‹ Le stylet cristallin des lamellibranchesChapitre 14 sur 26 · NES · texte numérisé non relu

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Voici quelques mensurations prises sur un Cardium edule de belle taille :

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La disposition que je viens de décrire se retrouve dans ses traits principaux, mais avec une légère variante, chez l'Huitre commune (PI. IV, fig. 6) : ici encore deux bourrelets séparent le cœcum (gouttière supérieure) de l'intestin direct (gouttière inférieure), mais ces deux bourrelets sont semblables entre eux, et constitués tous deux par cet épithélium élevé, à nombreux noyaux, que j'ai décrit tout à l'heure.

Les mensurations suivantes ont été prises sur une Huitre de Marennes adulte :

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Il est assez curieux de faire remarquer que tous ces détails ont été vus par HasELorr sur la Moule commune, ainsi qu'il ressort nettement de l'examen des figures données par ce naturaliste (1); les dimensions relatives des cellules qui revêtent la portion intestinale et la portion cœcale, le plateau cuticulaire et les cils épais (2) qui garnissent ces der-

(1) HaseLorr : Loc. cit., fig. 2, 3, 6 et 7.

(2) Bien qu'HasELoFF ne figure point de cils dans la boucle intestinale, ils existent néanmoins chez la Moule, comme je m'en suis assuré moi-même, seulement ils sont minces et peu serrés. (Voyez les figures 5 et 6 de la Planche IV du présent Mémoire).

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nières, tout est parfaitement indiqué, et pourtant le texte est muet sur la signification de ces particularités histologiques. HAsELOFF persiste à croire que le stylet est contenu dans l'intestin proprement dit, et désigne la région où il est logé sous le nom de « Xrystallstielführender Theil des Darmes. »

J'ai retrouvé chez un grand nombre d'espèces, la disposition que je viens de décrire chez Cardium edule et Ostrea edulis ; je citerai en particulier : Pecten maximus, Mytilus edulis, Scrobicularia piperata, Psammobia vespertina, Tellina solidula, Anodonta anatina, Unio pictorum, etc.

Ces deux dernières espèces m'arrèteront plus spécialement, car elles offrent un intérêt tout particulier à cause des recherches d'Hazay (1). Avant d'exposer les résultats de mes recherches, je crois bon de rappeler brièvement ce que les différents auteurs ont écrit sur le stylet cristallin des Naïades. Boyaxus (2), le premier, décrivit en 1827, dans lestomac d’une Anodonte, un singulier corps, irrégulièrement quadrilatère, d'aspect cartilagineux, qu'il désigna sous le nom de « Cristallgriffen ».

Quelque temps après, von SiEeBoLp signala chez les Naïades l’existence d’une véritable tige cristalline « s'étendant de l'estomac dans l'intestin. » Baupox et Moquin-TANDON ne rencontrèrent que le corps quadrilatère décrit par Boyaxus et l’homologuèrent au stylet cristallin des autres Lamellibranches ; ainsi donc, chez les Naïades, et par exception, le stylet cristallin semblait être situé, non pas dans un cœcum spécial, non pas dans une portion différenciée de l'intestin, mais bien dans l'estomac. Comme nous l’avons vu au début de cette étude, ce fut également à cette opinion que s'arrêta Hazay en 1881; il considéra comme stylet cristallin le corps irrégulier {Knorperstiel) de l'estomac des Naïades, assimilant à un produit de réserve la tige hyaline (Dünndarmkôrper) qu'il avait rencontrée dans la première portion de l'intestin.

Tout récemment enfin, Vocr et YuxG ont admis au contraire que la tige cristalline des Naïades est cylindrique et logée dans l'intestin direct.

(1) La structure des différentes parties de l'appareil digestif est exactement la mème chez la Mulette que chez l'Anodonte; ce que je dirai de celte dernière pourra donc s’appliquer à la première sans aucune restriction.

(2) Bozanus : loc. cit., P1. IX, fig. 7et 9.

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Comment expliquer de pareilles divergences? Quel est celui de ces deux corps que l’on peut réellement homologuer au stylet cristallin ? Et, ce fait éclairci, à quoi correspond le second corps ?

L'accord n’est pas bien difficile à établir, et j'ai déjà laissé soupconner comment il était loisible de concilier deux opinions en apparence si éloignées. Il est bon de faire remarquer avant tout que, chez les Naïades plus que chez tous les autres Lamellibranches, la tige cristalline véritable entre en difluence avec une très grande rapidité : ainsi s'explique comment cet organe à échappé aux recherches de Boganus, de Baup et de Moquin-Tanpon. Mais si l'on fixe les animaux sitôt après qu’on vient de les pècher, il est aisé de se convaincre que les Naïades présentent une structure en tous points conforme à celle que j'ai décrite plus haut, chez l'Huitre, par exemple.

Le corps irrégulier de l'estomac (Cristallgriffen de Boyanus, Knorperstiel de Hazay) n’est autre chose que la flèche tricuspide de Port, et le véritable stylet cristallin, c'est la tige hyaline vue par SIEBOLD, Hazay (Dünndarmkérper), VoGr et YuxG. Il suflit, pour s'en convaincre de pratiquer quelques coupes sur la première portion de l'intestin ; ici encore, cette portion représente à la fois le cæcum et l'intestin direct, et nous retrouvons encore l’épithélium particulier dont nous avons si souvent décrit l’épais plateau cuticulaire et la couche de cils denses.

Les Naïades ne constituent donc pas une exception, et nous pouvons les ranger dans le second groupe que nous avons établi, à côté des Mytilus, des Cardium, des Ostrea, etc.

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