Voirie Style Louis XIII, du même .auteur
2. Le croissant figura aussi sur les livrées et les armes de Henri II, en l’honneur de Diane de Poitiers, et la levrette fut l’emblème de Anne de Bretagne.
style de Henri II marqua une réaction contre l’expression de François Ier, il tendit à une pureté qui, en somme, sympathise plutôt avec cette expression qu’elle ne l’écrase. Le style Louis XV fit pareille moue aux écarts de la Régence, et, néanmoins, malgré des nuances, l’esprit de la Régence hante bien celui de Louis XV. N’insistons donc pas excessivement sur les catégories de beauté de cette Renaissance rayonnante où il faut constater surtout, après la capitulation de la tradition française, la délicatesse et roriginalitédenosappropriations nationales d’après les données italo-an tiques. On peut même reconnaître notre supériorité sur les créations correspondantes de l’Italie. Les exemples qui suivent le démontrent.
C’est la maison dite de François Ier (transportée de Moret à Paris, en 1823), une partie du château de Versailles, le château de Chaumont, V hôtel d'Escoville, à Caen; celui d'Assesat, construit par Bachelier, à Toulouse, la maison aes Consuls, & Albi, la maison Milcent, due à Hugues Sambin, à Dijon, et tant d’autres châteaux encore, ceux de Valençay, en Berry, de Pibrac, en Gascogne, de Tanlay et d ' Ancy-le-Franc, eu Bourgogne, d'Oiron, en Poitou, de Martainville en Normandie, d'Ussé, de Madrid autrefois au Boisde-Boulogne, de Nantouillei, etc.
Tous ces joyaux, malgré qu’ils portent souvent, Çà et là, dans les détails décoratifs surtout, les traces
de la collaboration italienne, sont tellement épurés à la française, tellement nationalisés, qu'on ne saurait sérieusement les disputer à notre art, ni en contester l’originalité.
Fig. 65. — Galerie dite de François * IeT (château de Fontainebleau).
La Renaissance française a arrondi les angles de la décoration italienne; elle a calmé 1 acuité de ses pointes qu’elle assouplit à son charme propre.
Tout est en velours, en soie et en satin, à cette époque d’une intellection, d’une gaîté et d’une fraîcheur si prenantes, à cette époque qui avait si ingénieusement converti les dentelles flamboyantes exces-
sives, du gothique arrivé à sa période d’affolement,
en une autre dentelle sans à-jours cette fois, dont les boiseries étaient à profusion recouvertes.
Mais il apparaît que le style de la Renaissance connut aussi sur sa fin, la décadence, marquée par une similaire exubérance, et la gravure a conservé, pour l’attester, l’ancien hôtel Lunati, à Nancy.