‹ Le spiritisme dans le mondeChapitre 40 sur 74 · CHAPITRE ni · texte numérisé non relu

CHAPITRE ni

DE lTnITîATION chez LES KABALISTES.

Nous avons VU que les mystères des pagodes de l’Inde, comprenaient trois degrés d’initiation, dans chacun desquels un stago de vingt ans était nécessaire pour parvenir au degré supérieur.

Les écrivains de la kabale ne nous ont point dévoilé les secrets de leur discipline intérieure, mais il est hors de doute que l’initiation hébraïque a compté, elle aussi, plusieurs ca^' gories d’initiés.

On sait, d’après le Talmud, que les anciens Hébreux possédaient trois noms pour exprimer l’idée de Dieu.

Le premier, composé de quatre lettres, était enseigné à tous les adeptes du temple.

Pour le second et le troisième, composés l’un de douze et l’autre de quarante-deux lettres, voici ce qu’en dit Maïmonides :

« Les sages enseignaient le nom de douze lettres à leurs fils et à leurs disciples. Mais quand le nombre des impies se multiplia, il ne fut plus confié qu’aux plus discrets d’entre les prêtres, et ceux-là le faisaient réciter à voix basse à leurs frères, pendant la bénédiction du peuple. » '

Le nom de quarante-deux lettres était le plus sacré de tous

les mystères, il renfermait le grand secret de râme universelle, et représentait pour ainsi dire l’initiation complète.

« On ne l’enseignait, dit l’auteur que nous venons de citer, qu’a un homme d’une discrétion reconnue, d’un âge mûr, inaccessible à la colère et à l’intempérance, étranger à la vanité, plein de douceur dans ses rapports avec ses semblables.

« Quiconque, ajoute le Talmud, a élé instruit de ce secret et le garde avec vigilance dans un cœur pur peut compter sur l’amour de Dieu et sur la faveur des hommes ; son nom inspire le respect, sa science ne craint pas Foifblî et il se trouve l’héritier de deux mondes, celui où nous vivons, et le monde à venir. »

Ces trois catégories d’individus :

•1° Les disciples auxquels on enseignait le nom composé de quatre lettres,

2° Les prêtres qui étudiaient celui de douze lettres ,

3° Les vieillards à qui seuls on révélait le secret des quarante-deux lettres,

Nous paraissent assez bien représenter les trois classes d’initiés de l’Inde.

Remarquons que notre dernière citation du Talmud semble donner aux anciens, possesseurs de ce mystère le plus sacré de tous, un pouvoir souverain, 'non-seulement sur le monde présent, mais sur le monde des invisibles.

A chaque page du Zohar, du Sepher leszirah, de la Guemara, de la Michna, se rencontre la prohibition de livrer les secrets delà Mercaba, ou création, à d’autres

« Qu’à des hommes revêtus d’une haute dignité, connus pour leur extrême prudence, »

Et, suivant l’expression originale.

« Qui portent en eux un cœur rempli d'inquiétude. »

Dans un texte que nous avons cité déjà, dans le premier chapitre de la première partie de cet ouvrage, on peut voir qu’il ne suffisait pas de se distinguer par l’intelligence et la science pour recevoir le mystérieux enseignement, mais qu’il fallait encore être parvenu à une certaine vieillesse.

« Rabbi Jochananjdit un jour à rabbiEliezer : Viens que je t’enseigne l’histoire de la Mercaba. Alors ce dernier répondit : Je ne suis pas encore assez vieux pour cela. Qand il fut devenu vieux, rabbi Jochanan mourut, et quelque temps après Rabbi Assi étant venu lui dire à son tour : Viens que je t’enseigne l’histoire de la Mercaba, il répliqua : Si je m’en étais cru digne, je l’aurais déjà appris de rabbi Jochanan, ton maître... »

Si nous ne pouvons dans le silence de la tradition et de l’écrit, indiquer quelles furent les pratiques spéciales qui faisaient passer d’un degré à un autre les initiés de la kabbale hébraïque, du moins il est possible d’affirmer l’existence de trois degrés d’initiation.

LA DOCTRINE DES PITRIS

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