‹ Le stylet cristallin des lamellibranchesChapitre 19 sur 26 · D 4 CT · texte numérisé non relu

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maire dont voici les résultats. Environ cinq cent cinquante à six ; cents stylets sont dissous dans 120c d’eau. On divise la solution en quatre portions de 30° chacune. La première est évaporée à siccité au bain-marie, Le résidu est desséché à 120°, pesé, puis incinéré. On trouve ainsi, déduction faite des cendres:

Matière organique. . . . 0 gr. 4809

Les trois autres portions ont été étendues de leur volume d’eau et additionnées jusqu'à refus de sulfate de magnésium en poudre (1). Sur l’une de ces trois portions la purification et la pesée de la matière albuminoïde ainsi précipitée a été faite d’après le procédé indiqué par HAMMARSTEN pour le dosage des globulines. Ce procédé consiste à rassembler, sur un filtre lavé, desséché à 120° et taré, le précipité produit par le sulfate de magnésium, à le laver avec une solution saturée du même sel, puis à abandonner le précipité sur son filtre dans une étuve à 120° pendant quelques heures. Au bout de ce temps, la matière albuminoïde étant complètement coagulée, on se débarrasse par des lavages à l'eau du sulfate de magnésium qui imprègne encore la masse, on épuise successivement par l’alcool et l’éther, on dessèche à 120° et on repèse.

Le filtre et son contenu sont ensuite incinérés et le poids des cendres est déduit du résultat fourni par la première pesée.

Ce procédé m'a fourni pour l’une des portions de 30€, déduction faite des cendres (2):

Matière précipitable par le sulfate de magnésium . . . Ogr. 4400

Ce résultat est entaché d’une erreur par défaut. En effet, la matière albuminoïde précipitée de la solution des stylets par le sulfate de magnésium, et introduite aussitôt dans une étuve à 120, n'est qu'incomplètement coagulée au bout de six et même de douze heures de chauffe. Sous l’action des eaux de lavage, elle se gonfle peu à peu, redevient, dans une certaine mesure, translucide, gélatineuse et cesse d’être complètement insoluble dans l’eau. Et de fait, les liquides de lavage sont mousseux et le résidu qu’ils

(1) La séparation de la matière albuminoïde se fait difficilement dans les solutions concentrées et épaisses.

(2) Le poids des cendres dépassait à peine 1 °/, de substance sèche.

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fournissent par évaporation, noircit quand on le calcine, en dégageant une odeur de corne brûlée.

On évite, au contraire, cette perte en faisant bouillir le précipité avec son eau mère magnésienne avant de le rassembler sur le filtre, ce qui est sans inconvénient dans le cas présent, puisqu’aucune autre matière albuminoïde n'accompagne celle que le sel magnésien a précipitée. On obtient ainsi un coagulum que l’on peut laver immédiatement à l’eau jusqu'à disparition de la réaction des sulfates. On épuise ensuite à l'alcool et à l'éther et ‘on pèse après dessication à 120° pendant quelques heures. J'ai obtenu par ce procédé, en opérant sur une autre portion de 30cc de liquide primitif déduction faite des cendres :

Matière précipitable par le sulfate de magnésium . . . . 0,4678

On voit donc que sur un poids total de Ogr.4809 de matières organiques, on en retrouve Ogr.4678 sous forme de matière précipitable par le sulfate de magnésium. La concordance est suffisante pour qu'on puisse affirmer que la substance précipitée par le sulfate de magnésium est la seule matière organique qui soit contenue dans les stylets (1).

Enfin la quatrième et dernière portion de 30cc, précipitée comme les deux précédentes par le sulfate de magnésium fournit un coagulum qui, après lavage à l’eau, l'alcool et l’éther, fut détaché du filtre à l’aide de la pissette et soumis, comme il à été dit précédemment, à l'action de l'acide sulfurique étendu et chaud. On obtint ainsi après élimination totale des matières albuminoïdes par l’alcool (voy. p. 47) un extrait aqueux qui fut étendu à 20, Il fallut 11° de ce liquide pour décolorer 5° de liqueur de Fehling. La quantité totale de principes réducteurs produits équivalait donc donc à O0 gr.045 de glucose primitive, c’est-à-dire à Ogr.09%5 de glucose pour un gramme de matière protéique sèche. =

Un autre essai de dédoublement à été fait directement avec un gramme de stylets à l’état sec. Ici la quantité de substances réduc-

(1) L'eau mère magnésienne séparée par filtration du précipité albuminoïde et additionnée d'une nouvelle quantité de sulfate de magnésium se troubla encore légèrement au bout de 12 heures, ce qui montre qu'on n'avait pas attendu un temps suffisant pour une précipitalion absolument complète. De nouveaux dosages que je n'ai pu faire encore, faute de matière première, donneront certainement

des résultats tout à fait concordants.

trices produites, évaluée à l'aide de la liqueur de Fehling correspondait à O gr. 085 de glucose, résultat qui présente avec le précédent un accord suffisant, si l’on tient compte des incertitudes inhérentes à ce genre de détermination (1). — Ajoutons que ces substances sont sans action sur la lumière polarisée.

Quoi qu'il en soit, il ressort de ce qui précède que les stylets de Cardium edule sont presqu’exclusivement constituées par une substance de nature albuminoïde, précipitée de sa solution aqueuse par le sulfate de magnésium à la manière d’une globuline, mais fournissant sous l’action des acides étendus et chauds des corps qui réduisent les solutions alcalines d'oxyde de cuivre.

J'ai essayé de caractériser cette substance d’une façon plus précise. Le mieux serait, sans doute, de soumettre tout d’abord la solution aqueuse des stylets à des précipitations fractionnées, à l’aide du sulfate de magnésium, et de faire l’analyse élémentaire de ces précipités successifs. On verrait ainsi s'ils sont ou non constitués par un seul individu chimique. Je me propose de faire cette étude méthodique sitôt que j'aurai l’occasion de rassembler de la matière première en quantité suffisante. Je me bornerai ici, pour compléter ces renseignements préliminaires, à signaler quelques réactions présentées par la solution des stylets ou par les stylets en nature.

Cette solution aqueuse qui est parfaitement neutre, ne se trouble que d’une façon tout à fait insignifiante sous l’action de la chaleur. Par contre les stylets en nature, bouillis avec de l’eau, s’opacifient légèrement, blanchissent et peuvent, dans cet état, être conservés sous l’eau pendant de longues semaines sans se dissoudre, ni se gonfler.

La chaleur aidée de l'acide acétique très dilué, ou du mélange d'acide acétique et de chlorure de sodium, le mélange d'acide acétique et de cyanure jaune, l'acide azotique à froid, produisent à la vérité un trouble net, mais aucun de ces précipités n’est en rapport avec la quantité de substance dissoute. On s’en assure aisément en saturant de sulfate de magnésium en poudre un volume égal de la solution primitive. Il se produit alors un précipité en grumeaux épais, infiniment plus abondant. — Par contre le sel marin en poudre ne produit aucun précipité.

(1) Le hote est en effet assez incertain à cause de la lenteur avec laquelle se sépare et se dépose l’oxydule de cuivre produit. Il est, en outre, difficile de

saisir le moment où le dédoublement par l'acide sullurique est achevé et où la produetion des principes réducteurs est maxima.

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Le précipité que l’on obtient en diluant la solution de vingt volumes d’eau et en ajoutant une trace d'acide acétique est également très faible et reste indéfiniment en suspension.

J'ai étudié en outre l’action d’un grand nombre d’autres réactifs. Quelques-uns comme le perchlorure de Îer à l'état de traces très faibles, transforment la solution aqueuse des stylets en une gelée opaline très épaisse.

J'ai essayé aussi de purifier par dialyse le précipité produit par le sulfate de magnésium. Il importait, en effet, de s'assurer si cette matière albuminoïde est soluble dans l’eau par elle-même ou seulement à la faveur de sels minéraux. J’ai donc introduit dans un dialyseur en les arrosant d’un peu d’eau, les grumeaux blancs, opaques, denses, produits par le sel magnésien. Il s’est produit alors un phénomène très curieux. Presqu’instantanément le précipité a absorbé toute l’eau qui lui était offerte et s'est transformé en une gelée assez ferme, translucide, tout à fait semblable à la masse tremblottante que l’on obtient lorsqu'on abandonne en tas les stylets frais. Cette gelée s’est peu à peu liquéfiée et ne s’est que très légèrement troublée sous l’action d’une dialyse active et prolongée. On n'a pas vu se produire ce précipité caractéristique, adhérent à la membrane du dialyseur, que fournissent, dans ces conditions, les solutions salines des globulines (1).

Il est bon de noter encore que les stylets en nature ne sont ni sonflés sensiblement, ni dissous par l'acide chlorhydrique à 3 p. 1000, à la température de 37° (2). L’addition d’un peu de pepsine produit une dissolution rapide.

Je me propose de continuer cette recherche et en particulier d'établir la composition centésimale du précipité magnésien et d'étudier la nature des produits résultant du dédoublement provoqué par l'acide sulfurique étendu et chaud.

En résumé, la réaction la plus importante fournie par la matière azotée des stylets consiste dans le dédoublement provoqué par les acides étendus et chauds, réaction qui rapprocherait la matière albuminoïde étudiée de Ja mucine et de la chondrine. Or, ce sont

(1) Dans toutes ces expériences, on évilait l'action de la putréfaction par l'addition d'une trace d'acide prussique. Mais il est certain qu'il vaudrait mieux opérer en hiver à une température voisine de (Oo,

(2) A la température du laboratoire, le contact avec l'acide chlorhydrique à 3 p. 1000 peut durer plusieurs mois sans que les stylets soient sensiblement attaqués, ni même gonflés.

là des matières protéiques qui, tout au moins chez les animaux plus élevés en organisation, nous apparaissent comme des albuminoïdes en quelque sorte dégradés, c'est-à-dire qu’ils ne remplissent plus le rôle biologique, que jouent, dans les phénomènes de la nutrition générale, les albumines proprement dites et, en particulier, que nous ne voyons jamais des substances de ce genre constituer des réserves nutritives. On voit donc que cette analogie entre la matière protéique des stylets et des corps tels que la mucine n’est pas, à ce point de vue général, favorable à la théorie de HASELOFF qui veut faire des stylets une réserve nutritive (P' LAMBLING). »

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