‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 20 sur 39 · PREUVES DE L'IMMORTALITE DE L'AMB I · texte numérisé non relu

PREUVES DE L'IMMORTALITE DE L'AMB I

qui taisait un homme possesseur d'un peuple a sonàbré dans la tourmente de 93, et ce résultat est dû, autant en politique qu'en philosophie, au discrédit dans lequel les idées reJigieuscs sont tombées. Il y avait eu alliance intime entre la royauté et le clergé, lorsque les encyclopédistes ont sapé les dogmes, du môme coup le trône a été déraciné.

La foi aveugle, imposée par les prêtres, a produit des erreurs et des crimes sans nombre contre lesquels s'est révolté Fesprit humain, affranchi de ses préjugés. Personne n'envisage sans horreur les massacres des Vaudois, des Albigeois, des Camisards. Les cris des victimes de la Saint-Barthélémy, des Savonarole et des Jean Huss, retentissent douloureusement au fond des cœurs, et les supplices de l'Inquisition, ses auloda-fé monstrueux, font une tache sanglante sur l'histoire du catholicisme. Les fanatiques qui condamnèrent Galilée, n'ont rien connu des merveilles de l'univers; leur foi étroite et intolérante ne pouvait engendrer que l'ignorance et la crédulité.

Les chrétiens du moyen âge se faisaient une idée mesquine de notre monde, qu'ils ne connaissaient qu'en partie. Ils le considéraient comme la base de l'Univers; ils ne voyaient dans le ciel que le séjour de Dieu, et dans les étoiles que des points lumineux. Us avaient ainsi établi une hiérarchie grossière, en pla- 'çant l'enfer au centre de la terre et le paradis au-dessus du soleil, de sorte que nous étions le pivot de toute la création et qu'en dehors de notre mondicule rien n'existait.

Mais l'astronomie est venue renverser cette fabu-> leuse conception. Nos connaissances se sont agran* dies, l'inQnia découvert ses espaces à nos yeux ravis.

Les étoiles ne sont plus des clous brillants placés par la main du créateur pour éclairer nos nuits, ce sont des mondes immenses roulant dans le vide, des soleils radieux entraînant dans leur course à travers l'inlini un cortège de planètes. L'immensité nous est apparue avec ses profondeurs insondables, nous sa* vons que notre terre n'est qu'une infime partie de cette poussière de mondes qui tourbillonnent dans rélher, de sorte que les croyances basées sur notre orgueil se sont évanouies au souffle delà réalité.

L'iaivers tout entier a étalé devant nous les splendeurs de son harmonie éternelle, l'inaltérable symétrie de ses changements, son immuabilité, sonimmen<» site! Devant des spectacles si nouveaux, les hommes ont reconnu l'inanité de leurs premières croyances, brûlant ce qu'ils avaient adoré, et poussant le dédain du passé jusqu'à ses dernières limites, ils ontrepoussé les notions de Dieu et d'âme, comme des entités surannées sans aucune valeur objective. C'est ainsi que s'est établi le courant matérialiste né, au dix-huitiôm^ siècle, de la lutte contre les abus.

L'homme de notre époque ne veut plus croire, il s^ délie môme de la raison, il se réfugie dans l'expérience sensible, comme étant seule capable de lui donner la vérité ; c'est pourquoi il exige des preuves positives, des phénomènes qui étaient jusqu'alors le domaine propre de la philosophie. Ces considérations nous expliquent le peu de succès qu'obtinrent des écrivains éminents tels que Ballanche, Constant Savy, Esquiros, Charles Bonnet, Jean Reynaud, qui ont prêché l'immortalité de l'âme.

De nos jours un philosophe doublé d'un savanl^ M. Camille Flammarion, suit la glorieusp trace de ces^

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grands hommes. Ce vulgarisateur de génie sème à pleines mains les idées de la'palingénôsie humaine, et le succès répond à ses nobles efforts, mais il doit sa vogue plus encore à. un style splendidc, qu'aux idées qu'il émet. L'esprit humain, bnllotté depuis des siècles entre les systèmes les plus divers, est las des spéculations métaphysiques et se cramponne à TobserVation matérielle comme à une planche de salut. De là le grand crédit des hommes de science à l'heure actuelle. Ils forment à leur tour un corps sacrosaint, dont les jugements sont sans appel. Ils ont toute la morgue des anciens collèges sacerdotaux, sans en avoir les rares vertus, et de part et d'autre l'intolérance est égale.

Le gros de la nation qui ne saisit que l'extérieur des choses, voyant ses connaissances anciennes détruites par les découvertes modernes, croit aveuglément ses nouveaux conducteurs et se jette, à leur suite, dans le matérialisme le plus absolu. On ne raisonne plus, on va tête baissée jusqu'aux dernières conséquences, et parce qu'il est prouvé que le cerveau est le siège de la pensée, l'âme n'existe pas, parce que Ton ne croit plus à Jéhovah planant sur un nuage. Dieu n'est qu'un mythe fabuleux.

C'est contre ces tendances que le spiritisme vient réagir. Notre siècle étant celui de la démonstration matérielle, il apporte à l'observateur impartial des faits bien constatés. Laissant de côté les théories nuageuses^ le spiritisme se dégage des dogmes et des superstitions, il s'appuie sur la base inébranlable de robservation scientifique, et les positivistes euxmêmes peuvent se déclarer satisfaits des preuves que nous fournissons à la discussion, car elles nous son\»

fournies par les plus grands noms dont s'honore la science contemporaine.

Depuis une cinquantaine d* années que cette doctrine a fait sa réapparition dans le monde, elle a été soumise à des critiques passionnées, à des attaques souvent déloyales. Les adeptes ont été bafoués, ridiculisés, anathématisés, on a voulu en faire les derniers représentants de la sorcellerie, et cependant, malgré ces persécutions, ils sont à Theure actuelle plus nombreux et plus puissants que jamais; ils se recrutent non pas dans la masse ignorante, mais parmi les hommes éclairés, écrivains, artistes, savants, etc.

Le spiritisme se répand dans le monde avec une rapidité inouïe; aucune philosophie, aucune religion, n'a pris un développement aussi considérable dans un temps si court.

Aujourd'hui, plus de quarante publications, mensuelles ou hebdomadaires, portent au loin le résultat des recherches entreprises dans toutes les parties du monde, et ses partisans, groupés en sociétés, comptent plusieurs millions d'adhérents sur la surlace entière du globe.

A quoi est due cette progression formidable? Tout bonnement à la simplicité des enseignements spirites basés sur la justice de Dieu, et surtout aux moyens pratiques de se convaincre de l'immortalité de l'âme, qui sont donnés à tous par la nouvelle science.

Il y a deux phases distinctes dans l'histoire du spi* ritisme, qu'il est utile de signaler. La première comprend la période qui s'est écoulée depuis Tannée 1846, moment de son apparition, jusqu'à l'année 1869, maréque par la mort d'un écrivain célèbre, Allan Kardeo. Pendant ce laps de temps, le phénomène spirite fut

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étudié de toutes parts, les expériences se multiplièrent, elles observateurs sérieux découvrirent que les taits nouveaux étaient produits par des intelligences vivant d*une existence différente de la nôtre. De cette certitude naquit le désir d'étudier ces manifestations si curieuses, et avec les documents recueillis de tous côtés, Allan Kardec composa le Livre des Esprits et plus tard celui des Médiums, qui sont le vade-mécum indispensable de toute personne désireuse de s'initier à ces pratiques nouvelles. Le grand philosophe qui 1rs écrivit, imprima un élan formidable à ces recherches, et l'on peut dire que c'est grâce à son "dévouement infatigable, que l'on doit la propagation si rapide de ces consolantes vérités.

La seconde période qui s'étend de Tannée 1869, iusqu'à nos jours, est caractérisée par le/mouvement scientifique qui s'est tourné vers les manifestations de-i Esprits. L'Angleterre, l'Allemagne, PAmérique, semblent marcher de concert dans ces investigations. Déjà les savants les plus autorisés de ces pays proclament hautement la validité des phénomènes spirites, et avant peu le monde entier s'associera à ces nobles travaux qui ont pour but de nous arracher aux dégradantes croyances du matérialisme. Nous exposerons tout à l'heure les documents sur lesquels nous basons notre aîlirmation.

Le temps est passé où l'on pouvait, à priori, repousser nos idées sans leur faire l'honneur de les discuter ; aujourd'hui le spiritisme s'impose à l'attention publique. 11 faut que les absurdes préjugés qui l'ont accueilli à sa naissance, disparaissent devant la réalité. Il est nécessaire qu'on sache que, loin d'être des visionnaires, des cerveaux creux, les spirites sont des

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observateurs froids et méthodiques ne relatant que les tails bien constatés.

Il faut que l'on soit convaincu que plusieurs millions d'hommes ne sont sont pas les victimes d'une folie contagieuse, que s'ils croient, c'est que leur doctrine offre les plus nobles enseignements, qu'elle ouvre à IV.sprit les plus vastes horizons. Il faut enfin qu'on laisse de côté ces faciles plaisanteries employées depuis vingt-cinq ans dans les petits journaux et qui ne font même plus rire ceux qui les éditent. La science nouvelle que nous enseignons ne consiste pas seulement dans Je mouvement d'une table, car il y a aussi loin de ces modestes essais à leurs conséquences, que de la pomme de Newton à la gravitation universelle.

Nous convions les hommes de bonne foi à faire des recherches sérieuses, nous les engageons à méditer les enseignements de notre philosophie et ils seront convaincus que le surnaturel n'intervient jamais dans nos explications.

Le spiritisme repousse de toutes ses forces le miracle. Il fait de Dieu l'idéal de la justice et de la science; il dit que le créateur du monde, ayant établi des lois qui sont l'expression de sa pensée, ne peut y déroger, car elles sont l'œuvre de la suprême raison et toute infraction à ces lois est impossible. Les faits spirites peuvent tous, sinon s'exphquer, du moins se comprendre avec les données de la science actuelle, c'est ce que nous démontrerons à la fin de cet ouvrage. La partie spirituelle de l'homme a été négligée par les savants, leurs travaux n'ont porté que sur le corps et voilà qu'aujourd'hui les esprits font invasion dans la science qui les avait dédaignés.

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