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SUR LES MANOEUVRES D'INFANTERIE

ses flancs bien appuyés, ou convenablement protégés par de l'artillerie et des dispositions de troupes.

On peut affirmer qu'à la distance de 100 mètres seulement, rien que par le fait des écarts du tir, les intervalles de 16 mètres qui existent de bataillon à bataillon seront aussi bien garnis de feu, que le front même des bataillons.

La fumée s'étendra également, sans solution de continuité, sur tout le front delà ligne de bataille, et la dérobera toute entière à la vue de l'observateur placé en avant.

Une colonne de cavalerie se présentant pour charger, ne trouvera donc aucun point de la ligne dégarni de feux, et le cheval subira à la fois l'effet de la mousqueterie et de la fumée, qui l'impressionnent bien plus vivement que le feu du canon.

Il faudra au cavalier à la fois beaucoup d'habileté et de courage pour maîtriser son cheval et le forcer d'avancer sur un pareil obstacle. Dans la plupart des cas, les escadrons seront rompus dès les premiers instants de la charge, et les chevaux feront demitour.

Si, au contraire, les bataillons menacés par la cavalerie ont formé le carré, l'intervalle de 16 mètres qui les sépare l'un de Vautre sera augmenté d'une étendue égale aux trois quarts du front de chaque bataillon. El en même temps Vinfanterie ne pourra plus couvrir le front qu'elle occupait que du quart de son feu.

Le cheval, apercevant devant lui de grands espaces libres, s'avancera plus franchement. Son instinct liu

fera voir qu'il peut se dérober à droite ou à gauche. Le cavalier en sera d'autant plus le maître. Ajoutez à cela l'effet moral produit par les pertes matérielles, et ces pertes matérielles mômes diminueront dans la même proportion à peu près que le feu de Tintanterie, c'est-à-dire de 1 à 1 /4, ou de 4 à 1 .

Nous persistons donc à croire qu'il y a bien plus de risques à courir pour de l'infanterie, quand elle est menacée par de la cavalerie , à prendre la formation en carré qu'à conserver l'ordre déployé.

Si nous passons ensuite à l'examen de détail de cette formation, les critiques qui vont suivre nous paraissent aussi fondées.

1° La 1" face du carré ne présente pas plus de solidité que le bataillon tout entier déployé.

2° La cavalerie . quand elle atteint la ligne de bataille sur laquelle les cari és se sont formés, sans heurter la l re face, s'écoule à droite et à gauche avec tant de rapidité, que les 9 e et 3 e faces n'ont pas le temps de tirer.

3° La 4 6 face fait, dès le début de l'attaque de la cavalerie, et on ne sait trop pourquoi, puisque l'attaque ne peut se présenter que de front, face par le 3 e rang, et tourne ainsi le dos à l'ennemi ! Cette face ne peut entrer en action que si la cavalerie, ayant dépassé les carrés, fait demi-tour pour les attaquer par la 4 ê face, circonstance qui ne s'est peut-être jamais présentée.

Déjà on avait songé à considérer cette 4* face comme la réserve du carré. Elle devait fournir les tirailleur*

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et se former par leur ralliement au bataillon. Sa composition même, surtout dans la formation en colonne double, qui est la plus usitée, semblait la destiner à ce rôle, puisqu'elle est formée des deux compagnies d'élite du bataillon.

Si on persiste à employer aussi fréquemment le carré qu'on la fait jusqu a ce jour, nous voudrions que la 4 e face, qui a toujours une compagnie d'élite dans sa composition, cessât de faire demi-tour dès que le carré se forme. Elle resterait face en tête, à moins qu'on ait à craindre une attaque simultanée sur toutes les faces, et elle formerait seule la réserve du carré. Quoi qu'il arrive, quelque emprunt qu'on lui ait fait au profit des autres faces, il lui restera toujours assez de forces pour avoir raison des quelques cavaliers qui viendraient assaillir le carré par derrière, et il lui suffit de faire demi-tour, si cela devient nécessaire.

Si la justesse de cette observation était reconnue, les réserves qui ont le tort, dans la nouvelle théorie, de compliquer une formation qui doit être, avant tout, simple et rapide, disparaîtraient complètement de la

nouvelle théorie.

Nous croyons en avoir assez dit déjà pour qu'on puisse s'étonner, â bon droit, de voir les réserves faire leur apparition dans l'ordonnance française, juste au moment où toutes les artilleries de l'Europe se trans forment et acquièrent, aux grandes distances, une justesse de tir et une puissance de destruction inconnues jusqu'à ce jour. L'ordre mince, en présence de ce

fait, devient d'une absolue nécessité, et c'est le plus favorable, d'ailleurs, à notre excessive mobilité.

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