‹ Le succès; questions de l'année 1866Chapitre 104 sur 205 · LA FRANCE RECTIFIÉE · texte numérisé non relu

LA FRANCE RECTIFIÉE

«s août 1866.

Les frontières de la France seront reelifiêes! Il n'est plus permis d'en douter. VÉtendard^ qui déploie en toute circonstance ses attaches ministérielles, Taffirme solennellement.

Il ne reste plus qu'à savoir jusqu'où s'étendra la rectification ainsi annoncée.

Les partisans de la politique sur le drapeau de laquelle sont inscrits ces mots : frontiéris naturblles, vont se réjouir ; mais que vont dire les partisans de la politique sur le drapeau de laquelle est inscrit ce mot : NATiONAurfs? Comment s'y prendra-lron pour mettre d'accord deux politiques dont l'une est l'infirmation de l'autre?

Nous avons hâte de l'apprendre.

Mais ce que nous avons dit à l'Autriche relativement à l'Italie, nous le dirons à la Prusse relativement à la France. Si la politique des frontières naturelles doit l'emporter sur la politique des nationalités, que la Prusse, puisqu'elle est en train de remanier l'Europe, ne fasse pas les choses à demi I Qu'elle partage cordialement le Rhin avec la France I

A la Prusse toute la rive droite I

A la France toute la rive gauche I

Plus de fortifications, mais beaucoup de ponts qui facilitent

sao

et multiplient les relations journalières entre les deux pays. L'un et l'autre y gagneront.

14 août 1866 .

Il y a lieu de croire que V Etendard ne se fût pas hasardé à glisser témérairement sur la pente qui Tentraîne et n'eût pas pris Tair martial et le langage belliqueux, s'il se fût souvenu de la déclaration qui a paru le 10 février 1839 dans le Moniteur,

Cette déclaration est importante à rappeler, citons-la :

« Quand on ne veut que la justice^ on ne craint pas la lumière. Le gouvernement français n'a rien à cacher, parce qu'il est sûr de n'avoir rien à désavouer. L'attitude qu'il a prise dans la question italienne, loin d'autoriser les défiances de l'esprit germanique, doit au contraire lui inspirer la plus grande sécurité. La France ne saurait attaquer en Allemagne ce qu'elle voudrait sauvegarder en Italie. Sa politique, qui désavoue toute les ambitions de conquête, ne poursuit que les satisfactions et les garanties réclamées par le droit des gens, le bonheur des peuples et l'intérêt çl^ l'Europe En Allemagne comme en Italie, elle veut que les nationalités reconnues par les traités puissent se maintenir et même se fortifier,' parce qu'elle les considère comme une des bases essentielles de l'ordre européen.

» Représenter la France comme hostile à la nationalité allemande n'est donc pas seulement une erreur, c'est un contre-sens.

» La politique de la France ne saurait avoir deux poids et deux mesures ; elle pèse ayec la même équité les intérêts de tous les peuples. Ce qu'elle veut faire respecter en Italie, elle saura le respecter ellemême en Allemagne. Ce n'est pas nous qui serions menacés par l'exemple d'une Allemagne nationale qui concilierait son organisation fédénttive avec les tendances unitaires dont le principe a été posé déjà dans la grande union commerciale du Zollverein ! Tout ce qui développe dans les pays voisins les relations créées par le commerce, par l'industrie, par le progrès, profite à la civilisation, et tout ce qui agrandit la civilisation élève la France, »

Rien de plus péremptoire que cette solennelle déclaration ; elle coupe court à toutes les suppositions qui se fourvoyaient; la vérité, n'en déplaise à V Etendard^ n'est donc pas dans ces mots décevants : la francs begtifiée; elle est dans ceax*ci :

LA FaANCS MON MEGTIFIËE.

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