CHAPITRE XI
Causerie sur nos gravures
Les planches de 1 à 20 nous montrent un ensemble de motifs décoratifs : culots (jU point de départ des volutes ou des rinceaux de feuillage); chutes (en quelque sorte la tête ou extrémité supérieure des pieds du meuble) ; frises (ou ornements en bandeau), rinceau (ou motif ornant le meuble à la base du tablier); sabots (oumotifsdécorantlespiedsdu meuble) ; entrées deserrures, poignées, etc.; chutes en draperie, en forme de console; chutes de guirlandes, etc. A cette inspiration caractéristique viennent s'ajouter les feuilles de laurier et de chêne, les rubans, les perles, la draperie, le médaillon, les trophées, etc., inséparables du style qui nous occupe avec les houlettes, les gerbes de fleurs des champs, les urnes, les corbeilles, etc.
A remarquer le caducée(/fy.4,au bas de la planche)
et Tare du rinceau (fig. 5, en haut de la planche), qui servent de thèmes aux motifs. Le caducée est cannelé en spirale, à sa base, et il tient du carquois (cannelé verticalement) dans son ensemble. Nous retrouvons ces deux modes de cannelures dans la plupart des pieds de meubles et, la cannelure horizontale [comme celle de la chute-console de la figure 7 (avantdernière gravure en haut et à droite)], entre la guirlande et les feuilles d'acanthe de la base, n'est pas moins fréquente.
Le motif feuille d'acanthe ou rosace rectangulaire (comme celles qui surmontent le caducée encadré de rinceaux de la figure 4) est aussi très typique, de même que les médaillons enguirlandés et rubannés, servant de poignée, lorsqu'ils sont réunis par une guirlande plus importante (fig. 3, motif du milieu et en haut), d'entrée de serrure, etc. Très usités en architecture également, ces ornements.
Voici encore des têtes de satyres, de lions et de béliers, des masques en feuillage (notamment le cul-delampe du chapitre xi), des grotesques, des rinceaux à tête d'aigle (entête du chapitre v), des trépieds, des griffons, etc. Les griffons de l'entête du présent chapitre, avec leurs rinceaux d'une sécheresse particulière, sont bien proches de ceux qu'affectionnera le premier Empire. Quelle différence avec les souple feuillages du pur LouisXVI, avec la vérité
des gerbes de fleurs et des guirlandes de fruits représentées aux figures 7 et 8!
En dehors de ces motifs, nos gravures nous montrent des postes {flg. 7, bordures de droite et de gauche), des imbrications ou écailles, des cannelures ponctuées de gouttes et autres ornements empruntés à l'antique.
A retenir la chute à cannelures à jours, représentant un triglyphe, bordée de guirlandes et terminée par des gouttes, très fréquente [flg. 9 et 16); et voici une rosace de feuilles de laurier (cul-de-lampe du chapitra iv), un cabochon de feuillage ou rosace carrée (cul-de-lampe du chapitre v). Au surplus, le lecteur, en examinant la richesse des trophées que nous donnons, se rendra aussi compte de leur variété.
Nota bene : il y a des rosaces triangulaires, ovales, etc.
Fig. 21. — Petit Trianon, à Versailles. Voisin du Grand Trianon, œuvre de Mansard, le Petit Trianon fut construit par Gabriel, sous Louis XV. Ce petit château fut donné par Louis XVI à Marie-Antoinette, comme don de joyeux avènement, en 1774. Le charmant jardin anglais qui l'accompagne, agrémenté de constructions rustiques — le fameux hameau de la souveraine — respirait un parfum d'opéra-comique dont elle aimait à s'enivrer avec les dames de sa suite vêtues en paysannes. Malgré qu'il ait été bâti sous
Louis XV, le Petit Trianon est d'une harmonie architecturale bien Louis XVI et voici pourquoi nous voyons figurer dans notre travail, ce palais en miniature, inséparable de cette fin du xvme siècle, aristocratique et mièvre.
A remarquer dans la planche 22 {Escalier du Petit Trianon, palier du premier étage), les croisillons des petits carreaux disposés en éventail sur l'imposte de la grande croisée de droite, l'œil-de-bœuf encadré de guirlandes au-dessus de la petite croisée voisine, et la beauté de l'escalier où la dorure chante sur le métal bruni. Dans le vestibule de la planche 24 : une lanterne bien typique.
Fig. 25. — Palais de Bagatelle, au Bois de Boulogne, près de Paris. Il fut bâti, dit-on, en soixante jours, vers 1779, par Bellanger, pour le comte d'Artois qui en fit un lieu de plaisance et de plaisir. Des entrepreneurs de fêtes champêtres le louèrent pendant la Révolution et, rendu à son propriétaire à la Restauration, iî porta quelque temps le nom de Babiole, au lieu de Bagatelle. Nota bene : les frises sculptées qui ornent la partie supérieure de ce palais, sont de style Empire.
Fig. 27. — Barrière de la porte Denfert, à Paris, par Ledoux. Ce bâtiment, ainsi que celui qui lui fait visà-vis, est un des derniers vestiges des anciennes bar
rfères, il est aujourd'hui affecté au service municipal des XIIIe et XIVe arrondissements, et se trouve place Denfert-Rochereau, à l'entrée de l'avenue d'Orléans. On remarquera la frisedécorative inspirée de l'antique qui orne la partie supérieure de cette construction, dont les colonnes alternant les formes carrées et rondes, sont, d'autre part, singulières.
Fig. 28. — * Escalier du grand théâtre de Bordeaux, par Victor Louis. A remarquer la richesse et la simplicité de cet escalier dont s'inspira sans doute Charles Garnier, lorsqu'il construisit son escalier du grand Opéra de Paris. On est frappé de cette ressemblance dans les dispositions et l'aspect général. 11 n'est pas jusqu'à la porte située sur le premier palier, encadrée de cariatides supportant un fronton, qui ne rappelle celle du palais Garnier. Mais il y a des airs de famille dans les chefs-d'œuvre. Le théâtre de Bordeaux compte parmi les plus beaux de l'Europe.
Fig. 31. — Palais de la Légion d'honneur, par Rousseau (vis-à-vis le jardin des Tuileries, à Paris). Construit de 1782 à 1789 pour le prince Frédéric de Salm-Kyrbourg, ce gracieux monument fat incendié pendant la Commune et reconstruit sur les mêmes plans par Mortier. On remarquera les toits plats, en terrasse, la rotonde supportée par des colonnes et
bordée de statues, les œils-de-bœuf ornés de bustes, les bas-reliefs sculptés, etc., qui font du palais de la Légion d'honneur un exemple typique de l'art architectural sous Louis XVI. Des peintures dTvon, de Maillot et de Jean-Paul Laurens décorent maintenant l'ancien hôtel de Salm, affecté depuis 1804 à l'administration de Tordre et à la résidence des grands chanceliers de la Légion d'honneur.
Fig. 35. — Tombeau du Maréchal Maurice de Saxe, par Pigalle (église de Saint-Thomas, à Strasbourg). L'artiste a représenté le maréchal se dirigeant vers un cercueil qu'entr'ouvre la Mort, tandis que la France en pleurs s'efforce de le retenir. Sur la droite du héros, on aperçoit l'aigle d'Autriche, le lion belge et le léopard anglais agonisant sur leurs drapeaux et, vis-à-vis de la Mort, Hercule se désole. A gauche du personnage principal, Y Amour tient son flambeau renversé. Sur l'ordre de Louis XV, Pigalle dut métamorphoser ce symbole des « faiblesses » du maréchal en celui du génie de la guerre, grâce à l'addition d'un casque mais, lors de l'inauguration du monument, en 1777, Louis XV étant mort, le célèbre sculpteur revint à son idée initiale et rétablit Cupidon.
Fig. 39. — Chambre à coucher de Marie- Antoinette au Petit Trianon, à Versailles (côté de la cheminée
Décor mural (où la guirlande domine) blanc ainsi que les bois des chaises et de la bergère. A remarquer sur la cheminée, de chaque côté de la pendule, les fleurs en métal ciselé qui ornent les vases. On aperçoit dans la glace, le lambrequin du lit qui figure dans la gra vure suivante.
Fie 40. — Chambre à coucher de Marie- Antoinette au Petit Trianon. Lit Louis XVI traditionnel, en sa riche simplicité. Tête et pied tapissés d'étoffe. Motifs décoratifs : colonnes, cannelures, perles. Petite table aux fines moulures de cuivre. Cette gravure complète la précédente.
Fig. 42. — Clavecin de Marie- Antoinette, dans le salon du Petit Trianon. A remarquer la délicatesse des lambris de ce délicieux petit salon. Ornements : couronnes de chêne ornées de lis, instruments champêtres dans les frises, guirlandes au-dessus de la glace — en deux parties — rinceaux au plafond, postes, etc. Nous donnons la description de la chaise qui figure dans cette planche au numéro qui la concerne particulièrement {fig. 52). L'épinette, sorte de petit clavecin inventé au xve siècle, n'avait qu'une corde pour chaque note — au début du moins — ses cordes en forme d'épine, d'où son nom, étaient pincées par un bec de plume. Après cette épinette rudimentaire, vint l'épinette à marteaux qui donna plus tard
Tidée du piano. L'épinette avec sa voix grêle et traînante, accompagna à souhait les tendres pastorales et idylles de l'époque qui nous occupe et, le plus grand luxe présida à sa construction comme à sa décoration. Jean-Jacques Rousseau fut un des derniers adeptes de cet instrument. Le clavecin [fig. 42) est, après Tépinette, l'un des précurseurs du piano, il n'eut au début (xve siècle) que trois octaves et il en avait six à la fin du xvine siècle. Son emploi fut abandonné à l'Opéra de Paris vers le milieu du xvme siècle, bien que Ton ait déjà, au commencement de ce siècle, inventé le système des marteaux qui devait, sous le nom de piano-forte et de piano, amener peu à peu au perfectionnement de cet instrument de musique rudimentaire et, à sa disgrâce. Voltaire, qui comptait parmi les détracteurs du piano, disait qu'il n'était « qu'une invention de chaudronnerie en comparaison du clavecin ».
Fig. 44. — Petite bibliothèque, etc., au Petit Trianon. Bibliothèque aux formes rigides; sur les angles : des cannelures; au fronton : des denticules; sur les frises : des rinceaux comme ceux qui décorent la partie inférieure. Guéridon dont le plateau rond en marbre blanc est entouré d'une petite galerie de cuivre à balustres; aux pieds droits quadrangulaires terminés par des extrémités animales. Le dossier de la chaise est à médaillon.
Fig. 45. — Porte , dessus dé porte et corniche dé la grande salle à manger (Petit Trianon). Sur le côté Jroit et en haut de la gravure, l'amorce d'un lustre en cristal. De chaque côté, des fauteuils tapissés de Beauvais. Sur l'imposte arrondie : des griffons. Autres ornements : tête de Bacchus entourée de pampres, petites consoles, oves, etc..
Fig. 48. — Détail de la porte précédente. Toute la serrurerie est dorée. Couronnes de fleurs, moulures d'oves.
Fig. 49. — Une cheminée (Petit Trianon). Elle est en marbre blanc sculpté, décorée de pampres sur son linteau et de têtes de béliers sur ses jambages. Nota bene : les chenets sont de style Louis XV. A droite de la cheminée, une petite commode en acajou avec appliques de cuivre doré et ciselé. A remarquer les pieds en carquois, le motif losange qui décore le tablier. Sur le plateau de marbre repose une girandole à cristaux.
Fig. 50. — Encoignure du boudoir de Marie-Antoinette (Petit Trianon). Le meuble qui garnit cette encoignure est en acajou bordé de fines moulures de cuivre doré et ciselé. Il fait tache sur la blancheur qui l'environne. Admirer la délicatesse des lambris,
Fig. 51. — Salon (Petit Trianon). Voir les figures 42, 43 et 52 qui donnent des détails empruntés au même salon. La glace de la présente cheminée fait vis-à-vis à celle devant laquelle se trouve le clavecin {fig. 42). Sur la table du milieu: une pendule rotative sous verre; à droite et à gauche de la table, deux chaises au monogramme de la reine. A remarquer la grâce du lustre.
Fig. 52. — Chaise au monogramme de Marie-Antoinette (Salon du Petit Trianon, voir la gravure précédente). Bois laqué blanc, dossier à jours, siège en tapisserie. Un M et un A, dans un ovale surmonté d'une couronne, entre deux flèches, et rattaché par des rubans à un cadre bordé de colonnettes. Cannelures, perles, pieds de devant en carquois.
Fig. 53. — Vue d'un des angles d'une chambre (Petit Trianon). Meubles Louis XVI, mais cheminée plutôt mouvementée dans la manière du Louis XV. Voir le détail de la coiffeuse {fig. 95) etdu petit meuble (fig. 115) représentés ici.
Fig. 54. — Fauteuils et pendule à gaine. Pendule Louis XVI, mais fauteuils de transition, ils portent bien des ornements Louis XVI, mais les consoles des bras ou soutiens des accoudoirs, ainsi que les pieds de ces sièges, conservent encore le mouvement du Louis XV.
Fig 55. — Canapé, fauteuils et lambris (Petit Trianon). Les deux dossiers des fauteuils sont dits « à chapeau ». Les cannelures du fauteuil de gauche et du canapé sont droites, celles du fauteuil de droite sont torses. A remarquer les fines arabesques qui décorent les lambris.
Fig. 56. — Fauteuil Louis XVI, style de transition, fin Louis XV, début de Louis XVI (musée des Arts décoratifs). Les pieds et les consoles des bras du meuble ont le mouvement Louis XV, mais les ornements empruntés à l'antique, feuille d'acanthe et postes, sont bien Louis XVI.
Fig. 57. — Canapé Louis XVI% style de transition, fin Louis XV, début de Louis XVI (musée des Arts décoratifs). Même observation que la précédente, moins la désignation des ornements antiques qui varie.
Fig. 58 — Console Louis XVI, style de transition, fin Louis XV, début de Louis XVI. Même observation que les deux précédentes. Feuille d'acanthe contorsionnée dans le goût du Louis XV, mais l'urne enguirlandée est bien Louis XVI, ainsi que l'ornement antique de la frise. Sur la console, le buste de Louis XVI. Les ornements décoratifsde? 'ambris sont
Louis XV.
Fig. 59. — Fauteuil Louis XVI (musée des Arts décoratifs). Dossier en médaillon, soutiens du dossier et consoles des bras, de style Louis XVI composite, ornementation de feuille d'acanthe, la manière la plus rare et la plus prisée des amateurs. On pourrait établii quelque rapprochement entre cet enjolivement et celui que le dessinateur de meubles Delafosse aimait à donner à ses manifestations. Pieds en carquois, rubans, rosaces rectangulaires, etc.
Fig. 60. — Bureau à cylindre (musée des Arts décoratifs). En comparant ce meuble à celui de Oëben et Riesener (le bureau-cylindre de Louis XV, au Louvre), on pourra nettement se rendre compte de la différence constructive et ornementale des deux époques Louis XV et Louis XVI. Ici des lignes droites et froides, là des formes contournées et enthousiastes.
Fig. 61. — Fauteuil Louis XVI (musée des Arts décoratifs). Dossier à « chapeau » dont les colonnettes cannelées sont terminées à leur extrémité, par un motif « panache ».
Fig. 62. — Cheminée, panneaux, etc. (musée des Arts décoratifs). Ensemble de pur style. La cheminée en marbre blanc sobrement sculpté, est étroite à souhait. Pendule, appliques ou bras, chenets, etc., sont de toute beauté.
Fig. 63. — Fauteuil (musée des Arts décoratifs). Ornementation plus luxuriante que de coutume. A remarquer, sur les pieds, les ornements disposés dans les cannelures, dits tigettes à culots ou vulgairement « asperges » parce qu'ils portent des agréments à l'extrémité de leur « chandelle ». Sans ces agréments, plus ou moins variés et nombreux, l'ornement figurant dans les cannelures s'appelle un tube ou une « chandelle » (voir la figure 66).
Fig. 66. — Commode -vitrine, chaises (musée des Arts décoratifs). Commode - vitrine en acajou rehaussé de motifs antiques en bronze ciselé et doré. On goûtera l'aspect calme de ce meuble encadré de curieuses chaises à dossiers de bois à jours. Au pied de ces chaises, on remarquera des « chandelles » dans les cannelures. Les consoles qui figurent dans le fond sont Louis XIV.
Fig. 69. — Canapé de Marie-Antoinette (musée des Arts décoratifs). Il est à remarquer que si ce canapé a trois pieds, celui de la figure 55 en a quatre. On aime beaucoup les pieds de meubles sous Louis XVI.
Fig. 70. — Cheminée, chaises, etc, (musée des Arts décoratifs). Voir figure 85 le détail de la chaise qui oe trouve à gauche de la cheminée. A remarquera droite, dans les cannelures de la base de la colonne qui sert
de piédestal au buste, les agréments décoratifs dits « asperges ».
Fig. 71. — Fauteuil (musée des Arts décoratifs). Consoles des bras cannelées en spirale, pieds cannelés droits.
Fig. 72. — Console, lambris, etc. (musée des Arts décoratifs). Comparer ce meuble de pur style avec celui de la figure 58, qui est composite. On remarquera sur les deux gravures, le motif vase enguirlandé, similaire. Voir figure 139 le détail du groupe en biscuit de Sèvres visible sur cette console, au milieu.
Fig. 73. — Secrétaire (musée des Arts décoratifs). Dans la partie supérieure du meuble, la galerie de cuivre ajourée, typique, interrompue surle devant. Le panier fleuri et enrubanné qui pare le panneau central, est en fine marqueterie. Voir figure 128, le détail de la pendule visible sur ce secrétaire.
Fig. 74, 83 et 86. — Etoffes d'ameublement. Tissus de soie, brocarts et brocatelles. Sur la première étoffe (fig. 74) les bouquets sont de couleur naturelle et, les palmes qui les accompagnent, sont jaunes. Le fond est bleu passé. Sur la deuxième [fig. 83) les motifs (bouquets, au ton naturel, palmes jaune clair) se détachent sur un fond roue-e cramoisi. Sur la troisième
[fig. 86) les dessins sont brochés jaune clair sur vertbleu clair.
Fig. 7G. — Vantaux déportes cintres. Motifs sur les panneaux supérieurs : draperie, médaillon fleuri; sur les panneaux inférieurs : fleurs au naturel; sur les panneaux intermédiaires : postes (ou « chiens courants ») et rosaces. On remarquera l'effet singulier de cet ornement grec parmi la fantaisie bien française du décor général. Les portes cintrées, étant donnés certains salons ovales et les rotondes, sont nombreuses sous Louis XVI.
Fig. 8t. — Commode (musée des Arts décoratifs). A remarquer, dans le prolongement du pied droit jusqu'en haut, la chute-triglyphe bordée de guirlandes et terminée par des gouttes, très fréquente (voir la description des figures 9 et 15). Ce motif existe naturellement en pendant, de l'autre côté du meuble. Les anneaux qui servent à tirer les tiroirs, sont des couronnes. Au bas du panneau du milieu ou tablier, le motif dépassant dit rinceau. La commode, en marqueterie d'acajou, est recouverte d'un marbre, les motifs appliqués sont en bronze ciselé et doré. A remarquer aux pieds, les « sabots » ou ornements métalliques, en l'occurence des feuilles d'acanthe.
Fig. 82. — Petite table en acajou et marqueterie. A
remarquer sur chaque côté, la chute en draperie et, plus bas, en dessous, les deux gouttes qui tombent de la moulure (en bronze doré et ciselé comme les chutes et Tentrée de serrure).
Fig. 85. — Chaise (musée des Arts décoratifs). Décor chinois en tapisserie. Motifs décoratifs : rubans, rosaces carrées, cannelures ornées de chandelles dans les pieds. La tapisserie est bordée de clous de cuivre rapprochés qui font l'effet de perles. L'aspect du meuble est singulièrement carré et d'une élégance primitive.
Fig. 88. — Fauteuil (musée des Arts décoratifs). Dossier en « chapeau » ; cannelures torses (consoles des bras et les pieds) ; autres motifs : cannelures droites, postes, rosaces d'acanthe carrées (entre la tête des pieds et la base des consoles des bras).
Fig. 89. — Encoignure (musée des Arts décoratifs). Les deux tablettes dont une, l'inférieure, est en forme de « rognon », sont bordées avec la galerie à jours typique. Le meuble est en acajou recouvert d'une tablette de marbre blanc. On remarquera les fines cannelures des pieds.
Fig. 91. — Bergère. Les postes qui sculptent le bois du meuble dans sa partie inférieure sont bien lisibles,
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ainsi que la rosace inscrite au milieu du rectangle placé à la tête des pieds, et les cannelures. Le mouvement des bras est encore un peu Louis XV
Fig. 93. — Fauteuil (musée des Arts décoratifs). Ce meuble où s'accuse déjà la lourdeur qui triomphera avec le style Empire, marque la fin du Louis XVI. Remarquer ses pieds, les consoles de ses bras carrés; son aspect massif en général.
Fig. 95. — Coi/feuse (Petit Trianon). En se rabattant, le miroir ferme le meuble dont les volets de droite et de gauche sont également mobiles. L'ensemble est en marqueterie d'acajou bordé de moulures en bronze ciselé et doré. Les roulettes apparaissent aux pieds des meubles dès Louis XVI.
Fig. 98. Cartel. — Au sommet, vase antique drapé, couronné d'une pomme de pin, fleurons et têtes de béliers à droite et à gauche du cadran que des dépouilles de lion festonnent; la tête du lion sous le cadran. Vers la base, des gouttes encadrées de pommes de pin. On remarquera l'architecture carrée des moulures, les cannelures horizontales typiques, alternant avec des cannelures verticales, les godrons situés audessus du cadran, etc. Le cartel est en bronze ciselé et doré.
Fig. 101. — Pendule. Sujet tendre (bronze) au goût du jour. Les rinceaux et les moulures appliqués sur le marbre blanc sont en bronze doré. Quatre pieds pour soutenir cette pendulette! Nous avons dit en quelle estime on tenait les pieds, sous Louis XVI.
Fig. 102. — Miniature et cadre. Guirlandes et perles, feuilles d'acanthe. Joli mouvement de volutes terminées en manière de grecque, à angles droits, de chaque côté du couronnement.
Fig. 104. — Pendule marbre blanc et applications de bronze ciselé et doré. On remarquera la disposition singulière du cadran surmonté et flanqué de vases, reposant sur un portique. Le motif torsades et perles borde le» moulures ; des rosaces, des chutes de feuillage, ornent les montants du portique et le cadran esl encadré de rameaux de chêne attachés par un ruban. A l'extrémité du balancier : une tête grecque.
Fig. 107. — Glace en bois sculpté et doré. Motif décoratif supérieur : des colombes se becquetant.
Fig. 108. — Chandelier en cuivre ciselé et doré. On remarquera l'harmonie et la simplicité de sa forme finement décorée de cannelures, de perles et de rubans. Et ces cannelures, vers la base, sont délicatement agrémentées de chapelets et de discrètes chutes
de fleurs. En terme d'ébénisterie, nous avons dit que ces ornements insérés dans les cannelures s'appellent soit des chandelles ou tubes (lorsqu'ils sont simples), soit des tigettes à culots ou asperges, lorsque ces ornements sont agrémentés. Et il va de soi que le métal est plus favorable à l'ornementation que le bois, dans ces cannelures ouvragées.
Fig.*109. — Candélabre-applique ou bras. Au sommet de l'applique, on remarquera le vase enguirlandé dont le couvercle cannelé est surmonté d'une pomme de pin. Les bras du candélabre, carrés dans leur épaisseur, sans être rigides, sont d'une correcte torsion. Porte-bougies et bobèches (ces dernières bordées de laurier), cannelées. Sur la tige droite qui termine l'applique, à sa base : une tête de bélier.
Fig. 111. — Vase-candélabre. Urne en porcelaine de Sèvres et garnitures de bronze doré et ciselé. Les anses sont des rameaux de laurier, et la même feuille a inspiré le col et la base de l'urne, flanquée, d'autre part, du médaillon enguirlandé et enrubanné de Louis XVI. De cette urne jaillissent des rinceaux de feuillage stylisé au bout duquel sont les bobèches bordées de perles. Sous le premier Empire, cette stylisation du feuillage s'accentuera jusqu'à perdie l'aspect nature.
$66 LE STYLE LOUIS KVî
Fig. 112. — Chandelier en cuivre doré et ciselé. Il est massif et surchargé de nervures et de bosses. Sa base môme, fait songer au style Louis XV. Mettons que ce chandelier date du début de Louis XVI. Onrencontre les chandeliers aussi bien en vermeil et en argent ; celle observation concerne le luminaire, en général.
Fig. 113. — Chandelier en marbre blanc et bronze ciselé. Il est petit et trapu. Sur son fût de marbre blanc (comme sa base bordée de perles) s'enroule une guirlande de laurier en bronze et, en manière de chapiteau : un vase également en bronze où Ton introduit la bougie. L'effet du métal sombre sur le marbre clair, est charmant. (Collection Hopilliart et Leroy.)
Fig. 114. — Vase jaspe et cuivre cisele\ sur une base de porphyre. Ce vase avec son pendant, sert de garniture de cheminée au salon du Petit Trianon [fig. 51),
Fig. 115. — Petit meuble de nécessité en laque de Chine. A remarquer la galerie de cuivre à jours qui lui sert de base et sa charnière, sans rapport d'ailleurs avec le style Louis XVI. On goûtera la discrétion de ce meuble intime qui servait de chaise percée.
Fig. 116. — Pendule. Amour lutinant une jeune femme. Bronze ciselé et doré, marbre blanc. L'idée d'innocence ou de naïveté inséparable de ces sujets
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ambigus, est ici personnifiée par un autre Amour dont l'index de la dextre est engagé dans la commissure droite de la lèvre, suivant le geste candide consacré. De chaque côté du socle, on voit deux rosaces rectangulaires. (Collection Hopilliart et Leroy.)
Fig. 117. — Chandelier. Plus élégant que les précédents, avec sa délicate colonne pentagonale terminée à sa base par des griffes d'animaux; avec ses perles en bordure, avec ses bracelets aux fins guillochis sur lesquels se détachent des rameaux de laurier.
Fig. 118. — Baromètre en bois sculpté et doré. Malgré sa sculpture rudimentaire, il est très typique avec ses colombes se becquetant, son vase drapé, ses deux manières de triglyphes qui flanquent le cadran et l'espèce de draperie qui tombe au-dessous. A remarquer les cannelures horizontales, verticales et en biais, les feuillages de laurier qui dépassent les triglyphes (ornements que nous avons vus sur les meubles). Ces baromètres décoratifs étaient très prisés sous Louis XVI.
Fig. 119. — Chenet. Le vase et le lion sont en métal doré plus sombre que le reste. Sur le vase, les ornements typiques : pomme de pin, guirlandes, têtes de bélier, cannelures et feuilles d'acanthe. Le lion repose sur des rameaux de laurier; sur les quatre pilastres qui
aboutissent aux pieds (ornés de rosaces rectangulaires) on voit des cannelures dans lesquelles s'insèrent des « asperges ». A remarquer encore le trophée et les guirlandes enrubannées qui complètent ce décor.
Fig. 122. — Pendule bronze et cuivre doré (collection Hopilliart et Leroy). Deux enfants au geste gauche représentant l'Innocence. Un oiseau, aux pieds de la fillette de droite, ajoute au symbole; l'oiseau vient de s'échapper de la cage que Ton aperçoit auprès du petit garçon. La frise d'acanthe qui souligne les personnages, est en cuivre doré et, au-dessous, on aperçoit un boulon servant à tirer un tiroir. L'ensemble repose sur une base de marbre blanc.
Fig. 123. — Chenet de cuivre doré. Balustrade surmontée d'un lion. Sur les deux socles coiffés de boules, on remarque deux rosaces rectangulaires, et un filet de perles borde balustrade et socle. Les chenets, sous Louis XVI, sont de petit volume.
Fig. 124. — Chenet (vu de face). L'élégance de ce chenet, autant dans la ligne que dans le luxe de l'ornementation, est remarquable. Au sommet, une cassolette d'où s'échappe une flamme, sur un trépied terminé par des sabots de bélier. Des têtes de bélier flanquent la cassolette, au point de départ, c'^st-à-dire à l'opposé des pieds, et, une guirlande de fruits se
courbe gracieusement de chaque côté du trépied. Cette guirlande emprunte à la vérité naturelle. Le trépied repose sur l'amorce d'une base de colonne cannelée. Aux deux extrémités du socle, pour ainsi dire, on voit deux bourgeons prêts à éclore plutôt que des pommes de pin — et séparés par une bordure de perles, sous le trépied, une tête grecque entourée de rameaux de laurier, des rinceaux, des couronnes, formant frise. La chevelure de cette tête grecque est retenue au sommet par une rosette bien française, la rosette Louis XVI. Sous les rinceaux delà frise sont des draperies. Le pied du milieu, enfin, est un bourgeon renversé, analogue à ceux qui décorent le socle sur chacun de ses côtés, tandis que les deux autres pieds, situés précisément dans le prolongement des pommesbourgeons du socle, sont des feuilles de laurier terminées par des boules.
¥ ig. 125. — Thermomètre et baromètre, en métal ciselé et doré, Motifs : vase, perles, feuilles d'acanthe, rameaux de laurier (de chaque côtédu cadran), cornes d'abondance (à la base du thermomètre).
Fig; 126. — Cadre en bois sculpté, peint en gris. La moulure principale est enrubannée. La fine coulure du cadre intérieur est dite : chapelet.
Fig. 127. — Chenet de cuivre doré. Balustrade en-
cadrée de deux socles surmontés de sphères. Sur les socles, en bas-relief : des losanges; sur la partie utile du chenet, c'est-à-dire derrière sa façade ornée : deux obélisques.
Fig. 128. — Pendule en cuivre doré et ciselé (musée des Arts décoratifs). Vase drapé au sommet, reposant sur des pieds de biche. De chaque côté du cadran, des cornes d'abondance surmontées d'une tête de satyre. On retrouve les motifs : ruban, cannelures, feuilles d'acanthe et de chêne; les formes bien carrées que tronquent seules sur les flancs du cadran cubique, la sage courbure des cornes d'abondance. La base de la pendule est en marbre blanc décoré de rince \ux de bronze et de rosaces.
Fig. 129. — Pendule rotative. Petit monument en miniature; dôme soutenu par des cariatides. Les heures sont montrées par une flèche fixée dans le dôme au-dessous duquel tourne le cadran. Des colonnes d'ordre dorique supportent la plate-forme supérieure bordée d'une galerie, où se trouvent le mouvement d'horlogerie et le carillon. Des chaînes terminées par des glands forment guirlande sous la plate-forme et les colonnes reposent sur une plateforme inférieure également bordée d'une galerie. À l'extrémité du balancier, un soleil rayonne. Les colonnes sont en onyx, les deux plates-formes en marbre
blanc, le reste est en bronze ciselé et doré. A remarquer la galerie bordée de perles, bien typique.
Fig. 130. — Vase en porphyre et cuivre ciselé et doré. Essentiellement décoratif, il figure dans la garniture des cheminées. L'effet rouge foncé de sa matière, avec le cuivre doré de ses bordures, de ses anses et de ses pieds, est des mieux assorti.
Fig. 131. — Pendule en forme de lyre terminée à son extrémité par des têtes d'aigles dont le bec tient une guirlande de fleurs. La lyre est agrémentée de perles et de feuilles d'acanthe. La base seule de la pendule est en marbre blanc. Le cadran oscille comme un balancier. Entre les deux têtes d'aigles, au sommet, un rameau de fleurs aux pétales étoiles, quelque tournesol, sans doute,
Fig. 132. — Harpe. Instrument fort à la mode avant l'apparition du piano. Après le premier Empire, nous voyons la harpe pour ainsi dire délaissée dans les salons, elle vibra pour la dernière fois avec la dernière romance. Aujourd'hui, en dehors de l'orchestre, la harpe que peu d'amateurs cultivent, est plutôt un objet décoratif. Les femmes au xvine siècle et au début du xixe furent surtout passionnées pour cet instrument qui faisait valoir la grâce de leurs bras nus. A remarquer, sur notre gravure, à l'extrémité de la
harpe, sous la volute, un vase rempli de fleurs, typique avec ses cannelures torses et sa console; les cannelures agrémentées, du montant de gauche, ne sont pas moins caractéristiques.
Fig. 435. — Pendulette de métal ciselé et doré de diverses couleurs (du clair au sombre), sur socle de marbre blanc. Vase rempli de fruits et de feuillage tombant en volutes. Autour du cadran : des perles, au-dessous : des cornes d'abondance et une rosace. De chaque côté : des chutes de laurier et des consoles. Des portes sur la console de marbre.
Fig. 136. — Biscuit de Sèvres, sujet pastoral. Quelque goûter champêtre. Aux pieds du « galant », un chien, symbole de la fidélité. Sur le socle en bois doré, des perles et des feuilles d'acanthe. Le biscuit de Sèvres est un biscuit de porcelaine fabriqué avec des pâtes de premier choix. Les statuettes ainsi moulées ont, lorsqu'elles sont cuites, l'aspect du marbre, d'autant qu'elles ne sont pas émaillées.
Fig. 137. — Boîte à musique de Marie-Antoinette. Bijou de dessin et de ciselure où l'esprit fiançais le dispute à l'antique avec une rare délicatesse de goût. A remarquer : les griffons (panneau du milieu, au bas) dont les ailes singulièrement enroulées à la pointe seront si en vogue sous le premier Empire ; les rinceaux
en place de balustres, dans la galerie à jours du haut. Il n'est pas jusqu'aux cariatides qui n'aient une finesse bien française. A leur base : la rosace rectangulaire etles pieds du meuble nombreux, cannelés. Louis XVI, désireux de sacrifier aux goûts de Marie-Antoinette pour la musique, condescendit jusqu'à l'automatisme. C'est ainsi qu'en dehors de la boîte à musique ici représentée (voir également celle qui figure comme entête du chapitre vin), on peut voir au Conservatoire des Arts et Métiers à Paris, un petit automate datant de 1772 qui représente une petite femme jouant du clavecin, au quart de grandeur naturelle. Ce jouet fut offert, dit-on, par le roi à la reine. Il suffit de pousser un bouton pour que la claveciniste se mette à jouer. A propos du clavecin dont voici venir le déclin, il ne faut pas oublier les succès obtenus par Jean- Jacques Rousseau et le fameux Garât, sur cet instrument.
Fig. 138. — Urne-vase, porcelaine et métal, ce dernier disposé en bandes onduleuses, d'un effet curieux et charmant. Les anses, surtout dans leurs crosses, commencent à se styliser dans le goût du premier Empire mais la feuille d'acanthe triomphe toujours, ainsi que les perles.
Fig. 139. — Biscuit de Sèvres. Un groupe d'un symbolisme imprécis, tient un médaillon où l'on reconnaît
les profils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Un génie — de la paix — sans doute (à caus? du rameau d'olivier) mais, on ne saisit pas le caractère de la jeune femme. Au bas, des Amoiirs s'apprêlent à couronner de fleurs l'autel sur lequel repose le médaillon enrubanné. Sujet gracieux, d'une mythologie édulcorée comme il y en eut tant à l'époque.
Fig. 140. — Bonbonnière. Les bonbonnières désignent une de ces nombreuses boîtes (à poudre, à mouches, à savonnette, à tabac, etc.), qui foisonnèrent au xvme siècle. Auparavant, on disait des drageoirs. Les bonbonnières (comme les autres boîtes) furent d'une magnificence sans égale à cette époque. Il yen eut en or, en argent, en buis, en écaille, enrichies d'émaux, de camées, de pierres fines, de miniatures, etc. Des diamants même les ornèrent. « On mesurait le luxe d'un seigneur au nombre et à la richesse de ses boîtes. » Notre bonbonnière porte sur son couvercle, une miniature.
Fig. 143. — Vase de Sèvres. Sur les flancs du vase, encadré de rameaux de laurier attachés au sommet par un ruban : un sujet pastoral. L'harmonie du vase est rose et bleue. Le sujet est peint dans les couleurs naturelles.
Fig. 144. — Montres, Les montres au xvme siècle,
de même que les boîtes, étaient enrichies de pierreries, de roses et de diamants, de perles et de rubis, etc. Un sujet en émail dans le goût de ceux que nous donnons, ornait le boîtier de ces montres que des breloques finement ciselées, maintenaient. Breloques larges aussi luxueuses que les montres, qui pendaient hors du gilet chez les hommes et dépassaient la ceinture chez les femmes, accompagnant la marche, de leur cliquetis. Les montres représentées à la figure 147 datent de la fin de Louis XVI, leur décor s'altère, leur richesse également est moindre.
Fig. 145. — Tabatière. Voir plus haut ce que nous disons à propos des bonbonnières et autres boîtes. Sur la boîte à tabac de notre gravure, une miniature : le portrait de Louis XVI. L'écaillé blonde et Tor président à la conception de ce bijou, dont la forme ovale est singulièrement contrariée par un autre ovale (celui qui renferme le portrait) inscrit dans un sens opposé.
Fig. 146. — Biscuit de Sèvres représentant la fable charmante de Pygmalion et Galate'e, daprès Falconet. Le sculpteur Pygmalion voit s'animer son œuvre, la statue d'ivoire dont Vénus l'avait rendu éperdûment amoureux et qu'il avait intitulée Galatée. Falconet dontpous donnons d'autre part la Baigneuse {fig. 38), semble résumer le style de la beauté physique chère au xviii6 siècle. Petite tête, torse mince et partie infé-
rieure très développée. Une rondeur, une grâce et une délicatesse générales, qui rappellent ?la manière de Jean Goujon avec plus de volupté. En regardant la Baigneuse et la figure de Galatée, on saisit vraisemblablement l'esthétique féminine de cette époque où l'esprit de l'antique sut se « franciser » de si heureuse façon.
Fig. 149. — Costume d'homme (collection F. Castanié); habit en soie brodé d'œillets et de palmes, boutons d'acier. Gilet blanc en satin, brodé de fleurs, culotte de velours à pont. L'habit est doublé de satin blanc.
Fiu. 150. — Costume d'homme (collection F. Castanié); habit en soie rayée et brodée, gilet de même tissu que l'habit.
Fig. 151. — Costumes de femme (collection F. Castanié). Etoffes à raies et à fleurs, en soie claire.
Cul-de-lampe du chapitre i. Deux amours aux ailes de papillon supportant une corbeille de fleurs, dans un envol de draperies. Sujet gracieux, dernier vestige de l'art de Boucher qui marque le reste de la sentimentalité du délicieux xvine siècle.
Entête du chapitre n. Délicat rinceau, rénové de l'antique, a à la française » ; l'acanthe gréco-romaine
mêlée de roses, rafraîchit par cet accord de la vie et du parfum, la sécheresse du feuillage stylisé.
Nota bene : ne pas confondre les motifs dit rinceaux avec l'ornement de ce nom placé à la base du tablier des meubles (secrétaires, commodes, armoires, etc.).
Cul-de-lampe du chapitre n. Deux petits oiseaux, malaisés à qualifier avec leur collier de fleurs, se becquètent dans le feuillage ; cela change des tourterelles mais l'esprit est le même : toujours de la sentimentalité.
Entête du chapitre iv. Cor, carquois, lances, associés à un feuillage de chêne dont les rameaux sont attachés par des rubans. Trophée de chasse primitive. Au milieu du motif : une console.
Entête du chapitre vi. Rinceaux partant d'un culot (ou motif central). A l'extrémité des volutes : une rose et d'autres fleurs vivantes dans le feuillage stylisé, stérilisé.
Cul-de-lampe du chapitre vi. Tête de lion singulièrement dénaturée dans le goût décoratif des artistes de la Renaissance.
Entête du chapitre vu. Motifs décoratifs : figure drapée à la grecque; trophée ou figurent des glaives et un bouclier romains, un aigle, parmi un feuillage de
chêne. A l'extrémité de cet arrangement décoratif des chalumeaux attachés par un ruban terminé par un gland. Trépied antique où Ton remarque des têtes de bélier, l'enlacement d'un serpent, et, au bas du sujet : le motif grec très fréquent dit postes.
Cul-de-lampe du chapitre vin. Motif de feuilles d'acanthe délicatement modelé en forme d'ailes.
Cul-de-lampe du chapitre ix : lampe antique. Tête d'aigle terminée par un feuillage d'acanthe. Feuilles de laurier sur le couvercle, torsades, cannelures.
Entête du chapitre x. Trophée héroïque à l'antique . casques à plumes, drapeaux, lances, branches de chêne.