‹ Le spiritism devant la scienceChapitre 28 sur 39 · années, oubien 400 millions d'années · texte numérisé non relu

années, oubien 400 millions d'années

Plus de 400 millions d'années I

La réalité est que le vide d'un ballon Crookes se comble en moins d'une heure 1/2, ce qui prouve que l'exiguité des particules est si grande, qu'il doit en passer par seconde, dans l'ouverture la plus fine, non pas cent millions, mais 300 quintillons. Quelle infinie petitesse doivent avoir ces particules.

Eh bien, si quintessenciée que soit la matière, si menue et si impalpable que Texpérience nous la montre, elle est encore grossière vis-à-vis de l'esprit qui est une essence, un être infiniment plus subtil encore. C'est dans ce sens que nous entendons le mot immatériel a.^i^l\qué à l'âme qui est tellement impondérable, qu'elle ne peut avoir aucun point de contact avec la matière que nous connaissons sur la terre.

Cependant nous constatons dans l'homme l'alliage de C3S deux éléments : le corps et l'âme. Ds sont unis d'une manière intime et réagissent l'un sur l'autre, ainsi que le démontre le témoignage journalier des sens et de la conscience. D'après ce que nous avons dit de l'âme, il semble qu'il y ait contradiction, mais

elle est plus apparente que réelle, car Thomme n'est pas formé seulement du corps et de Tâme, mais encore d'un troisième principe intermédiaire entre l'un et l'autre appelé périsprit, c'est-à-dire enveloppe de l'esprit.

La nécessité de ce médiateur va être comprise de suite en mettant en parallèle la spiritualité de l'âme avec la matérialité du corps.

L'âme est immatérielle parce que les phénomènes produits par elle ne peuvent se comparer à aucune propriété de la matière. La pensée, l'imagination, le souvenir, n'ont ni forme, ni couleur, ni dureté, ni malléabilité; ces productions de l'esprit ne sont astreintes à aucune loi régissant le monde physique, elles sont purement spirituelles et ne peuvent, ni se mesurer, ni se peser. L'âme échappe par sa nature à la destruction, puisqu'elle se manifeste dans toute sa plénitude après la désagrégation du corps, donc Pâme est immatérielle et immortelle.

Le corps est cette enveloppe du principe pensant, que nous voyons naître, croître et mourir. Les éléments qui le composent sont tirés de la matière qui forme notre globe. Lorsqu'ils ont,pendant un certain temps, séjourné dans l'organisme, ils cèdent la place à d'autres qui viennent les remplacer. Ces opérations se renouvellent jusqu'à la mort de l'individu, alors les atomes qui composaient en dernier lieu le corps humain, sont repris par la circulation de la vie et entrent dans d'autres combinaisons, en vertu de cette grande loi que rien ne se crée et que rien ne se perd dans la nature.

Le corps et l'ânje sont donc essentiellement distincts : l'un remarquable par ses transformations in-

OUEST-CE QUE LE PfiKlSPRlT? 241^

lessantes, l'autre par rimmuabilité de son essence. ils présentent des qualités radicalement opposées et cependantnous constatons qu'ils vivent dans une harmonie parfaite et exercent des influences réciproques. La haine, la colère, la pitié, Famour, se reflètent sur le visage et impriment un caractère particulier à la physionomie. Dans les émotions violentes, c'est tout l'organisme qui est troublé : une joie subite ou une douleur imprévue peuvent déterminer des ébranlements tels, que la mort s'ensuive. L'imagination agit aussi sur le physique avec une grande violence, c'est ce que démontrent les ouvrages de médecine qui traitent cette question, de sorte que, d*une part, ces effets étant bien constatés, d'autre part, l'âme étant immatérielle, le problème de leur action mutuelle est resté insoluble pour les philosophes.

Les plus grands esprits.se sont appliqués à se rendre compte deTaction de l'âme sur le corps, mais ni Descartes, ni Malebranche, ni Spinosa, ni Leibnitz, ni Euler, ne sont parvenus à une explication satisfaisante de ces faits.

Suivant Descartes, Tâme et le corps, par un dessein tressage de la providence, suivent dans tout le cours de la vie deux lignes parallèles et cependant leur nature les rend étrangers l'un à l'autre. Dieu modifie l'âme à la suite des mouvements du corps et il donne le mouvement au corps, à la suite des volontés de l'âme. Chaque substance est donc, non la cause, mais roccasion des phénomènes qui se manifestent dans l'autre. Voilà pourquoi la théorie cartésienne a été appelée par les historiens^: V hypothèse des causes occasminelles.

Suivant Leibnitz, le corps et Tâme, tout en vivant

séparément, ont reçu une organisation telle que Los modifications qui se produisent dans l'un sont reproduites dans l'autre, à peu près de-la même manière que les aiguilles de deux horloges bien réglées, marquent toujours la môme heure. Cette harmonie date de plus haut que le monde, elle a son fondement dans l'intelligence divine , c'est pourquoi on la nomme d'après heihnïiz préétablie.

Le mathématicien Euler avait une théorie beaucoup plus vulgaire, celle de V Influx physique, qui admet l'action directe et réciproque du corps sur Tâme.

Tous ces systèmes soulèvent de graves objections et ne résistent pas à la critique. Comment concilier les hypothèses de Descartes et de Leibnitz, avec le sentiment de notre moi, de notre activité personnelle, avec l'expérience journalière de l'empire que l'homme exerce sur la nature et que celle-ci possède sur l'homme? Qui nous persuadera quand nous étendons le bras que nous ne sommes pas la cause de ce mouvement?

Nous savons par l'expérience, que le moindre acte de notre volonté, si fugitive qu'elle soit, se traduit par un geste, et que lorsque nous ressentons une douleur, c'est qu'il s'est produit une modification organique, et non parce que Dieu serait intervenu pour infliger à l'&me la souffrance subie parle corps.

Les doctrines de Descartes et de Leibnitz, absolument insuffisantes à rendre compte des fails, sont de plus en contradiction avec l'expérience. La doctrine de l'influx physique est moins éloignée du sens commun, mais laisse à désirer en ce qu'elle n'offre aucune preuve, et ravale l'âme en lui enlevait de son immatérialité. Ainsi qu'on le voit, le problème

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