‹ Le spiritisme dans le mondeChapitre 9 sur 74 · DEPUIS SA KAISSANCE JUSQU’A SON NOVICIAT · texte numérisé non relu

DEPUIS SA KAISSANCE JUSQU’A SON NOVICIAT

Cérémonie du Djata-Carma.

Dès qu’une brahmine vient d’accoucher, son mari note avec soin sur ses tablettes l’heure, le jour, l’an, l’époque et l’étoile sous laquelle l’enfant vient de venir au monde ; il porte ces renseignements à l’astronome de la pagode, qui lire l’horoscope du nouveau né. Neuf jours après, on dresse une estrade entourée de fleurs et de feuillage, sur laquelle la mère vient s’asseoir avec son enfant sur les bras.

Un brahme pourohita, — officiant de la première classe des initiés, — vient alors faire devant l’estrade le poudja ousacri| fice à Vischnou. Il verse un peu d’eau lustrale sur la tête de l’enfant, et dans le creux de la main du père et de la mère^qui la boivent, et il asperge avec le même liquide tous les assistants.

Le père apporte alors un plat de terre, de bronze ou d’argent, suivant sa fortune, sur lequel se trouve un peu de bétel et un présent qu’il offre au pourohita.

Par cette cérémonie l’enfant est purifié de toutes les souillures qu’il a apportés avec lui à sa naissance.

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A partir de ce moment, la mère qui, depuis raccouchement, est restée dans une chambre séparée, doit vivre encore dix jours dans un lieu retiré, et ce n’est qu’au bout de ce temps qu’il lui est permis de sortir et de se rendre au temple pour s’y purifier elle-même de ses souillures.

Il est inutile de faire remarquer la concordance de ces coutumes avec celles du judaïsme en pareil cas.

Cérémonie du Nahma-Carma.

Douze jours après a lieu la cérémonie de la dation du nom, ou nahma-carma.

Après avoir orné la maison comme pour une fête, on invite tous les parents et les amis de la caste brahme seulement. Le père, après avoir fait une oblation au feu et aux neuf principales divinités qui président aux planètes, transcrit avec un pinceau sur une tablette de bois, l’horoscope de son fils, qui a été tiré à la pagode, avec le nom qu’il veut lui donner.

Ceci fait, il prononce trois fois, à haute voix, le nom qu’il vient d’écrire, puis, lorsque tous les assistants l’ont répété avec lui, il termine par les paroles suivantes :

« Que le nom de Brahma soit béni, celui-ci est mon fils et il s’appellera Narayana (ou tout autre nom), écoutez bien afin qu’on s’en souvienne. »

Il sort alors de la maison et, suivi de tout le cortège, il plante dans son jardin ou sur le devant de la maison un cocotier, un tamarinier ou un palmier, suivant le pays, en disant :

« Au nom du puissant et juste Brahma, vous tous qui êtes ici présents, gardez la mémoire de ceci, cet arbre a été planté le jour de Narayana, en/la trente-cinquième année du v“ siècle lunaire de la troisième époque divine » ou toute autre

date, ceci n’est, le lecteur le comprend, qu’une simple formule.

La cérémonie terminée, un grand repas réunit tous les assistants, et avant leur départ, le père fait cadeau à chacun d’eux, d’une coupe en bois de cèdre ou de sandal, sur laquelle est gravé l’horoscope, ou plus généralement le chiffre de l’enfant.

Ce cadeau a pour but de constater l’état de l’enfant, si plus tard des contestations venaient à s’élever sur la légitimité de sa naissance. Appelés devant le tribunal de la caste, les témoins se présenteraient leur coupe à la main en disant :

« Au nom du puissant et juste Brahma, ce que ma bouche va dire est conforme à la vérité. Cette coupe m’a été donnée par Covinda, le jour de Narayana, en la trente-cinquième année du v® siècle lunaire de la troisième époque divine. ISarayana est bien le fils de Covinda. »

Le brahme pourohita qui assiste à la cérémonie, offre alors un sacrifice aux Pitris, ou esprits des ancêtres, pour les prier de protéger le nouveau-né.

Le père distribue ensuite du bétel aux assistants et fait un cadeau proportionné à son état de fortune au prêtre officiant.

Cérémonie de V Ânna-Prassana.

Lorsque l’enfant entre dans son septième mois, on lui donne pour la première fois du riz à manger. Cette fêle prend le nom d’ Anna-Prassana.

Comme pour les autres cérémonies, le père invite tous scs parents et amis, et fait venir un brahme officiant de la pagode. Après un bain général dans l’étang des ablutions, sur lequel le Pourohita a répandu quelques gouttes d’eau lustrale, tous les conviés vont se placer sur une estrade garnie de bran-

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chos d’arbres pourvues de leurs fruits, et le prêtre offre un sacrifice, aux esprits lunaires protecteurs de la famille.

Pendant ce temps-là : les femmes chantent des cantiques de circonstance, et font pour la première fois au-dessus de la tête de l’enfant, la cérémonie de l’Aratty, qui a la propriété d’éloigner les mauvais esprits.

Le prêtre bénitalors le cordon brahmanique, signe de caste, que l’on va pour la première fois attacher autour des hanches de l’enfant. On verse ensuite dans la bouche de ce dernier un peu de bouillie de riz, et tout le monde s’assied pour le repas.

Cette cérémonie se termine comme les autres par des distributions de bétel et un présent au prêtre officiant.

La cérémonie du Tchaoula.

Dès que l’enfant a atteint l’âge de trois ans, on lui fait le Tchaoula ou la Tonsure.

Cette fête, est beaucoup plus solennelle que celles qui précèdent, car pour la première fois l’enfant peut en y assistant, balbutier le nom de la Divinité, et ceux des esprits protecteurs du foyer.

Après avoir baigné, et paré l’enfant avec un collier et des bracelets de perles de corail et de sandal entremêlées, on le conduit sous un pandal, sorte de dais formé par des arbres apportés à cet effet, et des fleurs de toute espèce ; les parents et les invités l’entourent, et le prêtre offre une oblation à tous les Pitris, ou mânes des ancêtres de la famille, dans les deux branches paternelles et maternelles. On apporte la statue de Siva-Lingam, image de la fécondation perpétuelle que l’on couvre de fleurs et de fruits. ‘

Alors commence l’office du barbier. Après s’être incliné devant le Dieu, au milieu des chants des femmes qu’accompagnent les musiciens de la pagode, il rase la tête de l’enfant en

lui laissant par derrière une petite mèche de cheveux qui ne doit jamais être coupée.

Pendant celte opération, des parentes de l’enfant font l’aratty sur la tête des assistants, pour conjurer la présence des mauvais esprits, et tout le monde garde un religieux silence.

Son ofiice terminé, le barbier se retire emportant son salaire qui consiste en une certaine quantité de riz, et le prêtre purifie l’enfant, de la souillure que lui a imprimé l’impur contact du barbier.

On fait de nouveau la toilette de l’enfant, et après un nouveau bain dans l’étang sacré des ablutions, destiné à lui rendre propice tous les esprits et les génies des plantes auxquels ce jour-là est consacré, un repas et des présents, comme toujours, terminent la cérémonie.

Jusqu’à l’âge de neuf ans accomplis, le jeune brahme va rester aux mains des femmes, attendant le moment de commencer son noviciat.

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