LA QUESTION LA PLUS IMPORTANTE
nombre, des hommes morts glorieusement, mais sans nécessité, dans toutes vos expéditions stériles ; car si l'humanité permet qu'on hasarde la vie de millions d* hommes sur les champs de bataille pour défendre sa nationalité et son indépendance, elle flétrit et condamne ces guerres immorales qui font tuer des hommes dans le seul but d'influencer l'opinion publique et de soutenir par quelque expédient un pouvoir toujours dans l'embarras.
» Non ! vous n'êtes pas des hommes de paix, et si un jour la guerre éclate, c'est vous qui en serez responsables, car c'est vous qui l'aurez rendue inévitable. Le véritable auteur de la guerre, a dit un écrivain célèbre, n'est pas celui qui la déclare, mais celui qui l'a ren^lue nécessaire par une politique sans grandeur, sans dignité, sans bonne foi. »
Nous voulons être court, nous n'insisterons donc pas longuement dans notre réponse aux trois colonnes triomphales consacrées par la France à la glorification de l'armée. Ce journal dit : « C'est elle qui a reconquis notre territoire sur l'étranger ! »
Elle le lui avait donc laissé prendre?
Serait-il donc vrai qu'à une seule année de distance, l'armée ait été deux fois impuissante à empêcher l'étranger, dont nous étions allés occuper toutes les capitales, de prendre sa revanche, d'envahir et, à son tour, d'occuper Paris, en 1814 et en 1815?
Serait-il donc vrai que ce ne soit pas à ses armées que la France doive, après la seconde invasion, de n'avoir pas été divisée et partagée comme la Pologne ?
Serait-il donc vrai que les armées permanentes les plus coûteuses peuvent encore, en plein dix-neuvième siècle, exposer un grand peuple à un pareil risque et le réduire à une si déplorable extrémité qu'on ne saurait y songer sans rougir et sans pâlir?
Messieurs nos contradicteurs, quand vous regardez la France, forte de trente-sept millions d'habitants, vous vous écriez ; « Voilà, pendant treize cents ans, l'œuvre de la guerre sans la liberté ! )>
Quand nous regardons les États-Unis, qui datent de 1776 seulement, qui, en 1790, n'avaient pas quatre millions d'ha^ bitants, et qui, en 1860, en comptaient déjà plus de trente et un millions, nous disons : VoUà, pendant quatre-vingt-dix ans^
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moîas d'un siècle, l'œuvre de la liberté sans la guerre, l'œuvre de la liberté sans armées permanenteg, sans recrutement obligatoire, sans tirage au sort, enfin sans militarisme !
Comparez.
Criez, criez : Vive la guerre ! vive la gloire !
Nous crierons, nous : Vive la paix ! vive la liberté î