CHAPITRE III
Hans l'expérience si remarquable, rapportée par M. Crookes, oîi il est prouvé que Tintelligence qui se manifeste est capable de lire un mot qui n'est connu ni du médium, ni de l'expérimentateur, on a pu remarquer la phrase suivante : « Une dame écrivait au* tomatiquement au moyen de la planchette ». Expli quons ce nouveau genre de médiumnité.
Ainsi que nous l'avons raconté, les premières manifestations eurent lieu à Hydesville par coups rappés dans les murs,puis on passaàFempIoi de la table, mais ce moyen de communication était long et incom« mode, de sorte quelesesprits en indiquèrent un autre. Un jourque Ton expérimentait, l'un des êtres invisiblef qui produisait la manifestation, ordonna au médium de prendre une corbeille et d'y fixer un crayon, de mettre le tout sur une feuille de papier blanc et de . poser les mains sur le bord de la corbeille, mais saa|
appuyer. Ces recommandations furent suivies et, au grand étonnement des assistants, on obtint quelques lignes d*une écriture indécise. Le phénomène se reproduisit plusieurs fois et bientôt se répandit partout.
Les esprits, au lieu de se servir de la table et de répondre, soit par coups frappés, soit en levant un aès pieds, agissaient directement sur la corbeille au moyen du fluide fourni par l'opérateur. Ce procédé tut rapidement perfectionné, on reconnut que la corbeille n'était qu'un instrument dont la nature et la forme étaient indifférentes et l'on construisit une planchette, c'est-à-dire un petit plateau de bois porté sur trois pieds et dont une extrémité est munie d'un crayon.
L'on obtint, en pratiquant ainsi, de véritables lettres dictées par les Esprits, avec une rapidité aussi grande que si les invisibles avaient écrit eux-mêmes. Plus tard encore on constata que corbeille ou planchette n'étaient que des accessoires, des appendices inutiles» et le médium prenant directement le crayon, écrivit mécaniquement sous l'inQuence des Esprits. Cette faculté d'écrire inconsciemment sur les sujets les plus divers, science, philosophie, littérature, et en employant des langues souvent inconnues du médium, fut nommée : Médiumnité mécanique.
Par cette nouvelle méthode les communications entre le monde spirituel et le nôtre furent rendues plus faciles et plus promptes, mais les personnes douées de ce pouvoir se rencontrent plus rarement que celles qui obtiennent par la table. Avec l'exercice on trouva que tous les sens pouvaient donner lieu à des Manifestations d'outre-tombe et bientôt on compta JEles médiums voyants, auditifs, sensitifs, etc.
Pour un incrédule il e? ino »ntestable que la naédiumnilémécanique est sujelu; aux plus graves objections.
Ed écartant toute idée de supercherie, il peut néanmoins se figurer que cette action d'écrire automatiquemont est due à un mode d*rtCtion particulier de système nerveux, à une sorte d'action réflexe de l'intelligence du médium, s'exerçant sans le contrôle de la conscience. Il est vrai que ceci est bien hypothétique, mais cette théorie, déjà assez difficile à concevoir, est pendue inutile et inacceptable par l'expérience de M.Crookes déjà relatée. Le médium écrivain, ne pouvait voir le mot du Times caché par le doigt de l'illustre chimiste, celui-ci ne pouvait transmettre sa pensée à cette dame,puisqu'il ignorait quel mol il avait indiqué, donc l'intervention d'une intelligence étrangère se manifestant par mademoiselle Fox,estla seule explication plausible.
Le chevalier des Mousseaux raconte qu'un soir, se trouvant dans une famille où il avait l'habitude de passer la soirée, on fit du spiritisme en présence de plusieurs savants linguistes. Acette époqueonne connaissait encore que les communications par la table, le résultat n'en fut pas moins convaincant. On obtint par ce procédé une dictée en langue hébraïco-syriaque que personne ne connaissait, mais qui, portée à l'école des langues étrangères, fut reconnue écrite dans un dialecte phénicien, qu'on employait il y a plus de 2000 ans dans les environs de Tyr. M. des Mousseaux fort sceptique d'abord, se déclara convaincu de l'intervention d'une intelligence étrangère à celle des assistants, mais conclut en attribuant au Diable ces merveilleuses manifestations. Nous qui ne croyons ni à Satan, ni aux démons, nous préférons admettra
qu'un esprit s'est manifesté de cette manière pour donner un témoignage éclatant de Texistence du monde occulte.
Nous avons été nous-môme témoin à Paris, de l'obtention d'une communication écrite en caractères arabes, par une personne qui n'a jamais quitté la France, et dont l'instruction ne permet pas de supposer une supercherie. Le môme fait s'est reproduit d'une manière différente. Cette fois la dictée des esprits était faite en patois italien, en réponse à une question posée dans cette langue; il est utile d'ajouter que le médium ne connaît pas plus l'italien que l'arabe.
Souvent les phénomènes spirites n'atteignent pas ce . degré de puissance, mais n'en sont pas pour cela moins probants. Il arrive parfois que l'esprit qui se communique, désireux de se faire reconnaître, emploie la même écriture que de son vivant et signe ainsi qu'il avait coutume de le faire.
Si l'on n'a pas toujours des preuves aussi palpables, ce qui est assez rare d'ailleurs, on constate souvent dans les communications des esprits uncaractèrede sagesse, unehauLeurde vues,despensées si sublimes, qu'ellesne sauraient émaner du médium qui est assez communément un être ordinaire, ne se distinguant de ses semblables par aucune qualité spéciale. Voici à ce propos ce que rapporte M. Sarjeant Cox, jurisconsulte distingué et écrivain philosophe d'une grande valeur; par conséquent bon juge, dit M. Wallace, en matière de style. Ce savant raconte qu'il a entendu un garçon de comptoir sans éducation, soutenir quand il était en trancCy une conversation avec un parti de philosophes sur la raison et la prescience, la volonté et la fatalité, leur tenir tête. «Je lui ai posé (dit M. Sarjeant) les plus
LES OBJKCTlOiNS til
diiûciles questions de la psychologie et j'ai reçu des réponses toujours sensées, toujours pleines de force, et invariablement exprimées en langage choisi et élégant. Cependant un quart d'heure après, quand il était dans son état naturel, il était incapable de répondre à, la plus simple question sur un sujet philosophique et avait peine à trouver un langage suffisant pour exprimer les idées les plus communes. »
Les facultés médiunimiques les moins sujettes à suspicion sont sans contredit la médiumnité voyante etlamédiumnité auditive. Ainsi que son nom l'indique, la première de ces facultés consiste dans le pouvoir dont sont douées certaines personnes de voir les Esprits. Dans ce cas nul doute n'est admissible, car si lo médium dépeint la figure, le costume, les gestes habituels d'un être qu'il n'a jamais vu, si on reconnaît que cette description est en tout point celle d'un parent mort auquel on ne songeait pas, il faudra bien admettre que la vision est réelle, et que de plus, la personnalité décrite existe d'une manière positive devant les yeux du médium.
Allan Kardec rapporte dans la Revue spin'te, qu'un M. Adrien jouissait de ce pouvoir au plus haut degré. Nous connaissons aussi à Paris une sage-femme madame R... qui voit les esprits continuellement, à tel point, que parfois elle a peine à les distinguer d'avec les vivants. Ici on ne manquera pas d'alléguer de suite le grand mot d'hallucination, c'est le refuge des incrédules, l'épée de chevet de tous ceux qui combattent le spiritisme. Mais c'est bien peu connaître ces phénomènes que de leur attribuer cette cause. L'hallucination est un fait anormal qui se produit presque toujours à la suite d'accidents pathologiques, ou dans les
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moments qui précèdent le sommeil ou le suivent, tandis que chez les médiums que nous avons cités, la vue ie.% Esprits est pour ainsi dire permanente. Il ne faut pas oublier non plus que cet état morbide ne peut retracer à l'imagination malade que des tableaux qui n'ont rien de commun avec la vie réelle, que ce sont des phéno* mènes purement subjectifs, et qu'en aucun cas un halluciné n'a pu donner le signalement exact d'un personnage qu'il n'avait jamais vu, de manière à le faire reconnaître par ses parents ou ses amis. Nous reviendrons sur cette question dans la cinquième partie.
Nous avons jusqu'alors cité assez de savants qui partagent nos idées, assez de noms illustres et révérés, pour affirmer notre croyance en l'immortalité de l'âme sans craindre la raillerie. Nous avons tenu à mettre sous les yeux du lecteur ce majestueux ensemble de témoignages, afin de faire connaître à ceux qui l'ignorent, que le spiritisme est une science dont les bases sont posées à l'heure actuelle d'une manière inébranlable. On ne peut traiteraujourd'hui nos idées de grossières superstitions, comme on le faisait jadis, car en vérité, si une erreur pouvait se propager aussi universellement, si des hommes d'étude, des autorités scientifiques, des philosophes, pouvaient dans toutes les parties du monde et simultanément, en être les victimes, il faut convenir qu'il y aurait là un phénomène plus étrange que les faits spirites eux-mêmes. En définitive, qu'y a-t-il de si extraordinaire à croire aux Esprits? Toutes les philosophies spiritualistes démontrent que nous avons une âme immortelle, les religions l'enseignent surla surface entière de la terré; dè'^ qu'il nous est démontré que ces âmes peuvent se manifester aux vivants, il nous semble tout uatnrel
Que notre conviction se répande avec rapidité dans l'univers entier. Au moyen des tables tournantes, dea médiums mécaniques ou autres, nous pouvons acquérir la conviction que les êtres que nous avons chéris» que les morts que nous avons pleures, sont autour de nous, veillent avec sollicitude sur notre bonheur, et nous soutiennent moralement dans la vie : nous no voyons rien là qui puisse choquer la raison.
Le spiritisme a, il est vrai, beaucoup d*ennemis in-> téressés à sa perte ; d'un côté, les matérialistes, de l'autre les prêtres de toutes les religions, de sorte que ses malheureux partisans sont en quelque sorte entre Tenclume et le marteau et reçoivent force horions de tous côtés.
Les matérialistes ont des arguments extraordinaires, ils ne conçoivent pas la bonne foi chez leurs adversaires et prétendent que les phénomènes spirites sont dus tous à la mystification ou à la jonglerie. Pour ces esprits forts, il n'existe dans le monde que deux classes : les dupeurs et les dupés. Or, n'étant pas deleur avis,nous sommes nécessairement des dupeurs et nos médiums de vulgaires charlatans. Pour que l'on ne nous accuse pas de noircir à dessein le tableau, nous pourrions citer de nombreux extraits d'ouvrages où l'on ne réclame pas moins que la prison pour punir les pratiques spirites ; d'aucuns ayant remarqué iue le siècle n'est plus à la persécution brutale, ont "^nt vibrer une autre corde: ils ont prétendu que tous es adeptes de la nouvelle doctrine étaient fous et qu'eux seuls possédaient la sagesse impeccable. lisse sont arrogés le droit d'avoir seuls du bon sens, aussi ils nous malmènent de la pire manière dans leurs écrits. Montrons un échantillon de ces aménités en citant
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t'IO LB SPIRITISME DEVANT LA SCIENCE
deux articles de M. Jules Soury, parus dans la Aépu» bllque française du 7 octobre 1879.
La méthode du journaliste est simple, elle consiste à nier sans preuves, comme toujours, à procéder par ailirmations sur les sujets en litige, et à insinuer que les spirites, môme les savants les plus autorisés, sont atteints de manie raisonnante par suite de leur grand Âge, qui ne leur permet plus de juger sainement ce qui ^e passe sous leurs yeux. Ecoutons ce chef-d'œuvre de mauvaise foi.
« U (Zôllner) a précisément fait suivre les expériences qu'il croit avoir instituées avec Slade, par 'G. Weber et Th. Pechner, jamais il n'oublie de citer ces savants illustres, comme des témoins de ces expériences, et, de fait, le témoignage de pareils hommes ne manquerait point de poids, si l'un n'était âgé de soixante-seize ans et l'autre de soixante-dixneuf ! »
Ainsi ces hommes vénérables, dont les cheveux ont blanchi à la recherche de la vérité, sont déclarés inaptes à se prononcer sur une question scientifique parce qu'ils ont eu le malheur de déplaire à M. Jules Soury 1 II faut croire que notre journaliste, qui n'est qu'une piètre personnalité en face de ces grands noms, a découvert le moyen de savoir à quel âge précis on raisonne et à quel autre on doit être mis à la retraite. On n'aurait jamais cru en le lisant qu'il fallait atteindre soixante-seize ans pour déraisonner, car, n'est-ce pas ridicule de voir recourir à de tels arguments pour combattre une idée ?
Notre critique ne se contente pas de supprimer moralementles illustrations qui le gênent, il traite Zôllner
LES OBJECTIOiNS 221-
do fou lucide, et déclare le {)rofesseurUlrici atteint de manie raisonnante!
On se demande si Ton est éveillé, en lisant de telles absurdités, et Ton est plus tenté d'examinerrétat mental de M, Jules Soupy que de stigmatiser ces procodés de polémique. Si on le suivait dans cette voie^ il n'y aurait plus qu'à faire placer dans des maisons d'aliénés, Crookes, Wallace, Oxon, Sarjeant Cox, Barkas, Hare etle juge Edmond. Si M. Jules Soury 80 bornait à dire de pareilles choses, un pourrait le laisser faire, car le bon sens public fait justice de ces insanités, mais il va plus loin et traite le médium Slade comme un exploiteur vulgaire, c'est ce qu'il ne nous est pas permis de laisser passer sans protester. Nous allons citer quelques passages d'une' brochure de M. Fauvety et de madame Cochet, très bien écrite et où les agissements de notre critique sont mis à nu.
« Vous n'hésitez pas à présenter Slade en France comme un escroc effronté, cependant voyons vos •preuves. Vous croyez d'abord devoir dénoncer à la perspicacité de vos lecteurs que Henry Slade a une longue taille, de longs bras, de longues mains, de longs doigts. Vous vous étendez avec complaisance sur « sa pâleur de spectre, ses yeux brillants, son rire silencieux. » Dé sorte que ce portrait rappelle tîelui du loup du petit chaperon rouge et celui de Méphisto de Faust. Tandis que les gens d'imagination iront jusqu'à mettre des griffes au bout de ces longs, longs, longs membres, les esprits positifs supposeront d'abord que c'est une grâce d'état qui doit aider singulièrement aux tours de passe-passe d'un prestidigitateur.
222 LE SPiaiTISMË DEVANT LA SCII2NCE
» Ceci s'appelle procéder par insinuation ; très habile, monsieur, passons.
» Vous rappelez le procès qui fut intenté à Slade en Angleterre, au mois d'octobre 1876. En ceci encore, vous faites preuve d'habileté, sachant combien on est porté à voir dans un accusé un coupable.
» Cependant toutes vos recherches ne peuvent vous mettre sur la trace d'une tromperie. L'accusation est puérile et ne repose sur aucune donnée positive, tandis que la défense amène à la barre les hommes les plus considérables de l'Angleterre et notamment celui que vous nommez « l'illustre émule de Darwin, » Alfred Wallace. — Encore un fou lucide!
» Je n'ai pas à insister sur ce procès qui se termina en cour d'appel par un acquittement.
» Maintenant je vous suis à Berlin.
» A Berlin, M. Slade a pour lui tous les savants, et qui contre lui? Un prestidigitateur qui imite ce que vous appelez les « tours de Slade. »
» fyafûrmalion est bien vague, pour la première fois vous touchez enfin à la question de savoir si, . oui ou non, Slade use de moyens matériels pour produire les phénomènes qu'il dit être dus à une cause étrangère. C'est ici qu'il s'agissait de donner tous les détails propres à éclairer l'opinion. Ces détails eussent eu plus de poids que les huit longues colonnes au travers desquelles vous amoncelez contre Slade des insinuations et pas un seul fait. Il importe, en effet, de savoir dans quelles conditions s'est mis Hermann pour imiter les « tours. » S'il les a reproduits tous, ou seulement quelques-uns, s'il a opéré chez lui ou dans un local préparé; et enfin s'il s'est soumis de la part de» assistants au contrôle que Slade subit lui-même.
Autant de circonstances importantes dont vous ne soufQez mot.
j> Vous ajoutez encore avec plus d'inconséquence : « Le médium trouva, à la vérité, un compère en Bellanchini, le prestidigitateur de la cour, qui déclara par devant notaire, que Slade n'était pas un confrère mais un savant. » On peut vous demander sur quelles preuves vous vous appuyez pour accuser si prestement BeHanchini de compérage, c'est-à-dire de friponnerie. Si vous êtes certain de la complicité, vous devez Tappuyer sur des faits, fournir vos preuves; mais si vous faites une supposition gratuite, le ton afttrmatif est déplacé et vos lecteurs peuvent vous mettre au défi de le soutenir. Cela s'applique également à cette autre assertion que : « Les réponses écrites sont de la main de Slade. » C'est bientôt dit, seulement vous oubliez encore ici un tout petit détail : la preuve de ce que vous avancez, »
C'est ainsi qu'agissent les détracteurs du spiritisme, ils affirment sans preuves des faits nullement démontrés, et partent de ces affirmations fausses pour tirer des conséquences contre la doctrine. Une pareille méthode de procéder témoigne, ou de beaucoup de partipris, ou de pas mal d'ignorance du sujet que Ton traite. Nous inclinons à croire qu'il y a encore plus de passion qu'autre chose, car lorsqu'on Ton propose à nos Aristarques de produire devant eux les phénomènes, ils se dérobent prudemment, pour ne pas être obligés de s'incliner devant l'évidence. C'est ce qui est arrivé ^ M. Jules Soury ; on lui offrit d'assister à une séance spirite» il s'y refusa absolument.
Parmi les objections qu'on ne manque jamais d'adresser aux spirites, se trouve la suivante : Pourquoi
si les phénomènes que vous produisez sont réels, ne pouvez-vous les obtenir à volonté devant les incrédules? La réponse est facile. On a constaté par Texpérience que pour avoir des communications des Esprits plusieurs conditions sont nécessaires. 1° Il faut un médium. 2° Il est nécessaire que sa faculté corresponde au genre de manifestation que Ton demande. Ainsi, si Ton veut évoquer par la table, le médium ne sera pas le même que pour récriture, comme il peut arriver qu*un médium voyant ne soit pas auditif.
Il est des personnes privilégiées qui réunissent plusieurs facultés portées à un haut degré, tels sont MM. Home et Slade,mais chez ces favorisés la médiumnité n'est pas constante, elle est soumise à des fluctuations et même à des arrêts qui leur enlèvent tout pouvoir. De sorte que pour convaincre un incrédule, il ne suffit pas toujours d'avoir un médium, il faut savoir si ce dernier est dans de bonnes conditions pour servir d'intermédiaire aux Esprits. On ignore encore quelles sont les lois qui dirigent ces sortes de flux et de reflux de la médiumnité, mais nous croyons qu'on peut les attribuer à deux causes : ou à la santé physique du sujet, ou aux Esprits qui ne peuvent et ne veulent pas toujours se manifester.
On a pu remarquer chez de forts médiums tels que mademoiselle Florence Cook, M. Home, M. Slade, après les séances spirites où des manifestations s'étaient produites, une telle déperdition de force» qu'elle produisait des malaises, des défaillances, qui ne leur permettaient pas d'en donner d'autres de long» temps. Cet état de prostration peut être rapproché des intermittences que l'on remarque dans la voyance des sujets somnambuliques. Le célèbre Alexis qui
LÉS OÔJffCTlONS 225
^éstcûiiquid'titte* i^éf^utation très gi^ande, avoue que Siïûfvëût d& fâCùltéi Ta abandonné pendant quelques /dttfâ, saûà <ïû1ïpût sto i*eAdt*6 compte des raisons qni ^diksaient cette àtoûîe.
n faut^ eti ^(5oiid Beù, considérer que les Esprits ^ût dés Ô\r6s coûlme ûon^, qu'ils sont soumis à des tote (j^ïil ne leuf ôsl pas piossible d'éluder à leur guise ^que, dé]>lus, ils eût leurlibrè-arbilre,en vertu duquel' ils ne sont jamais obligés de se rendre à notre appel.
Ûïi grief qtienouls aivon? souvent entendu formuler, êt^i pfécisélhent' f àbsurtiilé qu'il y avait à croire que cféS pBilosophes comme Socrate, des physiciens €&tïïïaé Nfewloû, des poètes comme Corneille, étaient forcés de venir causer à une demi-douzaine dé ba- <faûdsré\ïûfs autour' d*uiïe table. ïl serait ridicule en effet qu'il en fût ainsi. La doctrine spirite enseigne, M contraire, que les Esprits peuvent répondre à nos locations, mais qu'ils ne le font que lorsqu'ils jugent <}Qé cela est nécessaire.
£ les expérimentateurs ne cherchent dans les pratkpxes spirites qu'un puéril divertissement, ils sont <5ért*ains à l'aVance d'être dupes d'esprits farceurs qui "Rendront leur racoiiter toutes les saugrenuités posâtes, et ce, sous le couvert des noms les plus illus^ ff^. C^est qu'en géiléral oïl ignore que le monde des Esprits eàt composé des éléments les plus divers. Da ffiëme que sur \A terre nous rencontrons des intelligWCès d tous les degréâ de développement, de même té lûoiide spirituel, c[ui n'est que le nôtre avec le corps €& ûoins, contient d'os individualités d'élite [à côté* éhu Esprits lesr plus arriérés.
fl résulté de ces con^déràtibns' que l'on peut obtenir ifte dicté^^ ëpiriVes variant* d^âévatioii moràlè^ 8\liw
V vant l'être qui les a produites. Quel que soit le nom, dont un Esprit signe, il ne faut y attacher qu'une importance secondaire, ce qu'il importe de considérer, ce sontles idées émises. Si renseignement reçu est grande s'il prêche Tamour de nos semblables ou s'il nous fait comprendre les lois de la morale, il émane d'un esprit, avancé ; si la communication renferme des idées vul-^ gaires énoncées en termes malséants, quelle que soit la signature, l'Esprit est peu avancé.
Toutes ces recommandations ont été faites maintes fois par AUan Kardec, dans ses livres et dans la revue qu'il dirigeait, mais nos contradicteurs ne se sont jamais donné la peine de les lire, de sorte que nous sommes obligé de les remettre au jour.
Les observateurs sérieux qui ont voulu savoir ce qu'il y a de vrai dans le spiritisme, se sont soumis à toutes les conditions indispensables pour la réussite de l'expérience. Loin d'exiger dès la première séance, des preuves convaincantes, c'est lentement, méthodiquement, qu'ilî^se sont familiarisés avec toutes les phases du phénomène. M. Barka& s'est tenu dans l'expectative pendant dix ans», M. Crookes pendant six ans, M. Oxon pendant huit ans, etc. C'est par l'étude attentive de tous les faits^ lorsqu'ils furent rompus à toutes les étrangetés appa-, rentes des manifestations, qu'ils recherchèrent les causes capables de les produire, et quand ils eurent. réuni une grande quantité d'observations prises dans difTérents milieux, ils en firent la synthèse, et conclurent enfin à l'existence et à l'intervention des Esprits.
Nous savons qu'une pareille étude demande beaucoup de temps et un désir ardent de connaître la vérité, aussi n'est-elle pas h la portée de tout le monde^
LES OBJECTIONS ïl'7
Les savants eux-mêmes n*ont pas toujours assez de courage pour poursuivre des recherches qui, si elles aboutissent, les mettront en contradiction avec leurs confrères et leur attireront une foule d'ennuis. C'est pourquoi, aulieu d'un rapport sérieux et circonstancié, TAcadémie des sciences admit comme explication dfs phénomènes spirites, les mouvements du long p^ronier.
n parait que ce muscle, qui est voisin de la cheville, a la propriété de craquer, ce qui fait que M. Schiff pria M. Jobert de Lamballe de communiquer à FAcadémie cette lumineuse découverte. Immédiatement les docteurs Velpeau et Cloquel applaudirent et confirmèrent le fait. D'après la science ofBcielle, il est démontré que lorsque les coups frappés répondentàune question mentale, ce ne sont pas les Esprits qui produisent ces bruits, mais le long péronier qui laitdes siennes. Si vous obtenez comme M. Crookes le nom d'un mot caché par votre doigt, c'est toujours le long péronier, car i) est non seulement craqueur, mais encore doué de la double vue!
Si l'on a quelquefois accusé lesspirites d'être des fantaisistes, avouons que les savants réunis sont capables d'imaginer des plaisanteries plus drôles que toutes celles que nous pourrions inventer. Rien de comique comme une grave cervelle quand elle vient à déraisonner, elle va dans cette voie beaucoup plus loin que les, jsimples mortels ne sauraient le faire, et la trouvaille jde génie de MM. Schiflf et Jobert de Lamballe est bien Ifaitepourdésopilerlaratedeleurs contemporains. C'est la seule fois que le spiritisme fut présenté à l'illustre assemblée qui a dû en garder un singulier souvenir.
Continuons l'examen des critiques du spiritisme. On
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228 LE SPIRITISME DEVANT LA SCIEiNCE
a quelquefois posé la question suivante : En srupposant que lespiritisme soit une vérité, pourquoi les Esprits^ pour se manifester, ont-ils besoin d'une taëlfe' et d'na médium?
n serait absurde de supposer qu'un Esprit soit obligé, pour nous donner ses instructions ou ses conseils-, d© venir se loget* dans un pied de tabîe, de chaise au de guéridon, car celui qui serait privé de ces instruments ne pourrait recevoir de commuL'icalions; de plus ces meubles ne sont doués d'aucune vertu spéciale cpiî puisse légitimer un tel pouvoir. Il faut se familiariser' avec la vie dès Esprits, et leur mode d^opérer pour' comprendre ce qui se passe dans la typtologie.
De tout temps les Esprits existent, puis que c'est eux qui en s'incarnant peuplent la terre, de tout temps aussi, ils ont exercé leur influence sur lé monde visible par des manifestations physiques et par des inspirations données aux hommes. Ces pen** sées, igyui sont en quelque sorte soufflées dans Te cei^ veau de Tincarné, ne laissent pas de traces, mais si les invisibles veulent témoigner leur présence d*uae manière ostensible, ils se servent d'un médium pour lui emprunter le fluide qui leur est nécessaire et met» tent en mouvement le premier objet venu, table ou* chaise, de manière à signaler leur présence. La table n'est pas une condition indispensable du phénomène; lorsque les Esprits s'en servent, c'est que c'en dIùscommode et voilà tout. Le médium, lui, est néèessauv, car sans son action rien ne peut se produire ; mais il'. ne joue que le rôle d'intermédiaire, souvent inconscient et n'a d'autre mérite que celui de la docilité . Une cause d'^étonnementpour ceux qui connaissent peu les principes de la doctrine spirite, c'est que les
LES ^l^ilËCTiONS t2»
Bspimto apie répcm^^f^M pw Loty ours, lorsqu'on Jes iuLerpogesurraver r,oulor> lu'onleurposcdesquestionsretet^msfàAa^o itUûa .otcexiaiiis proJalèmcs scientiliques.
Lfti 4âBEUJku«ikud que i'oQ eolcnd Ibrnyuler à chaque MiHaatt pkrouveDl..uae ignoranoQ complète de la mission A:s ËSfpirilJS et (kiJïutde leurs manifestations. Toute cks^and^ l'Aile dans un intérêt purement personnel» ttwe om sûntioûPai égoïste, ne reçoit jamais de réponse, oja bieQ^ si omeiu donne une, eileémane d'Esprits fcrccurs qui ^iaierchentii nous tromper. Il ne faut pas ^dissknuler quexl«a]LS le monde spirituel, ainsi que £ttr latente, lei> esprits sérieux, avan^cés, sont Texcep- Jtôfi, ,ca^ s'il ca était autrejœient, notre monde serait plus parfait.
U y * d^ns J'espace, des âlres qui rôdent autour de ftOiHî, B'intéressentà jïotr-e vio et cherchent fréquemvmài à V^mut^er k no« dépens lorsqu*ils voient que la cmwdrtéoiu d'^utras v'tija» sont les seuls mobiles qui iliiig04it UQ consiiltanL Us peuvent se livrer à mille faûéJicsdAat l'imprudent est la victime. C'est ce qui nous fait preadre eu pitié ceux qui ne voient dans le spiril^e qw'un xnoyen de reclxercber des objets perdus, ùp <J^Mlwnd<3r des conseils sur leur position matérielle, 0*i iUt déco4iv:rir d&& trésors cachés*
La science spirite a un but plus noble, plus grandiose; elle ^ pour principal objectif de nous démontrer l'exi^aence de Tâaxe après la mort, et n'eût-elle amené que ce résultat* que lê^ coaséjquences qui en découlent wi point de vue moral et sociaJ, seraient déjà considérables. Mais là ne se bornent pas ses bienfaits ; elle uon% doone des i^idications précises sur la vie future, IM)U« permjot de comprendre Ja bonté et la justice de dm, wns Jbiirnit l'expU^fition de notre existence
sur la terre, en un mot, c*est la science de Tâme et da ses destinées.
Ceci nous amène à parler des instructions que nou» recevons des Esprits supérieurs que nous appelons nos guides. Ils ont déjà dévoilé à nos yeux une grande partie des mystères qui voilaient le lendemain de la mort, en nous initiant aux splendeurs de la vie spirituelle, et en nous faisant entrevoir les grandes lois qui dirigent révolution des choses et des êtres vers des destinées plus hautes. Mais ils ne peuvent tout nous dire, car si cela était, il n'y aurait nul mérite de notre part, et comme nos acquis spirituels doivent être le résultat de nos efforts individuels, il ne leur est pas pei> mis de nous révéler tout ce qu'ils savent.
D'un autre côté, il est évident qu'il faut qu'ils proportionnent leur enseignement au degré d'avancement des hommes. Que dirait-on d'un professeur qui voudrait enseigner le calcul intégrale un enfant de dix ans? Qu'il est fou, car avant d'en arriver là, il faut que cet enfant apprenne les différentes parties des mathématiques qui conduisent par un enchaînement logique, jusqu'à cette science qui en est le dernier terme. De même les Esprits ne peuvent nous révéler que progressivement les vérités qu'ils connaissent, à mesure que nous devenons plus aptes à les comprendre.
Ils ont néanmoins donné, par communications, les idées les plus hautes auxquelles sont arrivées les déductions modernes. AUan Kardec prêchait l'unité de la force et de la matière, à une époque où ces notions étaient loin d'être admises par la science officielle. Nos guides nous promettent pour l'avenir des révélations plus grandioses encore, c'est pourquoi, encouragés par ce qu'ils ont déjà annoncé, nous attendons
LES OBJECTIONS -fctfl
avec patience de nouvelles découvertes dans Tavenir.
On a cru trouver un argument décisif contre les spirites, dans cette constatation que les Esprits des différents pays n'ont pas la môme manière de voir sur un grand nombre de points : q;ie les uns admettent la réincarnation alors que d'autres la rejettent, que les uns sont catholiques alors que les autres soutiennent le protestantisme, etc., et on part de là pour affirmer que les communications pourraient bien n'être que le reflet de l'esprit des médiums, suivant Téquation personnelle de chacun, comme le dit M. Dassier.
Nous avons déjà combattu cette manière de voir et montré que, lorsque l'influence spirituelle s'exerce, ce sont bien véritablement des intelligences étrangères au médium qui produisent les phénomènes; de plus ces êtres disent avoir vécu sur la terre, non pas une fois, mais àplusieurs reprises. Nous n'avons nulle raisondedouterdeleurarUrmation d'autant plus qu'elle corrobore un système philosophique delà plus sévère logique. La pluralité des existences de Tâme concilie toutes les difficultés que ne peuvent résoudre les religions actuelles, c'est pourquoi nous avons adopté cette manière de voir. La réincarnation est une loi sans laquelle on ne pourrait comprendre la justice de Dieu, elle est confirmée par des milliers d'êtres qui dénotent par leur raisonnement et leur style de l'avancement de leur esprit; nous devons donc en conclure que ceux des Esprits qui ne partagent pas ces idées sont des Ames arriérées qui parviendront plus tard à la vérité.
Sur la terre, même dans un pays civilisé comme le nôtre, combien peu d'hommes connaissent les enseignements de la science. Si nous nous placions sur une voie publique, et que nous puissions arrêter
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^vingt personnes qui pi^ssent^ et nous livrer à un exainen de leurs connaissances, il y a beaucoup à parier que dix-huit au moins seraient incapables de nous don* ner des renseignements exacts sur les différentes fono Uons de la digestion. Or, est-il un phénomène plus habituel, qui se reproduise plus fréquemment que cejuilà? Si donc la masse est si peu instruite des notions qu*il lui importerait le plus de savoir^ à. plus forte raison ne se rendra-t-elle pas compte des problèmes compliqués desquels dépend la vie spirituelle.
Le monde spirite ou des Esprits, étant absolument la reproduction du nôtre, nous ne devons pas nous étonner des divergences de vues, d'opinions, qui se manifestent dans les communications. Loin d'accepter toutes les idées qui nous arrivent par le canal des médiums, nous devons passer au crible de la raison les théories qu'on nous donne ainsi, et impiloyablcr mejit rejeter celles qui ne sont pas en parlait accord avec la logique. Dieu a placé en nous ce flambeau divin que rien ne doit éteindre etnotre droit le plus sacré est celui de ne croire qu'aux choses que nous comprenons nettement. C'est pourquoi la spiritisme, si bien résumé dans les œuvres d'Allan Kardec, répond aux aspirations de notre époque : de là, sa propagalioa rapide dans le monde.
Un écrivain positiviste, M. D.assier, a eu la préten? tion d'affranchir les hommes de ce <ju'il appelle, « les énervantes halhicinalions du spiritisme. »> Après un^ promesse aussi mirifique, nous npi;is attendions à uçe réfutation en règle de tous les arguments des spirites, mais nous n'avons trouvé en facç de nous qu'une /^édition plus pu moins déguisée des vieux griefs: lîjh^rlatanisme, superstition, etc. M. Dassier fait néau-
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' ffikms OTipas en aviî«t,JJ ew^oià erw^ que ce qm pipus appelons ie péi^prit^sft bx&a une réalité, seih l&m^ il le ÉBiOQQO^e 4oiii^jto Au^ligjae^ p^sonnalit^ posthygaie ov i®esQ3érie5Çuiie,M b4 nttribue les pouvoir» te3 jijys éi^j;i^U8. C.ei .çiutepr n réwi de$ documept* f^^j:;4;ap<|!U9ibk3s qm p^u^ot q.ue rhomixi0 e&t double ^ (j^e, d^nç çientainess cirçoftstiQAces, il peut se produii^ yfl^iSiépapQliop eul^p^tes 4ftUî^ priaciipçs qui le compo- ^^t. îÂoMsxeviendnGn? plug|>wticuliàrementsurcett<e étode d$^ns ies .cUap.iti:îes 3fi»ivflmts. .Signions seuleuieni ici Ip procédé dç .M. J)a,ç9ie}r .qm, tout en combattit nos doctrines, reconngjt T^^lkeLitibu^e ,d«s faits avancés pftr AUaçi Kardec .^t in iwniïie foi des médiums. ÏÎCjiHîHJ^W^'exi^liqiyerpiw Tih^^lMs^ de la transmis- ^ofl 4^ pensée ei d,e h ^uwi'yftuee tem|>orftire de Tifi- (te^idualit^é. Selpn }m, m imoment de 1^ mort, toujte force vitale n*est pas.|ubsojly^meflLt anéantie; ce qui foi^ m^^ ie do^ibte flgidiiiqUie p^ut vivre ep;Core quelque temps, mai$ p.elit ^ pejtit se divine et se désagrège h HjesuFîe.quele-s éléments qui le coi^istitueul vontrejoin'* djne leurs similaires daos la j)atur!8..
Ppur réi'utjcr cette doçiiiqe, il suffît de dire qu« I90JUS aviQ,ia.s par i^iliiers de$ communications qyi ftPius .a:ffîrment %& cojilraia^. D'ailleurs, Tauteur se home à énoncer sa manière de voir sans se donner Jftpeiac d'en louroirdes preuves, M. Dassier a tout ^uoplemeni accaparé à son profit une partie des théories théosophiquies <|ui ppéiendent, elles aussi, que itQU:S ies hommes q'oni pas h un djagré égal la po$si«> Jtriliié d ^lieijidre à rimmontalîté^ Tou-s ces système» léiïWMgBMïBtd'uB piuîgrès sur îe isnatérialisme pmt^ mais ne peuvent salis^Uiim les hommes sérieux quifl# B^pumm^l pa^ À de va^ïues notions, et qui exigent
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des données positives pour asseoir leurs convictions.
On a essayé d'assimiler le médium écrivain à un somnambule lucide ; on sait en effet que le magnétiseur peut, dans certains cas, faire exécuter à son sujet les mouvements auxquels il pense, sans pour celaôtre obligé d* énoncer oralement sa volonté. On ne peut établir aucune analogie entre ce fait et la médiumnité. Dans les expériences spirites, le médium ne dort pas et la personne qui évoque est le plus souvent fort ignorante des pratiques magnétiques; donc la pensée du consultant ne saurait produire les effets vraiment remarquables que Ton observe.
D'ailleurs, le médium mécanique peut soutenir une conversation pendant que sa main écrit automatiquement, il est intellectuellement dans son état normal; on lie saurait donc comparer cet état avec le somnambulisme naturel ou provoqué.
Le clergé de toutes les religions est entré en guerre contre le spiritisme, car il détruit à tout jamais la croyance à Tenfer et par conséquent aux peines éternelles. Il sape par la base la théorie du péché originel et fait un Dieu bon et miséricordieux, de la divinité farouche et cruelle des prêtres. La philosophie spirite ne s*appuie pas sur la foi, elle puise sa force dans les lumières de la raison et pour combattre le dogme, elle s'appuie sur l'observation scientifique. On juge (lès lors de l'accueil qui lui a été fait. Nous avons rapporté l'histoire de l'archevêque de Barcelone faisant brûler les livres d'AUan Kardec, sous prétexte de sorcellerie. Ce procédé renouvelé de l'inquisition, montre assez ce que l'on ferait des spirites si jamais' on avait le pouvoir de les détruire.
En France, les immunités du clergé ne vont pas
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jusque-là. Nous évitons le fagot, mais les prêtres ne se font pas faute de prêcher contre notre doctrine qu'ils prétendent inspirée par Satan.
Ces déclamations n'ont aucune influence sur nous car, depuis longtemps, nous ne croyons plus au dieu du mal. Ce sombre génie, inventé par la caste sacerdotale pour terrifier les peuples enfants du moyen âge, est bien démodé aujourd'hui, et ses chaudières vengeresses ont fui devant les lumières du progrès. Nous nous faisons une idée trop haute de la divinité pour croire qu'elle a pu créer des êtres éternellement voués au mal ; d'ailleurs, Tantique conception de Tenfer est démentie parle témoignage journalier des esprits; elle ne saurait donc nous influencer en aucune manière.
Mais entrons pour un instant dans les idées catholiques, supposons que l'esprit du mal rôde autour de nous, quœrens quem cfeuore^ nous devrions reconnaître Tarbre à ses fruits et nous tenir soigneusement en garde contre ses suggestions. Prêche-t-il la taine, Tenvie et la colère, nous incite-t-il à satisfaire toutes nos passions?
Non, les Esprits qui se communiquent, enseignent la fraternité, le pardon des injures, la mansuétude pour les amis et les ennemis. Ils nous disent que la seule voie pour parvenir au bonheur est celle du bien, que les seuls sacrifices qui sont agréables au Seigneur sont ceux que nous remportons sur nous-mêmes. Ils nous exhortent à veiller soigneusement sur nos actes afin d'éviter Tinjustice ; ils nous recommandent l'étude de la nature et l'amour de nos semblables, comnie les uniques moyens de nous élever rapidaocient vers un avenir plus brillant. Loin de nou9
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dire que le salut est personnel, ils nous font envisager le bonheur de nos frères comme Tobjectit supérieur vers lequel doivent tendre tous nos efforts, enûa ils placent le suprême bonheur dajas la fraternité la plus sublime — celle du cœur.
Si ce sont là les moyens employés par Satan pour nous pervertir, il faut avouer qu'ils ressemblent ëtraB^ gementàceux que Jésus employait pour réformer le» hommes, et Tange des ténèbres fait bien mal ses affaires en nous ramenant à la vertu, par Taustérité de La morale qu'il recommande dans les communications.
S'il nous est impossible de croire à des légions d^ damnés, il ne s'ensuit pas que les méchants jouissent de rimpunité. Dans le livre : Le Ciel et l'Enfer^ Allan Kardec a peint d'après nature, les souffrances des esprits malheureux, et si Penfer n'existe pas, les âmes perverses n'en supportent pas moins de 'cruels châtiments. Mais nous savons aussi que ces peines ne seron* pas éternelles. Dieu permet au pécheur de les abréger, en lui donnant la faculté de se i*acheter par des expiations proportionnées à ces fautes. Voilà en quoi nous diHorons absolument de tous les dogmes, c'est que notre espoir est fondé sur la justice et la bonté infinie du Créateur. Nous ne pouvons supposer que Dieu serait plus cruel en verjBnowHB» qu'un père vis-à-vis de son enfant repentant, et cetie espérance chasse de nos cceurs la navrante pensée d'un désespoir éternel.
Quelle lumière nouvelle apporte le spiritisme! Plus d'incertitudes cruelles sur notre avenir, Tau delà mystérieux voilé sous les ticiion» des religions, 5e montre à nous dans toute sa réalité ; plius d'eoftr. plus de cipl, mais la coniinualioa de In vie se pouff
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Mtvaiit dans le temps et Tespace et éternelle commd tout ce qui existe. L'ascension incessante do tout ce qui est vers des destinées toujours plus hautes, voilà fe véritable bonheur. Loin de croire à une béatitude fainéante, nousf plstçons la félicité dans une activité saiis cesse agiss^ante et le bonheur dans la conn^is^ «aiïce de plus eiî plus parfaite des lois de TUnivérs. Que Ton jette un coTip d'œil sur les bienfaits que ?homme a ressentis du progrès des sciences, que Ton compare le bien-être matériel dont il jouit actuellement avec les conditions misérables de sa vie d'il y a cent ans, et Ton comprendra que, si dans le domaine physique de telles révolutions sont possibles, ce ne sont que de misérables avatars à côté des splendeurs que nous promettent nos évolutions morales vers l'infini.
Plus de dogmes, plus de choses incompréhensibles, toujours une harmonie sublime se décèle dans les moindres détails de cette immense machine qui se ûomme l'Univers I Et la satisfaction profonde dé com* prendre quel est enfin notre but ici-bas, est le résultat de rétude attentive des manifestations spirites. Pour mieux faire comprendre le caractère et la portée fksientifique du spiritisme, nous allons résumer en quelques mots les points principaux sur lesquels il s'appuie, en renvoyant aux livres d'AUan Kardec les lecteurs désireux d'étudier plus à fond cette croyanice.
Le spiritisme enseigne en première ligne l'existence de Dieu, le moteur initial et unique de l'Univers; en lui se résument toutes les perfections poussées à l'infid) il est éternel et tout-puissant.
Nul ne peut le connaître sur la terre, mais tous subissent ses^lois; notre entendement est trop faible en:oope pour nou» éleverjusqu'à ces sublimes hauteursr,
mais notre raison nous prouve qu'il existe et les Esprits, mieux placés que nous pour apprécier sa grandeur, s'inclinent avec respect devant sa majesté inûnie. Nous n'avons pas acquis assez de développement intellectuel pour embrasser dans son étendue cette grandiose notion de la Divinité, mais nous tendons vers elle comme le phalène vers la lumière. Le désir do connaître et de savoir développe dans les cœurs les plus nobles aspirations et plus tard, débarrassé de la matière, gravitant vers la perfection, l'esprit se fera une idée de plus en plus élevée de ce Tout-Puissant qu'il pressent aujourd'hui et qu'il connaîtra un jour.
Le temps n'est plus où l'on concevait Dieu comme une puissance implacable et vengeresse condamnant éternellement l'homme pour une faute d'un moment. Non, la sombre Divinité de la Bible ne plane plus sur nous comme une menace perpétuelle, ce n'est plus le Jéhovah farouche qui ordonnait regorgement de ceux qui ne croyaient pas en lui, et qui faisait courber de:* milliers d'hommes sous le vent de sa colère commo^ un champ de roseaux sous l'aquilon furieux.
Le Dieu moderne nous est apparu comme Texpression parfaite de toute science et de toute vertu. Son intelligence s'est décélée dans l'admirable ensemble des forces qui dirigent l'Univers, sa bonté par la loi de réincarnation qui nous permet de racheter nos fautes par des expiations successives et de nous élever par degrés, jusqu'à sa majesté infinie.
Le Dieu que nous comprenons est l'infinie grandeur, l'infinie puissance, l'infinie bonté, l'infinie justice! C'est l'initiative créatrice par excellence, c'est la force incalculable, l'harmonie universelle! C'est Dieu qui plane au-dessus de la création qui l'enveloppe de
«avolonlé, qui la pénètre de sa raison; c*est par, ui que les univers se forment, que les masses céles- ;es roulent leurs splendeurs étincelantes dans les profondeurs du vide, c*est par lui que les planètes gra-» vitent dans les espaces en formant de rayonnante» auréoles aux soleils. Dieu c'est la vie immense, éternelle, indéfinissable, c'est le commencement et la iin^ Talpha et l'oméga.
Le spiritisme enseigne en second lieu l'existence ie l'àme, c'est-à-dire du moi conscient, immortel et créé par Dieu. Nous ignorons l'origine de ce moi^ mais quelle qu'elle soit, nous croyons que Dieu a fait tous les esprits égaux et les a doués d'égales facultés pour parvenir au même but : le bonheur. En môme temps que la conscience, il nous a donné le li« bre-arbitre qui nous permet de bâter plus ou moin» notre évolution vers des destinées supérieures. Nous savons que Tâme de l'homme existait avant son corps, que celui-ci aurait pu ne pas être, que la nature entière pourrait ne pas exister, sans que l'âme en soit nullement atteinte ; en un mot elle est immatémelle et indestructible.
C'est le moi conscient qui acquiert, par sa volonté, toutes les sciences et toutes les vertus qui lui sont in* dispensables pour s'élever sur l'échelle des êtres. La création n'est pas bornée à la faible partie que nos instruments nous permettent de découvrir, elle est infinie dans son immensité. Loin de nous considérer comme les habitants exclusifs de notre petit globe, le spiritisme démontre que nous devons être les citoyens de l'Univers.
Nous allons du simple au composé. Partis de Télat le plus rudimentaire, nous nous sommes petit petit à
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élevés jusqu'à la digtiitô d'êtres responsables, chaque eohnaissance nouvelle que nous fixons en nous, n<5Uô fait entrevoir des horizons plus vastes, nous fait goûter un bonheur plus pariait. Loin de placer ûotr^ itîéal dans une oisiveté éternelle, nous croyons an contraire que la suprême félicité consiste dans l'activité incessante de Tesprit, dans sa science de plus en plus grande, et dans l'amour qui se développe au fur' et à mesure que nous gravissons la route ardue du progrès. C'est l'amour le moteur divin qui nous ett^ (faîne vers ce foyer rayonnant que l'on appelle Dieu!
On comprend que ces idées nous obligent à admettre la pluralité des existences, autrement dit la loi de réincarnation. Lorsqu'on songe pour la première fois â là possibilité de vivre un grand nombre de fois sur la terre, avec des corps humains différents, cette idée ^mble tout d'abord bizarre, mais lorsqu'on réfléchit à la somme énorme d'acquis que nous devons posséder pourhabiterrEurope,àiadistance qui sépare lesauvage de- l'homme civilisé, à la lenteur avec laquelle on acquiert une habitude, on voit se dessiner l'évolution des êtres, et l'on conçoit les vies multiples et successives -domme une nécessité absolue qui s'impose à l'esprit^ ^ssi bien pour gagner le savoir, que pour racheter tes fautes que l'on a pu commettre antérieurement. La- vie de l'âme, envisagée sous ce point de vue, délïfontre que le mal n'existe pas, ou plutôt qu'il est créé par nous^, en vertu de notre libre-arbitre.
Dieulétablit des lois éternelles que nous ne devons pas transgresser, mais si nous ne nous y conformons f\Bts, il nous laisse éternellement la faculté d'efFacer par M nouveaux efforts les fkutes ou les crimes que nous
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avons commis. C'est ainsi que les esprits, s* aidant le? uns les autres, parviennent au bonheur qui doit être l'apanage de tous les enfants de Dieu.
Notre philosophie agrandit le cœur, elle considère les malheureux, les déshérités de ce monde, comme des frères auxquels on doit l'appui d'une main secourable. C'est pourquoi nous pensons qu'une simple question de temps sépare les sauvages les plus abrutis des hommes de génie de nos nations civilisées. Au point de vue moral, il en est de même, et les monstres tels que les Néron, les Galigula, peuvent et doivent, par la suite, arriver au môme degré que les Saint- Vincent de Paul.
L'égoïsme est entièrement détruit par le spiritisme, n proclame que nul ne peut être heureux s'il n'a aimé ses frères et s'il ne les a aidés à progresser moralement et matériellement. Dans la lente évolution des existences nous pouvons être à diverses reprises, et réciproquement : père, mère, époux, fils, frères, etc. C'est ainsi que se cimentent les liens si puissants de l'amour. C'est par une aide mutuelle que nous acquerrons ces vertus indispensables à notre avancement spirituel.
Aucune philosophie ne s'est élevée à une plus haute conception de la vie universelle, aucune n'a prêché une morale plus pure. C'est pourquoi, détenteurs dune partie de la vérité, nous la présentons au monde appuyée sur les bases inébranlables de l'observation physique.
Le spiritisme est une science progressive, elle se base sur la révélation des Esprits. Or, ceux-ci, à mesure qu'ils progressent et que nous grandissons intellectuellement, découvrent des vérités nouvelles,
de sorte que leur enseignement est gradué et s*éla^ git à mesure qu'eux-mêmes deviennent plus instruits. Nous n'avons donc ni dogmes, ni points de doctrine inébranlables; en dehors de la communication des vivants et des morts, et de la réincarnation qui sont absolument démontrées, nous admettons toutes les théories qui se rattachent à l'origine de l'âme et à son avenir. En un mot, nous sommes des positivistes spirituels,ce qui nous donne une supériorité incontestable sur les autres philosophies dont les adeptes sont renfermés dans d'étroites limites.
Telle est, dans ses grandes lignes, cette philosophie que Ton a cherché à avilir par les mensonges et les calomnies. On conçoit que nos idées et la valeur de nos croyances nous mettent fort au-dessus de ces misérables critiques, mais il faut que le soleil de la justice se lève sur nous et permette aux penseurs d'apprécier dans toute sa grandeur cette noble doctrine.
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