‹ Le spiritualisme dans l'art (volume 2)Chapitre 5 sur 38 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

de quoi réfuter un autre adversaire du spiritualisme : nous voulons dire l'idée panthéiste.

: Tous les grands systèmes panthéistes sont aujourd'hui connus jusque dans leurs derniers détails, grâce aux recherches historiques inaugurées et pour-* suivies sans relâche par l'école spiritualiste. Un fait remarquable et qui surpend au premier aspect, c'est que quelques-uns de ces systèmes : ceux de Plotin, de Schelling , de Hegel, contiennent d'admirables vérités sur les facultés esthétiques de l'âme humaine, sur les diverses espèces de beauté et sur le caractère et la puissance des arts. Mais lorsqu'au lieu de se tenir à la surface de ces doctrines, on pénètre jusqu'au fond, le phénomène s'explique fort naturellement, n a sa cause dans une contradiction flagrante qu'aucun panthéiste n'a jamais évitée, mais dont aucun non plus n'a jamais la nette conscience. Cette contradiction, souvent signalée, consiste à prétendre maintenir la réalité des âmes et des forces individuelles au sein d'une force ou d'une substance unique dont les individus ne sont pourtant que des formes plus ou moins accidentelles. Convaincus de cette réalité, de cette personnalité des êtres particuliers que leur système ne saurait admettre, mais que proclame leur conscience et qu'affirme leur raison, certains panthéistes décrivent les faits psychologiques avec une exactitude, et parfois avec une profondeur etune clarté qui effacent, au moins sur ce terrain,'

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toute différence entré eux et les purs spiritùalistes/ Ce n'est pas tout :.p^'rtant:de .cette psychologie, ils s'élèvent graduellement jusqu'à une esthétique pleine de vérité, de richesse, de variété et de charme. A la bonne heure. Toutefois leur esthétique n'est pas l'œuvre, le fruit de leur panthéisme. Loin de là, elle le condamne absolument, car l'un des caractères essentiels de la beauté finie est de manifester une force individuelle distincte de la force suprême. Ainsi entre leur panthéisme, qui détruit leur esthétique, et le spiritualisme, qui prouve leur esthétique mais réfute leur panthéisme, la logique les place dans la nécessité d'opter. Quelque pacifique et conciliante, répétons-le, que soit la philosophie du beau, quelque peu de goût qu'elle ait pour les moyens autres que la recherche et l'analyse, elle n'a pas dû s'abstenir et ne s'est point abstenue de viser à ce défaut de cuirasse et de porter un coup de plus, non certes aux panthéistes, qui sont des personnes, mais au panthéisme, qui n'est qu'un système.

Elle a donc établi son caractère philosophique et par les problèmes qu'elle s'est posés, et par sa méthode d'investigation, et par ses procédés de réfutation, et enfisi) par l'usage qu'elle a fait de l'histoire de l'art et de l'histoire des systèmes. Elle ne se flatte pas néanmoins d'avoir terminé sa tâche : aussi bien les tâches philosophiques sont au nombre de celles qu'on ne termine jamais. ËUè n'ignore pas d'ailleurs que

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l^btftti \iàymèm»j le beau m soi^ ^'^i Dieu { iin Dieu inteUigeni^ créateur,* personnel } que oe Dieu eÉ% iil-* fini ôomiDè «es puiseatïee»^ é% par coneéquertt infiniment au'âe^us de notre raison qui le conçoit sans le eomprendre» Mai» par teU ëeul ^ûe la beauté iD« firlie est eofiçue^ une mesure nous est donnée des beauté» imparfaite» et finiesi .

Nùu» aTOti» done^ au fond ititime ^e nôtre faison^ uu tyffe absolu de grandeur, hon de graudetir phy* »igue, mais de grandeur iutelleetuelle et morale, e'e^4pdire de {Perfection. Quels effet» produit en l'homme la eonteitiplation assidue de éette perfee» ^lotl? QbaoUtî est eu état de l'apprendre paf utle et^* périeneê pratique et positiYei Ce n'eët pas i€i le lieu de décrire ces effetsi II est du moins avéré (}ue oes effets sont cojoipârables aux attractions prodigieuses qui élèreut péri^diquetnent les eaux des océaùs^ L'at* traction divine ^ car on ne peut la nommer autrement^ Platon et Âristote l'ont constatée en termes diffè* fentSj mais avec une égale force de génie^ le pre* mier dèns le Banqmt^ le second dans le douitidme livré de la Métaphyêiquèt Ûe qui délUontre ôette attraction dans l'homme^ c'est que plus 11 attache sa pensée à la contemplation de l'infinie perfeotion^ plus aussi il place haut le but de sa vie et plus il grandit. Qé qui démontre ces attractions dans le» sociétés, c'est que celles«ci montent ou deseeudent ^len que les idées ^religieuses y sont é<$)fttantes ou obseurciei^.

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Ce qui défioanfre oelté aUrftetîon dans k» artistes^ c'é9t que l'art s'élève ou s'abaisse selon que la netioii de l'idéal blille od s'éclipse dans leur intelligencei

Maii^ parmi tous les êtres que nous connaissons^ celui qui s'éloigne le iiloinâ de la perfection divine et qiii pëiit en approcher le plus^ d'est l'àme humaine. O'est de l'âme que part l'âme pour s'élanoeïà ta conception de la vie par&ite et itifidiei En tôite que la notion de l'infini vlVàlit et pàiPfait et la notion de l'âme ont de communes destinées^ et que les progrès de l'homnie, de la société et de l'art suivent le pro^ grès de ces deux notions et doivent le suivrez

Dohc^ quoique la perfection infinie soit chose en soi absolue^ et quoique l'âme humaine &oit au fond identique flkvec ellè^^mémô dans tous les tetnps^ coHimè^ selon nous du moins^ la perfec^tion infinie est mieus connue par les modernes que par les Grecs^ eomm^ d'autre part la connaissance de l'âtné est plUs répati* due et 6Â vrieur mieux comprise dans nos sdciétéd chrétiennes et sj[)iritualistes) il est naturel et il est juste que l'art moderne soit autre que l'art antique^ quoiqu'il ait le droit de lui beaucoup emprunter.

Or c'est à saisir, à démontrer et à justifier les différences légitimes qui doivent séparer l'art moderne de l'art antique, ou plutôt de l'art grec^ que visent les trois Études réunies dans lé présent volume. On s'y est attaché à continuer et à compléter d'autres Études plus étendues, accueillies par l'Institut et

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