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CHAPITRE IV

DE l’essence divine d’aPRÈS LES KABALISTES.

Rabbi Simon, ayant rassemblé ses disciples, s’assit sous l’ombrage d’un bois sacré, et leur annonce qu’il allait avant de mourir leur révéler le grand secret du principe des principes :

« Alors une voix se fit entendre et leurs genoux s’entrechoquèrent de frayeur. Quelle était cette voix? C’était la voix de l’assemblée céleste — (comprenant tous les esprits supérieurs) — qui se réunissait pour écouter. Rabbi Simon, plein de joie, prononça ces paroles : « Seigneur, je ne dirai pas comme un «. de tes prophètes, qu’en entendant ta voix je suis saisi de (I crainte, car ce n’est plus maintenant le temps de la crainte, « mais celui de l’amour, ainsi qu’il est écrit : tu aimeras l’Éter- « nel, tou Dieu. »

Le Zohar met alors dans la bouche du rabbi la description suivante de l’Être suprême :

a II est l’ancien des anciens, le mystère des mystères, l’inconnu des inconnus. Il a une forme qui lui appartient, puisqu’il nous apparaît comme le vieillard par excellence, comme l’ancien des anciens, ce qu’il y a de plus inconnu parmi les inconnus. Mais, sous cette forme qui nous le fait connaître, il

reste cependant l’inconnu. Son vêtement paraît blanc, et son aspect est celui d’un visage découvert ; il est assis sur un tronc d’étincelles qu’il soumet à sa volonté. La blanche lumière de sa tête éclaire quatre cent mille mondes. Quatre cent mille mondes, nés de cette blanche lumière, deviennent l’héritage des justes dans la vie à venir. Chaque jour voit éclore treize mille myriades de mondes qui reçoivent de lui leur subsistance, et dont il supporte à lui seul tout le poids; de sa tête, il secoue une rosée bienfaisante qui réveille les morts et les fait naître à une vie nouvelle. C’est pour cela qu’il est écrit : Ta rosée es't une rosée de lumière, c’est elle qui est la nourriture des esprits de l’ordre le plus élevé, elle est la manne qu’on prépare aux justes pour la vie' à venir. Elle descend dans le champ des fruits sacrés. L’aspect de cette rosée est blanc comme les diamants dont la couleur renferme toutes les couleurs. La longueur de ce visage, depuis le sommet de la tête, est de trois cent soixante et dix fois dix mille mondes. On l’appelle le long visage, car tel est le nom de l’ancien des anciens,..

« Avant d’avoir créé aucune forme en ce monde, avant d’avoir produit aucune image, il était seul, sans forme, ne ressemblant à rien. Et qui pourrait le concevoir comme il était alors avant la création, puisqu’il n’avait pas de formes; aussi est-il défendu de le représenter par quelqu’image et sous quelque forme que ce soit, même par son saint nom, même par une lettre ou par un point. Tel est le sens de ces mots ; Vous n’avez vu aucune figure le jour où i’Éternel nous parla...

a Malheur à qui oserait le comparer, même à Tun de ses propres attributs! Encore bien moins doit-il être comparé à l’homme, venu de la terre et destiné à la mort. H faut le concevoir au-dessus de toutes les créatures et de tous les attributs...

« Sachons cependant qu’on n’est intelligent et sage que par sa propre substance, car la sagesse ne mérite pas ce nom par

LA DOCTRINE DES PITRIS

elle-même, mais à cause de lui qui est sage, et la produit de la lumière émanée de lui. Ce n’est pas non plus par elle-même qu’on peut concevoir l’intelTigence, mais» par lui, qui est l’être intelligent et qui la remplit de sa propre substance, »

Extrait du Zohar (ouvrage kabalistique).

« L’ancien des anciens est en même temps l’inconnu des inconnus, il se sépare de tout et n’en est pas séparé; car tout s’unit à lui, comme à son tour, il s’unit à toute chose ; il n’y a rien qui ne soit en lui. Il a une forme, et l’on peut dire qu’il n’en a pas. En prenant une forme, il a donné l’existence à tout ce qui est ; il a d’abord fait jaillir de son sein dix lumières (les dix zeplîiroth) qui brillent par la forme qu’elles ont empruntée de lui, et répandent de toutes parts un jour éblouissant. C’est ainsi qu’un phare envoie de tous côtés ses rayons lumineux. L’ancien des anciens, l’inconnu des inconnus, est un phare élevé que l’on connaît seulement par les lumières qui brillent à nos yeux avec tant d’éclat et d’abondance. Ce qu’on appelle son saint nom ‘n’est pas autre chose que ces lumières. »

Extrait de VIdra-Souta (ouvrage kabalistique).

« La forme de l’ancien, dont le nom soit sanctifié, est une forme unique qui embrasse toutes les formes. Elle est la sagesse suprême et mystérieuse qui renferme tout le reste. »

Extrait du Zohar.

Ces textes résument, à peu près tout ce que les kabalistes ont imaginé sur l’essence même de la nature divine, et nous pouvons dire que l’ensemble des croyances de ces philosophes, se résume à son tour dans cette parole du livre des pitris :

• LE SPlRITISxME DANS LE MONDE.

Il est tout et dans tout^

Et tout est en luî !

Il est la cause de tout, et tout effet est en lui. C’est le même panthéisme, dans une unité infinie, que celui des initiés de l’Inde, qui nous est révélé par les ouvrages de la kabale.

V ancien des anciens du Zohar est bien Vancien des jours de Manou, des Védas et de V Agrouchada-Parikchai. Les mêmes idées fondamentales se retrouvent au début des deux philosophies, souvent rendues par les mêmes expressions.

Nous allons voir maintenant cet inconnu des inconnus se révéler dans la création.

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