CAUSES DES SUCCÈS DES ARMES FRANÇAISES
jeunes gens qui servaient à peine depuis un an et même moins : presque tous les soldats étaient sans souvenir personnel de guerre ; car il ne restait plus qu'un petit nombre de ceux qui avaient pris part aux combats de 1848 et de 1849. Ils ne défendaient que leur ancienue gloire militaire, mais ils ne le faisaient pas en vue de récompenses quelconques ; car la masse n'avait point cette perspective : ils se contentaient du témoignage de leur conscience qui leur disait qu'ils avaient fait leur devoir.
La supériorité du soldat français sur le soldat autrichien au point de vue moral est frappante : le Français ne combat pas en écolier dressé, seriné ; il combat par nature et par passion ; l'Autrichien, par devoir et par ordre.
Les officiers autrichiens prêchaient du plus bel exemple à leurs soldats ; mais, ayant moins de feu et d'ardeur que les officiers français, ils ne les entraînaient pas. D'ailleurs, la distance d'officier à soldat était trop sensible. La plupart de ces officiers n'avaient ni expérience de guerre, ni connaissance ni habitude de combat : beaucoup d'officiers venaient d'être tirés des emplois civils.
Les généraux français ne développèrent pas de talents stratégiques ni tactiques particuliers ; ils ne se montrèrent pas généraux; car ils auraient pu écraser l'armée ennemie, comme celle-ci aurait pu, plus d'une fois, écraser l'armée française. Cependant tous étaient supérieurs aux généraux autrichiens, parmi lesquels fait seul exception le général Benedek.
DANS LA GUERRE D'iTALIE DE 1859. 301
Les états-majors des corps français étaient très bien organisés : officiers d'état-major et aides-de-camp faisaient partie du même corps, étaient nombreux, expérimentés et rompus au combat, tandis que, dans l'armée autrichienne, les états-majors et les aides-de-camp étaient séparés en deux corps différents, trop peu nombreux pour le service, créés en grande partie à la hâte et par conséquent ignorant le métier.
Les forces des alliés étaient plus nombreuses dans la première phase de la guerre, c est-à-dire jusqu'à la retraite de Magenta ; dans la deuxième phase, celles des Autrichiens étaient supérieures. Mais si Ton considère le nombre des combattants qui se trouvaient sur le champ de bataille de part et d'autre, on trouve que les Autrichiens étaient les plus nombreux à Montebello et à Magenta ; à Solferino, ils étaient, au centre, les plus nombreux jusqu'à l'arrivée de la garde impériale française qui rétablit à peu près l'équilibre ; à l'aile gauche, ils étaient constamment en plus grand nombre; à l'aile droite, ils étaient inférieurs aux Sardes. Les alliés étaient les plus nombreux à Palestro et à Melegnano.
L'infanterie française, mieux dressée pour l'action que pour la manœuvre d'exercices, savait supérieurement manier la baïonnette et faire des courses longues et continues au pas gymnastique, etc.
Mais les cavaliers autrichiens étaient individuellement supérieurs aux cavaliers français.
L'habillement et le service des subsistances militaires étaient mieux organisés chez les Français que