COUP D'ŒIL SUR L'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE
Thomme, ce grand esprit établît l'existence de l'âme par des raisonnements d'une extrême logique. Son disciple Platon poussa plus loin encore cette croyance. Le philosophe de l'Académie admettait à l'exemple dePythagore, un monde distinct des êtres mjatériels : « Le monde des idées. » SelonPlaton l'âme connaît lesidées par la raison, elle les a contemplées dans une vie antérieure à l'existence actuelle. Voilà une nouveauté ; jusque-là on s'était borné à croire que l'âme était faite en même temps que le corps, la théorie platonicienne enseignait qu'elle vit antérieurement, nous verrons parla suite combien ses déductionssontjustes.
Aristote, surnommé le prince des philosophes, est aussi spiritualiste que ses prédécesseurs et il faut reconnaître que l'antiquité tout entière a cru à l'existence de l'âme, sinon à son immortalité. Les luttes entre les différentes écoles, portaient plutôt sur des divergences dans l'explication des phénomènes de l'entendement que sur l'âme elle-même.
C'est ainsi que se créa la secte sensualiste dont les représentants les plus illustres furent Leucippe et Epicure. Ce dernier plaçait le point de départ de toutes les connaissances dans la sensation. D admetlait bien l'âme, mais la croyait formée d'atomes et par conséquent incapable de survivre à la mort du corps. C'était donc en réalité un matérialiste et il se trouvait en opposition formelle avec les idéalistes représentés par Socrate, Platon et Aristote.
Zenon peut être rattaché à cette école, mais à la différence d'Epicure, il séparait la sensation des idées générales et les sens de la raison. Sans aller aussi loin que les cyniques, les stoïciens considéraient indifféremment les plaisirs et les peines. Ils croyaient
immorales toutes les actions s'écaitant de la loi et du devoir. Cette sévérité de principes tut pendant plusieurs siècles la force de Thumanité, et la seule digue opposée aux passions déchaînées de l'antiquité païenne. ' L'école néo-platonicienne d'Alexandrie fournit de lumineux génies tels qu'Origène, Plotin, Porphyre, Jarablique, qui surent s'élever jusqu'aux plus sul^limes conceptions de la philosophie. Ils admirent la préexistence de l'âme et la nécessité du retour sur la terre. Ils croyaient que l'homme est incapable d'acquérir en une seule fois la somme des connaissances nécessaires pour s'élever vers une condition supérieure, et ils ont défendu ces nobles doctrines avec un courage et une audace sans pareils contre les sectaires du christianisme naissant.
Proclus fut le dernier reflet de ce foyer intellectuel, et l'humanité est restée de longs siècles ensevelie sous les épaisses ténèbres du moyen âge.
Cette époque croyante ne doutait pas de l'âme et de son immortalité mais les dogmes de l'Eglise, qui s'adaptaient merveilleusement à l'esprit barbare de ces nations arriérées, étaient devenus impuissants en face du réveil des consciences.
L'ancienne philosophie s'appuyait sur la raison ; la théologie de saint Thomas d'Aquin ne reposait que sur la foi, et les tentatives d'affranchissement qui étaient le résultat du divorce entre la foi et la raison étaient cruellement punies.
Le progrès étant une loi de notre globe, un moment devait arriver oh le réveil des intelligences s'effectuerait : c'est ce qui eut lieu avec Bacon. Ce savant, fatigué des querelles des scolastiques qui s'épuisaient en des discussions stériles, ramena l'attention sur