CAUSES DES SUCCÈS DES ARMES FRANÇAISES
persévérance et discipline, voilà les qualités qui distinguaient également les deux armées. Mais du reste, la différence était grande.
Chez les Français, identité de nationalité, d'esprit, de mœurs, de coutumes, de langue, d'intérêts, de sentiments, de fierté et d'orgueil national.
L'armée française était en grande partie composée de vieux soldats, qui, par suite de l'habitude de la guerre, avaient soif de combat, étaient endurcis aux fatigues de toute espèce, expérimentés et rompus à la lutte.
La vanité, l'ambition, la suffisance, la confiance en soi, le sentiment individuel et le feu sacré de la guerre, soutenus par un fonds de hardiesse, d'audace, d'autonomie d'action, par la persuasion d'être infaillibles et invincibles, par la perspective d'avancement et d'ordres pensionnés, voilà ce qui, avec la victoire d'avant-goût de Montebello, éleva à son point culminant l'élan, l'entrain naturellement donnés.
« Celui qui a vu l'infanterie française — toute infan- » terie française n'est pour nous Allemands que de » l'infanterie légère — au combat, son élément, reste » stupéfait, abasourdi au déploiement de qualités mili- » taires aussi sublimes, et il est tenté de croire que » l'esprit peut réellement suppléer ce qui manque au » corps. »
L'armée autrichienne, au contraire, était composée de soldats de huit nationalités différant de race, de langue, de mœurs, de coutumes et d'intérêts : réunis par les seuls liens de l'habitude, du serment fait au dra-
DANS LA GUERRE d'iTALÏE DE 1859. 299
peau, du sentiment du devoir, de La fidélité à l'Empereur, de l'obéissance et d'une sévère discipline, pleins de dévouement, animés d'un esprit non vivant, lents par nature, plutôt lourds que mobiles, intellectuellement tranquilles, réfléchis, sans élan ni feu sacré, désirant mais non voulant vaincre : obéissant avec calme, d une manière consciencieuse, mais mécaniquement et sans enthousiasme, se battant avec résignation, valeur, héroïsme, se laissant peut-être immoler inutilement, mais vendant chèrement leur vie.
L'armée autrichienne d'Italie était composée de 6/60* d'Italiens, i/C>O e de frontières militaires, 15/60* de Hongrois, 3 1 /60* d'Allemands et de Slaves, de sorte qu'il revient C/00 e aux autres nationalités de l'empire.
Les Allemands, y compris les Tyroliens et les Slaves, non compris les frontières militaires, se battirent avec une bravoure qui les rendait les égaux des soldats français. Les Hongrois auraient montré de l'hésitation dans quelques circonstances ; mais les Autrichiens nient le fait.
Les lâches Italiens se livrèrent à l'ennemi sans combat; les frontières militaires, hommes de si bonne trempe, se montrèrent également lâches.
« Le soldat allemand n'a pas le sentiment guerrier, » il n'est pas belliqueux, il n'a rien de commun avec * l'ambition. Il est un excellent matériel de guerre, à » raison de sa ductilité et de sa consistance. Ce qu'il » faudrait lui inoculer, c'est une volonté propre, une » impulsion personnelle, la tendance à aller en avant.»
L'armée autrichienne était en général composée de