‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 27 sur 39 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

qu'est-ce que le périsprit?

Nous avons démontré dans les chapitres précédents que Fâme est immortelle, c'est-à-dire que, lorsque le corps qu'elle habitait pendant son passage sur la terre est détruit, elle n'est pas atteinte par ce changement, elle conserve son individualité et peut encore manifester sa présence par des interventions physiques. Ici ^e dresse une difficulté. Comment faire comprendre l'action de l'âme sur le corps?

Suivant la philosophie et suivant les Esprits, l'âme est immatérielle, autrement dit, elle n'a aucun point de contact avec la matière que nous connaissons. On ne pent concevoir que l'âme ait des propriétés analogues à <^llesdescorpsdelanatureypuisquela pensée qui en est

yGoogk

rimage, Témanation, échappe à toute mesure, à toute analyse physique ou chimique. Mais faut-il prendre le mot immatériel dans son sens absolu ? Non, car Timmatérialilé véritable serait le néant; mais celte âme constitue un être dont Texislence est telle que rien icibas ne saurait en donner une idée.

Afin de bien préciser notre pensée, nous désirons édifier nos iecleurs sur le sens de ce mot immatériel pour qu'il ne prête pas à la confusion. Nous prétendons qu'aucun état de la matière ne peut nous faire comprendre celui de Tâme et cependant la science est arrivée à des résultats surprenants comme division de la matière. Voici ce qui résulte des expériences de M. Crookes faites devant l'Académie des Sciences.

On sait que ce physicien a une théorie spéciale, d'après laquelle les molécules des corps gazeux peuvent se mouvoir suivant leurs forces propres, lorsqu'on diminue le nombre des molécules, en faisant le vide. Pour parvenir à ce résultat, il faut opérer avec une précision extrême et employer des manipulations nombreuses et compliquées. M. Crookes est arrivé à faire le vide de telle sorte que la pression de l'air restant dans le ballon est réduite à Un millionième d'atmosphère. C'est dans ces conditions que se manifestent les caractères de l'étut radiant.

Habituellement les phénomènes nouveaux, en physique ou en chimie, sont produits par addition de matière, il est curieux de constater qu'ici, au contraire, desi eflets d'une extrême énergie résultent d'une soustraction de matière; c'est en la réduisant à presque rien, en la raréfiant au delà du vraisemblable, que M. Crookes obtient ces singuliers phénomènes. Plus il enlève de matière, plus l'action devient saisissaiite :

QU'BST-CE QUE LE PERISPRIT? 24$

c'est la physique du néant, au point que Ton est tenté de se demander s'il a le droit d'attribuer à la matière des effets aussi puissants, quand il a fait tant d'efforts^ pour s*en débarrasser. Il ne faut pas qu'il subsiste d'é quivoque à cet égard et que nous jugions d'après l'impression de nos sens ce qui peut parfaitement leur échapper.

La nature s'étend bien au delà de nos sensations, il faut donc nous mettre à l'abri contre nos erreurs. Lorsque les machines les plus perfectionnées ont enlevé d'un espace clos, autant d'air, autant de gaz qu'il a été possible, il ne s'ensuit pas qu'il ne puisse en rester encore beaucoup. M. Crookes réduit le contenu de ses tubes à un millionième de l'air que nous connaissons et qui est si impalpable que nous le déplaçons à chaque instant, sans avoir conscience qu'il est autour de nous. Il semblerait que le millionième de si peu de chose reste pour nous moins que rien.

Ce jugement est fautif comme nous allons le voir. . Le calcul montre que dans un ballon de 13 centimètres de diamètre comme celui dont se sert M. Crookes, mais plein d'air à la pression normale, il existe, au hioins un septillon de molécules *.

RaréQer cet air au millionième, c'est diviser par un million le nombre précédent, il contient donc encore un quintillon de molécules, un quintillonl

i. Ces calculs reposent sur des considérations empruntées à la thermo-dynamique. MM. Clausius et Clark Maxwel, par une série de déductions dans lesquelles nous ne pouvons entrer, ont déterminé la vitesse que possèdent les particules gazeuses ppur une pression donnée, et. comme conséquence, le nombre de particules renfermées dans Tunité de volume.

C'est un chiffre énorme et nous voilà bien loin du néant. Pour donner une idée de ce nombre gigantes» que M. Crookes dit :

« Je prends le ballon dans lequel j'ai fait le vide et je le perce avec Fétincelle de la bobine d'induction. Cette étincelle produit une ouverture tout à fait microscopique, mais qui est pourtant assez grande pour pep« mettre aux molécules gazeuses de pénétrer dans le ballon et de détruire le vide. Supposons que lapetitesse des molécules soit telle qu'il en entre dans le ballon cent millions par seconde. Combien de temps croiton qu'il faudra, da,ns ces conditions, pour que ce petit récipient se remplisse d'air? Sera-ce une heure, un jour, une année, un siècle? Ilfaudra une éternité, un temps si énorme que l'imagination est impuissante à le concevoir. Il faudra plus de 400 millions d'années^ un temps tel, que, d'après les prévisions des astronomes, le soleil aura épuisé son énergie caloriQque et lumineuse et sera déjà depuis longtemps éteint I »

Le calcul est en effet facile à faire, M. Crookes ne se trompe pas.

D'après M. Johnston Stoney, il existe dans un centimètre cube d'air un sextillon de molécules, le ballon de M. Crookes d'un diamètre de 13 centimètre» renferme donc

de molécules d'air à la pression normale. Lorsqu^on diminue la pression jusqu'à un millionième d'atmos* phère le ballon contient encore

1 ,288,252,350,000,000,000 de molécules. Les choses ne seront remises en Tétat

QU'KSf-CE QUE LE PÉRISPRIT7 247

primitif que lorsqu'il sera rentré par l'ouverture ce ce qui ea avait été retiré, c'est-à-dire

de molécules. S*il en passe par hypothèse cent millions, à la seconde, voici ce que durera le défilé :

Page 1