‹ Le succèsChapitre 2 sur 48 · J.' Isolée de René Bazin · texte numérisé non relu

J.' Isolée de René Bazin

mcnts psychologiques et des faits sociaux plus essentiels.

Après quoi, mon dessein n'est pas d'apprendre à réussir. Je ne me propose pas de révéler ici les recettes du succès.

Ce n'est point que je juge impossible, l'analyse une fois poussée assez avant, de dégager synthétiquement du succès la formule merveilleuse qui permettrait, pour un temps donné, de le conquérir h coup sûr. ïl sera quelque jour aussi scientifique de construire une réputation littéraire ou artistique qu'un chemin de fer métropolitain. Nous avons déjà d'habiles empiriques dans la pratique de la fortune et de la gloire. Nous en ferons bientôt des ingénieurs. L'Arrivisme est encore sujet à des tâtonnements. Demain peut-être il sera positif. Il suffira de la sociologie, sans doute, aidée de l'esthétique, pour s'élever dans l'estime des hommes,, comme il suffit de la physique, aidée de la mécanique, pour s'élever dans les airs. A la science de ses conditions, correspondra l'art de la célébrité.

Mais nous n'en sommes pas là. Rien n'est plus mobile ni plus incertain encore que le succès, et c'est une grande mélancolie de constater, à l'heure actuelle, la fragilité des plus enviables situations. L'effort des «parvenus » pour se maintenir passe en âpreté celui qu'ils firent pour se pousser.

On trouvera donc seulement ici l'analyse de quelques faits, de quelques cas de succès qui m'ont paru significatifs de notre époque. Ce sont des portraits à double face, d'un côté l'auteur, de l'autre son public, en diptyque, composant, dans un domaine encore mystérieux, ce que les médecins appellent des « observations. »

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