‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 21 sur 39 · HISTORIQUE · texte numérisé non relu

HISTORIQUE

Racontons brièvement comment les faits se sont produits.

Des coups dont personne ne put deviner la cause se firent entendre pour la première fois en 1846 chez un nommé Veckmann, habitant la maison d'un petit village appelé Hydesville, non loin d'Arcadia, dans l'état de New-York.

Rien ne fut négligé pour découvrir l'auteur de ces bruits mystérieux, mais on n'y put parvenir. Une fols aussi, pendant la nuit, la famille fut éveillée par les cris de la plus jeune des Qlles, âgée de huit ans qui assura avoir senti quelque chose comme une main qui avait parcouru le lit et avait enfin passé sur sa figure, chose qui a eu lieu dans plusieurs autres endroits où ces coups se firent entendre.

Dès ce moment, rien de plus ne se manifesta pendant six mois, époque à laquelle cette famille quitta la maison qui fut alors habitée par un méthodiste M. John Fox et sa famille, composée de sa femme et de ses deux filles. Pendant trois mois il y fut tranquille, puis les coups recommencèrent de plus belle.

D'abord c'étaient des bruits trôs légers, comme si quelqu'un frappait sur le parquet d'une des chambres à coucher, et à chaque fois une vibration se faisait sentir sur le parquet; on la percevait môme étant couché, et des personnes qui l'ont éprouvée, la comparent à l'action produite par la décharge d'une batterie électrique. Les coups se faisaient entendre sans discontinuer, il n'y avait plus moyen de dormir dans

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no LE SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE

la maison; toute la nuit ces bruits légers» vibrants frappaient doucement, mais sans relâche. Fatiguée, inquiète, toujours aux aguets, la famille se décida enfin d'appeler les voisins pour Taidep à trouver le mot de l'énigme; dès ce moment les coups mystérieux appelèrent l'attention de tout le pays.

On mit des groupes de six ou huit individus dans la maison, ou bien on en sortit, tout le monde écoutant dehors, mais l'agent invisible frappait toujours. Le 31 mars 1845, madame Fox et ses filles, n'ayant pu dormir pendant la nuit précédente, et harassées de fatigue, se couchèrent de bonne heure, dans la môme chambre, espérant ainsi échapper aux manifestations qui se produisaient ordinairement au milieu de la nuit. M. Fox était absent. Mais bientôt les coups recommencèrent, et les deux jeunes filles, réveillées par ce vacarme, se mettent à les imiter en taisant claquer leurs doigts. A leur grand étonnement les coups répondent à chaque claquement, alors laplus jeune des filles miss Kate veut vérifier ce fait surprenant; elle fait un claquement, on entend un coup, deux, trois, etc., et toujours l'être ou l'agent invisible rend le môme nombre de coups. Sa sœur dit en badinant : « Maintenant faites comme moi, comptez un, deux, trois, quatre, etc., » en frappant chaque fois dans sa main le nombre indiqué. Les coups se suivirent avec la môme précision, mais ce signe d'intel* ligence alarmant la jeune fille, elle cessa bientôt l'expérience.

Madame Fox dit alors : « Comptez dix » et suivie* champ dix coups se font entendre, elle ajoute : « Voulez-vous me dire l'âge de ma fille Catherine? » Et les coups indiquèrent précisément le nombre d'années

PREUVES 0SL*IMM0RTAL1T£ DE L'AME 171

qu'avait cet enfant. Madame Pox demanda ensuite si c'était gn être humain qui était Fauteur de ces coups, point de réponse. Puis elle dit : « Si vous êtes un esprit, je vous prie de frapper deux coups. » Immédiatement ils se font entendre. Elle ajouta : « Si vous êtes un esprit auquel on a fait du mal, répondez-moi de la môme façon. » Et les coups furent encore entendus.

Telle fut la première conversation qui eut lieu dans les temps modernes et que Ton ait constatée, entre les êtres de l'autre monde et celui-ci. De cette manière madame Fox parvint à savoir que l'esprit qui lui répondait, était celui d'un homme qui avait été assassiné dans la maison qu'elle habitait, plusieurs années auparavant, qu'il se nommait Charles Ryan, qu'il était colporteur et âgé de trente-un ans, lorsque la personne chez laquelle il logeait le tua pour avoir son argent.

Madame Fox dit alors à son interlocuteur invisibln ; « Si nous faisions venir les voisins, les coups continueraient-ils à répondre? » Un coup se fit entendre en signe d'affirmation. Les voisins appelés ne tardèrent pas à venir, comptant rire aux dépens de la famille Fox; mais Texactitude d'une foule de détails ainsi donnés par coups, en réponse aux questions adressées à l'être invisible, sur les affaires particu« Hères de chacun, convainquirent les plus incrédules. Le bruit de ces choses se répandit au loin, et bientôt arrivèrent de tous côtés des prêtres, des juges, des médecins, et une foule de citoyens.

Peu à peu la famille Fox, que les auteurs de ces coups poursuivaient de maison, en maison, alla s^établir à Rochester, ville importante de l'état de New-

York, où des milliers de personnes vinrent la visiter et cherchèrent, vainement, à découvrir s'il n'y avait pas quelque imposture en cette affaire.

Le fanatisme refigieux s'émut de ces manifestations d'outre-tombe et la famille Fox fut tourmentée. Mistress Hardinge qui s'est faite le défenseur du spiritisme en Amérique, raconte que dans les séances publiques données par les jeunes filles de madame Fox» elles coururent les plus grands dangers. Trois fois des commissions furent nommées pour examiner le phénomène, et trois fois elles aflirmèrent que la cause de ces bruits leur était inconnue. La dernière séance publique lut surtout orageuse, et sans le dévouement d'un quaker, les pauvres enfants auraient péri victimes de leur foi, déchirés par un peuple en délire.

Il est triste de songer qu'au dix-neuvième siècle on peut trouver des hommes assez arriérés pour renouveler les scènes barbares des persécutions du moyen âge. (]eci est d'autant plus regrettable, que cet exemple d'intolérance a été donné par cette Amérique qui se dit cependant la terre de toutes les libertés.

La nouvelle de cette découverte se répandit rapidement, et de toutes parts eurent lieu des manifestalions spirituelles. Un nommé Isaac Post eut l'idée de réciter à haute voix l'alphabet, en invitant l'esprit h indiquer par des coups frappés, au moment où on les pronoQcerait, celles des lettres qui devaient composer les mots qu'il voudrait dicter. De ce jour la télégraphie spirituelle était inventée.

On se lassa bientôt d'un procédé aussi incommode, et les frappeurs indiquèrent eux-mêmes un mode nouveau de communication. U fallait simplement se réunir autour d'une table, poser dessus les mains, et en

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