‹ Le spectre de ChatillonChapitre 18 sur 20 · L£ SPECTRE · texte numérisé non relu

L£ SPECTRE

et quaud vous écrirez à moDseigneur,

dites-lui que ce n'est pas seulement pour

moi , mais aussi pour lui-même, que je

demande à le voir avant de quitter ce

monde. J'ai des choses importantes a lui

révéler... Oh! diles-lui, dites-lui bien que

Marguerite Blanchard a besoin de le voir...

^ ' "MaintenanI , messieurs, ajoula-t-elle en

prenant un verre oîi l'on venait de verser

quelques gouttes de vin , ne voulez-vous

pas que nous buvions a la santé de notre

noble maître?

— Volontiers, madame, dit M. de Rosemberg avec un sourire.

11 prit aussi un verre et fit signe a son flls de l'imiter.

DE CIIATlLLOx\ 279

— Eh! quoi,poursuivi(-il en jelanl un regard oblique sur les assislaiits, seronsnous seuls ici à porter la santé du duc de Châtillon? .«^y-*:; cm^j--^' Vt.- y ;r' "^

""^ ^-^ Personne ne s'y refusera, dit madame

Blanchard avec empressement; remplis '**^ '^ *"*»w^ les verres, Joséphine... Il n'y a ici, mon- . siour, que des amis de la bonne vieille famille; tous sont des fils ou des petitsfils d'anciens serviteurs du château. Deux, de nos valets de ferme avaient'donné de travers dans les idées du jour; les autres les ont tant malmenés que ces deux-la ont quitté la maison pour aller travailler a la papeterie de M. Jacquet, où il ne manque pas de sacripauts de cette sorte... Il ne

reste ici que de braves gens dévoués a notre excellent seigneur, n'est-il pas vrai, vous autres?

— Il n'y a pas grand mérite a cela, notre maîtresse, répliqua un vieux paysan assis près du haut bout de la table; pendant des centaines d'années, les pères de mon père ont vécu sur les terres de Châtillon , et les seigneurs ont toujours été compatissants pour le pauvre monde!

— Madame la duchesse avait doté ma ^

mère, dit un jeune gars bien découplé, et ^^^^ la bonne femme ne parlait jamais de sa maîtresse sans pleurer.

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— J'étais orphelin, dit un autre, et M. le marquis a pris soin de moi dans mon enfance.

Il s'éleva, de chaque coin de la salle, un concert de bénédictions; pas un des assistants qui n'eût a citer quelque bonne action d'un Châtillon. Le père et le fils se regardaient a la dérobée.

— Eh bien donc, reprit M. de Rosembember^ d'une voix très altérée, à la santé de M. de Châtillon, à qui je transmettrai ces marques de souvenir et d'alTection.

— Oui, a sa santé! dit madame Blan-

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