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CHAPITRE VII

Les arts appliqués (suite), le Meuble : Thomas Chippendaîe, les Frères Adam, etc.

Lorsque l’on aborde l’étude du meuble, il faut se reporter à l’architecture des pays aux aises intérieures desquelles il s’adapta. A l’architecture pratique répond le meuble pratique, souvent au mépris de l’art, pour sa condamnation, car la beauté d’un meuble ne saurait se justifier sans la commodité, et réciproquement.

Or, nous ne croyons pas que le réel confort, réalisé par la bergère française au dix-huitième siècle, ait eu des ancêtres, même au pays du confort, tandis que nous sommes persuadé de l’expression supérieure du siège anglais d’aujourd’hui, pour l’agrément de l’assiette.

Mais est-ce un symbole? Le siège anglais (entête du chap. VII) dont nous parlons, s’est réfugié dans le cabinet d’affaires. Il trône, ventripotent et massif, devant un bureau non moins serviable qu’un dispositif de casiers, à proximité. Et ce mobilier spécial se complète d’autres fauteuils aussi ventripotents et massifs. Que pense maintenant l’esthétique de ce mobilier spécial? Elle en pense que la fonction crée l’organe et que l’idéal des affaires doit se borner au pratique. D’autre part, l’habitude a consacré le mobilier de bureau anglais avec ce snobisme d’improvisation qui béatifie l’importation étrangère, tandis que l’esthétique s’applaudit d’une convenance parfaitement réalisée. Et voici, presque, que le mobilier-type du bureau d’affaires est créé ! Cette fois, donc, les Anglais (et les Américains) sont nos maîtres.

A bien y penser, cette salle de travail procure aussi, au bout de l’antichambre, ou bien après la traversée du salon, une oasis presque indifférente à l’esthétique. Mais, en admettant que l’apparte-

LES ARTS APPLIQUÉS (SUITE

ment, dans l’ensemble, sacrifie au meuble ancien, ce bureau <? excentrique » produit son effet.

Son contraste est original. La carrure, en cuir

Fig. 120. — Table, style Adam.

(Collection Gill et Reigate, Londres.)

fauve, rouge ou vert, de son fauteuil au bâti robuste mais dissimulé sous des capitons et ressorts, si douillet lorsque l’on s’y assied, si enveloppant, au point même qu’on a grand’peine à le quitter, si prédisposant enfin à la bonne affaire !

En vérité, ce fauteuil méritait bien d’être vanté, avec les pièces qui l’accompagnent, en tête de ce

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