LA POPULATION DE LA FRANCE
2 septembre 1866.
Le gouvernement français a au moins quatre journaux voués à sa défense, et qui tirent de ce rôle toute leur importance.
Nous avons cherché dans ces journaux une réponse à Tarticle que la Gazette de France a fait paraître sous ce titre : l'unité de L'ALLEMAGNE, article signé : raudot, ancien représentant de l'Yonne.
Si un article peut jamais être nuisible et fatal h un gouvernement, cet article, irréprochable dans sa forme, mais terrible dans le fond, est assurément le plus nuisible et le plus accablant qui ait été publié depuis que le décret du 17 février 1852 régit en France la presse politique. C'est plus qu'un article, c'est nu réquisitoire; ce serait plus qu'un réquisitoire, ce serait un arrêt s'il passait sans protestation, sans rectification, sans explication.
A quoi sert donc d'avoir deux catégories de journaux : premièrement, des journaux officiels exemptés de l'impôt du timbre et de la poste, au mépris le plus formel de la loi la plus expresse; et, deuxièmement, des journaux officieux, si ce n'est pas pour répondre à des articles tels que celui qui a été inséré dans la Gazette de France?
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Un journal a-t-il commis Terreur de détail la plus insignifiante dans le récit d'un fait sans importance, ce journal est exposé à recevoir et reçoit aussitôt un communiqué qu'il est tenu d'insérer en tête de la première colonne de sa première page ; et lorsque des chiffres et des accusations de nature à éveiller les inquiétudes les plus graves sur la force relative, l'avenir et la sécurité de la France sont produits, comment ces chiffres et ces accusations ne donnent-ils lieu à aucun communiqué?
Nous comprenons qu'un gouvernement fort de la droiture de ses intentions ne réponde à aucune critique : c'est ce qu'à sa place nous ferions systématiquement et sans aucune exception; mais lorsque cette règle n'est pas la sienne, lorsqu'il ne dédaigne pas la critique la plus indifférente et la moins préjudiciable, nous ne comprenons pas qu'il laisse sans réfutation une critique qui, si elle était fondée, serait la condamnation manifeste de sa politique extérieure.
Selon notre ancien collègue M. Raudot :
« La puissance relative de la France a diminué depuis la fin des grandes guerres du premier Empire dans une proportion considérable.
» La population et en même temps la richesse et la force de tous les grands États de l'Europe se sont accrus beaucoup plus rapidement qu'en France.
» Ainsi la Russie, qui avait en 1816, en y comprenant sa portion de la Pologne, à peine 40 millions d'habitants, en a aujourd'hui 80 ; l'Angleterre, de 20 millions, s'est élevée à 30, sans compter ses immenses colonies; la Confédération germanique, en y comprenant les provinces autrichiennes et prussiennes , avait, en 1817, d'après le recensement qui fut fait pour répartir les charges de chaque Etat, une population de 30,164,392 âmes.
)) Les mêmes pays de la Confédération avaient, à la fin de 1864, d'après les recensements 46,059,328 —
AUGMENTATION 1 5,894,936 âfflCS.
» La France avait, en 1817, àpeuprès la même population que la Confédération germanique 29,700,000 âmes.
» Elle n'avait en 1864 (si l'on déduit les 670,000 toes de la Savoie et du comté de Nice) que 37,1 12,000 —
AOGMÇNTATiON. ..,,., , . . . 7,'4l 2,000 âmcs.