TT A
rapidement par décantation avec de l’eau distillée (1), puis soumis aux réactions suivantes : |
Les stylets calcinés dégagent une odeur caractéristique de corne brülée,
L’acide chlorhydrique concentré les dissout très rapidement, surtout à une douce chaleur, en se colorant en bleu violacé.
Le réactif de Millon les blanchit immédiatement à froid. A chaud, il les colore en rouge vif.
Les stylets trempés dans une solution de sulfate de cuivre, puis lavés un peu à l’eau et traités par une lesssive étendue de potasse, prennent une belle coloration bleue, ou rose lorsque le contact avec la solution cuivrique a été très court.
La réaction d’Adamkiewicz (coloration violette avec l'acide acétique glacial additionné d'acide sulfurique) réussit également très bien.
Ces réactions démontrent que la masse principale du stylet est évidemment de nature albuminoïde. J'ai étudié ensuite l’action décomposante des acides étendus et chauds, afin de déterminer si cette masse albuminoïde rentre dans la classe des substances protéiques proprement dites ou dans celle des protéides de Hoppe- SEYLER (2). À cet effet, j'ai fait bouillir pendant une quarantaine de minutes une centaine de stylets avec de l'acide sulfurique à 2 0/4. La solution sulfurique neutralisée, fut précipitée par de l'alcool. La liqueur alcoolique séparée par filtration d’un précipité floconneux, de nature albuminoïde, puis évaporé presqu’à sec et reprise par de l’eau, a fourni une solution réduisant énergiquement la liqueur de Fehliug.
Ce dédoublement est analogue à celui que présentent la mucine et la chondrine. Ajoutons immédiatement que cette réaction est sujette à caution, puisque la production de ces substances réductrices s'explique aussi bien par la saccharification d’un hydrocarboné quelconque mêlé à la masse des stylets, que par le dédoublement de la matière protéique elle-mème (3).
(1) Les stylets sont en effet souillés au moment de leur extraction par des liquides divers (sues digestifs, lymphe, etc.).
(2) Les protéides sont des matières protéiques complexes pouvant se dédoubler en un albuminoïde proprement dit et en d’autres substances (HoPpe-Seyer. Traité d'analyse chimique appliquée à la physiologie, ete... traduit par SCHLAGDENHAUFFEN, Paris 1877, p. 295).
(3) Je dois cependant dire que toutes les tentatives faites en vue de séparer, de la masse albuminoïde des stylets, une substance de nature hydro-carbonée sont restées infructueuses. La recherche du glÿcogène notamment, a fourni un résultat négatif, que conürme enfièrement l'examen microchimique.
de ARE
J'ai essayé, par l'étude des réactions de la solution aqueuse des stylets, d'opérer une séparation de la matière ou des matières albuminoides contenues dans ces organes. Les stylets se dissolvent en effet assez facilement dans l’eau. A froid, la dissolution d’une centaine de stylets dans 20 à 30° d’eau est complète au bout de 8 à 10 heures, plus rapidement encore, si l’on a soin de déchirer les stylets par la trituration. Cette solution, assez épaisse, un peu visqueuse, mais non filante, est toujours un peu opaline, malgré des filtrations répétées. Lorsque les stylets ont été bien lavés, elle est neutre, sinon elle présente parfois une réaction très faiblement alcaline, J'indiquerai plus loin quelques-unes des réactions de cette solution. Pour l'instant, je n’en veux retenir qu'une seule, celle qui a servi à établir, au moins sommairement, la composition de ces organes.
En étendant cette solution aqueuse de vingt fois son volume d'eau et la faisant traverser par un courant d'acide carbonique, on produit un trouble très manifeste que l’addition d’une trace d'acide acétique accentue encore et qui disparait au contraire instantanément, si l’on ajoute un peu d’une solution concentrée de chlorure de sodium. Cette réaction indiquant la présence d’une globuline, J'ai essayé l’action du sulfate de magnésium en poudre, dont l'emploi a permis à HAMMARSTEN (1) arriver à une séparation si exacte et si complète de la globuline du sérum sanguin. Or, le sulfate de magnésium en poudre, ajouté à la solution primitive des stylets, produit un précipité floconneux, très abondant, qui, lorsque la saturation par le sel est complète, se rassemble au bout de quelques heures à la surlace sous form: d’une sorte de gâteau assez épais. Le liquide sous-jacent est alors complètement limpide, se sépare par filtration avec la plus grande facilité, et ne donne plus aucune des réactions des matières albuminoïdes. Du reste, ce liquide concentré dans le vide au-dessus de l'acide sulfurique, et débarrassé par des cristallisations successives de la majeure partie du sel, fournit à l’évaporation un résidu que la calcination ne colore que très légèrement en gris. L'élimination des matières organiques a donc été sensiblement complète.
Cette réaction fournit le point de départ d’une analyse som-
(1) Hammarsrex, Pflügers’s Arch. t. XVIT et Zeitsch. f. physiol. Chemie, t. VIT, p. 465.