‹ Le sublime cantique (cantique des cantiques): drame sacré exposé selon la plus récente exégèseChapitre 5 sur 17 · PARMI LES ALMÉES · texte numérisé non relu

PARMI LES ALMÉES

UNE AUdiE

(A ses compagnes^ en parlant du Roi)

Qu^il me baise à son gré des baisers de sa bouche ! . . •

(Le Roi fait son entrée ; elle s^ adresse à lui)

Car tes amours, ô Roi, plus que les vins exquis, Plus que Tambre et i4ris qui parfument ta couche Enivrent tous nos cœurs par leur charme conquis...

(2> Roipasse^ se dirigeant vers ses appartements),

CHGBUR D'aLM:ÉBS

(S adressant à SàlomonJ

Ton nom comme un parfum se répand, ô grand Roi ! C'est l'arôme qu'une huile odorante dégage I Nous t'aimons. Toute femme est à tes pieds. Prends-moi ! Nous courrons après toi. Prends-nous sur ton passage !

(Salomon, sans leur répondre^ entre dans ses •' .'" appartements),

LA SULAMMriHE

(Elle entre y entraînée par des eunuques)

[ Où suis-je ? Ce palais, ces murs, ces franges d'or, Ces tapis d'écarlate et ces femmes assises I ]

Introduite au harem du Roi I... [ Rêvé-je encor ?... Tout vacille à mes yeux en formes indécises I . . . ]

CHŒUR d'aLMÉES

[Pourquoi ton trouble et ton eflFroi ?] Nous voulons fêter ta venue, Ton entrée aux chambres du Roi, Tes amours, ta grâce ingénue.

Oui, nous célébrerons en chœur, Plus que le miel et le vin même.

Tes amours, ton charme vainqueur.

Car c'est à bon droit que Ton t'aime !

LA SULAMMirHE

O filles de Jérusalem I [ Laissez ! Mon cœur n'est pas aux gaîtés du harem ! Mon cœur est au Berger qui me trouve assez belle... Est-ce lui dont la voix dans le lointain m'appelle ?... J Oui, belle quoique noire, humble fleur de Sulem, Comme les pavillons du Roi, comme les tentes De Kédar !... [O le temps où tous deux, par les sentes, Nous devisions d'amour sous l'horizon vermeil !..] Vous regardez mon teint bruni ?. . C'est le soleil Qui m'a hâlée ainsi, quand les fils de ma mère Emportés contre moi d'une aveugle colère, M'ont commise à garder, sur les coteaux voisins. Les sarments déjà lourds du poids des noirs raisins. Mais las ! ma vigne à moi je ne lai pas gardée ! D'un amour qui m'étreint mon âme est possédée. Dis-moi, toi que j'adore, ô berger d'En-Guédi, Où tu fais reposer tes brebis, à midi, De peur que me voyant errante par la prée Les pâtres d'alentour ne me croient égarée...

UNE ALMÉB

(S adressant à la SulammitheavecirtmUJ

Belle entre les beautés, va-t-en, si tu n'as pas Su le trouver encore; oui, porte ailleurs tes pas I Puisque le nom d'un pâtre est ainsi sur tes lèvres, Va le chercher aux champs, aux parcs,dans les vergers. Suis-le I Suis le bétail et fois paître tes chèvres Près des cabanes des bergers I

LE ROI

{Revenant et ^adressant à la Sulamm$the,

qu'il contemple)

Ainsi que ma cavale, à Tencolure altière.

Qu'on attelle indomptée aux chars de Pharaon, J'admire, ô Sulammith, ta taille haute et fière... [Plus que l'or qui sertit au pectoral d'Aaron Sur l'éphod de fin lin la symbolique gemme.

Le bronze frissonnant de ton cou brille] et j'aime Ta joue où la grenade a mis sa fleur de sang. Le simple coloris de ces perles nacrées Donne à ta gorge émue un lustre éblouissant^ ; Or, je te veux superbe entre les plus parées I Oui I je te donnerai des perles par milliers...

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