait fortifier : Confirma fratres tiios^. »

Le troisième passage de l'Évangile se lit dans saint Jean, chapitre xxi. Il est aussi touchant que célèbre. Le Sauveur est ressuscité , mais il n'a pas encore quitté la terre. Sur les rivages de la mer de Tibé-

* Mamiscrits sur l'Église.

riade, il demande à son Élu : « Simon, fils de Jean, K m'aimes-tu plus que ceux-ci? Simon Joannis, n diligis me plus his? — Oui, Seigneur, vous « savez que je vous aime , » répond saint Pierre. « Sois le Pasteur de mes agneaux, Pasce agnos « meos. »

Jésus lui dit de nouveau : « Simon, fils de Jean, « m'aimes-tu? diligis mel » Et Pierre lui répond : « Oui, Seigneur, vous savez que je vous aime. » Et une seconde fois Jésus lui dit : « Sois le Pasteur « de mes agneaux, Pasce agnos meos. »

Enfin, il lui demande une troisième fois : « Simon, « fils de Jean, m'aimes-tu? Amas me?)) Sur la réponse affirmative de Pierre : « Seigneur, vous savez « tout : vous savez que je vous aime. » le bon Pasteur, le Pasteur éternel, dit à son Vicaire : a Sois le « Pasteur de mes brebis, Pasce oves meas. »

Les agneaux sont les fidèles et les prêtres; les brebis sont les Apôtres, les Évêques. Les agneaux sont les agneaux de Jésus ; les brebis sont les brebis de Jésus, agnos meos, oves meas ; il les confie à qui lui plaît, et il lui plaît de les confier à Simon, fils de Jean, qu'il a nommé Pierre.

Bossuet, expliquant ce beau texte, s'exprime ainsi : « Jésus-Christ a confié à Pierre la conduite de ses agneaux et de ses brebis, de son troupeau tout entier. C'est à Pierre qu'il est ordonné premièrement d'aimer plus que les autres Apôtres , et ensuite de paître et de gouverner tout , et les agneaux et les

brebis, et les petits et les mères, et les Pasteurs mêmes. Pasteurs à l'égard des peuples, et brebis à l'égard de Pierre, ils honorent en lui Jésus-Christ *.

Tels sont les lumineux oracles de l'Evangile, qui montrent aux siècles à venir l'élection divine de saint Pierre comme premier Souverain Pontife de l'Église. L'évidence de ces textes faisait dire à saint François de Sales et nous fait dire après lui : « Après tout, si cela n'est pas estre le premier et le Chef des Apostres, je confesse que les Apostres ne sont pas Apostres, ny les Pasteurs Pasteurs, ny les Docteurs Docteurs ; car en quelles paroles plus expresses, et par quelles plus solides marques pourroit-on faire connoistre un Pasteur, un Docteur, un Apostre, que celles que le Sainct-Esprit a mises luy-mesme en ces l'^scritures, pour faire rcconiioistre en sainct Pierre la qualité de Chef de l'Église^? »

Il est donc plus clair que le jour que l'homme Ijicnheureux, choisi entre tous les autres par Notrc- Seigneur Jésus-Christ pour être, après l'Ascension, le Chef visible de son Église, est l'Apôtre saint Pierre. Il est plus clair que le jour que l'Évangile atteste ce choix divin et nous présente saint Pierre comme Chef visible de l'Église, comme Pasteur suprême du troupeau du Christ, comme Vicaire du

' Sermon sur l'uiiité de l'Èylise.

• Controi'crêes, discouis xui.

Fils de Dieu, en un mot, comme premier Souverain

POMIFE.

J'ajoute que c'est un dogme de foi, et que le nier serait une hérésie. C'est ce que constatait du haut de la Chaire Apostolique le Pape Pie VI, à la fin du dernier siècle, lorsqu'il disait au monde chrétien : « C'est un dogme catholique, dogma catlwlicum est, que Jésus-Christ a fondé son Église sur la solidité de la pierre, et que, par un don particulier, il a choisi Pierre de préférence aux autres Apôtres, pour en faire son Vicaire sur la terre et le Prince du chœur apostolique, en lui confiant, pour lui et ses successeurs dans tous les temps, le soin et le pouvoir suprême de paître tout le troupeau, de confirmer ses frères, de lier et de délier dans tout l'univers. Ce dogme nous vient de JÉsus-CnnisT, et nous a été transmis par la croyance et la pratique de l'Eglise universelle, par le témoignage des Saints Pères, et par les décrets des Souverains Pontifes et des Conciles, qui l'ont défendu contre les erreurs des novateurs ^ »

* Ztd Super soUditate Pelfie, du 28 novembre 178G.

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