PES
donne le nom de cœcum pylorique (1), et la première partie de l’intestin (ce qu’il appelle éntestin direct) qui, simplement accolés chez M. latus, se sont soudés chez M. edulis et communiquent entre eux dans toute leur longueur. C’est à l’extrémité postérieure de cet organe que s’insère l’intestin récurrent, sur la gouttière inférieure.
Bien avant d’avoir eu connaissance du travail, d’ailleurs peu répandu, de PURDIE, j'étais arrivé aux mêmes conclusions, non seulement par des considérations anatomiques, mais encore et surtout en me basant sur les caractères histologiques, comme je le montrerai dans un instant. La conclusion de ce fait, conclusion qui a échappé à l’auteur anglais, est que chez les Lamellibranches en apparence privés de cœcum, cet organe existe bien réellement, mais qu'il s’est soudé, qu'il s’est fondu avec l’intestin direct ; bien qu’accolées et communiquant entre elles dans toute leur longueur, les lumières respectives du cœcum et de l'intestin direct restent bien distinctes : la dernière livre passage au bol alimentaire, la première loge uniquement le stylet. En un mot, la goutlière supérieure de SABATIER représente le cæcum, la gouttière inférieure l'intestin proprement dit. Il est donc faux de répéter avec tous les observateurs qui se sont succédés jusqu’à présent que «lorsque la tige cristalline n’est pas renfermée dans un cœcum spécial elle est contenue dans la portion de l'intestin qui fait suite immédiatement à l’estomac » ; cette proposition doit être complètement modifiée, et j'estime qu'on doit dire : « la tige crisalline est toujours logée dans un cœcum spécial, mais ce cœcum peut être, tantôt entièrement libre, tantôt au contraire soudé dans toute sa longueur avec l'intestin direct. »
L'examen microscopique de la région en question à confirmé pleinement cette manière de voir: la gouttière inférieure (intestin direct) est revètue de ce même épithélium cylindrique qu'on retrouve dans toute l’étendue du tube intestinal, tandis que la gouttière supérieure (cœcum) est tapissée de cet épithélium épais, jaunâtre, à cils vibratiles denses, que nous avons décrit comme n'existant que dans le cœcum des Lamellibranches du premier groupe.
Pratiquons, par exemple, chez un Cardium edule, une coupe horizontale au niveau de la partie tout à fait inférieure de ce que J'ai appelé l'intestin composé ; la section offrira grossièrement l'aspect
(1) Par opposition à un autre cœcum, généralement de petite taille qui se voit presque toujours vers le milieu de la face dorsale de l'estomac et que PurDiE désigne sous le nom de cardiac cœcum. Cet organe est parfois très développé, chez les Pholadidea et Jouannetia, par exemple (voyez EGcer, Loc. cit, pl. IL, fig. 64-65, mb.)
d'un S de chiffre (pl. IV, fig. 5), dans la plus grande boucle duquel on distinguera de suite le stylet cristallin s£. Chez le Cardium edule, les bourrelets ne sont plus situés latéralement, mais bien aux deux extrémités postérieure et antérieure. Dans cette grande boucle (gout. tière supérieure) lépithélium est formé de hautes cellules, à gros noyau sphérique, à plateau cuticulaire très marqué, tapissées de longs cils forts et denses, que nous avons déjà décrites et figurées (pl, LT, fig. 4) chez Donar trunculus. Au niveau des deux bourrelets qui, en se touchant sur la ligne médiane séparent le cœcum de l'intestin, l’épithélium change brusquement d'aspect, ainsi que l'avait déjà remarqué SABATIER, et sans aucune transition. Sur le bourrelet postérieur les cellules se multiplient de telle sortg que la hauteur de l'épithélium en est plus que doublée; les noyaux très nombreux, allongés, occupant toute lépaisseur de la masse granuleuse ainsi formée qui est en tous points comparable à cette curieuse région que j'ai décrite précédemment aux environs de la gouttière cœcale du Donar trunculus, sous la dénomination de « épithélium modifié. »
Seulement, sur les préparations qui ont été dessinées, les cils semblent manquer à la surface de cet épithélium ; cette absence est due, sans doute, à une fixation insuffisante ou trop tardive, car nous avons vu chez Donax trunculus les cils en question tapisser indistinctement toute la surface du cœcum, même au niveau de lépithélium modifié.
Très souvent en ce point, mais seulement lorsque La coupe est pratiquée à la partie tout à fait inférieure de l'intestin composé, la tige cristalline, formée encore d’un petit nombre de couches, semble accolée contre la paroi et maintenue presque en contact avec elle par l'intermédiaire d’une matière granuleuse jaunâtre se colorant assez vivement sous l'influence des réactifs, de la même façon que le stylet et la couche de cils. Toutefois, je n'ai jamais constaté de véritable adhérence.
Le bourrelet antérieur, chez le Cardium edule, offre une structure toute différente ; il est constitué par une sorte de tissu conjonctif très dense, à noyaux rares, et l’on n’y retrouve point cette couche épithéliale si curieuse, qui constitue la plus grande partie du bourrelet opposé. A l'épithélium ep? de la portion cœcale, succède brusquement l'épithélium epl, mince sans plateau cuticulaire, à cils grèles et rares, cet épithélium en un mot qu'on rencontre dans toute l'étendue de l'intestin direct chez les Lamellibranches du premier type.