‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 22 sur 39 · PREUVES DK L'IMMORTALITE DE L'AME · texte numérisé non relu

PREUVES DK L'IMMORTALITE DE L'AME

se soulevant, la table frapperait un coup, pendant qu*on réciterait l'alphabet, sur chacune des lettres que l'esprit voudrait donner. Ce procédé, bien que très lent> produisit d'excellents résultats, et Ton eut ainsi les tables tournantes et parlantes,

11 faut dire que la table ne se bornait pas à se lever sur un pied pour répondre aux questions qu'on lui posait, elle s'agitait en tous sens, tournait sous les doigts des expérimentateurs, quelquefois s'élevait dans lea airs, sans que l'on pût voir de force la tenant ainsi suspendue. D'autres l'ois les réponses étaient faites au moyen de petits coups, qu'on entendait dans Tintérieur du bois. Ces faits étranges attirèrent l'attention générale et bientôt la mode des tables tournantes envahit rAmérique entière.

A côté des personnes légères qui passaient leur temps à interroger les esprits sur la personne la plus amoureuse de la société, ou sur un objet perdu, de graves esprits, des savants, des penseurs, attirés par le bruit qui se faisait autour de ces phénomènes, résolurent de les étudier scientifiquement, pour mettre leurs concitoyens en garde contre ce qu'ils appelaient une folie contagieuse.

En 1856, le juge Edmonds, jurisconsulte éminent qui jouit d'une autorité incontestée dans le Nouveau Monde, fit paraître un livre où il affirmait la ré&lité de ces surprenantes manifestations. Le professeur Mapes qui enseigne la chimie à l'Académie nationale des États-Unis, se livra à une investigation rigoureuse qui aboutit, comme la précédente, à une constatation motivée, d'après laquelle les phénomènes étaient bien .dus à l'intervention des esprits.

Mais ce qui produisit le plus grand effet, ce fut la

conversion aux idées nouvelles du célèbre Robert Hare, professeur à l'université de Pensylvanie, qui expérimenta scientiQquement le mouvement des tables et consigna ses recherches, en 1856, dans un volume intitulé : Expérimental investigations of the spirk manifestation.

Dès lors, la bataille entre les incrédules et les croyants s'engagea à fond. Des écrivains, des savants, des orateurs, des hommes d'église, se jetèrent dans la mêlée, et pour donner une idée du développement pris par la polémique, il suffit de rappeler que déjà, en 1854, une pétition signée de 15000 noms de citoyens, avait été présentée au congrès pour le prier de nommer une commission chargée d'étudier le nouveau spiritualisme (c'est le nom que l'on donne en Amérique au spiritisme).

Cette demande fut repoussée par l'assemblée, mais l'élan était donné et l'on vit surgir des sociétés qui fondèrent des journaux où se continua la guerre contre les incrédules.

Pendant que ces événements se produisaient dans le nouveau monde, la vieille Europe ne resta pas inactive. Les tables tournantes devinrent une actualité pleine d'intérêt et pendant les années 1852 et 1853 on s'occupa beaucoup en France à les faire tourner. D n'était question dans toutes les classes de la société que de cette nouveauté; on ne s'abordait guère sans la question sacramentelle : « Eh bien! faites- vous tourner les tables? » Puis, comme tout ce qui est de mode, après un moment de faveur, les tables cessèrent d'occuper l'attention, qui se porta sur d'autres objets.

Cette manie de faire tourner les tables eut néanmoins un résultat important, ce fut de faire réfléchir

PHEUVtb DE L'IMMOHTaLITE DK L'AMiÎ t75

beaucoup de personnes sur la possibilité des rapports entre morts et vivants. En lisant, on découvrit que ce que Ton appelle la croyance au surnaturel, était aussi ancienne que le monde.

L'histoire d'Urbain Grandier et des religieuses de Loudun, des trembleurs des Cévennes, des convulsionnaires jansénistes, prouvèrent que bien des faits historiques méritaient d'être éclaircis, et pour ne citer que les plus célèbres, le génie de Socrate elles voix de Jeanne d'Arc, qui l'ont conduite à sauver la France, restent encore des mystères pour les savants. En vain M. Lélut a-t-il voulu assimiler l'héroïque Lorraine aune hallucinée, pour toute réponse nous lui souhaitons une maladie semblable aûn de lui éclaircir le jugement.

Le récit de la possession de Louviers, l'histoire des illuminés martinistes, des Swédenborgiens, des stygmatisées du Tyrol, et il y avait à peine 50 ans, du prêtre Gassner et de la voyante de Prévorst, conduisirent les hommes sérieux à examiner les phénomènes nouveaux. On compara l'esprit d'Hydesville à celui qui mit en révolution le presbytère de Cydeville, une théorie générale sortit de l'examen de tous ces faits; elle a été exposée dans les ouvrages d'AUan Kardec.

Les mêmes colères qui avaient accompagné les manifestations spirituelles en Amérique, se renouvelèrent «n France. Les journaux, les revues scientifiques, les Académies, n'eurent pas assez de sarcasmes pour la jeune doctrine. On traitait gracieusement ses partisans de fous, d'idiots, d'imposteurs. On les accusait de vouloir ramener le monde aux plus mauvais jours de la superstition du moyen âge; on priait même les tribunaux d'empêcher cette exploitation lumteuse de

176 LTË SFlHlTlSMIi; DEVANT LA SClEiNCû

la crédulité publique. Les prêtres tonnèrent du haut de la chaire contre les phénomènes spirites qu'ils prétendirent être Tœuvre du diable! Enfin pour couronnement, Tarchevêque de Barcelone lit brûler en place publique les œuvres d'Allan Kardec, comme entachées de sorcellerie!

On croit rêver quand on lit de pareilles choses, malheureusement elles ne sont que trop véridiqnes et témoignent combien les hommes sont encore routiniers, malgré le magnifique élan vers le progrès qu'a déterminé le mouvement scientifique moderne. 11 faut une doctrine comme la nôtre, qui brille par sa simplicité et sa logique, pour amener les esprits h ces grandes vérités qui se nomment : Dieu et Tâme. Notre philosophie sous sa forme primitive, synthétise les croyances les plus élevées des penseurs, mais elle a de plus pour elle le fait qui est le roi du jour.

Il faut donc nous donner pour devoir d'écarter de nos expériences toute suspicion. Il est indispensable de nous attacher à détruire les préventions et à montrer combien les explications qu'on a données, pour rendre compte des phénomènes spirites, sont fausses, mesquines et incomplètes, quand on les compare aux nôtres. C'est ce qui sera facile dans les pages suivantes en examinant les objections diverses qu'on nous a opposées mais, auparavant, décrivons le mouvement spîritualiste qui s'est produit en Angleterre et en Allemagne afin de faire connaître combien d'hommes de science sont des spirites convaincus.

Kn France l'opinion publique est habituée à se reposer entièrement sur quelques sommités littéraires ou scientifiques, pour les jugements qu'elle porte sur les hommes et les choses, de sorte que, si ces individua*

PREUVES nR L'IMMORTALITÉ DE L'àME 177

liiés remarquables ont un intérêt quelconque à enterrer une (piestion, la plus grande partie du public suit rimpulsion donnée et fait le silence, le vide, sur les matières enlitige. C'est pour protestercontre cet ostracisme que nous reproduisons les affirmations de savants de la Grande-Bretagne; on verra combien ces hommes intègres ont peu souci du qu'en dira-t-ob, et avec quelle énergique honnêteté ils proclamentleurs croyances^ lorsqu'elles sont solidement basées sur les faits.

Nous devons ouvrir celte revue en citant les paroles remarquables prononcées par Sir William Th<Mnpson, dans le discours d'ouverture, lu en 1871 devant l'assodation britannique à Edimbourg : « La science est tenue par Téternelle loi de l'honneur, à regarder en face et sans crainte, tout problème qui peut franchement se présenter à elle. »

Ce sont là de nobles sentiments que partagent un grand nombre d'hommes de science. En tête marche William Crookes, chimiste éminent auquel on doit la découverte du thallium et qui a marqué sa place à Westminster par la démonstration d'un quatrième état de la matière qu'il nomme, d'après Faraday, matière radiante^

Pour faire comprendre la grandeur de cette découverte, écoutons le concert d'éloges qui a salué son apparition :

« Dès maintenant, les expériences du savant anglais, désormais illustre, posent des problèmes qui touchent à la nature la plus intime des choses, et ouvrent & l'imagination scientifique des horizons dont elle a peine à envisager les splendeurs. »

Edmond Peerier.

M. de Parville, dans son feuilleton scientifique, qualifie cette découverte de grandiose et annonce qu'elle va révolutionner les théories actuelles; enfin M. Wurtz, le chimiste bien cpnnu, se prononce ainsi dans la revue des deux mondes :

f L'illustre inventeur du radiomètre, pénètre dans un domaine complètement inconnu avant lui, et qui, marquant la limite des choses que Ton sait, touche à celles qu'on ignore etque Tonne saura peut-êtrejamais. h . Ce chimiste illustre, ce physicien de génie, M. Crookes, a soumis à l'étude, les manifestations spirites, non pas avec des idées préconçues, mais avec le ferme désir de s'instruire et de n'appuyer son jugement que sur l'évidence, il dit :

« En présence de pareils phénomènes, les pas de l'observateur doivent être guidés par une intelligence aussi froide et aussi peu passionnée que les instruments dont il lait usage. Ayant une fois la satisfaction de comprendre qu'il est sur la trace d'une vérité nouvelle, ce seul objectif doit l'animer à la poursuivre, sans considérer si les faits qui se présentent à ses yeux sont naturellement possibles, ou ne le sont pas. »

C'est avec de pareilles idées qu'il commença ses études sur le spiritisme, elles durèrent près de dix années et furent publiées sous le titre de : « Recherches sur les phénomènes du spiritualisme » traduit de l'anglais par J. Alidel.

Dans ce livre il avoue loyalement les résultats de son enquête, tels qu'ils se sont présentés à lui ; non content du témoignage de ses sens^ il a construit des instruments délicats qui mesurent mathématiquement les actions spirituelles. Loin de craindre le ridicule, M. Grookes répond ainsi à ceux qui l'engageaient à

Page 1