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NOUVELLE COMPOSITION DE L* ARMÉE PRUSSIENNE

Aux termes d'un mémoire déposé le 25 avril par le gouvernement prussien à la chambre des députés, sur les dépenses militaires de Tannée ou plutôt de l'exercice courant, l'armée prussienne active et permanente se compose actuellement de 254 bataillons d'infanterie, de 200 escadrons de cavalerie, de 106 batteries et compagnies d'artillerie, de i 1 bataillons de pionniers, dont '2 compagnies de réserve et de 9 bataillons du train.

Les 254 bataillons d'infanterie forment 81 régiments, dont 9 de la garde royale, 72 régiments de ligue, 10 bataillons de chasseurs, l bataillon-école et \ détachement-école établi à Postdam, où l'on forme des sous-officiers. Un régiment d'infanterie prussien n'est donc composé que de 3 bataillons. L'infanterie a été augmentée de 117 bataillons, savoir : k régiments de la garde, 32 régiments de ligne et 9 bataillons de réserve; mais, par suite de revirements, l'augmentation définitive n'est que de 109 bataillons d'infanterie.

Les 200 escadrons de cavalerie forment 48 régiments, dont 8 de la garde et 40 de ligne. De ces derniers, 8 sont à 5 escadrons et 32 à 4 ; 2 des régiments de la garde et 8 des régiments de ligne sont de nouvelle création. Un régiment de la garde comprend donc 4 escadrons.

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Les 106 batteries d'artillerie forment 9 régiments, divisés chacun en une section à pied de 3 batteries, une section à cheval de S batteries et une section sédentaire destinée à la défense des forteresses.

La section des forteresses dans k régiments compte 4 compagnies et 5 dans les autres, plus 1 compagnie d'ouvriers. Il existe, en outre, une section combinée d'artillerie des forteresses à 5 compagnies et une section d'artificiers.

Les 9 bataillons de pionniers sont de 3 compagnies chacun, et il existe, en outre, 2 compagnies de pionniers de réserve.

Le train se compose de 9 bataillons à 2 compagnies.

La Ijindwehr, qui n'existe que sur les cadres, comprend 117 bataillons d'infanterie, dont 12 de la garde, 10/i d'infanterie de ligne et 1 bataillon des principautés de Hohenzollern.

La Landwehr compte 1 2 régiments de cavalerie.

20 dépôts de régiments de cavalerie de la landwehr et 8 escadrons de réserve de la ligne ont été supprimés comme inutiles et onéreux.

F. DE la F.

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— Le pont de Kehl, sur le Rhin, est terminé; l'inauguration en a été faite récemment, en présence des populations riveraines et par les principales autorités des pays limitrophes. C'était là une entreprise industrielle qu'il était difficile de faire accepter par la diplomatie. On sait, en effet, qu'en cas de guerre, celle des puissances intéressées qui réussirait à prendre, la première, possession du pont, porterait rapidement une armée sur le territoire ennemi. Simple question de vîtes* qui ne laissait pas que d'être alarmante pour la Confédération germanique, car la promptitude de résolution est plus habituelle en France qu'en Allemagne Cependant le pont, tel qu'il est construit, paraît remplir des conditions rassurantes, dans la prévision d'un conflit. Ainsi, l'ouvrage entier se compose d'une partie fixe, au milieu du fleuve, et de deux parties mobiles aux extrémités. Ces dernières portions forment chacune un pont tournant, qu'un mécanisme facile à faire fonctionner, ramène au besoin le long du rivage laissant un vide entre celui-ci et la partie fixe qui' reste isolée au milieu du cours d'eau. Cette disposition in- Kénieuse n a pas encore semblé suffisante à la Confédération; elle a prescrit l'établissement d'un fortin couvert d'artillerie pour battre le débouché du pont et la voie ne sera ouverte au chemin de fer que lorsque cet ouvrage sera terminé. H

- Partout, en Europe, des mesures sont prises par les gouvernements dans la prévision de guerres pro-

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chaînes, et cependant la paix ne semble devoir être troublée, pour le moment, que par des désordres partiels. La Prusse a décidé l'augmentation de ses troupes actives. On annonce de Francfort qu'une résolution fédérale a affecté provisoirement un million de florins à l'armement des forteresses, au moyen de canons rayés. Les places désignées sont : Mayence, Ulm, Rastadt, Luxembourg, Landau. La Russie a rassemblé des forces considérables en Pologne , où un commencement d'agitation s'est manifesté. L'Autriche ne rencontre qu'hostilité dans ses diverses provinces, et elle a confié à Benedek, l'un de ses meilleurs généraux, le commandement de son armée de Vénétie. L'Italie enfin fait de grands efforts pour armer ses habitants et les décider a se faire soldats; mais l'anarchie désole plus que jamais ses provinces méridionales.

— Pendant ce temps, nos troupes poursuivent leurs ennemis sur le continent asiatique. On sait que depuis 1859, nous occupions, en Cochinchine, dans l'empire d'Annam, et, comme garantie des réparations que nous exigeons du souverain du pays, la ville de Saigon, située dans une position avantageuse, sur le fleuve de même nom, que les navires les plus gros peuvent remonter jusqu'à la ville même. Les environs de Saigon sont très fertiles; plus heureux que notre Algérie, ils ont des eaux en grande quanti té; aussi le pays est-il sillonne de petits canaux. Le climat est celui des tropiques.

Pendant que se faisait l'expédition de Chine, une faible garnison avait été laissée dans Saigon, et les Annamites, espérant avoir raison de ce petit nombre de soldats, attaquèrent plusieurs Ibis l t place. Repoussés vigoureusement, ils résolurent de bloquer Saison par terre et de l'affamer. Dans ce but, ils ont élevé des forts et plusieurs lignes de retranchements a peu de distance de la ville, dans la plaine de Ri-Hoa, et toute une armée se tenait dans ces ouvrages, prête

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pour les éventualités. Mais les troupes de Chine, devenant disponibles en partie, le 2 e bataillon de chasseurs, le 3 e régiment de marine et de l'artillerie furent dirigés sur Saigon et placés sous le commandement du vice-amiral Charner, chef des forces expéditionnaires en Cochinchine. Un détachement espagnol de deux cents hommes, la garnison de Saigon et près de mille marins de débarquement, portaient le chiffre total des hommes pouvant combattre à environ trois mille hommes. La Hotte, du reste, était appelée, par suite de la configuration du terrain, à nous rendre d'importants services. Saïgon est au sommet d'un triangle, dont les deux côtés adjacents sont formés par des cours d'eau profonds et se réunissant devant la ville ; le troisième côté se trouve représenté par les lignes annamites. Il était donc à espérer que les navires pourraient, à l'aide de leur artillerie, inquiéter les flancs de l'ennemi et même lui couper la retraite.

Le î2o février, les troupes campent en dehors de Saïgon. Le w 24, elles attaquent les retranchements ennemi-. L'artillerie commence l'action, et, lorsque le terrain paraît suffisamment préparé, trois petites colonnes d'assaut, munies d'échelles, franchissent les obstacles et pénètrent dans l'intérieur des retranchements. La résistance a été éuergique ; les Annamites sont plus vigoureux que les Chinois ; ils sont aussi mieux armés et capables d'efforts plus sérieux.

Voici , du reste , les expressions mêmes du viceamiral Chaî ner dans son rapport officiel :

« Ces ligues présentent, comme je l'ai dit plus haut, un développement d'environ 12,000 mètres, sans compter les forts détachés oui l'entourent de tous côtés. Tous ces ouvrages sont habilement placés et défendus par une nombreuse armée. On se fait difficilement une idée de la multitude d'obstacles qui y sont accumulés. Ce sont des épaulemenls en terre hérissés de plusieurs lignes de bambous, protégés quelquefois par cinq fossés

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