LA POPULATION DE LA FRANCE
Il faut absolument opter!
Si hautes qu'elles soient, il n'y a pas de questions inaccessibles à Tesprit de M. Rouher, ministre d'État; nous sommes donc assuré que les deux questions que nous venons de poser n'échapperont pas à sa vigilance, et qu'il comprendra qu'il y a nécessité de les étudier, afin de résoudre l'une ou l'autre.
Les chiffres produits par M. Raudot, ancien représentant de FYonne et auteur d'un ouvrage que nous avons sous les yeux, n'ayant pas été contredits, ces chiffres peuvent être considérés conmie exacts. La question posée subsiste donc.
La population de la Prusse s'étant accrue d'elle-même, sans aucune conquête de territoire, de 82 pour 400, tandis que, dans le même laps de temps, la population de la France ne s'accroissait que de 25 pour 100 seulement, qu'y a-t-il à faire pour tarir cette cause croissante d'infériorité, plus grave que la perte d'un département? Quelle est cette cause? S'il faut l'attribuer à notre loi de recrutement, n'y a-t-il pas lieu d'en faire le plus vite possible l'objet de l'étude la plus approfondie? Quelle étude est plus urgente? Quelle étude est plus importante?
6 septembre 1866.
Pourquoi la population de la France ne s'est-elle accrue que dans la proportion de 25 pour 100, tandis que, dans le même laps de temps, la population de la Prusse s'est augmentée dans la proportion de 82 pour 100?
Ceîa tient-il à notre loi de recrutement, qui prend chaque
année le tiers environ delà classe totale appelée (i)? Cela tient-il à l'Algérie, qui nous a coûté, depuis tx'ente*six ans, tant de braves garçons robustes qui eussent procréé de vigoureuï enfants? Gela tient-il aux expéditions meurtrières de Crimée, d'Italie, de Cocbinchine et du Mexique? C'est ce que nous voudrions bien qu'un communiqué se donnât la peine de rechercher et de nous apprendre.
Ce qui est grave, ce n'est pas que l'Allemagne fédérative doive prochainement faire place à l'Allemagne unifiée, car, sous cette forme comme sous l'autre, l'Allemagne n'aura jamais que le même nombre d'habitants. Ne nous laissons pas égarer par les mots trompeurs ! Ce qui est grave, c'est que la population germanique, actuellement de 37,200,000 habitants, croisse dans une progression qui laisse Ja France si loin en arrière. Un écart aussi considérable que celui qui existe entre le chiffre de 82 et celui de 25 indique la nécessité d'une autre politique à adopter.
(1) RECRUTEMENT DE L'aRMÉE EN 1863
Force totale de la classe de 1862. Agés de vingt ans. 323,070 Français, Contingent voté et appelé 100,000