‹ Le sphinx; drameChapitre 65 sur 68 · ACTE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIEME

BLANCUE, après une courts pause.

C'est donc mon beau-père?

BERTUE.

Comment, ton beau-père ? Quoi ? (EUe lui Terse du thé.)

BLANCHE, souriant péniblement.

Vous causiez ensemble depuis un moment, l'amiral et toi, quand je suis arrivée... C'est donc ton entretien avec lui qui t'a mise dans la disposition où je te vois ?

B E R T H E , dont les soupçons s'éveillent.

Mais dans quelle disposition? Qu'est-ce que cela veut dire? Je suis comme toujours.

PLANCHE

Non... Depuis mon entrée ici... le trouble de tes yeux, la sécheresse de tes paroles sont étranges... Il y a quelque chose.

B E R T H E , qui s'est assise.

Vraiment, tu imagines cela I

BLANCHE

Jure-moi qu'il n'y a rien de nouveau entre nous.

BERTHB.

Non... rien de nouveau...

BLANCHE

De quel ton tu me dis celat Dis-le-moi donc bien en face... 15, dans les yeux I

BE RTIIE , se levant tout à coup et éclatant.

Ahl... tu veux savoir si j'ai tes lettres, n'est-ce pas?...

Eh bien... oui... je les ai! (Blanche se 1ère brusquement et lui jette un regard farouche. Berthe soutient ce regard, puis elle va rapidement au meuble qui est près de la fenêtre, ouvre le tiroir où elle a mis les lettres, et les lui montrant.) LeS VOilà!

BLANCHE , après une minute d'hésitation, sombre et menaçante, se rasseyant.

Eh bien... que vas-tu faire ?

BE RTIIE, rejetant les lettres dans le tiroir et se rapprochant.

Te perdre, si tu m'y forces! — Écoute, Blanche... je ne les ai, ces lettres, que depuis quelques heures... et Dieu sait qu'en les prenant, la pensée ne m'était même pas venue de m'en servir contre toi. — Elles ne m'ont rien appris... depuis le premier instant, je savais tout... ce n'était donc pas des preuves que je cherchais... C'était... que sais-je?... c'était la seule consolation des douleurs inconsolables, hélas!... On s'en abreuve, on veut les épuiser jusqu'au fond!... Puis je comptais les remettre, ces lettres, où je les ai prises... et continuer de subir, comme avant, la vie qui m'était infligée... Mais, maintenant... tu le comprends... c'est impossible... Mon existence entre vous deux, quand vous savez que je suis instruite, ne serait plus seulement horrible, elle serait dégradante... J'acceptais le supplice... la dégradation, jamais! — Il faut que tu partes!

BLANCHE , avec un froid désespoir.

Et OÙ veux-tu que j'aille?

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