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LES SIX MILLE ANS DE LA BIBLE

Avant de parler du Christianisme et de ses origines, je dirai un mot encore de la Bible, qui sert de base au Christianisme tout aussi bien qu’au Judaïsme. Je m’occuperai de ce livre au point de vue chronologique et scientifique, et aussi au point de vue littéraire.

La Genèse dit : « Que Dieu créa le monde en six jours. » Ceci seul suffirait à établir que la

Bible n’a point été dictée par Dieu, ainsi que l’affirment tous ses partisans. Il y a dans la Bible, la partie morale que l’on retrouve dans des livres réputés sacrés aussi, mais de beaucoup antérieurs ; les Védas principalement. Ces maximes de morale ont sans doute été suggérées aux incarnés terrestres, à toutes les époques, par les Esprits directeurs de notre planète. Mais il y a aussi la partie historique et scientifique, qui a été écrite sous une inspiration purement humaine et avec les données scientifiques de l’époque, données scientifiques aujourd’hui surannées.

Mais revenons aux six jours de la création et au repos du septième jour. Qu’a entendu par le mot : « Monde » celui qui a écrit la Genèse ? Si l’on se reporte aux connaissances astronomiques, ou pour parler plus juste : à l’ignorance astronomique, de l’époque, on comprend que par le mot : « Monde », on a voulu désigner V Univers^ en envisageant la planète Terre comme le centre, le pivot de cet Univers, de ce monde, et en considérant le soleil, la lune et les étoiles comme autant de satellites de la terre, créés pour la plus grande satisfaction de l’homme.

Adoptant pour un instant cette donnée, nous trouvons que Dieu, qui est Eternel^ c’est-à-dire qui n’a point eu de commencement, serait resté oisif jusqu’au moment où il a fait la terre, le soleil et les étoiles. Même en nous plaçant à notre peint de vue humain, évidemment très inférieur,.

nous ne pouvons concevoir Dieu, la puissance infinie ; Dieu, l'étemelle activité, ne faisant absolument rien pendant des temps infinis. Ceci est déjà contraire à toutes les notions intuitives que nous pouvons avoir de l’essence divine. Mais passons.

Il y a des hommes qui s’évertuent à faire concorder la science, dans son état actuel, avec les données bibliques. — Temps perdu ! c’est comme si on voulait faire concorder la chimie et la physique du moyen âge avec la physique et la chimie d’aujourd’hui. Ces hommes disent qu’en se guidant par la Géologie, il ne faut pas prétendre que Dieu ait fait en six journées de vingt-quatre heures, tout ce que nous voyons, mais qu’il l’a fait en six périodes qui font parties de nombreuses périodes géologiques aujourd’hui reconnues par les savants, lesquelles périodes sont espacéesentre elles par des intervalles de plusieurs milliers d’années.

Une première réponse à faire à ces personnes, c’est : qu’on n’a pensé à adapter à la création racontée par la Genèse, les grandes périodes en question, que quand dans ces derniers temps, les études géologiques ont fourni des preuves irréfutables que notre planète avait subi de lentes transformations successives. C’est alors seulement que les théologiens ont cherché à accommoder, tant bien que mal, la légende de la Genèse aux progrès des découvertes scientifiques récentes. Jusque là,

tous les commentateurs, Pères de Téglise et autres, pendant \dix~huü cents ans^ ont affirmé qu’il s’agissait de jours de vingt-quatre heures. Et chaque fois qu’un homme avait osé se récrier et avait cherché à prouver l’impossibilité matérielle d’une création terrestre telle que la Genèse la raconte — en six jours de vingt-quatre heures — on n’avait nullement mis en avant la possibilité de longues périodes, et on lui avait fermé la bouche en affirmant que c’était « un miracle » et une preuve de la puissance de Dieu. Et dans certains cas, on brûlait les gens qui s’obstinaient à trouver la chose impossible.

Une autre réponse à faire aux croyants de la Genèse biblique, c’est que jamais en Hébreu le mot : iom ne signifie autre chose que : jour (de vingt-quatre heures) et que jamais il n’a la signification de période. Dans le !•' chapitre de la Genèse, verset 14 on lit : « Puis Dieu dit : qu’il y ait des lumières dans l’étendue des cieux, pour séparer la nuit d’avec le jour et qui servent de lignes pour les saisons et pour les jours et pour les années, — Et verset 16, on trouve : « Dieu fit des deux grands luminaires, le plus grand pour présider au jour et le plus petit pour présider à la nuit. » — Et il est dit aux versets 5, 8, 13, 19, 23 et 31 : ainsi il y eut un soir et il y eut un matin, ce fut le premier jour ; le second jour, etc.

Et dans l’Exode, XX, 8 à 11, on lit : souvienstoi du jour du repos pour le sanctifier... tu tra-

yailleras six jours,., mais le septième jour tu ne feras aucun ouvrage, car en jours l’Eternel a fait les cieux, etc.

Mais si l’on admet cette manière d’expliquer la Genèse biblique par grandes périodes de milliers d’années, il n’y a plus de jour do Sabbat ; et puis, où retrouve-t-on le septième jour, c’est-à-dire la 'Septième période, celle du repos ? Serait-ce l’époque actuelle ? Et peut-on sérieusement admettre, pour peu que l’on soit au courant des travaux scientiques modernes, que notre planète (pour ne nous occuper que d’elle seule) ne subit plus de transformations ? Qu’on lise le magnifique livre d’Elisée Keclus ; La "Terre, descnption des phénomènes de la vie du globe, tome 2, 3“® partie, chapitre 2, et l’on pourra se convaincre que depuis sa formation, notre planète n’a pas cessé un seul instant de se transformer et que cette transformation se continue d’une manière facilement appréciable. Donc, pour tout homme intelligent, instruit, et qui fait de la raison que Dieu lui a donnée, un usage aussi complet que possible, il est indubitable que ces explications, ces concor-r dances que l’on veut établir ne sont nullement admissibles.

Comment attacher une importance quelconque aux six mille ans de la Bible, quand on sait •qu’aujour d’hui les géologues, d’après les plus récentes découvertes de la science, et en tenant compte des strates fossilifères, évaluent la suc-

cession des âges terrestres à des millions de siècles. {La Terre ^ Elisée Reclus, tome 2, page 534.) Quand on n’avait étudié ni les continents, ni les mers au point de vue géologique, on croyait à la Genèse Biblique, on faisait un acte de foi, basé sur Vignorance. L’on sait maintenant comment s’opère le travail de la mer, quant aux modifications géologiques profondes qu^elle apporte* un peu chaque jour aux continents.

En étudiant toutes les couches terrestres, l’on acquiert facilement la preuve que la plupart des matériaux dont est formée la croûte du globe, ont été successivement recouverts et modifiés par les eaux des Océans ; non pas comme le dit ingénuement la Bible, par suite d’un déluge universel consécutif à une pluie battante de 40 jours et d’autant de nuits, mais par une action lente qui a longtemps passé inaperçue par l’homme, mais qui enfin dans ses derniers temps a attiré son attention et lui a permis de comprendre la vie dn^ globe.

Oui, le doute n’est plus permis, car pour l’homme qui veut étudier la nature à ce point de vue, les preuvent surabondent. Les continents actuels (qui par parenthèse forment à peine le quart de la superficie de notre planète tandis que les Océans et les diverses mers intérieures en forment les trois autres quarts) ont été et sont constamment modifiés par le travail incessant des eaux quelconques; et d’un autre côté, la vie ani-

male sous une de ses formes — par les animaux à squelette extérieur (coraux, testacés, etc.) qui vivent au fond des mers — concourt à la construction de roches nouvelles, et ces animaux s’assimilant les sels de chaux contenus dans l’eau de la mer, de même que les abeilles recueillent et élaborent le sucre et la cire contenus dans les fleurs, sont les artisans de nouveaux continents, dont ils élaborent lentement, mais très-activement, les assises. La preuve palpable en existe surtout dans le Pacifique, où un immense conti-} uent nouveau est en voie de formation.

En comparant à plusieurs reprises la hauteur exacte des bancs de coraux situés au pied des forts, sur les écueils des côtes de * la Floride, Agassis (un des hommes les plus savants de ce siècle) a trouvé que la croissance moyenne doit en être évaluée à vingt ou trente centimètres par siècle. Ce n’est donc point par une simple figure de langage que les géographes désignent les polypes constructeurs des madrépores et des coraux, comme des bâtisseurs de continents futurs.

On peut se faire une idée du rôle immense que remplissent dans Thistoire de la planète les innombrables organismes de l’Océan, quand on songe a la provenance de ces formations calcaires qui recouvrent une si grande partie de la surface des continents. Burmeister l’a dit avec raison : a quelle que soit l’origine première de la chaux, de la dolomite, de la craie, il est certain que toutes les

roches de cette composition minéralogique, ont été mangées et digérées^ n (par les polypes).

D’après Dana, les grandes îles coralligènes du Pacifique sont au nombre de 290, et comprennent ensemble une superficie de 50,000 kilomètres carrés, soit environ la huitième partie de la surface émergée de cet Océan. La péninsule de la Floride, terre basse et marécageuse qui n’a pour toutes collines que des monticules de sables élevés par le vent, est composée en entier de débris de coraux et de sable calcaire. Cet énorme territoire qui n’a pas moins de 80,000 kilomètres carrés, est l’œuvre des polypes. Il est vrai que pour cette œuvre immense, les coraux ont pris leur temps. D’après l’américain Hunt, la période nécessaire aux polypes pour élever de l’Est à l’Ouest les bancs de la Floride, a duré au moins 864,000 années ; et pour le développement de ia péninsule dans le sens du Nord au Sud, le temps indispensable n’a certainement pas été moindre de 5,400,000 ans. (Elisée Reclus, la Teire, Paris 1869'; Passim),

Et maintenant, en présence de ces modifications incessantes, mais dont il est facile d’apprécier l’excessive lenteur et qui exigent des millions et des millions de siècles, que deviennent ces pauvres six mille ans de la Bible, et ce repos du septième jour ?

J’ai parlé antérieurement de l’âge de la pierre et de l’âge du bronze. En 1842, à l’époque où

tous les savants officiels, heureux de pouvoir faire concorder les données scientifiques modernes avec celles de la Genèse Biblique, décrétaient que l’espèce humaine n’existe pas à l’état fossile et qu’elle est postérieure aux dernières grandes évolutions géologiques, un savant Belge, M. Spring, découvrit, enfouis pêle-mêle dans le sol stalagmitique d’une caverne du Mont-Chauvaux, province de Namur, une masse d’ossements d’hommes et d’animaux. Les animaux appartiennent aux espèces: cerf, bœuf, mouton, daim, sanglier, chien ou renard, martre et lièvre. Les ossements humains qui se trouvent dans ce sol stalagmitique en beaucoup plus grande quantité

relative que ceux des animaux, appartiennent

leurs formes et leurs dimensions l’indiquent — à une race très-différente de celles qui habitent aujourd’hui l’Europe centrale et occidentale. Cette race était de très-petite taille ainsi qu’on peut en juger par les os des cuisses et des jambes, et ne dépassait pas un mètre 60 centimètres. Le crâne est de fort petite capacité ; le front fuyant ; les tempes applaties ; les narines larges ; les miâchoires proéminentes ; les dents obliques. Et M*’ Spring fait remarquer que, par tous ces détails, cette race semble se rapprocher de celle des nègres et des Indiens de l’Amérique ; et que tout fait présumer que c’était elle qui couvrait le sol de l’Europe quand èut lieu l’invasion Indoue venant de l’Asie. Les Indous détruisirent sans

doute la presque totalité de cette race sauvage dont il ne resta que quelques rares groupes cachés au fond des forêts.

Cette race appartenait évidemment au type prognathe dont j’ai parlé dans le précédent chapitre.

Une autre remarque fort intéressante de M. Spring, prouve que ces hommes étaient anthropophages. De récentes découvertes faites en France, en Danemark et en Italie, prouvent au surplus que l’anthropophagie a été générale en Europe à ces époques reculées et ces découvertes sont venues confirmer les déductions du savant Belge. Tous les ossements trouvés dans la caverne de Uhauvaux, les os humains aussi bien que ceux des animaux ont subi l'action du feu ; des cendres et des fragments de charbon les entourent dans la masse stalagmitique qui leur sert pour ainsi dire de gangue. Les os longs, ceux qui contiennent de la moëlle sont tous brisés, tandis que les os plats sont intacts. Ce qui est également digne de remarque et ce qui prouve que ces anthropophages ne mangeaient pas leurs semblables par nécessité, mais bien par goût, par gourmandise, c’est que dans le nombre si grand d’ossements de la caverne de Chauvaux,on n’en a pas trouvé un seul qui provienne d’un homme dans la force de l’âge ou d’une femme âgée. Tous sont des restes de femmes jeunes, d’enfants et d’adolescents, dont la chair devait être plus

tendre « et mieux appropriée au goût de ces gourmets. »

Parmi ses plus intéressantes trouvailles, M. Spriûg cite un pariétal humain brisé au moyen d^une hache en silex grossièrement taillé, qui est restée, ainsi que cet os, enchâssée dans la stalagmite. Il cite encore un fragment de roche, de petites dimensions, dans lequel se trouvaient cinq mâchoires humaines également enchâssées.

Un fait très-curieux aussi, au point de vue de l’antiquité de notre planète et de celle de Pexistence de la race humaine, a été découvert par M. Withney, Directeur du Geological Survey de Californie et communiqué par le professeur Lartet à la Société (VAntropologie de Paris le 18 mars 1869. En creusant un puits dans un lieu appelé le camp des anges sur le versant Occidental de la Sierra Nevada, on a trouvé à 153 pieds de profondeur, dans un lit de centres volcaniques, les débris d’un crâne humain. M. Withney a constaté que ce gisement était recouvert de cinq couches de laves, alternant avec cinq couches de gravier, c’est-àdire que depuis l’époque où le crâne a été enseveli sous les cendres, ce lieu a été cinq fois envahi par les eaux et cinq fois recouvert de matériaux volcaniques.

D’un autre côté, l’étude de ces matériaux permet de reconnaître que leur éruption remonte à l’époque tertiaire pliocène, et M. Withney a pu conclure en disant ; « Nous avons des preuves

non équivoques de l’existence de l’homme sur la côte du Pacifique, antérieurement à l’époque gla^ Claire et à la période du mastodonte et de l’éléphant ; dans un temps où la vie animale et végétale était entièrement différente de ce qu’elle est présentement, et depuis lequel il s’est produit sur des roches dures et c^stallisées, une érosion verticale de 2 à 3000 pieds. »

L’ancienneté du genre humain se trouverait ainsi reculée bien au delà de l’époque du Manmouth, et au moins jusqu’à celle du mastodonte. Quant au degré d’antiquité de cette dernière époque, on en trouvera les preuves dans la nouvelle édition de l’ouvrage de Sir Charles Lyell : The antiquity of man^ qui a été traduit par le Docteur Hamy.

L’étude des alluvions que le Mississipi dépose chaque année sur ses rives et à son embouchure ; celle des forêts stratifiées dont ces alluvions ont successivement enseveli les débris, ont permis de calculer le temps minimum qu’a dû exiger la formation du Delta actuel delà Louisiane. Cette base une fois établie, on a pu déterminer le minimum d’ancienneté des couches tertiaires subjacentes ou adjacentes qui recèlent les restes du mastodonte. C^est ainsi qu’on a évalué à plus de cent mille ans la durée du temps qui s’est écoulé depuis l’époque à laquelle cet animal s’est éteint en Amérique ; et si le crâne humain du camp des anges est, comme l’admet M. Withney, antérieur à l’époque du mas-

todonte, l’origine de l’homme se trouve reportée bien au delà de notre faible imagination.

Ces faits paléontologiques tout en démontrant le peu de fondement des allégations de la Bible, serviront à compléter ce que j’ai dit dans mon chapitre 1®' relativement à l’immigration Indoue en Europe, et à prouver en même temps que ce ne sont pas nos ‘pères, ainsi qu’on l’a voulu prétendre, qui ont été anthropophages, mais une race différente et évidemment inférieure.

Que deviennent donc en présence de ce qui précède, les affirmations chronologiques de la Genèse ? Et peut-on persister à soutenir que la Bible a été dictée ou inspirée par Dieu lui-même ? Dieu ne dicte pas des choses en contradiction .avec les lois naturelles qu’il a établies ; il n’a pas dicté des choses que plus tard la science humaine devait reconnaître erronées. Il faudrait donc supposer que quand Dieu dicta la Bible, il ne savait pas à beaucoup près, autant de géologie, d’astronomie, d’histoire naturelle, de physique, etc., qu’en savent à notre époque les hommes d’une intelligence et d’une instruction ordinaires !

Au lieu d’exiger des chrétiens qu’ils reçussent la Bible comme parole de Dieu, les prêtres devaient dire que les livres juifs représentaient l’état de la science à l’époque à laquelle ils ont été écrits. Ils devaient engager à étudier la nature ; à se rendre compte de plus en plus, du mécanisme admirable qui fonctionne autour de nous, et ils

devaient chercher à faire comprendre que chaque nouvelle découverte scientifique était un motif de^ plus, d’admirer et d’adorer l’auteur de ces merveilles.

Citons en passant, deux exemples d’absurdités Bibliques. La Genèse dit que la lumière a été créée le premier jour, et que le soleil a été créé le quatrième jour. Or tout le monde peut se convaincre qu’il n’en est pas ainsi, et qu’il n’y a pour la planète que nous habitons, d'autre lumière que celle qui nous vient du soleil. La preuve, c’est que quand chaque jour la Terre en tournant, se dérobe à l’action solaire directe, nous restons plongés dans les ténèbres, si la lune n’est pas là pour nous prêter sa parcimonieuse lumière. Si, comme le dit la Bible, il existait une lumière distincte et indépendante du soleil, cette lumière éclairerait l’immensité qui nous environne, et jamais pour nous il n’y aurait de ténèbres. Or nous pouvons constater que les ténèbres régnent sur l’immensité.

Un second exemple d’absurdité et en même temps de partialité que la Bible prête à Dieu, c’est le fameux miracle de Josué.

Au chapitre X du Livre de Josué dans la Bible, on voit que cinq rois Amorrhéens s’étaient ligués contre les Hébreux conduits par Josué. Une bataille eut lieu et l’Eternel mit en déroute, devant Israël, les Amorrhéens, de façon que les Israélistes n’eurent que la peine de massacrer

tous ceux qui fuyaient {Livre de Josué^ chap, X V. 10).

Et comme le carnage n’était pas assez complet au gré de l’Eternel, il lança sur les fuyards un grand nombre de gros grêlons. « Et il y en eut encore plus de ceux qui moururent des pierres de grêle que de ceux que les enfants d’Israël tuèrent arec l’épée. » (V. 11).

« Alors Josué parla à l’Etémel le jour que l’Eternel livra l’Amorrhéen aux enfants dlsrael, et dit en la présence d’Israël : Soleil, arrête-toi sur Gabdon; et toi Lune, sur la vallée d’Ajalon. » (V. 12).

«... Le Soleil donc s’arrêta au milieu des cieux, et ne se hâta point de se coucher environ un jour entier. » (V. 13).

Prenons d’abord acte de cette tendre sollicitude du bon Dieu pour un petit nombre de ses enfants et do sa cruauté pour un grand nombre relatif d’autres de ses enfants. Toujours les élus et les réprouvés.

Passons maintenant au phénomène et rappelons-nous qu’il est inséré en toutes lettres dans toutes les Histoires saintes qui servent à l’enseignement des enfants juifs et chrétiens.

Nous ne nous arrêterons pas à chercher noise à l’historien biblique en lui apprenant que ce n’est pas le Soleil et la Lune qui se sont arrêtés, mais bien la terre qui a momentanément cessé de pivoter sur son axe.

Nous lui dirons seulement que si un pareil miracle, c’est-à-dire une pareille dérogation aux lois de la nature et à l’harmonie universelle avait eu lieu, cet évènement qui aurait été constaté forcément, non seulement par le peuple Hébreux, mais par toutes les nations habitant le globe terrestre à ce moment, eut été relaté dans les documents historiques et surtout astronomiques de plusieurs peuples et principalement des Indous, des Chinois et des Egyptiens, car à cette époque (environ quinze cents ans avant notre ère), et même longtemps auparavant, ces trois grandes nations avaient de savants astronomes, témoins les Zodiaques Indou et Egyptien.

Il y a mieux, si un pareil évènement avait eu lieu, il ne serait resté personne pour le raconter car l’arrêt subit de notre globe l’aurait fait éclater et périr dans un effroyable cataclysme.

Que penser des théologiens juifs et Chrétiens, qui ont le triste courage, ou pour mieux dire, l’insolente outrecuidance d’enseigner encore, en plein dix-neuvième siècle, des choses de ce genre? Et en voyant ces hommes qui ont la^ prétention de connaître et d’expliquer Dieu, lui attribuer de pareilles choses, n’est-on pas fondé à leur dire qu’ils se sont faits un Dieu à leur image, c’est-àdire un être plein comme eux d’ignorance et de mauvaises passions.

Attribuer la Bible à Dieu, à son inspiration directe, c’est une impiété ; c’est plus : c’est un

blasphème ! Etudier la nature à l’aide des déve* loppements incessants de la science, c’est au contraire, se mettre à même d’apprécier chaque jour davantage les œuvres de Dieu. C’est la véritable adoration.

Une grande et magnifique preuve que tout change à chaque instant dans la constitution de rUnivers, et que la création est incessante, vient deij nous être offerte il y a quelques années par l'astronomie. En novembre 1868, une étoile nouvelle (un soleil nouveau) a été vue dans l’immensité. Cette découverte a été faite par M. Courbebaisse, ingénieur des ponts et chaussées à Kochefort. La première observation de M. Courbebaisse concernant l’astre nouveau a été faite dans la nuit du 19 au 20 novembre à 6 heures du matin ; il a vu l’étoile dans la Balance^ elle est de première grandeur.

En remontant à 1572 dans les annales de l’astronomie, on trouve que Tycho-Brahé observa également dans Cassiopée une noüvelle étoile qui avait un scintillement plus fort que celui des étoiles de première grandeur. Cette étoile passa par toute la série des grandeurs d’étoiles, et au bout de 17 mois elle disparut après avoir passé du blanc au jaune, au rougeâtre et au blanc plombé. Képler aussi, observa une étoile nouvelle, qui parut subitement dans le Serpentaire^ en septembre 1604. On la vit pendant une année briller d’un éclat aussi vif que celle de 1572, puis tout à coup

on cessa de la voir. On connaît encore plusieurs autres apparitions stellaires de ce genre. Certes, ce sont là de ces prodiges astronomiques qui prouvent d’une manière irrécusable que Dieu ne s’arrête jamais dans son œuvre, et qui nous donnent la mesure de sa puissance ainsi que du peu de crédit que méritent les données scientifiques 'de la Bible.

Il n’existe pas de livre, parmi ceux mis entre les mains des enfants pour leur instruction religieuse, qui soit aussi défectueux que la Bible et qui inculque aux jeunes cerveaux des idées aussi fausses.

La Bible contient un grand nombre de récits immoraux, et d’autres dans lesquels la crudité des expressions équivaut à l’immoralité. C’est, dira-t-on, l’bistoire naïve des mœurs et des coutumes des anciens Sémites. Mais quelle nécessité y a-t-il de faire connaître aux générations actuelles et de faire apprendre aux enfants, un tableau de mœurs aussi relâchées, aussi dissolues?

2® La Bible contient d’innombrables erreurs scientifiques. C’était, dira-t-on, l’état de la science à l’époque à laquelle ce livre a été écrit. Mais pourquoi faire apprendre aux enfants, des choses scientifiquement fausses, et qui leur seront démontrées fausses dans la suite de leurs études, ce qui leur occasionnera un double travail, puisqu’il faudra qu'ils désapprennent les erreurs, pour arriver à la vérité scientifique. Leur fait-on aujourd’hui apprendre la chimie dans les ouvrages

de Lémery et la physique dans ceux de Priestley? Non, car ces livres datent du siècle dernier et ne sont plus à la hauteur des connaissances actuelles. Pourquoi donc leur mettre dans les mains un livre qui fourmille d’absurdités scientifiques précisément parce qu’il a plusieurs milliers d’années de date ? Leur donner un tel livre comme ayant été inspiré par Dieu, c’est les faire douter de Dieu ; c’est les mettre sur la voie de l’athéisme et du matérialisme.

3* La Bible contient une théodicée aujourd’hui inacceptable, car elle fait Dieu à l’image des hommes ; elle le fait sanguinaire, jaloux, vindicatif, colère, etc.

Au surplus, les catholiques aussi bien que les autres adeptes du christianisme, ont si bien compris que ce livre était défectueux au point de vue de la morale qu’ils ont fait pour la jeunesse des Histoires saintes dans lesquelles on ne trouve ni le Cantique des Cantiques, ni d’autres choses du même genre, mais ils y ont laissé la Genèse, sans doute comme un type de Traité scientifique,

A quoi donc a servi la Bible, si ce n’est à prolonger l’enfance de l’humanité, en lui imposant une Genèse impossible j en l’empêchant de chercher à connaître la nature telle qu’elle est ; en lui interdisant pour ainsi dire toute étude vraiment scientifique quant à la géologie, à la cosmogonie, à l’astronomie.

Incalculables sont les hérésies scientifiques

contenues dans ce livre. Et parce que les hommes qui l’ont rédigé ont exposé les faits naturels, tels qu'on les comprenait à leur époque, faut-il donc respecter ce qui aujourd’hui est si clairement démontré erroné ?

On nous dit : ils ont écrit selon l’état des connaissances humaines de leur temps. Hé bien, fautil donc, parce qu’ils ont erré, que l’humanité continue pieusement à errer ?

L’on prendrait en pitié l’homme qui aujourd’hui s’obstinerait à s’en tenir aux connaissances chimiques et autres, d’il y a cent ans, et l’on veut que nous nous en tenions aux dires scientifiques des hommes d’il y a 3 ou 4,000 ans !

Cessons donc d’entourer d’un respect enfantin ce qui n’est que la preuve de l’ignorance de l’humanité initiale, et surtout ne perdons pas notre temps à essayer de concilier les erreurs Génésiaques avec la science moderne. Nous ferons œuvre vraiment méritoire en fouillant la nature en tous sens pour en faire jaillir le progrès. Rappelons-nous, que le respect que nous devons à Dieu n’a absolument rién de commun avec un livre qui n’est rien moins que divin.

Sous le titre de : Bibliothèque scientifique internationale, M. Germer-Baillière a entrepris la publication d’une série d’ouvrages tous extrêmement recommandables. Un des derniers parus est intitulé : Les conflits de la science et de la religion, par M. Draper, professeur à l’université de New-York.

il L’histoire delà science, dit M. Draper, n’est pas seulement l’histoire de ses découvertes ; c’est encore celle des résistances que ces découvertes ont rencontrées et vaincues, dans la foi traditionnelle et les intérêts humains. »

Les théologiens ont été tout naturellement, à toutes les époques, les plus grands ennemis de ces progrès scientifiques dont chacun des pas renversait une des affirmations de la Genèse Biblique. Ainsi, par exemple, ce ne fut qu’après que Magellan fesant au seizième siècle le tour du monde en s’avançant de l’Est à l’Ouest, et se trouvant en fin de compte revenu au point de départ, que les théologiens se virent forcés d’admettre que la terre était ronde.

Dans son chapitre qui traite du conflit sur h critérium de la Vénté^ M. Draper dit: « Depuis Newton jusqu’à nous, l’écart entre la science et le dogme est allé toujours en grandissant. L’Eglise avait déclaré que la Terre est le corps central et principal de l’Univers; que le soleil, la lune et les étoiles sont nos tributaires ; sur ce point, elle fut bafouée par l’astronomie. »

« Elle avait affirmé qu’un déluge universel avait couvert la terre et que les seuls animaux sauvés dans Parche avaient survécu ; la géologie l’a convaincue d’erreur. »

« Elle avait enseigné qu’un premier homme avait paru sur la terre il y a six mille ans, dans un état parfait, qu’il avait ensuite perdu: et l’an-

thropologie a montré que l’homme existait aux temps géologiques et dans l’état sauvage voisin de l’animal. »

« Nombre de gens de bien, parfaitement intentionnés, ont essayé de concilier les textes de la avec les découvertes de la science ; ils n’y ont pas réussi. La divergence en est venue au point qu’il faut absolument qu’une des deux parties s’efface. »

Et si nous laissons de côté les erreurs chronologiques et scientifiques de la Bible, pouvons-nous donc accepter ce qu’on nomme V ancien Testament, lorsqu’on l’ouvrant, nous y trouvons à la première page, “ le travail considéré comme un châ- » timent, conséquence d’une faute du premier • homme? » Et quelle était cette faute ? « D’avoir » cherché à connaître la science du bien et du mal ! )) Et l’on vient nous dire que la Bible est une révélation de Dieu aux hommes ! Nous pourrions le croire, si nous y trouvions que Dieu y recommande le travail et l’étude de la science du bien et du mal, comme choses bonnes, utiles, nécessaires, indispensables à l’homme. Mais ce livre prétendu sacré nous enseigne justement le contraire. Pour nous il est donc jugé.

Dans la Bible aussi bien que dans les Evangiles, si l’on veut « tout admettre n (et c’est de rigueur pour tout chrétien de n’importe quelle secte), il faut fermer les yeux et mettre sa raison sous ses pieds. Si l’on ouvre les yeux et si l’on se

s6rt d6 lâ râiisoQ <]U6 Di6u nous n donnéo conimo une caractéristique qui nous difiérencie des animaux, il est impossible de croire, parce qu’on se trouve constamment en présence de contradictions et d’absurdités scientifiques, chronologiques et autres.

C’est ce qu’avait partaitement compris entre autres, le père Gazrée, ainsi que le fait ressortir Camille Flammarion dans son livre si plein d’intérêt ; La pluralité des mondes habités (Paris 1865) page 335.

Trois ans après la mort de Galilée, en 1645, le père Gazrée, Recteur du Collège de Dijon, cherchant à détourner l’illustre Gassendi, de la croyance au mouvement de la Terre et à la pluralité des mondes, lui écrivait la lettre suivante, extraite des Gassendi opéra, Tome VI, page 451 :

« songe moins à ce que tu penses peut-être toimême, qu’à ce que penseront la plupart des autres, qui, entraînés par ton autorité ou par tes raisons, se persuaderont que le globe terrestre se meut parmi les planètes. Ils conclueront d’abord que, si la Terre est sans aucun doute une des planètes, comme elle a ses habitants, il est bien à croire qu’il en existe aussi dans les autres, et qu’il n’en manque pas non plus dans les étoiles fixes; qu’ils y sont même d une nature supérieure, et dans la même mesure que les autres astres dépassent la Terre en grandeur et en perfection. De là s’élèveront des doutes sur la Genèse, qui

dit que la Terre a été faite avant les astres et que ces derniers n’ont été créés que le quatrième jour, pour illuminer la Terre et mesurer les saisons et les années. Par suite, toute V économie du verbe incarné, et la vérité évangélique, seront rendues suspectes. »

» Que dis*ie? Il en sera ainsi de toute la foi chrétienne elle-même, qui suppose et enseigne : que tous les astres' ont été produits par le Dieu Créateur, non pour l’habitation d’autres hommes ou d’autres créatures, mais seulement pour éclairer et féconder la Terre de leur lumière. Tu vois donc, combien il est dangereux que ces choses soient répandues dans le public, surtout par des hommes vivants qui par leur autorité paraissent en faire foi. Ce n'est donc pas sans raison que dès le temps de Copernic, l'Eglise s'est toujours opposée à cette erreur, et que tout dernièrement encore, non pas quelques cardinaux, comme tu le dis, mais le Chef suprême de VEglise, par un décret pontifical, l’a condamnée dans Galilée, et a très-saintement défendu de l’enseigner à l’avenir de vive voix ou par écrit. »

J’engage mes lecteurs, à bien réfléchir à cet aveu fait par un éminent prêtre chrétien : « Que les connaissances astronomiques rendent suspectes toute Véconomie du verbe incarné, ainsi que la vérité évangélique. » — Cette économie et cette vérité ont donc pour base l’ignorance des lois astronomiques ?

Terminons ce chapitre par un spécimen de littérature biblique.

C’est une bien singulière chose que le parti pris ; que les idées préconçues. On sait que les protestants professent pour la Bible un respect * au moins aussi grand que les catholiques ; qu’ils en font leur lecture habituelle et qu’ils s^extasient sur sa poésie. Je parcourais il y a quelque temps une Bible protestante (Edition du Pasteur David Martin, Paris 1827) et je trouvai quelques titres de psaumes qui attirèrent mon attention. Je n’en citerai ici que deux; par ceux-là on pourra juger du r*este.

D’abord le psaume 95, dont le titre est : Psaume prophétique de rétablissement de V Evangile, Voici le texte. Je laisse le lecteur juge de Isl prophétie et de la poésie.

« 1® Venez, chantons à TEternel, jetons des cris de réjouissance au rocher de notre salut.

2® Allons-lui au devant en lui présentant nos louanges et jetons devant lui des cris de réjouissance en chantant des psaumes.

3® Car l’Eternel est un Dieu Fort et Grand, et il est un grand roi par dessus tous les Dieux.

4® Les lieux les plus profonds de la Terre sont en sa main, et les sommets des montagnes sont à lui.

5® C’est à lui qu’appartient la mer, car lui-même l’a faite et ses mains ont formé le sec.

6® Venez, prosternons-nous, inclinons-nous et

mettons-nous à genoux devant l’Eternel qui nous A faits.

7® Car il est notre Dieu et nous sommes le peuple de sa pâture et les brebis de sa conduite.

* Si vous entendez aujourd’hui sa voix.

8® N’endurcissez point votre cœur comme en Mériba et comme à la journée de Massa au désert.

9® Là où vos pères m’ont tenté et éprouvé ; et aussi ont-ils vu mes œuvres.

10® J’ai été ennuyé de cette génération durant quarante ans, et j’ai dit : c’est un peuple dont le cœur s’égare et ils n^ont point connu mes voies.

Il* C’est pourquoi j’ai juré en ma colère, s’ils entrent en mon repos, n

Franchement, tout homme qui voudra lire avec un peu d’attention ce qui précède n’y trouvera absolument rien concernant l’évangile, mais il y trouvera des redites sans suite et un mauvais langage.

Passons au psaume 99 intitulé : “ Psaume prophétique du règne du messie. » — Qu’on y cherche la prophétie !

P L’Eternel règne, que les peuples tremblent ! Il est assis entre les chérubins ; que la terre en soit ébranlée 1

2* L’éternel est grand en Sion et il est élevé par dessus tous les peuples.

3® Ils célébreront ton nom grand et terrible. Il est saint.

4® Et la force du roi, car il aime la justice ; tu as ordonné l’équité, tu as prononcé des jugements justes en Jacob.

5® Exaltez l’Eternel notre Dieu et prosternez- Tous devant son marche-pied ; il est saint.

6® Moïse et Aaron ont été entre ses sacrificateurs, et Samuel entre ceux qui invoquaient son nom ; ils invoquaient l’Eternel et il leur répondait.

7® Il parlait à eux de la colonne de nué 3 ; ils ^oht gardé ses témoignages et l’ordonnance qu’il leur avait donnée.

8® O Eternel notre Dieu! tu les as exaucés; tu leur as été un Dieu Fort, leur pardonnant et faisant vengeance de leurs actes.

9® Exaltez TEternel notre Dieu et prosternezvous en la montagne de sa sainteté ; car l’Eternel notre Dieu est saint. »

Toujours des redites; une phraséologie qui pouvait être de la poésie pour les Hébreux, mais qui pour nous est quelquechosc de lourd et de diffus. — Quant au messie et à son règne, avec la meilleure volonté du monde, impossible de rien trouver qui s’y rapporte.

Le christianisme inspire donc bien peu ses adeptes, que depuis dix-huit cents ans l’on en est encore réduit à emprunter aux Hébreux leurs psaumes, qui aujourd’hui et pour le génie littéraire des nations Occidentales surtout, ont d’autant moins de signification, qu’il n’y est jamais

question que de Jérusalem et de choses relatives à

I ancienne nation Israélite. Aussi, les catholiquss les chantent en latin, parce que cette langue est incomprise du plus grand nombre. On sait qu’on prie Dieu, mais on n’a pas la satisfaction de joindre l’élan du cœur aux paroles que l’on dit, ce qui constitue la véritable prière.

Quant aux protestants, ils lisent ou chantent très-pieusement les psaumes, chacun dans sa langue, mais ils ne comprennent pas mieux que les catholiques ce langage arriéré et mystique des poètes Hébreux. Au surplus, protestants et catholiques voient dans la Bible tout ce qu’ils veulent y voir et chacun l’explique à sa manière.

II est ^ grand temps de ranger la Bible parmi les vieux livres destinés à fournir des spécimens des anciennes littératures. La Bible caractérise un peuple, une époque; et à ce titre elle a sa place dans les bibliothèques. Et s’il n’existe pas de poètes chrétiens capables de formuler des prières, des chants- religieux; si le christianisme ne fournit pas d’inspiratons, pourquoi n’adopteraiton pas dans les temples chrétiens, des hymnes choisis dans les Védas?

Emprunter à nos ancêtres les Indous primitifs, les Indous Védiques, serait plus rationnel que d’emprunter à un peuple de race sémitique.

Que l’on compare aux psaumes de la Bible que je viens de citer, les belles invocations suivantes qui font partie de l’hymne de la Sûvitri (extraite

du Sâma-védà) et l’on pourra s’assurer que l’avantage reste aux Védas,

« Seigneur des mondes et des créatures, reçois )) mon humble invocation ; détourne-toi de la » contemplation de ta puissance immortelle ! Un » seul de tes regards purifiera mon âme. »

« Viens à moi! Que j’entende ta voix dans le » frémissement des feuilles ; dans le murmure des » eaux du fleuve sacré; dans le pétillement de la » fiamme de V Avasathya (feu consacré).»

« Mon âme a besoin de respirer Fair pur qui » émane de la grande âme: écoute mon humble » invocation, Seigneur des mondes et des créa- » tures ! »

« Ta parole sera plusT douce à mon âme altérée, » que les pleurs de la nuit sur les sables des » déserts ; plus douce que la voix de la jeune mère » qui appelle son enfant. »

« Viens à moi, ô toi par qui la terre est en » fleurs; par qui mûrissent les moissons ; par qui » se développent tous les germes; par qui brillent » les deux, les mères enfantent, et les sages con- » naissent la vertu.»

« Mon âme a soif de te connaître et de se dé- » gager de son enveloppe mortelle pour jouir de » la béatitude céleste et s’absorber dans ta splen- » deur.»

Cette prière, il ne faut pas l’oublier, remonte à fins de treize mille ans avant notre ère (voir Rodier : Antiquité des races humaines^ chapitre

VII, page 146) et elle indique que nos ancêtres étaient un peu meilleurs poètes que les Hébreux.

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