L^UNITÉ DE L'ALLEMAGNE
s septembre 1866.
La Chambre des députés de la Bavière s'est prononcée, à une forte majorité , en faveur d'une union intime avec la Prusse. C'est à grand'peine que M. Von der Pfordten a réussi à faire repousser le vœu d'une entrée immédiate de la Bavière dans la Confédération du Nord.
C'est la confirmation en fait de la justesse de nos prévisions. Nous n'avons cessé de dire que M. de Bismark s'y opposât-il, l'unité de l'Allemagne se ferait contre lui, si ce n'était pas par lui, et qu'il fallait que la France comptât désonnais sur le voisinage d'une puissance compacte de 37 millions d'habitants. Baison de plus pour qu'à l'avenir la France ne se borne pas à un accroissement de population de 26 pour 400, tandis que la population de l'Allemagne augmente de 82 I^our 100.
La féodalité, reprochée à M. de Bismark, est la voie la pins sûre, sinon la plus courte, pour arriver à l'unité?
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Absorber la Prusse et ne pas *être absorbé par elle, voilà ce que veut T Allemagne ; elle veut que Frédéric-Guillaume P' cesse d'être roi de Prusse, et devienne soit empereur des Allemands, comme Napoléon III est empereur des Français , soit empereur d'Allemagne , comme François- Joseph est empereur d'Autriche. L'Allemagne veut, en 4866, ce que voulait l'Italie en 4860, et ce à quoi elle est arrivée. Victor-Emmanuel n'est plus roi de Sardaigne, il est roi d'Italie. Il s'est laissé faire cette douce violence; une violence non moins douce attend Guillaume I", roi de Prusse.
La France devra-t-elle s'en inquiéter et s'en attrister? Nous persistons à répondre que non, et à soutenir que, si la France sait se conduire, l'Allemagne est appelée à devenir par excellence l'empire pondérateur, le contre-^poids nécessaire de la Russie.