‹ Le Spiritisme (fakirisme occidental)Chapitre 9 sur 43 · CHAPITRE Y · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y

UN MOT SUK L’INDE

« Les temps sont proches. »

Nous n’hésitons pas à l’affirmer bien haut :

nousnepartageonspas les idéesde l’école spirite, et nous repoussons comme prématurée etinsuffisamment démontrée, la théorie de l’intervention de Y âme des ancêtres dans les phénomènes déterminés au moyen de certains individus que nous appellerons médiums pour nous conformer à l’habitude et en attendantmieux. Mais nous affirmons une fois de plus et nous prouverons qu'il existe toute une catégorie de phénomènes contraire en apparence aux lois connues de la nature, et inexplicables quant à présent : ce qui no veut pas

dire qu’on doive renoncer à en rechercher l’explication. Faisons remarquer encore que la famille Fox, « de l’Église épiscopale méthodiste», n’avait probablement jamais entendu parler de la religion de Brahma — si ce n’est de son symbolisme trivial, — et que néanmoins la doctrine spirite moderne, qui a changé peu de choses à scs croyances de la première heure, se trouve presque complètement d’accord avec la religion ésotérique actuelle des brahmes. Or, celle-ci s’enseignait aux initiés des degrés inférieurs dans les temples de Tllimalaya, il y a peut-être plus de Cent mille ans! Le rapprochement est au moins curieux, et l’on peut dire sans tomber dans le paradoxe, que le spiritisme n’est que le brahmanisme ésotérique à l’air libre. Mais il ne s’ensuit pas que de cette comparaison on doive tirer un argument pour ou contre les doctrines du spiritualisme moderne. Sans fournir cet argument le fait n’en est pas moins intéressant.

L’Inde nous donnera sans doute la clef des mystères qui nous accablent d’inquiétude ; elle nous dira un jour quels sont les fruits de cet arbre dont un rejeton inattendu vient de surgir sur le sol américain pour lancer ses germes à tous les vents des terres civilisées, comme un défi à la science dont les hommes modernes sont si fiers. Cet arbre est-il celui de

UN MOT SUR L’INDE

la science du bien ou du mal? de la vie ou de la mort ?

Qui sait? d’ici à peu de temps, l’élite de tout ce qui s’occupe de science cherchera peut-être dans les expériences psychiques les derniers mystères de la physiologie transcendante. Naturellement, ce ne seront pas ceux qui sont déjà arrivés qui serviront d’instruments à ce mouvement, mais bien les jeunes de demain, ceux de l’avenir, ceux dont les artérioles cérébrales ne seront pas encore incrustées par l’athérome des connaissances acquises et des théories philosophiques toutes faites. Nous sommes sans doute trop vieux, nous les jeunes d’aujourd’hui. Et nous ne faisons par exception pour ceux de l’école positiviste dont le chef n’était rien moins que positiviste quand il traitait d’absurdes et repoussait comme impossibles des faits qu’il n’avait pas examinés. Nous sommes sans doute trop vieux, redisons-le encore, car nous avons reçu une déplorable éducation. Nous sommes pétris de moyen âge; nous avons été bourrés d’une histoire basée sur l’exotérisme biblique, et qui n’a d’histoire que le nom. Mais patience! avant peu, nous en saurons assez de la vérité pour reconnaître l’erreur, et quand l’évidence nous aveuglera de l’intensité de ses lumières, nous serons bien obligés de nous rendre à dis-

crétion. C’est alors que nous ferons table rase des vieilleries, des doctrines surannées pour boire à longs traits à la source du vrai !

Heureuse jeunesse! heureuse enfance! plus heureux encore ceux qui vont venir : ils sauront ! Leurs intelligences ne seront pas obscurcies par les erreurs qui se sont infiltrées dans nos veines, en même temps que les sucs du lait maternel.

Nous pouvons donc le dire en toute assurance, car nous savons que les faits ne nous démentiront pas : Les temps sont proches.

Avant peu la lumière éclatera comme un globe en fusion projetant partout ses rayons éblouissants en gerbes incandescentes. Et ce n’est pas du Nord qu’elle nous viendra, mais bien de l’Orient, berceau du genre humain et gardien naturel de ses connaissances. C’est là que les différentes races, qui tour à tour ont prédominé sur la sphère terrienne, ont retrouvé, après plusieurs mille ans de recommencement et de barbarie, Thistoire de l’humanité et le fil cent fois interrompu de la science immortelle.

Savants que nous sommes ! Sommes nous assez fiers de nos découvertes des siècles derniers. Et de fait, nous n’avons pas tort d’être fiers, mais nous n’avons fait dans beaucoup de cas que découvrir une deuxième fois : soyons plus modestes et rendons justice à nos ancêtres.

Dans vos futurs livres, messieurs les auteurs classiques, qui traitez de l'histoire du Monde, de grâce ne la faites plus commencer il y a six mille ans. Vos jeunes lecteurs souriraient de pitié à la lecture de vos œuvres ! Car nous leur crieront bien fort ce que l’étude de l’Inde nous apprend chaque jour; à savoir que nous ne connaîtrons sans doute jamais l’époque à laquelle l’homme a commencé à vivre en sociétés sur la terre, tellement loin cette époque se perd dans la nuit des temps.

Du reste, ne savons-nous pas déjà que les traces de Fhomme et de son industrie se trouvent dans ce qu’on nomme provisoirement les couches géologiques de la période ou plutôt de s pério des glaciaires ? Tout récemment même, ne les a-t-on pas trouvées, ces traces, jusque dans les dépôts d’une des couches de la période tertiaire ! Et cela ne nous indique-t-il pas que ceux dont nous trouvons ainsi les vestiges ont vécu dans des temps tellement reculés que l’imagination a peine à se le figurer et en demeure presque effrayée?

Mais pourquoi fouiller aussi profondément dans les flancs de notre mère commune?’ Four arracher leurs secrets à ceux de ses enfants qu’elle y tient endormis depuis plusieurs milliers de siècles en berçant d’un balancement immense

leur sommeil étern

t gigantesque 1 qui emploie vingtq mille ans à se compléter, n’est-il pour rien dans les cataclysmes périodiques dont nous parlent les livres hindous ? Est-il vrai que, pendant ces vingt-cinq mille ans, le soleil éclaire alternativement les continents et l’océan sur les memes oints du même hémisphère? Est-il vrai que dans quelques siècles les eaux, charriant des glaçons énormes venus des mers australes, balaieront toutes nos œuvres péniblement hissées et nous couvriront pendant plusieurs ceniines de siècles ? Que penseront de nos crânes fossiles les géologues et les anthropologistes savants des académies du trois cent vingtième siècle de notre ère, s'ils fouillent la tourbière sous laquelle sera enseveli ce qui aura été l’Europe actuelle, quand les eaux auront quitté de nouveau notre hémisphère boréal?... Oh! questions affolantes !

Revenons donc à l’Inde, car c’est par elle seule ’il nous sera donné de voir clair sur la route

où peine notre race. Nous sommes loin de tout savoir encore; les prêtres de Brahma gardent trop bien leurs trésors scientifiques. Leurs

1 Mouvement de la précession des équinoxes qui s’opère en 25,900 ans environ, à raison de 50 secondes de degré et un dixième par an.

temples recèlent des richesses inestimables, mais incomparables, paraît-il, à celles quon tient soigneusement cachées dans certains sanctuaires souterrains de l’Asie, situés hors do l’atteinte périodique des fléaux diluviens, dans les rares altitudes où ne se trouvent plus les coquillages calcifiés, indices d’une submersion antérieure.

De toutes parts, on traduit, on étudie les livres sanscrits que le hasard ou les recherches patientes mettent à notre disposition ; nos voisins d’ouIre-Manche ont institué, dans ce but, des écoles spéciales. Une Société qui s’est donné la tâche de répandre dans le monde entier les doctrines hautement altruistes de Bouddha et les littératures de l’Inde, s’est formée il y a peu d'années et déjà ses branches et ses publications se comptent par centaines. Cette Société qui a pris le litre de « Société Théosophique » possède un grand nombre d’adhérents divisés en loges réparties inégalement dans l’Inde, l’Europe, l’Amérique et l’Australie. Il existe une loge à Paris. Le siège principal de la Société Théosophique est dans l'Inde, à Adyar, où elle possède un établissement important contenant une bibliothèque fort riche, des salles de réunion, etc. Les Théosophistes, ainsi que s’intitulent les membres de cette Société, disent recevoir leurs instructions d’une confrérie ou « fraternité »

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d’hommes extraordinaires, sortes de thaumaturges vivant dans les solitudes du Thibet. Contrairement aux propagateurs de religion, ils ne s'adressent pas à la foule, mais aux hommes les plus distingués des nations. Du reste, ils se défendent d’avoir aucun dogme; ils recherchent, disent-ils, et enseignent la vérité qui, suivant leur devise « est au-dessus de toutes les religions. »

Nous ne voulons rien avancer que nous 11e puissions prouver; nous avons parlé de l'ancienneté de l’Inde, il nous reste à fournir les preuves qui l’établissent. Pour donner une idée de l’antiquité delà science indienne, rappelons d’abord l’opinion d’un auteur clérical qui ne brille cependant pas par son amour pour le peuple hindou. Cet auteur ne s’est pas fait faute d’adapter les calculs astronomiques aux exigences de la Genèse biblique suivant la méthode chère à son émule Loriquet :

« Les Indiens, dit l’abbé Guérin 1 , appliquaient « l’algèbre à la géométrie; disputaient dans leurs « écoles sur la question du mouvement de la « terre provenant de la rotation diurne sur son » axe au milieu de l’espace; s’entretenaient de la « cause de la chute des graves et comparaient la

1 Astronomie indienne , d’après la doctrine elles livres anciens et des brahmcs, par M. l'abbé Gucrin. Paris. M DV11I XLVil.

« cosinus et en dressaient des tables; faisaient, « comme chose ordinaire et toute simple, la somme ' du carré de chacun des côtés d'un angle droit « dans un triangle égal au carré de l’hypoténuse!

Diodore de Sicile, l’historien grec du si d’Auguste, cité par Ammien Marcellin *, ne nous affirme-t-il pas que les Chaldéens apprirent l’astronomie des sages de l’Inde? Et suivant Eusèbe 2 , les Ethiopiens, de qui les Egyptiens apprirent ce qu’ils savaient, n’étaient-ils pas une colonie d'Hindous? Mais sur ce point encore, il est possible que la science moderne, éclairée par l’Inde, vienne modifier los écrits des historiens grecs

On trouvera à ce sujet tous les développements désirables dans l’excellent petit livre de ringénieur Tremeschini 3 auquel nous empruntons une partie de ce qui, dans cet ouvrage, a trait à l’astronomie hindoue.

Un des plus anciens livres de la littérature hindoue contient des preuves indéniables des antiques connaissances de l’Inde sur l’astronomie; témoin les passages suivants des écrits fam

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