‹ Le Statut Juridique Du PrisonnierChapitre 11 sur 37 · ET" RUE · texte numérisé non relu

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toilette, tels que des brosses, des peignes ou du savon. Ils ont le droit de se procurer ces objets et de s’en servir, mais évidemment dans la mesure où l'installation matérielle de la prison le leur permet. Ils ne peuvent pas garder à leur disposition des instruments dangereux, tels que les rasoirs. Cette prohibition se concilie mal avec l'interdiction du port de la barbe. Dans les prisons importantes il y a un coiffeur, dans les autres les prisonniers se contentent d une tondeuse avec laquelle l’un d’eux coupe la barbe de ses compagnons. La coupe de cheveux est obligatoire pour les condamnés à plus d’un mois d'emprisonnement. Cette atteinte aux droits de l'individu est parfaitement admissible. Elle se justifie pour des raisons de propreté et d’ailleurs elle n’est pas spéciale aux prisonniers puisque dans les casernes les militaires y sont astreints.

Il faut ajouter qu’à titre de récompense les prisonniers peuvent se laisser pousser les cheveux et la barbe trois mois avant leur libération. Cette disposition devrait être souvent appliquée car elle constitue un élément important de reclassement pour les libérés.

Nous en aurions fini avec cet examen des conditions matérielles élémentaires de l’emprisonnement s’il ne nous restait à parler du costume des prisonniers. Nous venons de signaler qu’au moment de l’incarcération on désinfecte les vêtements des détenus. Il ne faudrait pas en conclure qu’ils ont le droit de conserver dans la prison leurs vêtements personnels. Cette faculté n’est réservée qu’à certains d’entre eux. Les autres sont obligés de revêtir un uniforme que l’administration leur fournit.

Dans les maisons centrales hommes et femmes sont astreints au port du costume pénal. La même obligation pèse sur les condamnés de droit commun incarcérés dans les prisons départementales à moins que la durée de leur peine soit inférieure à un mois d'emprisonnement. Le préfet peut même accorder des dispenses quand la durée de la peine n’excède pas trois mois.

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