TROISIÈME PARTIE
Des actes après les ablutions.
a De retour chez lui, le brahme Grihasta fait le sacrifice au feu, et peut ensuite vaquer à ses affaires.
(c A midi, après avoir donné ses ordres pour son repas, il doit retourner à la rivière pour y faire une seconde fois le sandia, et en récitant les prières qui seront données ci-après au rituel .
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< Puis il revient chez lui, et doit occuper tous ses soins à
se conserver pur en évitant de toucher ou de marcher sur rién qui soit susceptible de le souiller.
« S’il touchait une personne d’une caste inférieure, ou mettait le pied sur un détritus végétal ou animal , sur des cheveux, des ossements, il devrait retourner à la rivière pour y recommencer ses ablutions.
« Il doit être dans un état complet de pureté pour offrir le sacrifice aux Pitris- Esprits, qu’il doit accomplir à cet instant du jour.
« Après s’être préparé à cette importante cérémonie, qu’il entre avec recueillement, dans la chambre de sa maison qui doit être réservée aux esprits domestiques qu’il a l’habitude d’évoquer, et qu’il se livre aux cérémonies préparatoires de - Pévoc^ion.
De révocation du premier degré.
« Après avoir fait l’obscurité, qu’il dépose dans cette partie de l’appartement un vase plein d’eau, une lampe, de la poussière de sandal, du riz bouilli et de l’encens.
« En faisant claquer ses doigts ensemble et, tournant sur lui-même, qu’il trace devant la porte les cercles magiques qui lui ont été enseignés par le Gourou supérieur , pour en interdire l’accès aux esprits mauvais, et enfermer dans ces cercles ceux qui auraient déjà pénétré dans le sanctuaire des Pitris.
LA DOCTRINE DES PITRIS
« Qu’avec de la terre, de l’eau, du feu et trois insufflations sur ces matières, il se compose un nouveau corps à lui-même, ' et forme avec une partie du sien, un corps à l’esprit qu’il veut évoquer pour le sacriüce.
« Il se comprime alors la narine droite 'avec le pouce en prononçant seize fois le monosyllabe Djom I et aspirant fortement l’air par la narine gauche , il désagrège peu à peu les particules dont son corps est formé.
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« Avec le pouce et l’index il se presse les deux narines en prononçant six fois le mot Rom I 11 cesse de respirer et appelle le feu à son aide pour disperser son corps.
c II prononce trente-deux fois le mot Lom! et son âme s’échappe de son corps, et son corps disparaît, et l’àme de l’esprit évoqué vient animer le nouveau corps quhl a préparé.
« Son âme rentre aloçs dans son corps, dont les parties subtiles se sont agrégées de nouveau, après avoir formé un corps aérien à l’esprit qu’il a invoqué.
« Prononçant trois fois le mot sacré Aum, et neuf fois la syllabe magique Djom, qu’il impose les mains au-dessus de la lampe, et jetant une pincée d’encens sur la flamme ^qu’il dise ;
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« Sublime Pitri, illustre pénitent narada que j’ai évoqué et à qui j’ai formé un corps subtil avec les particules essentielles du mien, êtes-vous là? Paraissez dans la fumée de l’encens,* venez assister aux sacrifices que j’offre aux mânes des ancêtres.
« Lorsqu’il a reçu une réponse convenable et que le corps aérien de l’esprit évoqué s’est montré dans la fumée de l’encens, qu’il procède aux ablutions et aux sacrifices selon le mode prescrit.
« Le sacrifice offert, qu’il converse avec les âmes des ancêtres et s’entretienne avec elles des mystères de VÉtre et des transformations de Y impérissable.
« Puis ayant éteint sa lampe, qu’il assiste, dans le silence et l’obscurité, à la conversation des esprits entre eux et aux manifestations par lesquelles ils révèlent leur présence.
« Puis rallumant sa lampe, qu’il rende la liberté aux esprits mauvais enfermés dans les cercles magiques et quitte l’asile des Pitris. Il lui est permis alors d’aller prendre son repas.
a Dès qu’il est terminé, qu’il se lave les mains, se gargarise douze fois la bouche et mange neuf feuilles de basilic pour s’assurer une facile digestion.
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« Il doit distribuer du bétel et des noix d’arec aux pauvres qu’il a invités à sa table, et après les avoir congédiés, il se livre, pendant quelque temps, à la lecture des livres sacrés.
« Sa lecture terminée, il lui est permis de prendre du bétel, d’aller à ses affaires et de visiter ses amis, mais qu’il prenne bien garde, pendant les instants de sa vie publique, de ne jamais désirer lesbiens ou la femme d’autrui.
(î Au soleil couchant, il retournera à la rivière pour y accomplir les mêmes cérémonies d’ablution que le matin.
« Lorsqu’il rentre à la maison, il doit faire de nouveau l’oblation au feu, et réciter les mille noms du Hary-Smarana ou litanies de Vischnou.
a Qu’il se rende alors au temple pour y écouter les leçons que donne aux Grihaslas et aux Pourohitas (initiés du premier degré) le Gourou supérieur.
« Qu’il n’y entre jamais les mains vides, il doit porter en présent, soit de l’huile pour la lampe, soit des cocos, des bananes, du camphre, de l’encens, du sandal, dont se composent les sacrificesj s’il est pauvre, qu’il donne un peu de bétel.
LE SPllUTISME DANS LE MONDE.
« Avant d’enlrer dans le temple, qu’il en fasse trois fois le tour, et fasse, devant la porte, le Schaktanga ou prosternation des six membres.
« Après avoir écouté les leçons, et assisté, aux évocations des pitris avec les autres membres de son ordre, qu’il fasse ses dévotions et rentre chez lui en évitant toute souillure, pour prendre le repas du soir, après lequel il devra immédiatement se coucher.
et Qu’il ne passe jamais la nuit dans le lieu consacré aux • esprits, et qu’en voyage il se garde d’établir sa couche sous rombrage d’un arbre, dans une terre labourée et humide, dans les lieux couverts de cendres ou aux abords des cimetières.
« En se couchant, qu’il offre ses adorations à la divine Trimourti et récite l’invocation aux esprits, appelée kalassa, qui est agréable à Siva.
Kalassa!
« Que l’esprit Bahirava me préserve la tète de tout accident; l’esprit Bichava le front; l’esprit Bouta-Carma les oreilles; Préta-Bahava le visage; Bouta-Carta les cuisses; les esprits Datys, doués d’une force immense, les épaules ; Kalapamy les mains; Chanta la poitrine ; Kétrica le ventre; Pattou les organes de la génération ; Katrapala les côtés ; Kebraya la bouche; Chidda-pattou les chevilles, et l’esprit supérieur Yama le corps tout entier. Que le feu, qui est l’essence de la vie des dieux et des hommes, me garantisse de tout mal en
LA DOCTRINE DES PITRIS
quelque lieu que je me trouve. Que les femmes de ces esprits veillent sur ^les enfants, mes vaches, mes chevaux et mes éléphants;
Que Vischnou veille sur mon pays;
Que le Dieu qui voit tout, veille sur ma famille, veille sur toutes choses, et veille aussi sur moi lorsque je me trouverai dans des lieux qui ne sont sous la garde d'aucune divinité.
« Qu’il termine enfin par l’invocation à Brahma, seigneur des créatures.
Invocation à Brahma.
a O Brahma! quel est ce mystère qui se renouvelle chaque nuit, après les labeurs de la journée, quand chacun est de retour des champs, que les troupeaux sont rentrés et que le repas du soir est terminé?
« Voici que chacun se couche sur sa natte, que les yeux se ferment, que le corps tout entier s’anéantit, et que l’âme s’échappe pour aller converser avec les âmes des ancêtres.
« Veille sur elle, ô Brahma, lorsque délaissant le corps qui se repose, elle s’en va flotter sur les eaux, errer dans l’immensité des cieux ou qu’elle pénètre dans les sombres et mystérieux réduits des vallées et des grands bois de l'Hymavat.
« O Brahma I Dieu tout-puissant qui commandes aux orages, Dieu de la lumière et des ténèbres, fais que mon âme, dans
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celte course vagabonde, n’oublie pas sur le malin de revenir animer mon corps et me rapporter au souvenir dô toi.
« Qu’il s’étende sur sa natte et s’endorme, les esprits bienfaisants veillent sur son repos.
{A grouchada Parikchai) .
LA DOCTRINE DES DITRIS