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Le Paon de Francis de Croisset à la Comédie-Française

2. André Rivoire : les Vierges, le Songe de l'amour^ Berthe aux grands pieds, le Cliemin de l'oubli. Il était une Bergère.

SCS aspects infinis, dont chaque chapitre se suffit, de même que chaque pièce de chaque volume peut être isolée, mais dont il faut pourtant voir Tensemble, pour saisir le premier don de ce rare poète, celui de la continuité et de rharmonie.

Déjà les Vierges nous avaient fait oublier l'ordinaire et fâcheux « recueil » de vers, triste bouquet des adolescences avares et dispersées. C'était un volume sur un sujet, une mélodie sur un thème. L'amoureux avait rêvé, mais non pas au hasard. Dans notre époque hâtive, il avait dû choisir :

Les bonheurs, les rêves, l'amour qu'on effeuille, le livre qu'on feuillette, tout n'est plus que frêles bibelots. On les adore ainsi pour en changer plus vite ; car on veut jouir de tout, sans s'attacher à rien. Et les femmes aussi se donnent et se reprennent, comme elles donneraient une fleur. Un caprice fait qu'on sassemble ; un caprice fait qu'on se quitte. Les lèvres s'appellent ou se détournent ; — les cœurs restent lointains.

Alors le poète s'est souvenu de celles qui, aussi seules que lui, rêvent encore, les Vierges. Peu à peu, elles lui sont apparues, « parmi des soirs mystérieux comme elles ». lien a dit les langueurs et les paresses, l'attente et la pitié, les extases aussi, les exils et les détresses. Il les a évoquées du fond des légendes mélancoliques, et il s'est même diverti un jour à découper en ombres chinoises la plus touchante mésaventure de vierge, celle de Berthe aux grands pieds.

Certes, comme l'avait prédit M. Sully-Prudhomme S cène fut pas là un début vulgaire. Ce fut surtout un vrai début de jeune homme et qui suscitait autant de sympathie que d'admiration. Les Vierges se firent remarquer selon la bienséance. Elles étaient l'exquise vision d'une imagination délicate et tendre, une longue et pure Epiphanie.

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