‹ Le Spiritisme (fakirisme occidental)Chapitre 18 sur 43 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Pondant que sc répandaient dans le monde civilisé ces pratiques de la nouvelle magie (c’est ainsi qu’on nommait le spiritisme) qu’en pensaient les savants ?

Nous avons vu en Amérique des hommes distingués prendre fait et cause pour la phénoménalité sinon pour les théories du Modem spiritualism, tandis que d’autres se tenaient à cet égard sur une sage réserve ou critiquaient plus ou moins vivement. En France, le spiritisme ne trouva, au sein des sociétés savantes, ou du

moins à l’Académie des sciences, rien à recueillir sinon le mépris.

Nous exposerons dans un instant ce qui a été dit sur la question qui nous occupe, par des chirurgiens éminents, au sein de cette compagnie; mais c’est à regret que nous mettrons en parallèle la méthode suivie par les savants — qui n’ont voulu voir dans les phénomènes spiritiques que le fait de la supercherie — avec celle de leurs confrères favorables, au contraire, à la réalité de ces mêmes phénomènes. Les premiers, comme on pourra en juger, ont examiné superficiellement et conclu avec hâte; au contraire, leurs contradicteurs n’ont donné leur avis qu’après avoir examiné longuement, scrupuleusement et àplusieurs reprises, en suivant la méthode usitée dans les recherches des sciences naturelles. Ainsi que cela devait arriver, les derniers ont été conspués par les premiers; mais nous devons dire que l’on commence à ne plus rire de tout cela, et que dans le monde des chercheurs, tous ceux qui ont lu les pièces du procès (nous ne disons pas ceux qui ont vu les faits et nous prions qu’on le remarque), tous ceux qui ont lu les pièces du procès sont réellement perplexes. Donc, aujourd’hui, chacun veut voir et on peut dire, en vérité, qu’il suffit de regarder pour se convaincre que l’Académie des sciences a eu tort jadis de laisser échapper l’occasion

d’étudier un des faits qui intéressent au plus haut degré la connaissance humaine. Et ce disant, nous avons conscience d’être du côté de la sagesse puisqu’elle nous enseigne que nous devons d’abord apprendre à nous connaître nous-même.

Si les phénomènes attribués au spiritisme sont faux, il faut expliquer comment un si grand nombre d’individus (parmi lesquels il s’en trouve bien quelques-uns déraisonnables) ont pu perdre et perdent encore leur temps à essayer de faire mouvoir et parler les tables, par exemple. C’est déjà un sujet d’étude de nous-même assez curieux en soi. Si les mouvements ou autres manifestations sont le produit de l’illusion ou d’une supercherie inconsciente, l’étude devient intéressante. Mais que devrons-nous penser si les faits sont tels qu’on les raconte ?

Le coup le plus sérieux qui ait été porté au spiritisme l’a été parles soi-disants médiums qu’on a pris « la main dans le sac ». Mais nous refusons à voir un examen sérieux et une discussion de la moindre valeur dans la communication faite le 18 avril 1859 à l’Académie des sciences par Jobert de Lamballe, pas plus que dans les re-

marques de Yelpeau, Cloquet, et Y observation du physiologiste Schiff. Le lecteur en pourra juger : nous donnons ce document à titre de curiosité.

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