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EN ITALIE

semble, qu'on parvint à s'emparer des hauteurs de San-Martino.

Malgré tout, on était maître à midi de San-Martino, du Rocolo et de la Controcania ; mais l'ennemi avait déployé de telles forces que l'aile gauche de la division se voyait débordée et prise en écharpe, à moins de 200 mètres, par un feu très nourri de mitraille. C'est à ce moment que Ton commença à se replier sur Rivoltella par l'aile gauche, tout en s' arrêtant de temps à autre pour répondre au feu de l'ennemi et assurer la marche rétrograde de nos convois et de nos blessés. Les différentes troupes de la ligne de bataille se retiraient avec le plus grand calme, échelonnées, au fur et mesure que l'aile droite de l'ennemi, toujours renforcée, les débordait.

Il y a loin, monsieur, je pense, d'une semblable retraite à une fuite sans désemparer. En supposant toutefois que le fait eût eu lieu pour plus de li kilomètres, comme il est dit dans votre relation, ce n'est pas après une telle fuite que ces troupes auraient été en mesure d'entreprendre une nouvelle attaque vers les quatre heures et demie, et qu'elles exécutèrent avec le plus grand courage, malgré toutes les fatigues et les innombrables pertes de la journée. Le désordre pro duit par une semblable fuite aurait été irréparable dans cette journée, et même au lendemain; c'est la remarque que pourront en faire tous les hommes du métier qui, ayant vu la guerre, ont pu juger de la grande démoralisation qui se -produit souvent parle moindre désordre.

29() SUR LÀ JOURNÉE DU *2ll JUIN 1859 EN ITALIE.

M. Borson, officier supérieur de beaucoup de mérite au corps royal d'état-major, passé récemment au service français dans ce même corps, et qui arrivait de Lonato à Rivoltella en même temps que les troupes de la division Cucchiari, pourrait témoigner encore aujourd'hui que je le rassurai sur Tordre parfait qu'elles avaient conservé, et sur le bon esprit qui les animait.

Les faits que j'ai eu l'honneur, monsieur, de vous exposer ont été, jusqu'à ce jour, reconnus par tous les narrateurs de cette campagne, voire par M. de Riïstow, qu'on n'accusera certes pas de partialité pour l'armée sarde.

J'ai trop de foi, monsieur, dans l'impartialité que vous vous êtes proposée pour douter un instant que vous ne vouliez accueillir avec bienveillance une rectification qui se fait d'elle-même par le simple et véridique exposé des événements. Il vous sera d'ailleurs aisé de comprendre comme elle est, de raison, hautement demandée pour l'honneur du drapeau qui de nos temps fut deux fois l'allié de la France, et fit ses preuves aux côtés de sa vaillante armée.

Recevez, monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.

Le général de division, Cadorna.

OPINION D'UN OFFICIER SUPÉRIEUR ALLEMAND SUR LES CAUSES DES SUCCÈS DES ARMES FRANÇAISES DANS LA GUERRE d' ITALIE DE 1859.

On vient de nous communiquer un ouvrage allemand qui a pour titre : L'armée française considérée au champ d'exercices et en campagne, avec un coup d'œil rétrospectif sur la campagne d'Italie de 4859. Ouvrage dédié par un ancien officier à ses camarades de toutes les armées allemandes. (Anonyme.)

L'auteur y développe, entre autres, une série de considérations intéressantes sur les circonstances et les éléments principaux qui ont fait prévaloir les armes françaises sur les armes autrichiennes à la guerre d'Italie. Ces considérations nous paraissent renfermer des renseignements et des aveux précieux : nous croyons utile d'en donner une analyse sommaire.

La guerre d'Italie a mis à découvert l'insuffisance de l'armée autrichienne sous tous les rapports, à l'exception de celui du nombre qui était effectif sur le papier.

L'armée française n'était pas non plus irréprochable ; mais elle était essentiellement supérieure à son adversaire. La manière de combattre des Français était sans doule meilleure que celle des Autrichiens; mais ce n'est pas à cette circonstance seule que les premiers doivent leurs victoires.

Bravoure, courage, mépris de la mort, ténacité,

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