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Chapelier chez lequel Cazot était ouvrier

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pouvoir le réveiUet*, et à quatre heures six minutes, au milieu des tentatives laites par M. Georges pour le réveiller, Cazot fat saisi des principaux symptôme» qui caractérisent un accès d'épilepsie, et semblables en tout à ceux que nous avions observés précédem* ment sur lui.

» Le second accès, annoncé pour le 9 décembre e'est-à-dire deux mois d'avance^ eut lieu à neuf heure» et demie et fut caractérisé par les mômes phénomènes précurseurs et par les mêmes symptômes queceux des 7 septembre, 1" octobre et 3 novembre.

» EnOn, le 11 février, Cazot fixa l'époque d'un nouvel accès au 22 avril suivant à midi cinq minutes, et celte annonce se vérifia comme les précédentes h cinq minutes près. Cet accès remarquable parla violence, par l'espèce de fureur avec laquelle Cazot semordit la main et l'avant-bras, par les secousses brusques qui le soulevaient, durait depuis trente-cinq minutes, lorsque M. Foissac, qui était présent, le magnétisa. Bientôt l'état convulsif cessa pour faire place à Fétat de somnambulisme magnétique, pendant lequel Cazot se leva, se mit sur une chaise et dit qu'il* était très fatigué; qu^il aurait encore deux accès, l'un du lendemain en neuf semaines, h six heures troi» minutes (25 juin). Il ne veut pas penser au deuxième accès parce qu'il faut songer à ce qui arrivera auparavant, et il ajoute qu'environ trois semaines après l'accès du 25 juin il deviendra fou, que sa folie durera trois jours, durant lesquels il sera si méchant qu'il se battra avec tout le monde, qu'il maltraitera môme sa. femme et son enfant; qu'on ne devra jamais le laisser avec eux, et qu'il ne sait pas s'il ne tuera pas une personne qu'il ne désigne pas. Il faudra alors le sai-

gner de suite des deux pieds. Enfin, ajoulc-t-il, je serai guéri pour le mois d'août, et une fois guéri, la maladie ne me reprendra plus, quelles que soient les circonstances qui arrivent.

» C'est le 22 avril que toutes ces précautions nous sont annoncées, et deux jours après, le 24, Cazot voulant arrêter un cheval fougueux qui avait pris le mors au dents, fut précipité contre lare jc du cabriolet qui lui fracassa Tarcade orbitraire gauche et le meurtrit horriblement. Transporté à l'hôpital, il y mourut le 15 mai.

» Nous voyons dans cette observation un homme sujet depuis dix ans à des attaques d*épilepsie. Le magnétisme agit sur lui, quoiqu'il ignore absolument cequ'on lui fait. Il devient somnambule, les symptômes de sa maladie s'améliorent, les accès diminuent de fréquence ; les maux de tête et son oppression disparaissent sous rinfluence du magnétisme; il se prescrit un traitement approprié à la nature de son mal dont il se promet la guérison. Magnétisé à son insu et de loin, il tombe en somnambulisme et en est retiré avec la même promptitude que lorsqu'il est magnétisé de près. Enûn il indique avec une rare précision, un mois ou deux d'avance,le jour et l'heure où il doit avoir un accès d'épilepsie. Cependant doué de prévision pour des accès éloignés, bien plus, pour des accès qui ne doivent jamais avoir lieu, il ne prévoit pas que deux jours plus tard il sera frappé d'un accident mortel.

» Sans chercher à concilier ce qu'une pareille observation peut avoir de contradictoire au premier coup d'oeil, la commission vous fera remarquer que les prévisions de Cazot ne sontrelatives qu'àses accès»

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qu'elles se réduisent à la conscience des modifications organiques qui se préparent, et arrivent en lui, comme le résultat nécessaire des fonctions intérieures; que ces prévisions, quoique plus étendues, sont tout à fait semblables à celles de certains épileptiques, qui reconnaissent à certains symptômes précurseurs, qu'ils auront bientôt un accès. Serait-il étonnant que les somnambules dont, comme vous Tavez vu, les sensations sont entièrement vives, pussent prévoir leurs accès longtemps d'avance, d'après quelques symptômes ou impressions intérieurs qui échappent à l'homme éveillé? C'est de cette manière que l'on pourrait entendre la prévision attestée par Arétée, dans deux endroits de ses immortels ouvrages, par Sauvage qui en rapporte un exemple et par Cabanis.

» Ajoutons que la prévision de Cazot n'est pas rigoureuse, absolue, qu'elle est conditionnelle, puisqu'on prédisant un accès il annonce qu'il n'aura pas lieu si on le magnétise, et qu'efTectivement il n'a pas lieu ; elle est tout organique, tout intérieure. Aussi nous concevons pourquoi il n'a pas prédit un accident tout extérieur: savoir que le hasard lui ferait rencontrer un cheval fougueux, qu'il aurait l'imprudence de vouloir l'arrêter, et qu'il recevrait une blessure mortelle.

»Ila donc pu prévoir un accès qui ne devait jamais arriver, c'est l'aiguille d'une montre qui doit parcourir dans un temps donné une certaine portion du cercle d'un cadran, et qui ne le décrit pas parce que la montre vient à être brisée. »

Le docteur Husson définit parfaitement le rôle da somnambule dans la prévision. C'est celui d'un spectateur qui examine le jeu des organes d'une machine et qui s'aperçoit qu'à un moment donné, il se produira

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un accident. Dans cet exemple l'âme s'alfirme infi(^pendante du corps, puisqu'elle juge, calcule, raisonne et indique exactement les crises qui ne doivent se produire que dans un temps très éloigné.

Il faut convenir que le préjugé est profondément ancré dans le cœur humain, puisque, depuis un siècle que ces faits se produisent au grand jour, non pas isolément, mais dans l'Europe entière, il se trouve des savants assez peu soucieux do leur dignité pour ridiculiser ces pratiques et les traiter de simples impostures charlatanesques. Les témoignages que nous avons relatés ont cependant autant de posiLivité que n'importe quel phénomène physique ou chimique. Des savants de premier ordre, une commission de l'Académie, ont proclamé la vérité et le caractère scientifique de ces études, c'est pourquoi nous sommes en droit d'affirmer que nous avons en main la preuve expérimentale de Texistence de l'âme.

Lorsque Ton voit un homme ou une femme en som*nambulisme, c'est-à-dire dans un état tel que les plus violentes actions physiques sont impuissantes à lui produire la moindre impression, que l'on constate que cet être que Ton croirait mort, voit, entend le magnétiseur, désigne les objets placés derrière lui, indique ce qui se passe, non seulement dans la maison, mais à une grande distance, comment douter qu'il réside en lui un agent qui n'obéit pas aux lois de la matière^ comment se refuser à l'évidence ?

Cet individu chez lequel les organes sensoriels sont inactifs, a une perception plus vive, plus nette qu'à l'état ordinaire, il prévoit les accidents qui surviendront au cours de sa maladie, enfin il donne tous les. signes d'une activité intellectuelle plus intense, plus-

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