‹ Le spiritisme dans l'Antiquité et dans les temps modernesChapitre 23 sur 39 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

EELIGION DES HÉBREUX — LA. GENÈSE BIBLIQUE, SA VALEUR MORALE, HISTORIQUE ET SCIENTIFIQUE.

Après avoir parlé sommairement des principales

religions de l’antiquité, je crois devoir revenir d’une manière plus détaillée sur la religion des Hébreux, puis je parlerai du Christianisme.

Il est grand temps, si l’on veut travailler ainsi qu’on le doit, à fusionner toutes les races, toutes les nationalités, tous les enfants de Dieu, — puisque tous les humains sont enfants de Dieu au même titre ; — s: l’on veut mettre en pratique les préceptes de morale et de charité enseignés par les grands éducateurs de Phumanité (Jeseus- Christna, Çakia-Mouni, Confucius, Zoroastre, Socrate, Pythagore, Platon, Hillel l’ancien, Jésus); il est grand temps dis-je, de rejeter cette idée surannée autant que discordante : d'un peuple de Dieu. Aucun de ces grands instructeurs, au surplus, n’a parlé d’un peuple spécialement aimé par Dieu.

Il faut donc qu’on se soit fait de Dieu, équité absolue, bonté absolue, une bien étroite idée, pour en arriver à proclamer : qu’à un moment donné, il a choisi une petite fraction d’êtres humains, « à l’exclusion de tous les autres habitants de la terre », pour en faire des privilégiés ! des élus !

C’est avoir de notre Père commun une singulière idée, que de penser qu’une nation soit plutôt son peuple, que toute autre nation. Nous autres spirites ou spiritualistes, nous savons qu’aux yeux dè Dieu, les divisions par races et par nationalités n’existent pas, et qu’il voit du

même œil tous les êtres. Nous devons doncautant qu’il est en nous, travailler à Punification des êtres humains qui habitent ce globe, et la meilleure manière d’y travailler c’est de propager et d’étendre le plus possible l’instruction.

Examinons donc un peu cette prétention de la nation Israélite — minime fraction des sémites^ habitant jadis les régions contiguës de l’Asie et de l’Afrique — à être un peuple privilégié, à être le peuple de Dieu.

Quand cette petite nation s’est formée, il y avait bien des milliers d’années que les Indous et les Chinois florissaient et se comptaient par millions. Les Indous surtout avaient depuis longtemps atteint un remarquable niveau intellectuel et moral. Il y avait longtemps aussi que les Égyptiens formaient une nation déjà fort avancée en civilisation; ses monuments l’attestent suffisamment. La nation Israélite ne fut réellement constituée que lors du passage en Égypte de Jacob, de sa famille et de tous ses serviteurs. Ce n’était alors, ainsi que je l’ai dit dans mon chapitre V,. et ce ne fut pendant plusieurs centaines d’années qu’une troupe de bergers, faisant partie de la suite d’Abrabam lorsque ce patriarche s’en fut momentanément en Égypte pour éviter la famine (Genèse XII, 10) et restés en Egypte après son retour en Chanaan. C’est à la tête de ces pasteurs que se mit un jour Moïse pour les faire sortir d’Egypte où ils subissaient une sorte d’escla\age.

Ils n’étaient alors que 600 mille (Exode XII, T. 37.)

Cependant cette petite nation affiche dans sa Bible la prétention d’être un peuple choisi par Dieu. Ses historiens prétendent que les prodiges que Moïse opère, sont de vrais miracles, des choses saintes^ et que les mêmes prodiges faits par les Égyptiens ou par d’autres, sont dus à la magie, aux sortilèges, au diable î !

Où donc Moïse avait-il appris les sciences occultes (la physique et la chimie de cette époque)? Où avait-il été initié aux doctrines ésotériques^ si ce n’est chez ces mêmes hommes qu’on accuse de n’opérer que par la grâce du diable, tandis que parce qu’Aaron et' Moïse font partie d\i peuple privilégie, ils opèrent par la grâce de Dieu.

Si encore ce peuple de Dieu avait présenté des modèles de vertu et de moralité en nombre exceptionnel! Mais si Ton veut jeter un rapide coup d’œil sur les faits et gestes des hommes les plus marquants de son histoire, on se trouvera en présence de singulières immoralités. Qu’on ouvre la Bible (Genèse XII, 10 à 20) on y lira l’édifiante histoire d’ Abraham abandonnant sa femme au Pharaon d’Egypte : « afin qu’il soit bien traité à cause d’elle et que par ce moyen, sa vie soit préservée. » Effectivement, le Pharaon lui fit, à cause de Sarah, de grands cadeaux en esclaves et en troupeaux, mais il paraît qu’il était plus

scrupuleux qu’Abraham et qu’il n’avait fait enlever Sarah que parce qu’il la croyait sœur et non femme d’Abraham. Il reproche donc à celui-ci de ne lui avoir pas déclaré que c’était sa femme, et la lui renvoie.

Mais l’Eternel — de la Genèse — qui, à ce qu’il paraît, n’était pas l’équité absolue : « frappa de grandes plaies le Pharaon et sa maison, à cause de Sarah, femme d’Abraham. »

Et l’on voit au chapitre XV de la Genèse, ce même Eternel récompenser Abraham et lui dire une foule de choses agréables, sans doute en récompence de la moralité de sa conduite antérieure avec le Pharaon.

Il paraît, au surplus, qu’Abraham avait terriblement peur de mourir, car il tient bientôt après, avec Abimélec, roi de Guérar, (Genèse XX) la même conduite qu’il avait tenue avec le Pharaon d’Egypte; et là encore, le Dieu de la Genèse voulait faire mourir Abimélec, qui fut obligé de représenter à Dieu: « que bien qu’il eût pris Sarah, la croyant sœur et non femme d’Abraham, il n’avait eu* avec elle aucune relation intime», ce que, par parenthèse, Dieu, qui connaît tout, devait savoir tout aussi bien qu’ Abimélec.

Bientôt après, Isaac fait relativement à Eebecca sa femme, et au même Abimélec, ce qu’avait fait .son père à Poccasion de Sarah (Genèse XXVI) — Jacob trompe son père et vole la bénédiction que celui-ci voulait donner à Esaü en sa qualité

d’aîné. Plus tard, il vole à Laban son beau-père, ses troupeaux (Genèse XXX, 37 à 43.) Racbel dérobe les Dieux de Laban son père (Genèse XXXI, 19 et30.) Il paraît que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob ne lui suffisait pas.

Que dire de l’épisode des tilles de Lot (Genèse XIX, 30 à 38) ; et des choses dont traitent les chapitres XIX; XXIX 21 à 29 ; et XXX 1 à 24, de la Genèse ; le chapitre XVIII du Lévitique et tant d’autres choses de ce genre? Que dire encore de l’éditiante histoire de Juda et de Tamar (Genèse XXXVIII) ? Et du saint roi David qui se vit obligé de faire un grand nombre de psaumes pour se faire pardonner ses iniquités ? Et du grand roi Salomon, possesseur du sérail le plus complet qui fut jamais ?

Qu’on ouvre aussi l’Exode et l’on y trouvera (III, 21 et 22) que l’Eternel engage les Hébreux à voler les Egyptiens... « et il arrivera que quand vous partirez, vous ne vous en irez pas à vide. Mais chacune demandera à sa voisine et à l’hôtesse de sa maison, des vaisseaux d’argent et des vaisseaux d’or et des vêtements que vous mettrez sur vos tils et vos tilles ; ainsi vous butinerez les Egyptiens » — Et chap. XI, 2, l’Eternel dit à Moïse : « Parle maintenant au peuple et leur dis : Que chacun demande à son voisin, et chacune à sa voisine, des vaisseaux d’argent et des vaisseaux d’or, n — Ghap. XII, 35 et 36. « Or, les enfants d’Israël avaient fait selon la parole de Moïse et

avaient demandé aux Egyptiens des vaisseaux d’argent et’ d’oï et des vêtements. Et l’Eternel avait fait trouver grâce au peuple envers les Egyptiens, qui les leur avaient prêtés ; de sorte quHls butinèrent les Egyptiens. »

C’est sans doute en se basant là dessus que les disciples de Loyola ont permis le vol par compensation.

Voici ce que dit à ce sujet Tabbé Marotte dans son abrégé d'instruction chrétienne suivi dans toutes les écoles catholiques comme catéchisme de persévérance. (Paris, 1866).

Demande. — « Est-on toujours coupable de vol quand on prend le bien d’autrui ? »

Réponse. — « Non, il peut arriver que celui dont on prend le bien n’ait pas le droit de s’y opposer, ce qui a lieu par exemple, lorsque celui qui prend le bien d’autrui est dans une nécessité extrême et qu’il se borne à prendre ce dont il a besoin pour en sortir, ou lorsqu’il prend en secret au prochain, par manière de compensation^ ne pouvant le recouvrer autrement, ce que celui-ci lui doit à titre de justice. »

Il est évident que les jésuites ont été logiques en enseignant la même chose que ce qu’avait enseigné PEternel dans la Bible. Mais cette morale ne sera jamais la morale des honnêtes gens.

Ce fut sans doute aussi par reconnaissance de ce qu’avait fait le Pharaon pour leurs pères, que

les Israélites volèrent les Egyptiens. On trouve en effet, ce qui suit dans la Genèse (XLV, 17 à 21) « Alors Pharaon dit à Joseph : dis à tes frères : faites ceci, chargez vos bêtes et partez pour vous en retourner au pays deChanaan. Et prenez votre père et vos familles et revenez vers moi et je vous ^donnerai du meilleur du pays d’Egypte et vous mangerez la graisse de la terre... Ne regrettez q)as vos meubles, car le meilleur de tout le pays d’Egypte sera à vous... »

Il se passa, il est vrai, quatre cents ans entre ce bon accueil fait par le Pharaon aux Israélites, et l’époque de leur sortie d’Egypte, et tous les Pharaons ne se ressemblaient pas. Mais, quoiqu’ils fussent fort maltraités quand il se décidèrent à quitter l’Egypte, ce n’était cependant pas une raison pour suivre le conseil de l’Eternel ! !

Toutes ces choses plus ou moins immorales n ont point empêché qu’on ait continué depuis deux mille ans à placer d’un côté : le peuple de (d’abord juif, puis chrétien) et d’un autre côté tout ce qui n’est pas lui.

Je viens de citer quelques passages de la Bible, afin de prouver que ce n’est pas dans la partie historique de ce vieux code de doctrines à l’usage du peuple Hébreu, qu’il faut chercher des exemples de moralité, bien que, comme tous les livres sacrés des diverses nations de l’antiquité, il coniienne des préceptes de charité humaine, ainsi que je l’ai démontré dans mon précédent chapitre.

Je veux maintenant examiner à un autre point de vue, la Genèse^ point de départ de la Bible, et faire remarquer un certain nombre de contradictions ainsi que d'erreurs chronologiques et scientifiques que ce livre contient, et ceci engagera sans doute à penser comme moi : que continuer à prendre son point d’appui religieux sur la Genèse en particulier et sur la Bible en général, c’est méconnaître la vive lumière projetée parla doctrine spirite sur les devenirs de Phumanité terrestre.

Quand on lit attentivement les premiers chapitres de la Genèse, on est choqué de la contradiction évidente qui existe entre les versets 27 et 28 du chap. 1®^ et les versets 18, 21 et 22 du chap. IL

Chap. V. 27 : « Dieu donc créa l’homme à n son image ; il le créa à l’image de Dieu ; il les » créa mâle et femelle. » — v. 28 : « Et Dieu les » bénit et leur dit : croissez et multipliez et rem- » plissez la terre. »

Chap. II, V. 18 : « Or, l’Éternel Dieu avait dit ; » il n’est pas bon que l’homme soit seul, je lui » ferai une aide semblable à lui. » — v. 21 : « Et » l’Éternel fit tomber un profond sommeil . sur » Adam et il l’endormit, et Dieu prit une de ses » côtes et resserra la chair dans la place de ce » côté. » — V. 22 : « Et l’Éternel Dieu fit une » femme de la côte qu’il avait prise d’Adam, et la » fit venir vers Adam. »

Si Dieu a créé et béni l’homme et la femme

ainsi que le dit le chap. 1®^, il n’a pas pu ensuite^ ainsi que le dit le chap. II, remarquer « que l’homme était seul, et qu’il fallait lui faire une aide semblable à lui. » Et prendre ensuite une côte à Adam, à qui il n’en resta donc que onze d’un côté.

Il est presqu’inutile, je crois, de faire ressortir ici ce qu’a de légendaire cette histoire d’un premier homme et d’une première femme.

Ce serait aussi tomber dans une singulière illusion que d’accepter cette vieille fable d’un état primitivement heureux de l’homme, lors de sa première apparition sur la terre, et de sa déchéance à la suite d’un prétendu péché. Comment! lorsqu’on tout et partout, la nature va du simple au composé; lorsque chaque jour nous voyons les hommes naître à l’état d’enfants imparfaits sous tous les rapports et susceptibles de se perfectionner rn progressant dans leur existence terrestre, Dieu aurait à un moment donné, jeté sur le globe un homme et une femme types de perfection physique et parfaitement heureux. Et puis, parce que ce premier couple aurait contrevenu à une défense qui n’est basée sur rien de rationnel, qui n’est basée que sur un caprice autoritaire. Dieu aurait frappé de déchéance l’espèce humaine tout entière, dans ses millions de générations. Et plus tard, “ voyant que la malice des hommes était grande » {Genèse VI, 5) Dieu, (qui sans doute ne pouvait pas prévoir que les hommes deviendraient

mauvais) se repentit de les avoir faits {Genèse VI, 6, 7). Pourquoi donc admettre des choses aussi ridicules, et pourquoi insulter Dieu en lui prêtant des idées absurdes?

Nous voyons, par ce qui se passe sous nos yeux et par tout ce que Thistoire véridique et la science nous enseignent, que dans Thumanité il y a toujours eu progrès, c’est-à-dire, ascension d’un état pire à un état meilleur, et nous admettrions que l’humanité n’a point été formée d’abord grossière, rudimentaire, et par conséquent indéfiniment perfectible? Ce qui a toujours fait et ce qui fait encore le plus grand tort à l’idée religieuse ; ce qui a fait les matérialistes et les athées, ce sont toutes ces fables bibliques qui ont pu avoir leur raison d’être à des époques reculées, parce qu’alors elles étaient appropriées à l’état enfantin de l’esprit humain; mais qu’on a l’immense tort de vouloir éterniser, aujourd’hui que l’intelligence humaine a fait trop de progrès pour ne pas en être choquée.

Jean Reynaud me semble donc avoir fait du roman biblique dans son chapitre intitulé : Le premier homme [Terre et Ciel, page 214 et suiv.). De même que le fait la Bible, il représente le premier homme et la première femme comme parfaitement heureux et vivant dans un âge d’or, d’où ils sont sortis après avoir prévariqué, pour entrer dans la carrière des épreuves. N’est-il pas plus rationel de penser que la terre étant une planète expiatoire et primitive, certains Esprits qui par

la volonté de Dieu s’y sont incarnés à Torigine de l’apparition de l’espèce humaine, y sont venus pour expier; et que les autres, qui formaient Je plus grand nombre, n’étaient pour ainsi dire qu’instinctifs, et qu’en eux l’intelligence surgissait pour la première fois; que tous ils se sont peu à peu améliorés par des réincarnations multipliées.

L’âge d’or est donc en avant de nous et n’a jamais existé en arrière. Il n’est par conséquent pas besoin de recourir à la légende enfantine d’une première faute.

L’idée de la déchéance de l’homme primitif, idée venue originairement de l’Inde et transportée plus tard chez plusieurs autres nations, a passé de là dans la Bible de Moïse. Comme tant d’autres idées erronées, elle sera difficile à déraciner. Il n’y a que la doctrine spirite qui puisse nous éclairer à ce sujet ; elle nous enseigne : que nous ne sommes pas déchus, mais que, partis d’en bas, nous n’avons cessé de monter et que longtemps encore nous monterons.

Et nous monterons, non-seulement en intelligence, mais encore en moralité ; et par conséquent ce qu'on appelle la conscience humaine s’élèvera aussi. Ce serait commettre une grave erreur que de dire : que la conscience a toujours été la même. La morale des Peaux-Rouges et celle des Australiens est-elle donc la même que celle des nations civilisées? Croit-on que si l’on fait appel à la conscience d’un sauvage d’Australie, on obtiendra

le même résultat que si l’on met à l’épreuve la conscience d’un honnête civilisé d’Europe ou d’ailleurs? Et pourrait-on dès lors ne pas admettre que les civilisés d’aujourd’hui croîtront en moralité, et que par conséquent les civilisés des âges futurs, atteindront à une délicatesse de moralité et de conscience encore inconnue aux meilleurs d’entre nous?

En étudiant le proül de la race humaine, on reconnaît que les races peuvent se diviser en deux groupes. Dans l’un, le profil de la tête est droit, le front proéminent, les dents incisives verticales, l’angle facial largement ouvert et se rapprochant de l’angle droit. — Ce type est celui que les anatomistes appellent : le type orthognathe;. (orthos, droit, gnathos, mâchoire). C’est le type que présente l’Apollon. Ce type appartient à la race Indoue, et on l’appelle vulgairement : le type de la race Caucasique.

Dans le second groupe, on trouve le front fuyant ; les dents insicives saillantes ; l’angle facial oblique, plus ou moins aigu ; c’est le type prognathe (pro, en avant) ; c’est le type de la race nègre et des peaux-rouges ; c’est aussi celui du singe.

Tous les ossements humains trouvés avec le mastodonte, le mammouth, et autres animaux antédiluviens appartiennent au type prognathe,, au type inférieur. Le type orthognate au contraire, le type supérieur est postérieur au diluvium, ce

dépôt résultant sans doute de plusieurs grands cataclysmes partiels et successifs restés dans les traditions du genre humain et antérieurs aux temps historiques.

Tel est le résultat de l’observation scientifique ; résultat que l’on est bien forcé d’accepter dans toutes ses conséquences, quitte à dépouiller notre soi-disant pmnicr père Adam, d’un caractère que l’imagination lui accorde si volontiers pour en faire un type de beauté.

Que si maintenant, envisageant les choses d’un point de vue moins légendaire et plus scientifique, on relègue la légende d’un premier homme avec toutes celles de même nature, et si l’on se dit que 1 idée de 1 existence d’un premier homme duquel tous les autres hommes du globe seraient descendus, n’est pas plus nécessaire (philosophiquement parlant) que celle de l’existence d’un premier chêne ou d’un premier pommier, on doit pensèr que les individus d’espèce humaine qui ont paru en premier lieu sur le globe et qui l’ont peuplé en même temps que les mastodontes, les megatheriums, l’elephas primogenius, etc., étaient de type prognathe, de type inférieur, de même que les autres animaux leurs contemporains, et que ce ne fut que dans la suite des siècles que toutes les espèces et tous les types se perfectionnèrent sur certaines parties du globe.

Mettons donc toute vanité de côté et ne nous faisons pas illusion sur nos premiers parents qui,*

loin d’être des Apollons, étaient en harmonie avec les mastodontes et autres animaux antédiluviens, et qui ont dû être à peu près des espèces de brutes dont les Australiens et certaines tribus du centre de l’Afrique, peuvent seuls nous donner quelqu’idée.

La race Indo-Européenne, vulgairement appelée race Caucasique (de type orthognathe) serait donc le résultat d’un perfectionnement anatomique survenu après l’époque géologique du diluvium.

Le savant anthropologiste sir John Lubbock a publié en 1875, sous le titre: L’homme p'éhistorique, un livre plein des plus intéressantes recherches sur les habitations, les armes, les outils des premiers hommes que la terre a portés.

Dans ce livre, qui a été traduit par M. E. Barbier, l’auteur est parvenu à reconstituer l’histoire de l’existence, des instincts, de l’industrie de ces générations qui ont traversé la vie sans laisser leur histoire. Il a montré comment, par suite des caractères communs à l’organisation de l’espèce humaine, nos ancêtres sont arrivés, sans se connaître et sans s’imiter, à créer des moyens d’attaque et de défense absolument analogues.

Le dernier tiers du livre contient un exposé qu’on peut regarder comme l’exemple le plus logique et le plus puissant de l’analogie appliquée aux sciences naturelles. Après avoir montré que les hommes de l’Asie et du Nord de l’Europe ont, dans les époques préhistoriques, inventé, sans

communiquer entre eux, la même industrie. l’auteur compare les hommes préhistoriques aux sauvages nos contemporains.

Après avoir reconstitué l’histoire des premiers humains en demandant des probabilités à l’analyse, il va chercher des preuves chez les peuplades qui vivent de nos jours en Océanie et en Amérique. Il nous les montre employant le silex, le cuivre, le bronze; nous donnant en un mot, le spectacle si intéressant des divers âges: de la pierre brute; de la pierre taillée; et du bronze, qui ont précédé la civilisation de l’âge du fer.

Tout cela démolit tant soit peu la Genèse biblique.

A propos d’Adam et d’Ève, et pour ceux qui prennent au sérieux la légende de la Bible, il y aurait une question à résoudre. La Genèse raconte (chap. IV) que Caïn, après avoir tué Abel et avoir été maudit par Dieu, lui dit : « Voilà que vous me chassez.... quiconque donc me trouvera, me tuera, a Et Dieu lui dit : «... quiconque tuera Caïn sera puni au sextuple. » — Qui donc pouvait tuer Caïn, puisque d’après la Genèse il n’y avait alors sur la terre qu’Adam, Eve et Caïn? Et la Genèse ajoute : « que Caïn sortit de devant la face de l’Eternel et habita au pays de Nod, vers l’orient a’Eden; » puis: « qu’il connut sa femme, qui conçut et enfanta Hénoc, etc., et qu’il bâtit une ville à laquelle il donna le nom 'de son fils. »

Mais, il y avait donc déjà des êtres humains

autres qu’Adam, Eve et leur fils Caïn? Sans cela, Caïn n’aurait pas trouvé une femme et n’aurait pu bâtir une ville, car un homme seul ne bâtit pas une ville, et pour sa seule famille.

Ceci prouve que ceux qui s’amusent à faire des légendes ne pensent pas toujours à faire concorder tous les faits.

Qu’on lise les trois premiers chapitres de la .Genèse, et l’on pourra se convaincre que le et le chapitre ne sont qu’une superfétation, mais qu’ils contiennent précisément « la légende Indoue » dont je parlerai plus tard. On est donc fondé à penser que Moïse ou les auteurs quelconques de la Genèse Biblùiue, ont fait un emprunt maladroit à la littérature sacrée des Indous. Ce ne sera pas, au surplus, le seul que j’aurai à signaler.

Je dis : Moïse « ou les auteurs quelconques de la Genèse n parce que tout porte à penser que Moïse n’en fut pas le seul rédacteur, et qu’à plusieurs reprises, il a été fait des additions au Pentateuque, puisqu’on ne saurait admettre que celui qu’on en donne comme l’auteur unique, ait raconté sa propre mort et sa sépultui’e au pays de Moab, par les soins de l’Eternel lui-même. On trouve d’ailleurs dans le Pentateuque des allusions à des faits qui ne se sont produits qu’après l’établissement du gouvernement monarchique parmi les juifs ; il n’a donc pu être écrit que « plusieurs siècles après » la mort de Moïse-

Dans les commencements du Christianisme, <îeux qu’on a appelé depuis lors : les Pères de l’Eglise, admettaient généralement qu’Esdras était l’auteur du Pentateiique. Ainsi, St.-Jérome (4"’® siècle) dit : « Sive Mosem dicere volueris auctorem Pentateuchi, sive Esdram ejusdem instauratorem operis, non recuso, » — Clément d’Alexandrie, (3“® siècle) dit que : quand les livres. sacrés des Hébreux eurent été détruits pendant la captivité de Babylone, Esdras les reproduisit sous Pinspiration de Dieu. St.-Irénée (2“* siècle) répète la même chose.

On trouvera plus de détails encore sur la question du Pentateuque^ dans un article de M. Réville {Revue des deux Mondes, septembre 1869.) Je crois devoir prévenir mes lecteurs que les très-intéressants détails dans lesquels je vais entrer, ont pour but de prouver que la Bible juive n’est qu’une compilation imparfaite des livres sacrés des Egyptiens et surtout des Indous.

Voici ce que dit au sujet du Pentateuque, M. Lacoste (Fssai critique sur VExode) : « six cent vingt-cinq ans avant notre ère ; 1050 ans après Moïse, le Grand-Prêtre Elcias ou mieux Hilkija, a force de compilations de documents anciens ; de traditions empruntées en grande partie à l’Egypte et à la Chaldée, composa le Pentateuque. Suivant la mode des peuples d’alors, dont l’ambition était d’avoir une cosmogonie, il commença le livre par une Genèse composée en grande par¬

is

tie sur celle des Egyptiens et des Chaldéens. ^ — Sans doute aussi sur celle des Indous, dont elle semble n’être qu’une copie défigurée. L'auteur du livre sur l’Exode, dit que Hilkij a justifiait ainsi par avance ce que Grégoire de Nazianze écrivait à St. -Jérome : « Il ne faut que du babil pour imposer au peuple ; moins il comprend, plus il admire... Nos Pères et nos Docteurs ont souvent dit, non ce qu’ils pensaient, mais ce que' leur faisaient dire les circonstances. »

Puis M. Lacoste ajoute : « Et après avoir ainsi terminé le Pentateuque, Hilkija de concert avec Josias, Roi de Juda, qui était alors dans la 18“® année de son règne et qui s’appliquait à rétablir le culte de Jéhovah dont le peuple Hébreu s’était depuis longtemps écarté pour se livrer au polythéisme, entraîné qu’il y fut par plusieurs de ses rois, et entre autres Achaz, Manassé et Amon, rois de Juda qui étaient idolâtres et suivaient le culte de Moloch; Hilkija, dis-je, feignit d’avoir trouvé ce livre dans le temple qu’on reconstruisait — « Hilkija le sacrificateur, est-il dit dans le » deuxième Livre des Rois^ XXII, 8, et dans le » deuxième Livre des Chroniques, XXXIV, 14 et » suiv. trouva le livre de la loi de l’Eternel, » donné par le moyen de Moïse. »

M. Lacoste entre à ce sujet dans une foule de détails curieux qui prouvent surabondamment la supercherie du roi et du Grand-Prêtre. Le même auteur raconte comment la Genèse de Moïse ou

pour mieux dire, du Grand-Prêtre Hilkija, n’est autre chose que Fexposé des Mystères qu’on qu’on dévoilait dans les temples Egyptiens aux individus qu’on admettait à l’initiation. On voit, en effet, dans les diverses séances de cette initiation, racontées en détail par l’auteur, se reproduire sous forme de tableaux en action^ tout l’historique de la Genèse Biblique.

Le même auteur dit encore : « Il me paraît superflu d’énumérer toutes les pratiques mosaïques copiées sur les institutions civiles et religieuses de l’Egypte. Que le lecteur curieux ouvre seulement le Lévitique et qu’il le compare au livre II d’Hérodote (Histoire des premiers siècles de l’Egypte), il verra avec quel abandon a été fait l’emprunt. La circoncision ; les lustrations ; l’abstention de certaines viandes et principalement du porc ; la même ^ haine pour les étrangers, se retrouvent également chez les Hébreux et chez les Egyptiens. »

« Il n’est pas, depuis le modèle de l’arche, dont on voit de si fréquentes représentations dans les peintures Egyptiennes — une des plus belles entre autres sur un bas-relief du temple de Phila (Champollion-Figeac, Egypte ancienne, planche 26) — jusqu’au plus mince ornement du vêtement des prêtres; depuis l’eau de la vache rousse, jusqu’au bouc émissaire Azazel, rien qui n’ait été copié dans les sanctuaires Egyptiens. Les ürim et les Thummim (Exode XXVIII, 30) qui ser-

vaient aux Hébreux à tirer des oracles ; les tables de la loi ; les autels ; les offrandes ; les sacrifices ; le choix des victimes sans tache, tout je le répète, se ressent de la doctrine religieuse pratiquée sur les bords du Nil. n

Et réellement ce que dit M. Lacoste n’a rien qui soit de nature à soulever des doutes. On aurait même lieu d’être surpris qu’il en fût autrement. Quand la famille et les serviteurs de Jacob vinrent en Egypte, du temps de Joseph, fonder une colonie, ils n’avaient ni culte, ni rituel. Il n’y a donc rien que de très-naturel à ce que Moïse, prêtre et par conséquent initié Egyptien, ait donné à la petite nation de six cent mille individus, à la tête desquels il s’était mis, une cosmogonie et un culte plus ou moins bien calqués sur ce qu’il pouvait connaître de l’Egypte. Et Hilkija, pour constituer son Pentateùque, se sera sans doute servi de documents laissés par Moïse. On pourrait objecter que ce fut Abraham qui institua la circoncision (Genèse XVII, 10 à 14), mais il ne faut point oublier qu’avant l’époque indiquée dans la Genèse comme celle de l’institution de la circoncision, Abraham et les siens passèrent un certain temps en Egypte, où ils s’étaient réfugiés

cause de la famine (Genèse XII, 10 et suiv.) et rien ne prouve qu’ Abraham n’ait alors emprunté aux Egyptiens la pratique de la circoncision.

Si le péché originel, dont il n^est fait nulle mention ni dans la Bible, ni dans les Évangiles,

existe réellement, et si on ne peut être sauvé (entrer au Paradis) qu’après que le baptême a effacé cette tache qui nous vient d'Adam, il y a lieu de s’étonner que Dieu, au lieu de prescrire à Abraham la circoncision, ne lui ait pas prescrit le baptême. — Dieu a donc voulu que jusqu’à une certaine époque de la vie du globe terrestre aucun être humain ne fut sauvé ?

Ce qui suit est encore une preuve des emprunts faits aux Égyptiens par les anciens historiographes Israélites. M. Lieblein a publié en langue française, en 1873, à Christiania (Norvège) un livre fort intéressant intitulé : Recherches sur la Chronologie Égyptienne diaprés les listes généalogiques, — ce savant Égyptologue établit d’une manière fort rationnelle : que les dynasties Égyptiennes ne se sont pas succédées par ordre numérique, mais que quelques-unes d’entre elles (les 9, 10, 11, 14, 15, 17, 22, 25 et 30“®®) ont été contemporaines d’autres ; ce qui prouve que certains souverains ont régné sur la haute Égypte, en même temps que d’autres régnaient sur la basse Égypte, et que c’est bien à tort que l’historien Manéthon n’a fait qu’une seule série de toutes ces dynasties, depuis le n® 1 jusqu’au n® 31.

Il est en effet très probable que Manéthon a confondu les dynasties Hyksos avec les dynasties Égyptiennes autochtones ; ce que j’ai dit dans mon chapitre 5 en parlant des Hyksos et des Israélites le prouverait suffisamment.

M. Lieblein, après avoir apporté des preuves concluantes à l’appui de sa manière de voir, dit ce qui suit : « Je ne dois pas laisser ce point sans mentionner l’ouvrage d’un savant suédois, M. Bydberg, intitulé : Table généalogique des premiers patriarches d'après la Genèse ; ouvrage qui milite fortement en faveur de notre chronologie égyptienne. Ce travail est dun petit volume, mais d’une grande portée. L’auteur prouve ingénieusement, et de manière à persuader les lecteurs, que la chronologie biblique, et surtout celles des premiers patriarches, est faite d’après la chronologie des anciens Egyptiens, w

M. Lieblein dit ensuite que la critique a depuis longtemps prouvé que les deux générations de Seth et d’Enos, entre Adam et Kénan, ont été introduites par erreur dans la table généalogique de la Bible (tradition d’Elohim) tirées qu’elles étaient d’une autre table (tradition de Jéhovah); puis il indique la chronologie biblique d’après M. Rydberg, lequel fait remarquer que l’époque d’Adam commença l’an 3893 avant J.-C., quand Ménès, le premier roi d’Egypte, commençait à régner. » Cette concordance, dit M. Lieblein, est d’une exactitude telle, qu’il est permis d’en conclure que l’auteur de la Table généalogique des patriarches a eu égard dans son travail, à la durée de l’empire dont les habitants se vantaient d’être le plus ancien peuple du monde. »

Ce qui prouve que Moïse n’a nullement tenu

compte de l’antiquité de la nation Égyptienne lorsqu’il a établi sa cosmogonie, antiquité qn’il devait cependant connaître en sa qualité de prêtre Égyptien et d’initié, c’est que, d’après lui, l’époque d’Adam, c’est-à-dire le peuplen^ent du globe terrestre, n’aurait commencé que 3893 ans avant notre ère, ainsi que l’a prouvé M. Rydberg, cité plus haut.

Or, à cette époque, ainsi que je l’ai fait connaître dans mon premier chapitre, il y avait déjà longtemps que la population de l’Ègypte formait une grande nation. C’est ce qui ressort des calculs astronomiques savamment établis par M. Rodier dans son livre si intéressant sur: V Antiquité des races humaines (Paris 1862), dont j’ai déjà fait mention en parlant de l’Inde ancienne.

On voit par ce qui précède que l’époque fixée par la Genèse biblique comme étant celle de la création de l’üniv.ers, n’est qu’un des éléments d’une légende, et que par conséquent cette époque ne peut être acceptée historiquement, ainsi que jusqu’à présent on l’a enseigné aux générations qui se sont succédées tant chez les juifs que chez les chrétiens, et ainsi qu’on voudrait continuer à l’enseigner. Mais ce qu’il y a de piquant dans cette affaire, c’est que la Genèse elle-même POTJENIT UNE PEEUVE lEEÉCUSABLE qu’à l’époque indiquée par elle comme étant celle de la création de l’homme, il y avait des milliers d’années,

pour ne pas dire plus, que la terre était couverte d’êtres humains. Cette preuve, en voici leséléments.

Pendant des siècles et des siècles, les hommes vécurent sans connaître les métaux ; et pendant ce laps de temps si prolongé, les pauvres habitants de la terre n’eurent pour outils que des pierren. Les recherches faites depuis 1840, en France d’abord — à Abbeville par feu Boucher de Perthes qui, le premier, trouva un homme fossile et des outils en pierre — et ensuite en Danemark et en Suisse ; et plus tard ailleurs encore, ont fait retrouver des hommes fossiles et à côté d’eux les pierres dont ils se servaient comme d’outils. Et ce ne sont pas quelques outils de ce genre qu’on a trouvés, ce sont des milliers; et depuis lors on fait et l’on fait encore chaque jour des découvertes du même genre dont le détail serait trop long. On a donc pu ainsi diviser la vie de l’humanité sur le globe, par périodes, chacune de ces périodes se distinguant : P par les couches de terrains dans lesquels ont été trouvés des hommes et des animaux fossiles, contemporains les uns des autres; 2® par la matière formant les outils employés par ces hommes ; chaque espèce d’outils ayant été trouvée dans la couche d’hommes fossiles correspondante. Et l’on a ainsi pu établir quatre périodes distinctes, éloignées les unes des autres par des milliers d^années, et que l’on aappelées des âges.

Ainsi, l’on a Vâge de la pierre hrute^ époque pendant laquelle les hommes, à l’état sauvage, n’avaient point encore trouvé le moyen, et n’avaient sans doute pas eu l’idée, de rendre la pierre tranchante. Puis, l’âge de la pierre polie ou taillée, époque pendant laquelle l’homme sut distinguer les pierres dures : silex, etc., et s’apprit à les tailler en haches, en lames tranchantes, etc.

Puis vint Vâge du bronze. Des squelettes humains furent trouvés entourés d’outils en bronze imitant les instruments en pierre, et autour de ces débris humains, on ne retrouve plus d’outils en pierre. Il y avait donc eu vers la fin de cette période un immense progrès; l’homme avait découvert les minerais de cuivre et d’étain ; il avait inventé Fart de les fondre, puis il avait eu Fidée de les mélanger et ensuite d’en forger des outils tranchants ou autres. Et l’on a trouvé dans ces dernières années ce qu’on appelle aujourd’hui des fonderies de bronze préhistoriques, c’est-à-dire des espèces d’ateliers où Fon travaillait le bronze. Ainsi, par exemple, en 1865, un paysan du nom de Brenot, eu sarclant des pommes de terre à Larnaud (Jura) trouva un morceau de métal vert; ses camarades et lui, fouillèrent le terrain et dans un espace d’un mètre carré, ils trouvèrent quatorze cent quatre-vingt-cinq pièces diverses pesant ensemble 66 kilogs. Ces pièces, parmi lesquelles on a trouvé deux cent quatorze hrace-

lets, ont été placées au musée préhistorique de St-Germain-en-Laye. Depuis lors on a découvert des fonderies de bronze en maints autres endroits, et partout on a trouvé, outre les outils ou ornements achevés : couteaux, scies, vrilles, ciseaux de menuisier, bracelets, etc., tout l’outillage consistant en creusets, moules, marteaux, etc.

Enfin, dans les tombeaux trouvés dans des -couches géologiques relativement plus modernes, on ne trouva plus d’outils tranchants en bi'onze, mais on en trouva en fer. C’était la plus belle conquête métallique de l’homme.

Voici maintenant la preuve que fournit contre elle-même la Genèse biblique : « Et Tsilla enfanta Tubal-Caïn qui fut forgeur de toutes sortes d’instruments d’airain et de fer. » {Genèse IV, 22). D’après la Genèse, Tubal-Caïn était le sixième arrière petit-fils de Caïn. Donc, Tauteur de la Genèse passe sous silence l’âge de la pierre brute et l’âge de la pierre taillée. Il ignore que depuis bien des milliers d’années, il y avait des hommes sur la terre. Pour lui, le monde commençait à l’âge dii bronze, puisque l’âge du bronze a précédé Vâge du fer. (Bronze et airain sont synonymes ; alliage de cuivre et d’étain).

On trouve sur ce sujet si intéressant, un excellent article de M. E. Burnouf dans, la Revue des Deux Mondes, 15 juin 1877.

Il est bon de remarquer, qpe non seulement l’auteur de la Genèse ignorait que l’espèce humaine

avait dû passer par les âges de pierre brute ^ puis de la pierre taillée^ mais qu’en outre il ne s’est nullement rendu compte du laps de temps nécessaire à des hommes sauvages pour en arriver à des inventions du genre de celles qui ont doté l’humanité du bronze et du fer forgés et transformés en outils. En accordant à Caïn et à ses descendants une longévité de cent ans (ce qui est impossible, je le prouverai tout à l’heure), il s’ensuivrait que dans un laps de temps de six cents ans seulement, les hommes en nombre très restreint encore, en seraient arrivés à découvrir les minerais de cuivre, d’étain et de fer; à comprendre leur utilité ; à les tirer des entrailles de la terre; à apprendre la manière de les fondre, d’allier par la fusion le cuivre à l’étain, puis d’en fabriquer des outils, etc. Or, il ne faut jamais oublier l’état de sauvagerie et d’inintelligence des hommes primitifs, auxquels il fallut sans doute des milliers d’années pour effectuer le moindre progrès. Les autochtones actuels de l’Océanie sont là pour le prouver.

Les bibliques acceptent sans aucun examen et avec un remarquable abandon, tout ce que contient le livre sacré. Ainsi, se basant sur la Genèse, ils affirment que les premiers hommes qui ont habité la terre ont vécu des centaines d’années (Adam 930 ans; Seth 912 ans; Noé 950 ans; etc.) Et ils concluent que l’espèce humaine est dégénérée.

Il est bon de faire remarquer que la Genèse biblique est le seul livre qui mentionne ces longévités extraordinaires. Les documents émanés de PInde et de l’Egypte, et qui remontent à des époques beaucoup plus reculées que les livres de Moïse, ne parlent en aucune manière de longévité anormale. Et cela est tout naturel, puisque dans l’espèce humaine, la longévité est toujours et partout, en raison directe du développement intellectuel et du degré d’instruction, de civilisation et par conséquent d^application des règles de Thygiène. Nous avons d’ailleurs sous les yeux encore aujourd’hui, des types d’êtres humains qui nous représentent au naturel nos ancêtres primitifs car les autochtones de l’Australie et de l’Afrique centrale doivent ressembler, sauf la couleur de la peau, aux hommes de race blanche, habitants primitifs du globe.

Deux choses autorisent à penser que l’âge d’or — résultat du progrès en tous genres — est devant nous, au lieu d’avoir existé jadis, et que la longévité racontée par Moïse peut être rangée parmi les amplifications poétiques usitées chez leff Hébreux.

1® Un grand âge, c’est-à-dire Fâge de quatrevingt ou cent ans, a été considéré depuis les temps historiques, comme chose exceptionnelle et les historiens ont toujours attiré l’attention sur tel ou tel homme, en raison de son grand âge. Donc, à toutes les époques, la longévité a été une exception.

2® La longévité humaine a toujours été en rapport avec les facilités et les commodités de la vie ; avec le bien-être résultant du plus ou ipoins de connaissance et d’application des règles de l’hygiène. Or, à l’état sauvage — et c’était l’état de tous les habitants primitifs de la terre — il n’y a jamais eu bien-être ni commodités de la vie et par conséquent la longévité n’a été qu’une rare exception. Nous en avons la preuve chez les peuplades sauvages actuelles disséminées sur le globe, peuplades parmi lesquelles on ne trouve que fort peu de vieillards.

Une preuve aussi, que la longévité déï end du bien-être, c’est que — pour ne parler ici que de la France — la vie moyenne a sensiblement augmenté depuis le commencement du siècle actuel et surtout depuis cinquante, ans par suite des applications — cependant relativement peu nombreuses encore — de l’hygiène privée et publique. Ainsi, la vie moyenne à la fin du siècle dernier était de vingt-huit ans, elle est aujourd’hui de près de quarante ans.

Mais la longévité dépend aussi du degré d’instruction des peuples. Mieux on sait apprécier ce qui peut nuire à la santé ; mieux on comprend la valeur des conseils des hommës qui passent leur vie à étudier ce qui peut améliorer les conditions de la vie humaine et mieux aussi on est disposé à suivre leurs coTiseils et à les mettre en pratique.

Mais continuons à rechercher les emprunts faits par les Israélites, aux Egyptiens.

Miot, membre de l’Institut, mort en 1841 ; traducteur à'Hérodote^ dit (livre II, note 27, page 28G) : « L’on ne peut s’empêcher de reconnaître dans les cérémonies religieuses des Egyptiens, dont Hérodote vient de donner le détail, une grande partie de celles qui furent dans la suite consacrées par le Lévitique. L’indication de la victime, la disposition des entrailles; la. manière de les brûler ; l’huile répandue sur les parties consumées par le feu ; le choix de celles réservées pour les prêtres et pour celui qui offrait le sacrifice; les imprécations sur la tête de l’animaL qui représentent celles que l’on prononçait sur le bouc émissaire: les recherches de propreté dans le vêtement des prêtres ; tout enfin se ressemble sous beaucoup de rapports et paraît même commun aux deux peuples. Comment n’être pas frap])é d’une telle similitude, et comment concilier cette imitation toute humaine avec l’origine toute divine de la religion Juive ? A n’en juger que par les simples règles de l’analogie, on croirait que Tune des deux religions a servi de modèle à l’autre, si ce n’est dans le dogme, du moins dans les rites. » Il paraît que comme tant d’hommes de notre siècle, Miot était ti^ès-prudent, et qu’il craignait de se compromettre, sans cela il eût été plus affirmatif et il aurait franchement dit qu’il était évident que si l’un des deux peuples a copié l’autre, les dates de Thistoire sont là qui prouvent que se sont les Hébreux qui ont copié les Egyp-

tiens. Il nous eût dit aussi, pourquoi la religiondes Egyptiens n’était pas aussi divine que celle des Juifs.

Les Hébreux n’ont pas été les seuls à copier les Egyptiens, les chrétiens aussi leur ont emprunté bien des cérémonies religieuses. Guillaume Duchoul (16®® siècle. Discours sur la religion des anciens Romains) dit dans son vieux langage : « Si nous regardons curieusement, nous connaîtrons que plusieurs institutions de notre religion ont été prises et translatées des cérémonies Egyptiennes et des Gentils, comme sont les tuniques et les surplis ; les couronnes que font les prêtres (tonsure) ; les inclinations de tête autour de l’autel ; la pompe sacrificale ; la musiquQ des temples, adorations, prières, supplications, processions, litanies et plusieurs autres choses que nos prêtres usurpent en nos mystères et réfèrent à un seul Dieu, J. -G. ; ce que l’ignorance des Gentils, fausse religion et folle présomption représentaient à leur faux Dieux et aux hommes mortels après leur consécration. »

Dans mo*n deuxième chapitre j’ai déjà parlé des sacrements Indous empruntés sans aucun doute plus tard par les chrétiens. J’aurai à revenir encore sur ces sortes d’emprunts.

J’ai dit dans mon chapitre V que le Judaïsme avait dû puiser bien des enseignements dans rinde. Ce qui vient confirmer ce que j’ai avancé, c’est ce que dit M. Réville dans un article intitulé :

« Le Judaïsme Aepuis la captimté de Babylone^ d’après le? nouvelles recherches d’un historien hollandais. » (Revue des deux Mondes, mars 1872,)

Cet historien, (le docteur Kuenen, professeur de Théologie à Leyde) a publié en 1870 un livre intitulé : Histoire de la religio7i d'Israël jusqdà la destructioji de VEtat Juif; deuxième partie. — Dans son article qui est une sorte d’analyse de l’ouvrage de Kuenen, M. Réville dit ; « Il est certain qu’Esdras et ses amis ont beaucoup innové ; il ne l’est pas moins que le judaïsme tel qu’il se montre aux environs de l’ère chrétienne, contient plus d’un élément dont il serait puéril de contester Forigine persane. »

Or, qui dit origine persane, dit origine Indoue, puisque Zoroasfcre n’était qu’un Brahme scissionnaire. Et à propos de ces influences des idées religieuses persanes, M. Réville dit : « que rien ne s’oppose à la vraisemblance d’une influence .positive des idées et d^s croyances persanes sur la constitution religieuse et les doctrines du Judaïsme, mais que ce n’est pas en Judée qu’il faut en chercher la trace ; que ce pays était trop loin du centre de la vie politique et religieuse des Persans; mais que les Juifs de Palestine reçurent à plus d’une reprise leur direction de leurs coreligionnaires demeurés à l’étranger. C’est à Babylone, ou du moins dans les environs, que s’élabora pendant près d’un siècle la législation nouvelle ; c’est de là qu’elle fut apportée et imposée, et c’est

•dans cette région qu’un contact quotidien permit aux Juifs de bien connaître la religion des Perses. »

Cette religion, ajoute M. Réville, a été de nos jours l’objet de savants travaux. Nous savons désormais que de toutes les religions polythéistes, c’est elle sans contredit qui l’est le moins, et qu’au point de vue de la pureté morale, elle tient une place de premier rang. Si une religion pouvait influer sur les directions nouvelles prises par la pensée religieuse d’Israël, c’était assurément celle de Zoroastre . Comme le mosaïsme, le par¬

sisme interdit la fabrication des images divines.... Enfin, les ressemblances dans la manière de concevoir les origines de l’humanité et l’apparition du mal moral sont telles, qu’il faut de toute nécessité admettre un mythe primitif commun, conservé avec des variantes par les deux traditions. » A propos de ce mythe primitif commun dont parle M. Réville, il est bon de remarquer que Zoroastre, le réformateur de la religion des Iraniens ou Parsis, vivait 6260 ans avant notre ère et par conséquent 4660 ans avant Moïse, qui sortit d’Egypte l’an 1599. (Voir Rodier. Antiquité etc.)

Le mythe primitif est donc d’origine Iranienne, et il n’est devenu commun qu’après avoir été emprunté aux Persans, soit par Moïse, soit, ce qui est beaucoup plus probable, par Hilkija oupar Esdras, et par conséquent bien plus tard.

Et M. Réville continue en disant : « Un des

points où l’influence de la religion Mazdéenne est le moins contestable, c’est évidemment la doctrine des anges. Le vieil Israël en avait bien la notion... déjà Ezéchiel, Zaccharie, les hommesqui font la transition, les désignent comme les médiateurs ordinaires de Jéhovah et des hommes. Zaccharie même trahit visiblement des affinités avec les croyances des Persans quand il parle des « sept yeux, » des « sept bras, » et des « sept gardes » de Jéhovah; il est bien difficile de n’y pas reconnaître les “ sept ameça spentas » qui entourent Ahura-Mazda (Ormuzd) le Dieu suprême des Perses, et qui commandent en son nona l’armée céleste. »

Je crois devoir faire remarquer ici qu’en citant dans mon chapitre IV les travaux de Bunsen sur Zoroastre, j’ai fourni la preuve que ce réformateur n’admettait qu’un Dieu unique, et j’en trouve une nouvelle preuve dans le livre si remarquable de M. Eodier (Antiquité des races humaines^ Paris 1864). A la page 198, M. Rodier dit en parlant des Iraniens : « Voici des notions qu’on trouve dans leurs plus anciens livres et qui plus tard (vers l’an 6200 avant notre ère), sont devenus les principaux éléments des doctrines de leur prophète réformateur Zoroastre :

« L’essence de Dieu est incompréhensible ; lui seul peut la connaître. »

« Sa science embrasse tout en même temps. Tout ce qu’il fait est bon. »

« Il a créé Tunivers visible et invisible, la série des êtres corporels et celle des êtres spirituels. » « L’homme, doué d’une âme dont l’excellence le rapproche des Anges, tandis que par son corps il tient aux substances élémentaires, décide par ses actions de son sort futur. Il a reçu de Dieu lè libre arbitre, et c’est par ses œuvres bonnes ou mauvaises qu’il se rapproche ou s’éloigne du ciel. » Dieu ne saurait être l’auteur du mal, et n’a rien de commun avec lui. »

Il y a donc lieu de ne point accepter ce que dit M. Réville: « Que de toutes les religions polythéistes, c’était la religion des Persans qui Tétait le moins. » Elle ne Vêtait pas dît tout,

A propos d’anges, il existe dans la Bible (Genèse III, 24) quelque chose de remarquablement contradictoire. Dieu crée tous les animaux, puis il crée l’homme, et le septième jour ayant terminé sa création* il se repose. Il n’y avait donc de vivant dans l’Univers, que Dieu, les divers animaux et l’homme. Mais voici que quand Dieu chasse l’homme du Paradis terrestre, il place à la porte de ce jardin un chéiubin armé d’une épée pour empêcher Adam d'y rentrer. Dieu avait donc créé des anges? Cependant, en aucun endroit de la Bible il n’est question de la création de ces êtres privilégiés. Nous trouvons donc ici encore . une preuve d’emprunts faits, un peu sans suite et sans méthode, par Moïse ou par les autres auteurs du Pentateuque, aux légendes religieuses

Mazdéennes, lesquelles provenaient évidemment elles-mêmes des croyances primitives Indoues, puisqu’on trouve dans le Rig- Véda Thistoire de la création des anges par Brahma.

Ce qui peut encore porter à croire que les Hébreux ont dû emprunter certaines idées religieuses, non-seulement aux Persans, mais aussi aux Indous, c’est un article intitulé les Deux Esaïe {Revue des Deux Mondes^ Juillet 1867) et dans lequel M. Réville a donné des preuves surabondantes que les chap. XL à LXVI du Livre d'Lsaie dans la Bible ne sauraient avoir été écrits par l’Esaïe qui commença sa carrière de prophète vers Pâge de 25 ans, la dernière année du règne d’Ozias, roi de Juda (l’an 758 avant notre ère) et dont les documents historiques ne parlent plus à partir de la treizième année du règne d’Ezéchias (Fan 712) ce qui indiquerait qu’il est mort à l’âge de 71 ans.

D’après M. Réville et les critiques modernes, il est évident que ces vingt-six derniers chapitres ont été écrits au moins cent quarante ans plus tard que les chapitres I à XXXIX, et bien évidemment par un prophète qui accompagna les Hébreux à la captivité de Babylone. L’on doit donc diviser l’œuvre attribuée à Esaïe, en deux groupes ; l’un écrit par lui et remontant au VIII“® siècle avant notre ère ; Pautre datant du VP"® siècle. D’après M. Révillè, il y a dans ces deux groupes « des différences de style qui frappent

» rhébraïsant exercé. L’Hébreu de Tauteur du » premier groupe (chap. I à XXXIX) est l’hébreu » classique et peut passer pour un spécimen de la » fleur épanouie de la langue ; celui de l’auteur » du second groupe (XL à LXVI) est moins pur,

» déjà mêlé d’expressions Araméennes (syriaques)

» et même parfois aryennes (id est Indoues). La » phrase de ce dernier a quelque chose de plus » coulant,., on sent en le lisant, le souffle d’une » civilisation plus raffinée. En revanche il est » moins vigoureux et moins original. Les deux » groupes sont marqués au coin d’un ardent » monothéisme, mais le monothéisme du second » est plus absolu et plug radical.... »

On voit donc par ce qui précède que l’influence Indoue s’étendant jusqu’à Babylone, les docteurs Juifs ont pu avoir connaissance pendant la captivité, non-seulement des idées religieuses des sectateurs de Zoroastre, mais aussi de celles des anciens Indous Védiques, et que ces idées étaient fortement empreintes de monothéisme.

Une preuve des emprunts faits aux croyances Indoues par les Juifs captifs à Babylone, c’est que la croyance en la survivance de Vâme et en la résumction des corps, n’a été généralement admise chez les Hébreux qu’après le retour de la cap- , tivité.

Voici maintenant ce que dit M. Réville {Revue des deux Mondes, mars 1872) au sujet de l’œuvre reconstitutive de la nationalité Juive accomplie

par le scribe (copiste explorateur de la loi) Esdras revenant de BabyJone à la tête de 1800 Juifs — dont un grand nombre de prêtres — avec les pleins pouvoirs d’Artaxercès. (Esdras était arrière petit-fils d’Hilkija, et descendant d’Aaron).

« En arrivant à Jérusalem, Esdras et ses compagnons furent navrés de voir que tous ceux qui étaient restés à Jérusalem, prêtres et peuple, semblaient avoir oublié leurs devoirs. Esdras fit renvoyer les femmes étrangères épousées par un grand nombre de Juifs... Pendant les treize années qui suivirent, Esdras resta dans une inaction apparente, son œuvre essentiellement disciplinaire ne fut reprise avec énergie qu’en 445 (avant notre ère), à l’arrivée de Néhémie, venu à Jérusalem avec le titre de Gouverneur royal, et qui joignit ses efforts à ceux d’Esdras pour introduire d’autorité, des réformes radicales.

A peine le nouveau gouverneur était-il installé, qu’une Assemblée populaire fut convoquée et qu’on vit se renouveler quelque chose de semblable à ce qui avait eu lieu sous Josias. Un « livre de la loi » fut apporté du sanctuaire, lu devant le peuple, qui ne paraissait pas en connaître exactement le contenu, proclamé loi fondamentale et immuable du peuple de Jéhovah... Le nom de Moïse fut encore donné comme celui du législateur qui l’avait rédigé. »

Parmi les innovations religieuses qui datent de l’époque de la captivité, il faut ranger la syna-

gogue. M. Ké ville fait remarquer qu'il ne fau!^ pas confondre le temple avec la synagogue. Le temple était l’endroit où l’on ofirait les sacrifices d’animaux. Le prêtre est le seul sacrificateur légitime. Il n’y a jamais eu qu’un seul temple, celui de Jérusalem qui était la résidence de Jéhovah. La synagogue est simplement une assemblée de fidèles se réunissant pour s’instruire et pour s’édifier par la lecture, le chant et la parole.

Cette assemblée est présidée par les prophètes les poètes religieux, les scribes ou Docteurs de la loi. Esdras, qui était « un scribe bien exercé en la loi de Moïse » (Bible, Esdras, VII, 6), et les siens, favorisèrent pendant la captivité cette institution qui cadrait avec leur but : « Inculquer au peuple entier la connaissance et l’observation de la loi. »

CHAPITEE VII.

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