‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 14 sur 39 · LE SOMNAMBULISME MAGNÉTIQUE H · texte numérisé non relu

LE SOMNAMBULISME MAGNÉTIQUE H

sieurs minutes de suite, sous le nez de chaque som-r nambule, en s'assuranl toutefois que Tinspiralion portait bien dans la poitrine le gaz délétère qui s*écbappait du bocal. On répéta plusieurs fois cette opéralion et jamais les observateurs ne purent surprendre Tombre d*une manifestation de gêne ou de malaise. Détail piquant. Un docteur, sans doute plus incrédule que les autres, voulut s'assurer par lui-môme que le vase contenait bien deTammoniaque, et s'étant approché pour le sentir, faillit payer de sa vie cette im^ prudente curiosité.

Ces phùnom.înes prouvent donc que le somnambulisme est un état particulier du système nerveux, qui présente de grandes analogies avec Iîl parahsie sensilive produite par les anesthésiques, tels que le chloroforme ou Féther. Nous verrons plus loin combien cette assimilation est complète.

Les faits qua nous venons de d«^cri;'e ont été examinés avec une scrupuleuse allenliod utaflirmés par des témoins honorables tels que: MM. liusson,Bricheteau, Delens, et une foule d'autres médecins. Los procèsverbaux rédigés sur place, ont été déposés chez M. Dubois, notaire à Paris, le double en a été iiiséj-é dans une brochure qui a reçu une immense publicilô cl jamais un démenti n'est venu en contester la véracité.

Déterminons maintenant d'aulnes caraclôres du somnambulisme magnétique. Lr somnambult? sent avec plus de précision qu'à l'éUit normal quelle estla partie de son corps rjui est anv.ctée, il la voit et souvent indique le remède convenable pour sa guérison.

A un degré plus «'levé, il embnjssi^ d'un coup d'oeil toute son anatomie et son pouvoir s'étend Jusqu'à lire dansla pensée de ceux que ron met en rapport avep

lui. Un des sigaes caractéristiques du sommeil somnumbulique, c'est Toubli, au réveil, de tout ce qui vient de se passer.

Arrivons enfin à ce que Ton a appelé la transposition des sens, c'est-à-dire à la faculté que possèdent certains somnambules de voir sans l'intervention des yeux, de sentir sans l'organe de Tolfaction et d'entendre sans qu»; l'oreille y soit pour rien. Si nous insistons pareillement sur ces étranges facultés, c'est qu'il n'est pas possible d'en donner une explication rationnelle si Ton s'obstine à ne pas reconnaître l'existence de l'âme, d'une puissance qui se manifeste en dehors des conditions de la vie habituelle. Les exemples qui suivent établissent péremptoirement la double vue.

Deleuze, bibliothécaire et professeur d'histoire naturelle au Jardin des Plantes, dans un mémoire sur la clairvoyance des somnambules, rapporte cette anecdote :

La jeune malade m'avait lu fort couramment sept ou huit lignes, quoique ses yeux fussent masqués de rnanihe à ne pouvoir s'en servir. Ensuite elle avait été obligée de s'arrêter, étant, disiit-elle, trop fatiguée. Quelques jours après, voulant convaincre des incrédules, Deleuze présenta à la jeune iille une boîte en carton, fermée, dans laquelle étaient écrits ces mots : amitié, santé, bonheur. Elle tint longtemps la boîte dans sa main, éprouva beaucoup de fatigue, et dit que le premier mot était amitié, mais qu'elle ne pouvait lire les autres ; pressée de faire de nouveaux efforts, elle y consentitet dit en rendant laboîie : Je ne vois pas assez clair, je crois cependant que ces deux mots sont: bonté, douceur. Elle se trompait sur ces deux derniers termes ; mais, comme on le voit, ils

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avaient la plus grande ressemblance avec ceux qui -élaîent inscrits, et une pareille coïncidence ne peut ^tre attribuée au hasard. '

Nous choisissons ce fait parmi bien d'autres, pour ' montrer que la faculté somnambulique peut, chez la même personne, présenter des degrés divers allant depuis la vue incomplète jusqu'à la vue parfaite. Dans le récit suivant la lucidité est entière ; laissons la parole à M. Rostan qui a écrit Tarticle : magnétisme^ dans le dictionnaire des sciences médicales.

« Mais si la vue est abolie dans son sens naturel il est tout àfait démontré pour moi qu'elle existe dans plusieurs parties du corps. Voici une expérience que j'ai fréquemment répétée ; cette expérience a été laite «n présence de M. Ferrus. Je pris ma montre que je plaçai à trois ou quatre pouces derrière l'occiput, je demandai à 1^ somnambule si elle voyait quelque chose ; certainement je vois quelque chose qui brille, ça me fait mal. Sa physionomie exprimait la douleur, la nôtre devait exprimer l'étonnement, nous nous regardâmes et M. Ferrus, rompant le silence, me dit que puisqu'elle vo^ ait quelque chose briller, elle dirait sans doute ce que c'était. .

— Qu'est-ce que vous voyez briller? — Oh! je ne saisy je ne puis vous le dire. — Regardez bien. — Attendez... ça me fatigue.,, attendez : c'est une montre.

Nouveau sujet de surprise. Mais si elle sait que c'est une montre, dit encore M. Ferrus, elle verra sans <îoute l'heure qu'il est ?

— Oh non I c'est trop difficile.

-r- Faites attention, cherchez bien.

— Attendez... je vais tâcher^ je dirai peut-être Men theure^ mais je ne pourrai voir les minutes.

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ii II est huit heures moins dix minutes. Ce qui était exact. M. Ferrus voulu t répéter Texpérience lui-même» et elle se reproduisit avec le môme succès. Il me fît tourner plusieurs t'ois les aiguilles de sa montre, nous îa lui présentâmes, sans lavoir regardée^ elle ne se trompa point. »

Voici une épreuve concluante et qui, de plus, présente une circonstance particulière que Ton doit étudier. Tout d'abord le phénomène de vision, sans les yeux, est bien établi. Or, nous avons démontré que la théorie du docteur Debay, — c'est-à-dire celle des ramifications nerveuses, reçue par tous les incrédules — est inadmissible, il ne reste, pour comprendre ce qui se passe, qu'à reconnaître que c*est l'âme qui, momenlanément se dégage et perçoit d'une autre manière que dans la vie courante.

Nous avons dej^ deux preuves de clairvoyance, mais h une petite distance, car d'après Deleuze la jeune fille tenait la boîte dans ses mains et M. Rostan dit qu'il plaça la montre à trois ou quatre pouces derrière Focciput ; on peut constater la vue au loin dans d'autre conditions.

C'est encore à un docteur que nous emprunterons ce fait qui s'est passé en Savoie. La somnambule, fille d'un riche négociant de Grenoble, ne pouvant être suspectée de jouer la comédie, ce récit a une grande valeur.

Parmi les différentes phases que présenta cette maladie que le docteur Despines, médecin en chef de rétablissement d'Aix, a décrites avec beaucoup de détails, il insiste particulièrement sur celle du soùinambulisme.

Nous transcrivons littéralement :

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