P. DUCLOS
Je suis obligé de taire, pour aujourd'hui, la suite de notre conversation, n'ayant pas l'autorisation de la publier ; mais du moins^ je dirai ce que je tiens de M. Kolisch qui le tient lui-même de la personne le mieux à même de connaître ces choses, que MM. Petit et Lequesne savaient parfaitement, dès le commencement de l'examen, que tels et tels problèmes étaient de M. Lamouroux.
Or tout le monde sait les précautions prises dans les tournois de problèmes pour empêcher les juges de connaître les noms des compositeurs avant d'avoir décerné les prix. M. Lequesne, seul au monde, les ignorait-il, lui qul^ m'a-t-on dit, a fait déjà plusieurs fois les fonctions de rapporteur ? Mais alors, d'où vient qu'il déclare l'envoi n*» 21, exclu du concours parce qu'il est signé? D'où vient qu'il a tancé un autre concurrent (n» 23) parce que, postérieurement à son envoi, il a livré à l'impression quelques problèmes soumis à l'examen ?
Enfin, monsieur, de retour à Paris, j'ai écrit à M. Lahure une longue lettre dont je tiens la copie à votre disposition. Oui, cela est peut-être difficile à croire, j'ai eu la bonhomie de m'adresser à lui, de lui déclarer la guerre, avec offres de paix, en lui laissant huit jours pour réformer le jugement iniquement rendu ; j'ai .poussé la simplicité jusqu'à lui énumérer presque toutes les preuves que j'avais et que j'aurais en main , et je finissais ainsi :
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« En cette affaire. Je n'ai qu'un intérêt, la Justice, et Je m'estimerai heureux si Je puis atteindre ce résultat sans noire au Palamède et en l'affranchissant de toute responsabilité dans cette sale affaire. Vous seul, monsieur, pouvez amener ce résultat en signalant publiquement, comme représentant du Journal, l'acte des Juges du concours, en le désavouant et le flétrissant avec indignation.. • En attendant votre réponse d'ici à huit jours au plus, Je vous prie, etc. »
Huit, dix, douze jours écoulés, pas de réponse ! M. Lahure^'a donc répondu ni à M. Rolisch ni à moi. Non, M. Lahure ne répond a personne, et, par son silence, il paraît vouloir assumer la responsabilité de ce Jugement. Mais, si on ne répond pas^ on cherche à intimider par des menaces de procès. Je ne connais pas la loi française, mais Je ne puis croire qu'on puisse être puni pour signaler et prouver des faits. Si ces faits sont honteux, leurs auteurs doivent s'en prendre à eux-mêmes.
En résumé le Jugement est nul et non-avenu par les motifs suivants :
40 Commission d'examen changée clandestinement.
2^ Mépris de l'opinion du seul Juge capable qui se sMt occupé sérieusement de l'examen (Voir la protestation de H. Duclos).
d<> Envoi couronné: sur 9 problèmes, QUAiaB sont faux.
4» Auteur couronné connu des Juges avant la rupture du pli cacheté ; connu non fortuitement.
50 Reconstruction de problèmes couronnés après le Jugement rendu, avec le concours de M Rosenthal, qui en témoigne.
Je m'adresse donc à vous A qui ne me suis-Je pas adressé
avant d'avoir recours à votre publicité I Dans la convei'sation que J'ai eue avec M. Petit à propos de cette triste affaire. Je lui fis ressortir tout ce que ce Jugement avait d'inique. Ce monsieur se contenta de me dire fort cavalièrement:
c C'est notre goût; peu nous importe que cela ne soit pas du goût des Allemands. » A cela, et quant à la question de goût seulement. J'aurais pu répondre par cet extrait de la lettre de M. C. Bayer in M. Kolisch :
« Que cea détails de cuisine soient connus ou non (il parle des » fourneaux où ont été recuits les problèmes Lamouroux), il est • néanmoins hors de doute que l'opinion publique s'apercevra » que les procédés n'ont pas été réguliers. Pour cela, on n'a qu'à » comparer les problèmes de Klett avec ceux de Lamouroux.
JODHNAL DES ÉCHBCS 201
• Dam les deux échantillons que Je possède de ce dernier, Tin- » tcntion est cachée sans doute, mais ils sont très-pauvrement 1 construits. Il est vrai que le problème n» 4 de Klett a de doubles 1 coups; mais outre que ce u? 4 est son plus faible, on trouve » dans son envoi (qui devait-être Jugé sur TenBcmble), quatre t positions d'un^ beauté achevée. Et si Ton peut dire que le
• goût n*est pas discutable, il est aussi incontestable qu'à tout il » y a des limites, »
Uien à faire donc du côté de M. Lahure et de M. Petit. Je ne vous cacherai pas qu'il me répugnait d'entrer en conversation avec M. Lequesne
Je vous cherchai donc plusieurs Jours à la Régence sans avoir rhonneur de vous rencontrer. Enfin Je m'adressai à un de vos amis qui me dit qu'il vous déplairait sans doute d'attaquer un concurrent du Sphinx, mais que, si l'honnêteté de M. Lahure n'était pas nùse en cause, vous ne vous refuseriez peut-être pas à accueillir mon écrit avec pièces justificatives.
En effet, monsieur, c'est à vous qu'il appartient de prouver que l'honnêteté n'est pas le monopole des Allemands et qu'aucun des amateurs de la généreuse nation française ne voudra s'associer à des actes de mauvais goût et de mauvaise morale.
J'espère donc que vous voudrez bien insérer lo plus tôt possible cette très-longue lettre. Je liens à votre disposition tous les documents et déclarations nécessaires pour établir l'exacte vérité des faits que J'avance.
Agréez, etc.