FIG. I
put le permettre, mais sans cacher sa main à ceux qui étaient près de lui (fig. 1). Bientôt ceux qui étaient de chaque coté virent l’accordéon se balancer d’une manière curieuse, puis des sons en sortirent, et enfin plusieurs notes furent jouées succès-
sivement ; mon aide se glissa sous la table et nous dit que Vaccordéon s'allongeait et se fermait; on constatait en même temps que la main de M. Home qui tenait l'accordéon était tout à fait immobile et que Vautre reposait sur la table .
Puis, ceux qui étaient de chaque côté de M. Home virent l’accordéon se mouvoir, osciller et tourner tout autour delà cage et jouer en même temps. Le docteur A. B... 1 regarda alors sous la table et dit que la main de M. Home semblait complètement immobile, pendant que l’accordéon se mouvait et faisait entendre des sons distincts.
M. Home tint encore l’accordéon dans la cage de la manière ordinaire 2 ; ses pieds tenus par ceux qui étaient près de lui, son autre main reposant sur la table, nous entendîmes des notes distinctes et séparées résonner successivement, et ensuite un air simple fut joué. Gomme un tel résultat ne pouvait s’être produit que par les différentes clefs de l’instrument mises en action d’une manière harmonieuse, tous ceux qui étaient présents le considérèrent comme une expérience décisive. Mais ce qui suivit fut encore plus frappant : M. Home éloigna entièrement sa main de l’accordéon, la sortit tout à fait de la cage et la mit dans la main de la personne qui se trouvait près de lui. Alors l’instrument continua à jouer, personne ne le touchant et aucune main n’étant près de lui.
1 Le D r A. B. était le professeur Huggins. (Note de l’A.)
2 C’est-à-dire à l’opposé des cfiefs qui se trouvaient en bas, comme on le voit sur la figure 2. (Note de l’A.)
Je voulus ensuite essayer quel effet on produirait en faisant passer le courant de la batterie autour du fil isolé de la cage. En conséquence, mon aide établit la communication avec les fils qui venaient des piles
de Grove. De nouveau, M. Home tint l’instrument dans la cage de la même façon que précédemment, et immédiatement il résonna et s’agita de côté et d’autre avec vigueur. Mais il m’est impossible de dire si le courant électrique qui passa autour de la
cage vint en aide à la force qui se manifestait à l’intérieur.
L’accordéon fut alors repris sans aucun contact visible avec la main de M. Home. Il l’éloigna complètement de l’instrument et la plaça sur la table où elle fut saisie par la personne qui était près de lui ; tous ceux qui étaient présents virent bien que ses deux mains étaient là. Deux des assistants et moi nous aperçûmes distinctement l’accordéon flotter çà et là dans l’intérieur de la cage sans aucun support visible. Après un court intervalle, ce fait se répéta une seconde fois.
Alors, M. Home remit sa main dans la cage et prit de nouveau l’accordéon,.qui commença à jouer d’abord des accords et des arpèges et ensuite une douce et plaintive mélodie bien connue, qu’il exécuta parfaitement et d’une manière très belle. Pendant que cet air se jouait, je saisis le bras de M. Home audessous du coude et fis glisser doucement ma main jusqu’à ce qu’elle touchât le haut de l’accordéon. Pas un muscle ne bougeait. L’autre main de M. Home était sur la table, visible à tous les yeux, et ses pieds étaient sous les pieds de ceux qui étaient à côté de lui, »
Après avoir retourné dans tous les sens cette curieuse expérience de l’accordéon et s’être convaincu que cet instrument s'agitait bien sous relîortd’uneforceinvisible,M.Crookesconstruisit des appareils pour enregistrer certains faits d’augnentation de poids des corps qu’à cinq reprises
différentes il avait constatés, a En cinq occasions différentes, dit M. Crookes, j’avais vu des objets, dont le poids variait de 25 à 100 livres, être momentanément influencés de telle manière que
moi et d’autres personnes présentes, nous ne pouvions qu’avec difficulté les enlever au-dessus du plancher. »
Pour s’assurer que l’effet était bien réel et non produit par suggestion opérée sur son imagination, M. Crookes établit l’appareil dont les figures qui suivent donneront une idée.
Une planche d'acajou reposait sur l’extrémité d’une table par un bout, et par l’autre était réunie au crochet d’une balance à ressort, ainsi qu’on peut le voir sur la figure 3. Le médium posait l’extrémité de ses doigts sur des objets placés au bout de la planche d’acajou reposant sur la table
disposés comme dans la figure 3, dont le détail se trouve ci-contre (frg. 4).
Ou bien, au lieu de reposer directement sur des corps solides (boîte à allumettes en carton, sonnette), comme dans les fig. 3 et 4, l’extrémité des doigts de Home était plongée dans l’eau d’un vase isolé fixé dans un autre vase plein d’eau, de
manière que la pression du liquide fût sans action sur l’appareil disposé comme dans les fig. 5 et 6.
Il est facile de comprendre, d’api’ès la description et les figures, que la pression exercée par les doigts de Home (placés comme dans la fig. 3) ne pouvait avoir aucune action sur la balance située à l’autre extrémité de la planche.
La figure 6 indique la disposition des vases pleins d’eau et communiquant entre eux au moyen de trous percés dans le fond du vase supérieur et dans lequel le médium plongeait ses doigts.
L’autre extrémité de la planche était suspendue
au crochet d’une balance à ressort, nous l'avons déjà dit, dont la disposition se trouve indiquée dans la figure d’ensemble (fig. n° 5) et en détail dans la figure 7 ci-contre.
Un curseur muni d’une aiguille permettait
d’obtenir le tracé autographique des variations de poids qui pouvaient se produire sur une plaque de verre noircie à la fumée d’une lampe et.mi e horizontalement au moyen d’un mouvement d’horlogerie.
Lorsque les doigls de Home ne touchaient pas l'appareil, la plaque de verre mise en mouvement était marquée d'une ligne horizontale; mais, dès que les doigts étaient mis en contact avec l’instrument, de la manière signalée plus
haut, l'index descendait jusqu'au point d'indiquer une augmentation de poids de 5,000 grains (325 grammes environ).
Dans une première expérience où la disposition de l’appareil était celle qu’on voit sur la figure 3, pendant que Home avait les doigts sur la sonnette et la petite boîte à allumettes en
carton, le D r Huggins, un savant bien connu, observait le curseur de la balance à ressort, et il constata, à plusieurs reprises, que le poids accusé était de six livres et demie et même de neuf livres. Or, le poids normal de la planche, disposée comme elle Tétait, n’était que de trois livres : il y avait donc eu, à un moment donné, une augmentation de poids de 300 p. 100.
M. Crookes fit l’expérience comparative suivante : il monta sur la table et se tenant sur un pied, il s’appuya de tout son poids (140 livres) sur le point de la planche où Home avait tenu ses doigts sans pression . Le D r Huggins qui observait l'index de la balance constata que le poids entier de M. Crookes ne le faisait fléchir que d’une livre et demie ou deux livres, et encore quand M. Crookes donnait une secousse.
MM. William Huggins et Ed.-W. Cox, deux notabilités scientifiques de l’Angleterre, qui assistèrent M. Crookes dans ces expériences, lui écrivirent chacun une lettre à l’occasion d’un mémoire qu’il leur avait soumis, où ces expériences étaient exposées.
Ces lettres méritent l’attention du lecteur impartial :
« Uper Tulse Hill , S. W., 9 juin 1871.
Mon cher monsieur Grookes,
Voire mémoire me semble un exposé fidèle de ce qui a eu lieu chez vous en ma présence. Ma position à la table ne m’a pas permis de voir la main de M. Home éloignée de l’accordéon, mais seulement que ce fait a été établi à ce moment par vous-même et par la personne assise de l’autre côté de M. Home.
Ges expériences me semblent montrer qu’il serait important de faire de nouvelles recherches, mais je désire qu’il soit bien compris que je n’exprime aucune opinion quant à la cause des phénomènes qui ont eu lieu.
A vous bien sincèrement,
William Huggins. »
36, Russell-Square, S juin 1871.
Cher monsieur,
Etant présent, dans un but de recherches, aux expériences d’essai relatées dans votre article, j’apporte avec empressement mon témoignage en faveur de la parfaite exactitude de la description que vous en avez faite, et des précautions et du soin avec lesquels furent accomplies les différentes épreuves.
Les résultats me paraissent établir d’une manière concluante ce fait important : qu’il y a une force qui procède du système nerveux et qui est capable, dans la sphère de son influence, de donner aux corps solides du mouvement et du poids.
J’ai constaté que cette force était émise par pulsations intermittentes et non pas sous la forme d’une pression fixe et continue, car l’index montait etbaissait incessamment pendant l’expérience. Ce fait me semble d’une grande importance, parce qu’il tend à confirmer l’opinion qui lui donne pour source l’organisation nerveuse, et il contribue beaucoup à asseoir l’importante découverte du docteur Richardson d’une atmosphère nerveuse d’intensité variable enveloppant le corps humain.
Vos expériences confirment entièrement la conclusion à laquelle est arrivé le Comité de recherches de la « Dialectical Society » après plus de quarante séances d’essais et d’épreuves.
Permettez-moi d’ajouter que je ne vois rien qui puisse même tendre à prouver que cette force est autre chose qu’une force émanant de l’organisation humaine, ou du moins s’y rattachant directement, et qu’en conséquence, comme toutes les autres forces de la nature, elle est pleinement du ressort de cette rigoureuse recherche scientifique à laquelle vous avez été le premier à la soumettre.
La psychologie est une branche de la science qui a été jusqu’ici presque entièrement inexplorée; et cette négligence doit être probablement attribuée à
ce fait qui semble étrange, que l’existence de celle force nerveuse soit demeurée si longtemps sans être étudiée, examinée et à peine constatée.
Maintenant qu’il est acquis, par les preuves données par des appareils, que c’est un fait de la nature (et si c’est un fait, il est impossible d’en exagérer l’importance au point de vue de la physiologie et de la lumière qu’il doit jeter sur les lois obscures de la vie, de l’esprit et de la science médicale), sa discussion, son examen immédiat et sérieux ne peuvent pas ne pas être faits parles physiologistes et par tous ceux qui ont à cœur la connaissance « de l’homme », connaissance qui a été nommée avec raison « la plus noble étude de l’humanité ».
Pour éviter l’apparence de toute conclusion prématurée, je recommanderais d’adopter pour celte force un nom qui lui soit propre, et je me hasarde à suggérer l’idée qu’on pourrait l’appeler force « psychique » ; que les personnes chez qui elle se manifeste avec une grande puissance s’appellent « psychistes », et que lascience qui s’y rapporte se nomme « psychisme », comme étant une branche de la psychologie.
Permettez-moi aussi de proposer la prochaine formation d’une Société psychologique dans le but de faire marcher, par le moyen des expériences, des journaux et de la discussion, l’étude de celte science jusqu’ici négligée.
Je suis, etc.
Ed.-W. Cox.
A M . W. Crookes , F . R . S . »
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Los tracés représentés sur les figures qui suivent ont élé recueillis suivant le procédé déjà
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indiqué plus haut dans les expériences où la « force, le courant, le pouvoir ou l’influence \>
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s’échappait des mains de Home et agissait à travers l’eau.
Il faut lire le livre de M. Crookes pour se faire une idée du luxe de précautions dont il s’est en-
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touré dans ses expériences. Le pauvre Home était soumis à des épreuves bien offensantes : on lui tenait les pieds et les mains, il n’avait le droit de faire aucun mouvement sans que plusieurs
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paires d’yeux méfiants ne fussent braquées sur lui.
Les expériences ci-dessus furent répétées avec une autre personne douée d’un « pouvoir »
semblable à celui de M. Home, mais moins fort. De plus,aveccetteautrepersonne, que M. Crookes
ne nomme pas parce que, dit-il, elle ne fait pas profession de médium, il fit des expériences de même nature, mais avec des instruments plus délicats dont les figures 12 et 13 donneront une idée’suffisante, surtout aux personnes habituées
min tendue sur le cadre A devait servir, sans contact des mains, à faire mouvoir l’extrémité 11 du levier qui reposait sur elle.
Les effets bruyants obtenus par l’intermédiaire de la personne en question furent très remarquables: il semblait aux expérimentateurs qu'il tombait do la grêle sur la membrane de parchemin. Les tracés obtenus —M. Crookes tenant ses
mains sur celles du médium qui restèrent complètement immobiles—sont reproduits dans la figure 14.
Les tracés obtenus avec M. Home à faide du même appareil sont plus accidentés et marquent une force plus considérable, bien qu’elle ait agi à une distance plus grande que dans le cas précédent. Les figures 15 et 16 ont été produites avec le fluide de Home.
Partant de ces expériences, M.Crookes conclut que l’existence d’une force associée à l’organismo humain doit être mise hors de doute. Cette force, « par laquelle un surcroît de poids peut être
ajouté à des corps solides sans contact effectif », se rencontre chez un très petit no'mbre d’individus. Chez la même personne elle est très variable d’un instant à l’autre. Après avoir observé
« l’état pénible de prostration nerveuse et corporelle dans laquelle quelques-unes de ces expériences ont laissé M. Home, après l’avoir vu dans un état de défaillance presque complète, étendu
sur le plancher, pâle et sans voix », M. Crookes pense que cette influence procède du System nerveux et que cette force psychique est « accompagnée d’un épuisement correspondant dé la force vitale 1 ».
Répétons que toutes ces expériences ont été faites dans la maison et dans le laboratoire leur auteur, au moyen d’instruments à lui, et avec l’assistance do préparateurs qui sont des maîtres pour la plupart.
William Crookes avait fait connaître ses recherches, lorsque le professeur Boutlerow, professeur de chimie à l’université de Saint-Pétersbourg, lui écrivit qu’il venait de faire des expériences semblables avec Home, dont la force à ce moment était des plus considérables. Un appareil avait été disposé de telle façon que la pression des mains de Home à l’endroit où elles étaient appliquées eût diminué la tension si ce dernier .avait fait le moindre effort. Le dynamomètre servant à l’expérience marquait une tension nor- \male de 100 livres. Lorsque Home eut appliqué ses mains, la tension du dynamomètre fut portée à 150 livres.