‹ Le Sphincter Lisse De L'Urètre Et Les Maladies Cervico-ProstatIquesChapitre 9 sur 35 · PHYSIOLOGIE NORMALE · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIE NORMALE

Le sphincter lisse a pour rôle de maintenir fermé l'orifice vésico-uréthral, afin de permettre à l’urine de s’accumuler dans la vessie dans l'intervalle des mictions, et d'empêcher le reflux vésical du sperme pendant l’éjaculation.

L'OCCLUSION DU COL est assurée par l’élasticité et la tonicité du sphincter lisse, contraction réflexe statique d'attitude, «reflexe postural contraction» de SHERRINGTON (1).

Il adapte sa contraction d’attitude au volume du contenu vésical. Tant que cette contraction coïncide avec linhibition du muscle trigonal (fibres plexiformes) — ou tout au moins reste supérieur à la contraction de celui-ci, — le col reste fermé.

Cette occlusion automatique du col est en outre favorisée par l’action des nombreuses fibres élastiques de la paroi de l’urèthre prostatique et membraneux qui assurent le contact des parois uréthrales. La prostate elle aussi participe par sa musculature à la fermeture de la vessie. La non-coïncidence des axes de la vessie pleine (presque horizon-

(1) « Réactions actives et statiques des tissus contractiles qui maintiennent la configuration extérieure du corps et de ses parties en s’opposant aux forces qui tendent à l’altérer.» (Sherrington.)

LEMOINE, de Bruxelles, l’interprète ainsi, quant à la vessie: «C’est un tonus d’attitude indépendant du système nerveux central qui permet aux fibres musculaires de la vessie de conserver la même tension avec des longueurs différentes. Grâce à ce tonus, le contenu vésical peut varier sans que la pression qu’il supporte soit influencée, Inversement, après addition ou soustraction ra-

pides de liquide, le tonus s’adapte, la pression diminue ou augmente. »

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tal) et de lurèthre postérieur (plutôt vertical) favorise également la contention automatique de l’urine dans la vessie. « Maïs ces obstacles mécaniques, anatomiques, ne sont qu’un adjuvant du tonus de l’orifice interne de l’urèthre. » (LEMOINE.)

Quand la pression intra-vésicale a atteint 12 à 15 ou même 18 cc. d’eau, le sphincter lisse se laisse forcer par les contractions vésicales et quelques gouttes d'urine pénètrent dans l’urèthre postérieur. Si, à ce moment, le sujet ne veut pas uriner, le sphincter strié ou constricteur de l’urèthre se contracte sous l'effet de la volonté et refoule ces quelques gouttes d'urine dans la vessie (LEMOINE). Celle-ci, grâce à sa contraction d’attitude, se réadapie au volume d'urine qu’elle trouvait tout à l’heure trop grand, et permet au sphincter lisse de reprendre sa tonicité.

Le volume d'urine augmentant, le même mécanisme se reproduit, et le sphincter strié intervient de nouveau (intervention devenue automatique par habitude mais restant sous le contrôle des centres nerveux). La pression intra-vésicale augmentant toujours, le sphincter lisse est enfin définitivement forcé, et la contraction permanente du sphincter strié est alors nécessaire pour assurer la contention de l'urine. Celle-ci est maintenant volontaire d’une facon permanente, après avoir été automatique puis périodiquement volontaire. Le sphincter strié luimême ne cède qu'à une pression de 70 à 100 cc. d’eau : c’est la miction forcée.

A l'inverse, la contention automatique de lurine dans la vessie peut elle-même cesser sous l'effet de la volonté. C’est le cas quand un sujet urine au commandement, alors que le volume d’urine contenue dans sa vessie est insuffisant pour la faire entrer automatiquement en contraction. « L'ouverture de la musculature sphinctérienne semble donc pouvoir être un phénomène volontaire > (MARION).

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