II. — La politique de Paul Bourget
Aux environs de 1889, Paul Bourget avait vu venir à lui les jeunes gens. Nulle part, comme dans la confession de Robert Greslou ^ l'adolescence pensive n'avait trouvé la vivante et précise image de son désordre intellectuel. De même que son héros à Julien Sorel, elle crut que Paul Bourget ressemblait à Stendhal. Elle lui sut le gré aussi d'avoir fréquenté Taine, vrai maître d'alors, et de lire M. Ribot, qui commengait de répandre en France les données nouvelles de la psychologie scientifique. Cette haute magistrature de philosophie et d'analyse convenait à Paul Bourget, à son esprit dénué
1. Paul Bourget, né à Amiens, le 2 septembre 1852 ; élève à Louis-le- Grand, puis à l'Ecole des hautes études; songe à la philologie grec(iue, puis se donne à la crititjue littéraire, à la poésie, au roman ; collabore à la Revue des Deux Mondes et à la Renaissance ; dirige avec André Michel le Parlement, publie des articles à la Nouvelle Revue et devient célèbre.
Principaux romans : Cruelle énigme (1885), Crime d'amour (1886), André Cornelis (1887), Mensonges (1887), Le Disciple (1889), Va cœur de femme (1890), La terre promise (1892), Cosmopolis (1893). Ouvrages divers : Essais de psychologie contemporaine (1883-1885), deux séries. Études et portraits (1888), 2 volumes. Sensations d'Italie (1891). Edition : Lemerre, 17 volumes in-18. De plus, 2 vol. petit in-12 de Poésies.